Vos histoires de mer 9

L'idée est de raconter une histoire, étonnante, surprenante, drôle, qui vous est arrivée en navigation ou en escale.
Les règles : Gentillesse, tolérance, bon enfant, retour sur les histoires racontées.
Pas de nouvelle histoire avant la fin de la discussion sur l'histoire en cours.
Prenez votre temps, on risque d'être plus longtemps que prévu derrière nos écrans.
Suite de :
www.hisse-et-oh.com[...]e-mer-8

L'équipage
31 déc. 2020
31 déc. 2020

Ca aurait pu être dans "les peurs":

Semaine du 15 Août. A l'école de voile, c'est la plus grosse semaine de l'année. Nous fonctionnons en 4 sessions par jour : 9h/11h ; 11h30/13h30 ; 14h/16h ; 16h30 – 18h30. Il fait un temps superbe. Anticyclonique, régime ne brises, chaud.
Tous les bateaux, les kayaks, les planches à voiles sont sur l'eau du matin au soir. Sur la plage, les 40 chars tournent non stop toute la marée basse.
Les moniteurs ne prennent qu'un quart d'heure toutes les deux heures pour boire un petit café/clope et emmènent les sandwichs et bouteilles d'eau sur les sécus.
Les vestiaires se vident et se remplissent avec les groupes, les colos, les loueurs, les stagiaires . On dirait que toute la plage s'est donnée rendez vous à l'école de voile. C'est une ruche.
A 14h, c'est le créneau colos de l'après midi, deux groupes d'enfants qui partent sur les Teddys, un groupe d'ados sur les HC15. Les HC15 restants sont dédiés à la location. Plus de 100 personnes en même temps à habiller, orienter, encadrer, aider à partir .
Pas de pause. On cours, Pendant que tout le monde est sur l'eau, un petit nettoyage des vestiaires, rangement des combines utilisées le matin, sèches qui resserviront au cours du soir…. On n'arrête pas, à terre, comme sur la plage, comme sur l'eau.
A 16h coup de fil du poste de secours de La Guérinière, à 5/6 miles au nord de chez nous. Un cata HC 15 est arrivé tout seul à la plage sans personne dessus.
Appel VHF à tous les moniteurs. « Vous manque-t-il un bateau ? » Non, tous les groupes encadrés sont complets. C'est donc une de nos locs, mais laquelle ? Il y a 4 bateaux en location sur l'eau et aux jumelles, je n'en compte bien que 3.
Appel au CROSS à qui j'explique la situation. Le CROSS prend la main sur les recherches.
A 16h30 Tout le monde rentre. Mais on ne renvoie pas les suivants ; On fait rentrer les locs visibles et toutes les sécus partent en mer. Objectif : rechercher 2 personnes dans l'eau, seules.
La SNSM de chez nous, les zodiacs des postes de secours des plages, nos sécus, tout le monde cherche. L'hélico de la sécurité civile arrive. Il tourne. Le temps passe et toujours rien. C'est long, angoissant. Le Maire est prévenu, il arrive, pose des questions de terrien.
Là c'est l'angoisse. On se dit suicide ? Perdre des stagiaires pour un responsable d'école de voile, c'est la pire des choses. Non seulement, personnellement, mais il va y avoir enquête, questions, on trouvera toujours quelque chose qui ne va pas...
Vers 18h arrive de la mer un particulier sur son petit 445. Il débarque nos deux naufragés .Il naviguait bien tranquille au large quand il a vu ces deux têtes dans l'eau ; N'ayant pas de VHF, il n'a pu prévenir personne.
C’était un père et sa fille de 16 ans ; ils avaient chaud dans leur combinaisons et le père avait voulu montrer à sa fille comment on redressait un cata déssalé. Tout s'était bien passé jusqu'à ce que le cata s'en aille tout seul au moment du ressalage, laissant nos deux experts barbotant.
A la suite de cette histoire, un moniteur fut spécialement dédié à la location avec ordre de noter toutes les heures la position de chaque bateau loué.

31 déc. 2020

Voilà une histoire qui ne manque pas de sel! Merci.

20 jan. 2021

j'espère qu'ils lui ont offert un bon restaurant au gars du 445 ! Il y en a qui ont du pot !

31 déc. 202031 déc. 2020

ça m'en rappelle une! pendant un stage d'aide moniteur pendant les vacance, j’encadrai une séance de erplast L 16pieds, avec les niveaux mitigés ont à du mal à garder des flottes groupé et par conséquent ne pouvons pas être partout en même temps cela va de soit mais nous faisons également confiance au plaisancier en vedette qui doivent laisser priorité à nos bateau car ayant un plan d'eau leurs laissant d'aisées manœuvres mais un moments, ont voit une vedette allant à vive allure vers un des catas, ont se dis qu'elle la vue et ne laissons qu'un regard sans plus d'importance à cette situation fréquente au abords de Bréhat sauf que la vedette ne change pas de cap et finis par passé sur le catas, bien abimé mais sans blessés, ont intercepte la vedette qui se préparais à repartir avec pour seule explication "j'ai pas vue" La suite à été prise en charge par le chef de base mais grosse frayeur pour les deux occupant du cata

02 jan. 2021

L'a pas vu, l'a pas vu, mon oeil, il faisait plutôt du gringue à la nana qu'il avait embarquée !

09 jan. 2021

C'était la dernière croisière du first 42 du club pour l'année . Mi Novembre, on était allés cette fois ci aux Scillys ou il avait fait un temps estival. Un des équipiers s'était même baigné. Bon, c'était un breton, roux, râblé et solide, mais il n'avait pas gelé sur place.
On rentrait donc. Un peu en avance, car la météo avait annoncé un avis de grand frais de SE tournant en coup de vent de SW pour le lendemain.
Nous avions donc traversé la manche à vive allure, dans 25/30 kn d'E/SE, au près sérré, une allure que le first 42 appréciait et ou il donnait toute la mesure avec ses 2,30m de tirant d'eau.
La marée était avec nous et après avoir remonté toute la chaussée des Pierres noires, traversé la mer d'Iroise, nous embouquions le Raz de Sein courant portant vers les 1h du matin, suivis par un gros chalutier.
Nous étions juste au milieu du Raz quand la VHF crépita. C'était le sémaphore. « Le voilier dans le Raz de Sein,, identifiez vous... » « Bonsoir, ici le S. O. F., j'écoute »
«  Hé, les gars, qu'est-ce que vous foutez là, en Novembre ; à 1h du matin, par avis de coup de vent au milieu du raz de sein ? , vous êtes pas un peu cinglés ?»
« beh, on rentre chez nous, on arrive des Scillys et on va à Noirmoutier »
« Ah, bon, mais vous allez prendre cher, c'est fort ce qui arrive. Bonne route, alors, faites gaffe quand même »
Le coup de vent est bien monté. Après avoir tiré plein sud dans le vent forcissant, on a viré vers la terre quand ça a tourné SW, mais c'était quand même un peu fort. C'est la seule fois on on n'a pas pu rentrer. On dut laisser le bateau à Lorient et je suis revenu le prendre quelques jours plus tard.
Les stagiaires de cette croisière n'ont pas été dégoûtes, ils ont maintenant un beau Trismus et s'apprêtent à partir vers le chaud.

10 jan. 2021

Bonjour,
Radio sur un escorteur d'escadre. Nous étions en exercice avec la marine anglaise dans le golfe de
Gascogne. Et là... on s'est pris la tempête du siècle. le bateau gitait de tous les bords. Je vomissais tout et n'importe quoi (Même des choses que je n'avais pas mangé). Un collègue ma rattraper au vol, alors que j'étais en train de vomir sur "le pont promenade" avec les pieds dans l'eau (navire de 230 mètres de long quand même), imaginez la gite.
La frégate anglaise qui nous accompagnait a eu un mort (mécano qui s'est cogné la tête lors d'un roulis) et sa passerelle défoncée par une lame.
Plus jamais j'irai dans ce golfe. Pour moi c'est l'antre de l'enfer.
Je lis régulièrement sur HeO des récits de gens qui le traverse, mais rien que d'y penser me font dresser les poils sur tout le corps.
Si un jour je dois aller vers le sud, je préférerai aller au large que de traverser ce pu.... de golfe.
Excusez-moi pour le langage, il m'a laissé de très mauvais souvenirs qui m'ont marqués. Même si ça date.
Cordialement
Michel

C'était à quelle période de l'année??

16 jan. 202116 jan. 2021

Tonga-Soa Toamasina (Bienvenue à Tamatave)

J’ai fait voiles vers Madagascar, il y a une douzaine d’années, avec de multiples promesses. Celle de pouvoir naviguer dans les îles éparses, et jusqu’aux Kerguelen, avec les autorisations que l’on m’avait promises. Celle de pouvoir laisser mon voilier de voyage en sécurité au port de Tamatave, pour un prix dérisoire. Celle de passer des weekends de rêve à bord, après quelques heures de bonne route depuis la capitale.

On sait bien que les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent! Les autorisations ne sont jamais venues. Le port de Tamatave a changé son règlement destiné aux voiliers étrangers et l’autoroute devant relier la capitale au seul grand port d’approvisionnement du pays, promise par tous les candidats à la présidence, n’est toujours pas construite…

Tout juste arrivé au port de Tamatave, après quatre mois de convoyage par le canal de Suez et le golf d’Aden, je constate que la partie de darse prétendument réservée aux voiliers, n’est en fait qu’une extrémité de quai délabré et dangereux, le long duquel il est impossible de s’amarrer sans casse. La darse est encombrée de barges et caboteurs au va et vient incessant et aux manœuvres hasardeuses. Il n’y a ni eau ni électricité sur ce quai, comme ce fut le cas il y a 50 ans, mais faute du moindre entretien, plus rien n’est fonctionnel, et les quais se disloquent.

Je trouve une place à couple d’un bateau de pêche en rénovation et constate que de nombreux navires et caboteurs passent à quelques mètres de mon bordé, pas toujours complètement maîtres de leurs mouvements. J’imagine pouvoir trouver une meilleure place d’ici quelques jours. Pas plus inquiet que cela concernant les formalités, puisque je suis résident à Madagascar et que l’entrée du bateau a été faite deux semaines plus tôt en touchant l’île, je m’occupe du grand nettoyage à bord. Je reprends le boulot dans une semaine à Tananarive, la capitale distante de 350 kilomètres et ne redescendrai en famille que dans deux mois, pour les vacances de Noël.

Je m’occupe à ranger les voiles, que je ne veux pas laisser à poste en raison d’une usine polluante dégageant des fumées grasses dans le port, à 50 mètres à peine du bateau. L’eau qui entoure le bateau a une couleur peu engageante. Une large buse crache un résidu huileux malodorant, du quai d’en face. Mon ami jean, résident au port depuis de nombreuses années, m’avoue qu’il n’a pas encore trouvé de peinture qui résiste au mélange corrosif qui surnage. Au mieux devrais-je refaire le traitement époxy à la flottaison tous les deux ans. Dont acte. Ce n’est pas si grave.

Un quelconque « officiel », dont je ne sais identifier la fonction, m’observe et s’approche :
- C’est à vous, le bateau ?
Première d’une longue série d’erreurs. Je réponds « oui ».
- Vous comptez rester combien de jours ?
- Mais je suis résident ! J’ai prévenu de mon arrivée et ai l’accord des autorités du port pour stationner à l’année !
- Vous devez être très riche, alors !, s’exclame le type tout sourire, en tournant les talons.

Cette courte conversation jette un trouble dans mon esprit, donc je file en voiture jusqu’au bureau du port. Poser une simple question sur le respect des informations qui m’avaient été données par les autorités, s’avère plus difficile que prévu. Le «responsable» de tout bureau où je m’adresse est absent. Il est en réunion, en vacances, pas là, ou plus souvent « reviendra bientôt ». Les responsables de niveaux supérieurs sont intouchables. Aucune prise de rendez-vous n’est possible pour un simple quidam arrivant en voilier. Il me faudra des heures pour obtenir l'information selon la quelle, "à priori", les conditions pour mon voilier seront les mêmes que pour le bateau de Jean. A savoir une redevance forfaitaire d’une trentaine d’euros mensuels. Tout va bien. Le bateau est propre, le cafard que je traque depuis deux jours a rendu l’âme à l’aide d’un produit miracle vendu par le chinois du coin, et j’ai trouvé un gardien à plein temps. Je remonte à Tana l’esprit tranquille.

La route est terrible, sinueuse à l’infini. Sur quelques 360 kilomètres, aucune ligne droite ne fait plus de 100 mètres, et ces dernières sont rares. La vieille chaussée étroite, mal construite, pas entretenue et défoncée, suit les lignes de niveaux. Elle fait 1000 mètres quand elle pourrait en faire 100. Mais point de dynamite à l’époque. Les hommes cassaient la pierre à coups de pioche (ça a peu changé depuis). La procession de poids lourds fatigués et de taxi brousses surchargés et poussifs, rend la progression lente et stressante. Comme les chauffeurs n’ont pas de ligne droite pour doubler, ils le font en virage, à l’aveugle. Je compte les uns après les autres, les camions et transports collectifs renversés dans les faussés ou les ravins, après un choc frontal ou une rupture des freins, quand ils existent.
Il faudra donc faire cette route de nuit, pour mettre six heures, plutôt que huit ou même neuf, si les embouteillages inextricables s’en mêlent à l’entrée dans la capitale, sur l’unique route à deux voies qui y mène.

Nous retrouvons le bateau en famille pour les vacances de Noël, avec une joie partagée. Celle de pouvoir découvrir l’île de Sainte Marie, « l’île aux pirates », distante de 80 milles, au nord de Tamatave. La région recèle des mouillages somptueux et abrités, que j’ai hâte de découvrir. Dont le lagon de l’île aux Nattes, au Sud de Sainte Marie. Deux semaines de cabotage tranquille nous attendent, avec une couverture météo parfaite, assurée par météo France Réunion, distante de 300 milles au Sud Est. Une dépression tropicale est annoncée pas loin d’une semaine (voir plus), avant son arrivée sur la grande île. Ce qui laisse tranquillement de rentrer se mettre à l’abri, et même à la maison, si besoin !

Mais à notre arrivée, je découvre que les formalités portuaires ont « un peu » changé. Au bureau du port, on m’annonce qu’après délibération, les autorités portuaires ont décidé de traiter les voiliers, résidents comme de passage, de la même manière que tout navire de commerce. Il me faudra dorénavant effectuer les formalités administratives de sortie, et payer le port avant toute sortie.
- « Et si je ne paye pas ? » Dis-je ?
- « La vedette de police portuaire vous rattrapera, et vous devrez payer deux factures, en plus de la saisie de votre voilier ».
- «Même pour une sortie de la journée ? »
- « Oui, pas d’exception »
- « Et combien de temps, ça prend, les formalités de sortie ? ».
- « Vous pourrez les effectuer après paiement de la facture et encaissement du montant ».
- « Et après… combien de temps » ? Je suis un peu inquiet.
- « Si tout se passe bien, vous devrez y arriver en deux jours, mais en ce moment, le chef des douanes est absent »
- « Hein ??? Mais quand rentre-il ? »
- « On ne sait pas »

Voilà, où j’en suis le jour de notre arrivée à bord. En toute logique, il nous faudra au moins trois jours de formalités avant pouvoir sortir du port. Ma poitrine se serre un peu, et la pensée m’effleure que je n’aurais pas du investir autant d’argent dans ce voyage depuis la Bretagne, si c’est pour ne pas pouvoir naviguer sereinement. Cependant, il m’était impossible de le savoir avant le départ, et même à mon arrivée deux mois plus tôt.

Il fait une chaleur étouffante dans le fond du port. Le mois de décembre est la saison sans vent, et celle des cyclones également. Il fait 35 degrés dans le bateau, et les effluves de l’usine du quai d’en face nous rendent la vie encore plus difficile. Il faut partir, et vite. Je m’attelle donc l’après-midi même de notre arrivée à bord à la première étape. Le paiement de la facture en espèce, ce qui me permettra d’avoir une quittance immédiatement. Je file au service recouvrement de la capitainerie, et demande l’établissement de la facture, ce qui est fait sans délai. A ma surprise, il ne m’est pas demandé la longueur ni le tonnage de mon voilier, comme il devrait l’être à mon sens pour tout caboteur commercial. Seule la nationalité du voilier m’est demandée. Je ne suis pas inquiet. Le tarif de quelques dizaines d’euros mensuels, annoncé quelques mois plus tôt, est très raisonnable.

Une fois la facture établie, l’employé me demande s’il doit l’éditer.
- « Bien oui, pourquoi ? »
- « Vous souhaitez vraiment la payer ? »
- « Ben… oui, évidemment ! »
Et le gars clique sur la touche de son ordinateur. Un long bordereau de papier sort d’une imprimante sans âge, et l’employé me le tend. Je parcours des yeux les dizaines de lignes que je ne comprends pas, pour chercher un montant. Je le trouve en fin. neuf millions d’ariary … soit 3.600 euros, pour deux mois de stationnement le long de ce quai pourri. Je suis scotché, interloqué. Je m’esclaffe :
- « Mais vous-vous êtes gourés ? Je n’ai pas un cargo, mais un voilier, et résident en plus ? »
Imperturbable, le type me sort : « Je vous ai demandé si vous vouliez payer la facture, vous m’avez dit oui »
- « Je vais la payer ! Mais vous me la refaites avec le bon tarif ! »
- « C’est le nouveau règlement. Il n’y a plus de tarif pour les voiliers. Vous devez payer comme tous les navires de commerce, à la journée. Et comme vous êtes sous pavillons étranger, c’est 10 fois plus cher que pour les caboteurs malgaches ».

Je suis estomaqué, K.O.
- « Mais je ne peux pas payer une telle facture, c’est impossible ! C’est le tarif de deux ans de port, dans la marina avec ponton où j’étais en France ».
- « Si, vous n’avez pas le choix. La facture a été éditée. Il est impossible de la modifier. Si vous ne voulez pas la payer, il faut voir avec le commandant du port »
Mon estomac me brûle. J’ai la nausée. Ca y est, j’en suis sûr. Qu’est ce que je suis venu faire dans ce foutoir, au lieu de mettre le bateau à Nosy Be, de l’autre coté de Madagascar, ou simplement de le vendre en France à mon pote Christophe. Il m’en proposait un prix intéressant.

Je rentre au bateau atterré, un peu perdu. Je me suis présenté à l’accueil de la capitainerie, où j’ai attendu une heure que quelqu’un se présente.
- « Oui, monsieur, le commandant du port est là, mais il ne vous recevra pas ».
- « Mais qui voir d’autre, alors ? »
- « Son adjoint peut vous recevoir »
L’espoir revient. La réceptionniste ouvre le son agenda.
- « Mercredi, dans 10 jours, ça vous va ? »
- « Hein ???? Mais… il ne peut pas me recevoir quelques minutes, dans la journée ? »
- « Non, monsieur, il est en vacances de noël »

Je raconte à Jean l’histoire en cours. Je sollicite son aide, qu’il m’accorde toujours avec la même bonne volonté. Jean a construit un très beau Ketch de 14 mètres, il y a une trentaine d’années. C’est un français de Madagascar, un Zanatany. Il vit à bord au port depuis toujours, et connait par cœur les rouages administratifs. Mon ami à d’autres cartes dans son jeu. Un physique impressionnant, une parfaite maitrise de la langue malgache, est des coups de gueules dignes du capitaine haddock. Avec toute la finesse de sa diplomatie, une solution est trouvée de suite. La directrice financière du port peut me recevoir rapidement. Elle est la seule habilitée à modifier une facture. Son bureau est au troisième étage. Le temps qu’elle étudie mon dossier, on me prie de revenir le lendemain matin, à 11 heures.

Je ronge mon frein, alors je bricole à bord. Démontage du démarreur et de l’alternateur du Volvo 2003. A défaut de leur faire du bien, ça ne leur fera pas de mal de se faire curer l’intérieur. Le voyage depuis Saint Malo, nous a couté quelques centaines d’heures de moteur. L’heure du rendez-vous venu, je demande à mon épouse de m’accompagner. Sa présence a un effet adoucissant miraculeux sur les mœurs des interlocuteurs. Ce constat, jamais démenti après presque 20 ans de mariage, tient du surnaturel. Aucune analyse n’est donc nécessaire.
La dame nous reçoit, mais son ton brutal et hautain m’inquiète. Nous ne somme pas invités à nous assoir. Elle siège dans un fauteuil de ministre derrière un bureau aussi gigantesque que vide. L’atmosphère du bureau est sombre et étouffante. Les murs sont recouverts d’un velours vert sale, noirci par la poussière pas aspirée depuis les années, et des boiseries d’une essence précieuse presque noire.
- « Vous avez trois minutes pour exposer votre problème, après quoi je statuerai, sans droit de réponse »
J’expose, mais suis coupé au bout d’une minute.
Arrive alors, cette phrase d’anthologie que je n’oublierai jamais, dite sur un ton péremptoire et énervé.
-« Monsieur, Tamatave est un port de commerce, et un port n’a pas vocation à recevoir des bateaux »
La messe est dite. Nous sommes renvoyés vertement de son bureau, avec injonction de payer la facture.

En descendant les escaliers monumentaux en double colimaçon, de ce bâtiment à l’architecture française des années 70, nous-nous faisons une raison. En une semaine de vacances, nous avons le temps de faire le tour de Madagascar par le Nord et d’aller mouiller le bateau au port du cratère, sur l’île de Nosy be. Ce cratère effondré offre un très bon mouillage, organisé et surveillé. Notre préférence initiale pour Tamatave avait trois raisons. Le port offre un abri irréprochable, au sein d’une ville animée et achalandée. Il est accessible en voiture depuis la capitale, ce qui n’est pas le cas de Nosy be, qui nécessite de prendre l’avion (à moins d’y passer trois jours par la piste, puis de prendre le bac) et l’île de Sainte Marie offre une zone de navigation très agréable pour de courtes vacances.

Nous roulons doucement les long des quais, en réfléchissant au moyen de réunir près de 4.000 euros en espèces rapidement. Une voiture nous double, et freine sèchement. Je m’arrête. La directrice ouvre la portière et vient à la fenêtre passager, où se trouve mon épouse.
- « Vous avez deux heures pour me prouver que vous êtes résident, et que vous n’effectuez pas de trafic commercial avec votre voilier. Je vous attend dans mon bureau à 14 heures ».
Elle repart comme elle est arrivée, sur les chapeaux de roues, nous laissant sans voie.
Mais c’est gagné ! Elle n’a sans doute jamais envisagé de nous faire payer cette facture délirante, mais voulait marquer son pouvoir en nous humiliant. Nous goûtons peu la méthode, mais l’essentiel est maintenant de réunir en moins de deux heures les papiers et preuves nécessaires à la modification de la facture.

Ce n’était simplement pas nécessaire… La directrice nous reçoit cordialement et m’invite à parler de mon métier. Je suis enseignant, physicien de métier, et vient préparer les élèves malgaches d’enseignement en français, au bac scientifique et des poursuites d’étude à l’étranger.
- « Mais pourquoi ne me l’avez-vous pas dit plus tôt ? Vous êtes quelqu’un de bien, pas un trafiquant ! »
Je ne peux que lui sourire, en pensant : si vous m’en aviez laissé le temps !
15 minutes de bavardages sur la famille et les connaissances communes plus tard, l’affaire est entendue. Je suis le bienvenu comme résident au port de Tamatave, et me sera appliqué le même tarif mensuel qu’à Jean, à savoir 70.000 ariary (30 euros à l’époque). C’était bien le tarif convenu avant ma venue…

Regonflé à bloc après paiement avec l’argent que j’avais dans la poche, j’engage des formalités administratives. Après ce que je viens d’endurer, ce n’est pas cinq bureaux différents, disséminés en ville et la douzaine de signatures nécessaires qui vont m’arrêter ! Car c’est bien le cas. Cinq bureaux, et dix signatures. A ma grande surprise, j’effectue les formalités en une journée. Je grands sourires, quelques mots de malgache et un billet de 10.000 glissés à chaque fois, rendent les rouages administratifs beaucoup plus libres. Le responsable qui ne pouvait pas signé, faute d’être présent, a finalement un subordonné qui peu le faire à sa place.

C’est ainsi que nous ferons la première… et seule croisière à Madagascar, sur notre voilier de voyage.
Pourquoi ?
Et bien vous le lirez dans la suite, très bientôt, de cette longue et tumultueuse histoire au port de Toamasina !

Les photos :
- Le port, son usine, son eau sale.
- Ile Sainte Marie, et quelques délicieux mouillages que je garde secret (je vous aime bien, mais 'il y a des limites)

17 jan. 2021

"Ile Sainte Marie, et quelques délicieux mouillages que je garde secret (je vous aime bien, mais 'il y a des limites)"
En même temps, avant que Mada soit aussi fréquentée que la baie de St Tropez au mois d'Août, il y a encore du temps.😀

17 jan. 2021

Exact, mais j'aime être seul en plein milieu du mouillage 🤣

18 jan. 2021

Merci pour cette belle histoire de démarches portuaires !
C'est évidemment plus drôle à lire qu'a vivre !!!

Ces tribulations portuaires ne m'étonnent pas, on peut lire bien des récits similaires se passant dans beaucoup de pays d'Afrique, d'Asie, de la fédération de Russie ou anciens pays d'URSS.
Dire qu'il y en a qui se plaignent de la France considéré comme un pays quasiment communiste où rien ne fonctionne normalement
;-)

18 jan. 2021

tu as lu entre les lignes, on dirait !!

16 jan. 2021

Mon histoire n'a rien de bien sensationnel mais elle m'a marqué.
Je dois dire qu'en mer j'ai très peur des orages, peut être d'une façon irraisonnée puisqu'il ne m'est jamais rien arrivé, mais c'est comme ça...
Donc en 2004 je faisais le championnat d'Espagne des solitaires, arrivée au Garraf (près de Barcelone) après une virée de trois jours de mer; c'est la nuit, je passe la ligne d'arrivée, on vient me déplomber le moteur et j'apprends que je ne serai pas inspecté, je repars donc direct sur Palma, une traversée qui s'annonce relax après la tension de trois jours de régate.
Il y a bien quelques éclairs sur Barcelone mais c'est loin, pas de quoi s'inquiéter, d'ailleur ça s'éloigne ce truc...
Une demi heure après ça craque de partout, il pleut á seaux, on voit comme en plein jour, je vois les éclairs tout á côté, j'ai la frousse de ma vie. Je baisse les voiles, coupe tous les instruments, m'allonge dans ma couchette, m'attendant á ma dernière heure.

Je me suis réveillé une heure après, silence total, le bato se balançait doucement sur une mer d'huile. Je n'ai jamais su ce qui c'est passé pendant ce temps...

17 jan. 2021

Ce fil génial se tarit. Les navigateurs Héossiens n'auraient-ils plus d'histoires de mer à raconter ?
je suis sûr que si.
Au plaisir de vous lire.
(La suite du précédent texte d'ici quelques jours)

18 jan. 2021

Je suis impatient de lire la suite !
;-)
On a pas tous vécu autant de moments forts en mer que toi !
De plus tout le monde n'est pas "écrivain-né"
;-)

18 jan. 2021

Mes chevilles gonflent, arrête !!
La suite d'ici un ou deux jours. J'en ai écrit la moitié.

17 jan. 2021

C’est difficile d’avoir votre verve ! C’est tellement bien narré que ´l’on est un peut timide 😀

18 jan. 2021

On s'en moque, IROISE, sur ce fil de très bonne tenue où la bienveillance est la règle !
J'ai porté moi-même un bonnet d'âne du primaire au lycée.
Ce qui me fait rêver ici, ce sont les situations vécues, pas la syntaxe !
A vos claviers !

19 jan. 2021

Porter un bonnêt d'âne à l'école et finir prof, c'est hilarant !
;-)

19 jan. 202119 jan. 2021

Tu sais bien que finissent profs ceux qui ne peuvent rien faire d'autres !

A part cette raison évidente, j'ai choisi l'enseignement pour deux raisons des plus motivantes : juillet et août !!

18 jan. 2021

pour faire le lien avec le fil sur la douane:

Je bossais en école de voile. On arrive à Plymouth en Angleterre après une traversée de la Manche de nuit. A l'époque attente obligatoire et drapeau jaune en attendant la douane.
Devant nous sur le quai de la douane, un gros bateau de guerre français.
2 militaires français en uniforme arrivent et commencent à me questionner:
"vous venez d'ou? vous allez ou?"
Moi, poli mais ferme: "pourquoi vous demandez ça? Normalement c'est la douane anglaise qu'on doit voir; pas l'armée française"
Les milis un peu gènés:" Ne vous inquietez pas. c'est juste qu'on a le même bateau (un kelt 8m) au club de voile de l'armée. Donc, ça nous rappelle de bons souvenirs"

On discute; je leur paye un café. Arrive le douanier anglais qui fait de l'excès de zèle. Il commence à fouiller partout sur le bateau, demande à controler nos sacs etc (c'est vrai qu'on était une bande de jeunes un peu chevelus).
Les milis français, qui visiblement le connaissaient, commencent à le chambrer. Donc il arrête sa fouille et prend un café avec nous.
Après son départ, un des équipiers m'a avoué , un peu gèné, qu'il avait "de l'herbe qui fait rire" dans ses affaires. On aurait été un peu mal si le douanier l'avait trouvé.

18 jan. 202118 jan. 2021

Tonga-Soa Toamasina : suite et fin.

Soyez sympas, ne me dénoncez pas !!

En février 2009, un cyclone est annoncé, qui risque de frapper de plein fouet Tamatave. Mon patron m’accorde un congé exceptionnel et je prends la route en urgence pour sécuriser Elni. La capitainerie, avec laquelle j’ai maintenant de bonnes relations, m’accorde le droit de poser mon bateau dans le cimetière des bouées et corps morts, à l’extrémité du quai où est amarré Elni. J’en suis ravi, car les corps morts cubiques en béton doivent peser leurs trente tonnes, et sont munis de forts anneaux, qui me permettront de sangler le bateau solidement des deux cotés. En effet, il y a tout juste la place de poser mon dériveur entre deux gros blocs et une volumineuse bouée en acier rouillé. Cette situation est idéale pour le bateau. Je vais pouvoir l’hiverner convenablement, soigner la carène et les œuvres mortes qui en ont bien besoin, et confectionner un solide taud, pour protéger l’antidérapant de pont du soleil brulant. Je ne remettrai Elni à l’eau que dans six mois, car un deuxième petit pirate s’est joint au premier. Nous rentrerons en France aux prochains congés de juillet, pour voir la famille.

Je file au service manutention, et loue pour une heure les services d’un stacker, gros engin de levage permettant de transborder et déplacer les conteneurs de toutes tailles, jusqu’à plusieurs dizaines de tonnes. Le plus délicat est de dénicher des sangles de longueur adaptée, car les conducteurs de ces engins en utilisent rarement. Néanmoins, le stacker s’avère idéal pour manutentionner en sécurité un voilier, et le conducteur pose délicatement Elni au centimètre près, sur les repères que j’ai tracés au sol. Les béquilles sont déjà en place, je n’ai plus qu’à caler et sangler mon bateau. Deux solides gaillards embauchés sur le port déglacent le gelcoat jauni d’Elni à l’abrasif à l’eau fin. Le lendemain, ils arrachent au grattoir l’intégralité de l’antifouling, ce que j’avais mis trois jours à faire seul, deux ans plus tôt ! Satisfaits de leur travail, mes gars s’arment de chiffons et des deux kilogramme de pate à polir, que j’ai trouvée en ville. Trois jours après sa mise au sec, Elni a rajeunit de 10 ans !

La machine à coudre, débarquée du bord, est posée au milieu de la plus grande chambre d’hôtel que j’ai pu trouver près du port. Le lit poussé dans un coin, je déplie les dizaines de mètres de bâche blanche que j’ai prédécoupée sur le pont. J’ai immédiatement un succès fou après des femmes de ménage de l’hôtel, à tel point que je n’ai pas le cœur à refuser l’aide d’une d’entres elles, couturière bien plus habile que moi à exécuter des points propres sans casser, comme moi, une aiguille toutes les dix minutes sur les multiples renforts de sangles.
Je quitte au bout d’une semaine un bateau absolument impeccable et en parfaite sécurité quelque soit le temps, sans que le cyclone annoncé n’ai provoqué plus qu’un grand frais. Seules quelques bulles d’osmoses parsèment le safran, que j’ai refait il y a deux ans avec de la résine polyester au lieu d’époxy, pour des économies de bouts de chandelles. Le reste du bateau n’est pas sujet à l’osmose.

Je ne veux pas laisser l’équipement à bord. L’humidité est importante, et je crains le vol, industrie très lucrative sur le port. J’imagine pourvoir tout empiler dans ma Kangoo, au coffre très volumineux, pour le ramener à Tana. Oui, mais non ! C’est interdit. Tout ce qui se trouve dans l’enceinte du port est sous douane. Si je veux en faire sortir quoi que ce soit, il faut que je le déclare et que je paye les droits de douane et la TVA. Là, j’en ris franchement ! Tout est prétexte à extorquer des sous, et je sais pertinemment que l’argent n’ira pas où le devrait. Je construis donc un faux fond au coffre à la Kangoo, sur lequel je remets le tapis de sol. L’illusion est parfaite. Comme les gardes aux grilles de sortie ont maintenant l’habitude de me voir les franchir en voiture plusieurs fois par jour, ils se contentent de jeter un œil à l’arrière de ma voiture, sans ouvrir le coffre, puisqu’il semble vide. Ainsi, en quelques voyages, je vide le bateau. Seules les selleries restent à bord, protégées par des sachets absorbeurs d’humidité.

L’esprit tranquille, je fais enfin le bilan de cette année mouvementée, qui nous a vu changer de vie et d’hémisphère. Le constat est sans appel. Elni, lourd dériveur de croisière hauturière, sophistiqué et technique, s’est révélé le compagnon parfait de 6 années de navigations en Europe de l’ouest, mais il ne l’est pas à Madagascar, pays chaud, sans infrastructures adaptées, et sans le moindre fournisseur d’accastillage. Même la visserie inox de qualité marine est introuvable. Nous décidons donc de le vendre, et de construire un trimaran de 6 mètres transportable sur remorque. Trimaki, multicoque d’exploration léger et rapide, qui pourra traverser le pays en deux jours derrière ma voiture, sera bien plus adapté à la découverte des splendides lagons peu profonds et mal cartographiés jalonnant les 3 500 kilomètres de côte de l’île rouge.

Le moins que l’on puisse dire est que les acheteurs ne se bousculent pas pendant un an. Le trimaran est construit et amarré à l’endroit même où Elni stationnait à couple du bateau de pêche, lorsque le premier acheteur sérieux me contacte. Habitant comme nous la capitale, je l’invite à descendre avec moi en voiture sur un weekend, pour visiter le bateau. A notre arrivée, je suis ulcéré. Je ne sais comment, un poids lourd a réussi à reculer entre les deux corps morts qui protègent Elni, et a arraché le balcon avant, ainsi que le liston en teck bâbord, sur deux mètres. Plusieurs caboteurs en plein chargement sont amarrés le long du quai. Mes questions restent sans réponse. Personne n’a rien vu. Bien entendu, alors que je m’énerve, des rires et paroles en dialecte malgache, que je ne peux comprendre, sont échangés entre les marins. Tout le monde sait quel poids lourd a embouti mon bateau, mais personne ne dénoncera le coupable. D’ailleurs, compter sur une hypothétique assurance du transporteur pour être indemnisé, est un doux rêve. Les assurances les moins chères que contractent les transporteurs offrent une double garantie : Celle de devoir payer en espèces sonnantes et trébuchantes la prime annuelle, avant de recevoir le certificat d’assurance, et celle de ne pas être remboursé en cas de sinistre. De telles assurances ne protègent que des gendarmes !

Mon acheteur est de bonne composition, et me propose que nous démontions ce qui reste du balcon pour le ramener à Tana sur le toit de la voiture. Nous passons la journée à effectuer un modèle en bois du pont du bateau, aux cotes exactes, avec les trous correspondant aux fixations du balcon inox. Trouver les 6 mètres de tube d’inox nécessaires à la fabrication d’une telle pièce est impossible dans le pays. J’ai bon espoir qu’un ami, patron d’une entreprise de micro mécanique, arrive à le ressusciter. Patrick voit arriver la structure pliée avec une moue qui exprime parfaitement sa perplexité. Cependant, 50 heures de main d’œuvre permettront de dessouder les 11 tubes qui la composent, de les redresser à chaud en les remplissant de sable, puis de reconstruire un balcon neuf. Je tairai la somme demandée, car elle est indécente. Je dois néanmoins payer un gars pour lustrer à neuf la nouvelle pièce, ce qui lui prend une vingtaine d’heures. Je redescends à Tamatave deux semaines plus tard et présente le balcon à sa place. Les axes tombent dans les trous du pont au millimètre. Merci Patrick ! La réparation du liston est déjà effectuée. Ce ne sont pas les bois de qualité et les bons menuisiers qui manquent sur place.

Un an supplémentaire a passé lorsqu’un nouvel acheteur se présente. Un jeune gars de la vingtaine, qui tient une gargote de pêcheur dans un village côtier, à quelques centaines de kilomètres de Tamatave. Il veut acheter un voilier, mais n’a que peu de connaissances de la voile. Sachant ce que peut être le chiffre d’affaire de son bar et son absence de connaissances nautiques, je ne donne pas suite à sa demande de visite. Mais le jeune français, en vacances très prolongées dans le pays, insiste au téléphone pour visiter Elni et me dit être dans les environs du port, un dimanche matin où je m’apprête à re-bâcher le bateau après la visite mensuelle que j’effectue à bord. Pas plus diplomate que cela, je lui annonce la couleur :
- Tu as vingt minutes pour rappliquer et la visite durera un quart d’heure. J’ai huit heures de route pour remonter à Tana. Grouille-toi.
Sur ces entrefaites, il arrive en short de plage, claquettes et pieds et casquette de travers.
David, Chti pur jus, est d’un naturel sympathique, et plein d’enthousiasme. Nous faisons le tour du bateau et je lui explique ce qu’est un dériveur. Une question me taraude. Comment ce jeune « vazaha sac à dos », peut-il avoir 50.000 euros en poche pour acheter une telle unité ? « Vazaha » désigne les étrangers, en malgache.
Je tente la question.
- 50.000 ? C’est tout ? J’allais t’en proposer 90.000 ! Je te l’achète tout de suite, alors.
- Mollo, David ! Tu vas me payer comment ?
- Je te fais un virement ! Viens, on va à la banque.
- Mais je n’ai même pas les papiers du bateau et rien pour signer la vente !
- C’est pas grave. Tu reviens le weekend prochain ?
Je suis estomaqué. David décline même ma proposition de visiter l’intérieur. Il préfère « découvrir son bateau » après l’achat.

C’est ainsi que je reçois la somme demandée sans avoir signé d’acte de vente. David est loin d’être un inconscient fortuné. C’est un garçon à la tête bien faite, qui a le sens des affaires. Il a mis de coté, en plusieurs années de travail acharné en France, de quoi s’offrir un long voyage. Il souhaite poursuivre l’aventure en voilier, et fait confiance à ses capacités pour apprendre à maitriser une unité de voyage. Je suis très soulagé par ce dénouement heureux pour nous deux. Elni est posé sur ce bout de quai depuis deux ans. Il était temps. Pourtant, une bricole m’empêche de dormir… et pas des moindres. Je dois deux ans de frais de stationnement au port de Tamatave, et le tarif négocié à flot n’est pas applicable sur le quai. C’est un autre service, complètement indépendant du premier. Celui du stationnement sur terre-plein. Je n’en ai bien sûr pas touché mot à David avant la vente, et l’idée un peu dégueulasse de le laisser se dépatouiller seul me frôle l’esprit.

J’envoie Jean en reconnaissance, avec pour mission d’obtenir un tarif, sans faire référence à mon bateau.
Le résultat est sans appel :
- Ce quai est sur la zone de manutention. Le tarif forfaitaire est de 50 euros journaliers pour tous les « petits » bateaux.
Et merde… ça recommence. Rapide calcul. Je dois 36.000 euros au port de Tamatave. Trente six mille euros, vous avec bien lu ! Il va falloir être plus malin que les autorités portuaires, pour ne pas payer cette somme… enfin, ne pas payer du tout. J’élabore alors avec Jean, un plan d’action au timing serré et capital. Jean doit poser son bateau sur le quai, pour le caréner. C’est une couverture parfaite pour berner la capitainerie.

Je sollicite un rendez-vous avec le sous directeur du port, pour le lendemain à 08 heures, et le fais savoir à qui veut l’entendre. Pendant ce temps, Jean se rend au service de manutentions, et loue le stacker pour le jour de mon rendez-vous, de 09 heures à 11 heures, soit juste après l’heure de mon entrevue avec le sous-directeur. A l’étonnement du service de manutentions, qui trouve deux heures bien longues pour mettre le bateau de Jean à terre, il prétexte qu’il va juste faire une bricole de quelques minutes sous la coque, et remettre à flot dans la foulée. Le jour J., je me présente au bureau du recouvrement des taxes portuaires à flot, 15 minutes après mon heure d’entrevue supposée avec le sous directeur… Car je n’y suis pas allé.
J’annonce que je vais remettre Elni à l’eau l’espace d’une semaine, affin faire des essais de moteur.
- Pas de soucis, mais il vous faut la quittance du stationnement à terre avant que vous ne puissiez remettre à l’eau et nous payer.
C’est l’instant crucial, critique, du plan. C’est ici que ça passe ou ça casse. Je prends l’air agacé de celui qui n’aime pas qu’on mette le nez dans ses affaires et j’annonce, aussi implacable que possible :
- Hors de question. Arrangement avec le sous directeur du port. Je sors à l’instant de son bureau.
J’ajoute, laconique et tranchant :
- Pas de facture.
C’était le mot magique à prononcer : « Arrangement ». L’employé se tasse sur son siège, les autres détournent le regard, et il m’établit la facture, sésame pour mettre Elni à flot. Je paye l’équivalent de 10 euros et file retrouver Jean sur le quai.

Le grand ketch en acier est déjà dans les sangles et rapidement posé sur son ber, au bord du quai. C’est le bon moment pour annoncer au conducteur du stacker qu’il faut mettre l’autre voilier à l’eau. Complètement étranger à mon problème, il n’y voit aucun inconvénient. Il nous reste une heure de location, il lèvera ce que nous voulons qu’il lève, c’est son boulot. Elni touche l’eau après deux ans de stationnement à terre. Le moteur tourne. David, posté sur le pont, dégage des crochets les sangles, qui coulent immédiatement. J’embraye, et mets les gaz. Nous sommes libres… mais il ne faudra jamais revenir. Alors que nous sortons du port moteur à fond, j’explique à David qui s’étonne de mon stress, la raison de mon empressement à quitter les lieux. Car avec Jean, nous ne l’avions pas mis au courant.

La police portuaire ne nous rattrape pas. Et pour cause. La capitainerie qui s’attend à ce que je fasse des ronds dans l’eau au moteur et que je revienne dans la journée, ne s’inquiète pas de l’absence des formalités de sortie d’Elni. Lorsqu’ils s’aperçoivent de l’arnaque, quelques heures plus tard, nous avons disparu à l’horizon. La vedette de police, vieux pousseur portuaire reconvertit, est incapable de nous rattraper. C’est le scandale au port. Jean, avec sa verve inimitable, s’énerve et argue qu’ayant payé les deux heures de location du stacker, il s’est fait berner comme les autres. Pour prouver sa bonne foi, il distribue quelques billets, qui ont l’effet apaisant habituel. Il est mis hors de cause.

Je n’ai jamais remis les pieds au port de Toamasina depuis, et m‘en garderai aussi longtemps que je naviguerai à Madagascar !

Photos :
- Elni entre ses bouées, prêt à mettre à l'eau avec les sangles.
- Le Ketch de Jean et le Stacker avec Elni au second plan et la capitainerie au fond.
- Elni libéré, en route pour de nouvelles aventures avec David, heureux à la barre.
- Et enfin, Elni et Trimaki (premier du nom) réunis au port, en février 2010 !

19 jan. 2021

C'est l'Afrique, Mada😀.
Le bateau de ton copain Jean, c'est un Arcadia de Subrero? Il y en avait un qui ressemblait avec l'oeil à l'avant à la réunion quelques temps avant.

19 jan. 2021

Ha ha ha !
36 000 euros de parking, c'est Tamatave-Monaco !!??

Bravo pour la manoeuvre d'évasion !!!

Cet Elni est un joli bateau !

19 jan. 2021

Oui Arzak. C'est un Ne Quid Nimis, aux qualités souvent flattées ici.

N'étant plus lié par une relation amoureuse à ce bateau, je tempère aujourd'hui un peu mes propos à son sujet.
On fait mieux depuis les années 70. Ce dériveur n'en demeure pas moins une bonne unité hauturière.

J'en profite pour remercier chaleureusement ED, qui a initié ce fil, arrivé aujourd'hui à son neuvième opus. Il a réveillé mon intérêt pour l'écriture, qui s'était un peu tarit.

Je commence maintenant un long travail de correction et de peaufinage des quelques 25 textes écrits, et vais auto-éditer un bouquin, et le faire imprimer à quelques centaines d'exemplaires. Il comportera les textes et toutes les photos que l'ai postées (en haute définition). Il ne sera pas disponible à la vente, mais j'en ferai un cadeau pour mes amis.

Ce travail de longue halène va rendre mes insomnies nocturnes moins monotones !

19 jan. 2021

C'est vrai que je me régale aussi des histoires racontées au fil du temps.
Et ce qui est plaisant dans ce fil, c'est que la bonne humeur et la tolérance apparaissent à chaque histoire comme à chaque contribution.
Donc, n'hésitez pas, les réticents éventuels, tout le monde est toujours bien reçu.

19 jan. 202119 jan. 2021

Oui, c'est ça, ED. Il est rallongé sur l'arrière.
C'est lui, que tu as vu à la Réunion. Jean fait deux allers retours chaque année.

19 jan. 2021

Je pense que j'avais été embauché sur ce bateau pour terminer des aménagements (atelier sous le cockpit à babord). Aménagements que j'avais lamentablement foirés vu que j’étais complétement incompétent pour cet emploi.

20 jan. 2021

@ED850;
que voilà un bon début pour une superbe histoire de ratage !
;-)

20 jan. 2021

Un petit film sur les habitants du chantier de Port Lavigne (Les oeuvres vives, n°9) www.kubweb.media[...]taires/
Le propriétaire du chantier vient de décéder. Je ne sais pas ce que ce chantier va devenir. Peut être encore plus la zone, mais autogérée?

20 jan. 202120 jan. 2021

Il est génial, ce film !
Je connais le chantier. Mon pote Eric habite juste en face et y hiverne son cata.

21 jan. 2021

Merci pour le film !
;-)

30 jan. 2021

Merci pour le lien

20 jan. 202120 jan. 2021

@Arzac. Elle viendra en son temps😀

20 jan. 2021

histoire d'un sauvetage inattendu:
A Pâques, la Loire est en crue et glacée suite à la fonte des neiges dans le massif central. Ca se passait en 1960.J'avais alors un canot breton avec une voile 1/3 et je revenais de Nantes. En passant devant port Lavigne, où on trouve maintenant un chantier naval, j'entendis un appel; 'ohé ! ohé ! " je cherche alors des yeux et trouve un pêcheur à la ligne perché sur la croix du calvaire qui se trouvait là au bord de l'eau. Il avait dû partir à marée basse mais avec la crue et la marée haute ne pouvait plus rejoindre le sec et le soir arrivait. Le plus proche village, celui de port Lavigne se trouve bien à 1 km de là, dans l'eau glacée jusqu'au cou il aurait eu du mal à y arriver surtout que quand la crue est là il n'y a plus de marée basse.
Heureusement et par hasard je passais par là, il n'y avait personne d'autre sur l'eau, il fallait être fou pour être sur l'eau. Alors j'y suis allé sans trop de mal malgré un très fort courant de crue , je l'ai embarqué et remis à terre plus loin à la cale du bac d' Indret.
Ben non ! pas de radio ni de portable à l'époque pour appeler aux secours !

Autre histoire mais avec des morts cette fois.
Vers 1996 Nous étions, avec le T7 à l'ancre dans le sud d'Oléron un peu avant le pertuis de Maumusson de triste réputation. J'aurais bien voulu y aller mais tout le monde nous le déconseillait, ; "il y a des rouleaux démentiels sur des miles et des miles, il y a des bancs de sable partout, le chenal est balisé n'importe comment" voilà ce qu'en disaient les gens du cru.
Mais voilà que je tombe sur un gars qui connaît et veut y aller. Alors je lui demande quand et qu'il ne soit pas surpris si je le suis mais pas sûr car j'ai des ennuis avec ma VHF.
Dans l'après-midi je vois son bateau aller vers le pertuis; avec ma femme on hésite puis je renonce... Bonne idée, le bateau a été roulé et il y eut deux morts... Depuis j'y suis quand même passé mais pas n'importe quand ni n'importe comment et l'âge arrivant je n'y vais plus. je suis un peu fou comme presque tout ceux qui vont sur l'eau mais pas trop.

22 jan. 2021

Nous étions juste arrivés à La Réunion après avoir vendu notre premier bateau à Fort de France. Ma compagne, qui était restée dans l'éducation Nationale avait demandé sa mutation pour les Antilles et au mouvement avait eu… La Réunion. Sans doute une erreur d'un fonctionnaire peu doué en géographie. Donc, il avait fallu se dépêcher, vendre le bateau rapidement, rentrer en France, nous marier (mon voyage était pris en charge à cette condition) et nous voilà rendus, peu avant la rentrée scolaire à St Denis.

Moi même, j'avais quitté l'éducation nationale un an auparavant suite à un petit problème avec un inspecteur qui était sorti trop rapidement par la fenêtre de ma classe.

Je cherchais donc du boulot.

Le premier trouvé, sur le port, consistait à finir les aménagements intérieurs d'un bel Arcadia Subrero. Bien que complètement incompétent, je me lançais hardiment dans cette opération que je foirais lamentablement. Les tiroirs de guingois s'ouvrant sur des alvéoles dont les fonds s'éloignaient de la parois de quelques centimètres, faisant que tous les contenus se retrouvaient inéluctablement à l'étage le plus bas.

Je me rendis compte alors que le travail manuel n'était pas pour moi.

Heureusement, une grande école de commerce française décidait à cette époque de lancer une succursale à St Denis en coopération avec l'université, la Chambre de Commerce et l'ANPE afin de doter l’île des compétences en encadrement nécessaires à son développement.

Je sortais donc, 18 mois après avec un beau diplôme de Sup de Co et fût tout de suite embauché par un gros groupe réunionnais pour m'occuper de son développement commercial.

Outre le Rhum, le sucre, nous faisions tout ce qui pouvait se faire en plastique. Bien sûr le polyester avec les cuves, barques ou piscines, mais aussi les PVC avec les tubes de différentes dimensions, le polystyrène, les sacs, et aussi toutes les petites bouteilles « plastiques » contenant les différentes lessives ou savons.

J'étais donc responsable commercial depuis plus de deux ans quand je proposais au directeur technique de m'étudier un nouveau produit spécifique, qui reprenait notre savoir faire, demandait très peu d'investissement et allait, mes études de marché le montraient, faire un tabac.

Et du coup, ce produit sortit, se vendit comme des petits pains, et nous paya notre deuxième bateau, beaucoup plus grand et confortable que le premier, et quatre ans de vie à bord sans travailler, alors que nous n'avions pas 30 ans.

Ce produit a été interdit depuis, car il a entraîné une alcoolisation massive de l’île. Son nom : La Pile plate. La petite fiole de rhum en plastique que tous les réunionnais ont trimballé dans leur poche arrière chaque jour.

J'en ai grand honte.

www.clicanoo.re[...]_224798

25 jan. 2021

On apprends plein de choses sur Hisse-et-Oh !
Je ne connaissais pas cette histoire de pile plate !
Elle a un effet positif, elle ne se brise pas lorsque son propriétaire s'écroule !
;-)

23 jan. 202123 jan. 2021

La fameuse pile plate 🤣
Tu as donc fais bien pire que des tiroirs de guingois 😁

24 jan. 2021

la première fois ou j'ai failli couler (il y en a eu d 'autre)
on est dans les années 80 le rush est mon 2eme bateau je l ai acheté cet hiver et je suis a LA ROCHELLE pour mettre mon radeau en revision , il fait beau le météo est bonne , ma femme et les enfants sont a LA FAUTE /MER et je décide d aller les rejoindre avec le bateau en solo
un petit calcul et je me dit que je devrais arriver au port de L'aiguillon/mer a la marée haute , donc c' est tout bon .
La nav se passe bien et j' arrive comme prévu dans le chenal ,premier arrêt côté la faute sur mer ,mais je ne sais plus pourquoi le coin ne me plait pas , je continue jusqu'à l aiguillon port de pêche surtout tourné vers la conchyliculture avec quelques appontement pour les bateaux de plaisance .
Ici les voiliers sont amarrés entre 4 pieux sur lesquels il y a des amarres à frapper sur les chaumards, le port assèche à marée basse et les voiliers font leur souille.
LE capitaine du port m’indique une place ,entre 4 pieux j’amarre le bateau et je vais retrouver ma famille à la maison de mes beaux parents .
Le lendemain nous décidons avec mon beau père et mon fils(11ans) une sortie pour pêcher, nous retrouvons le bateau comme je l' avais laissé la veille et nous sortons du chenal au moteur ,arrivé à la sortie il y a un peu de vent donc on hisse les voiles, tout va bien on tire un bord vers le large puis on vire pour aller vers la sortie du pertuis .
Quelques minutes plus tard mon fils descend dans la carré et remonte en trombe et me crie” papa il y a de l' eau dans le bateau” je lâche la barre et va voir , effectivement l' eau est au niveau des coussins.
Je ne navigue pas depuis longtemps et je n'ai pas d 'expérience de ce genre de situation .J’ai un petit moment de panique et je ne sais pas très bien quoi faire
j'évalue la situation :on est en train de couler! j' essaie de trouver la voie d’eau mais il y a déjà trop d’eau pour voir quelque chose .
La batterie est noyée, la pompe de cale ne marche pas( ou plus) le moteur ne démarre pas, il est déjà partiellement sous l' eau.
Il va falloir penser à évacuer oui mais le radeau est en révision? et je réalise que mon beau père nage comme une enclume ,mon fils devrait se débrouiller si ça ne dure pas trop longtemps ,oui mais où sont les gilets? ah oui sous les caissons de la cabine avant , je redescends et essaie de trouver les gilets peine perdue il y a un tel fouillis dans la cabine que j ai de la peine à les trouver
A ce moment là je me rends compte que le niveau d’eau ne monte plus mais je ne sais pas pourquoi, bon déjà on va pas couler tout de suite , je remonte dans le cockpit pour voir si il y a un bateau autour pour nous porter secours ,mais personne en vue, peut être avec une fusée? ça j’en ai , je trouve le coffret ,oui mais comment ça marche? un petit doute mais j' essaie et la fusée part dans le bon sens
Je vérifie le niveau d ‘eau a l intérieur il est stabilisé ,ça permet au moins de respirer
mais pas de solutions pour rentrer au port , quelques minutes plus tard un bateau à moteur approche il a vu la fusée après explications il va nous prendre en remorque et nous ramener au port .
Le retour au port se passe au ralenti pendant ce temps nous écopons tout ce que nous pouvons et à l' arrivée comme la marée est haute nous échouons le bateau le long du quai de la darse en béton , avec la marée descendante le bateau est bientôt au sec .
Nous finissons de vider le bateau car bizarrement le bateau ne se vide pas ,bien qu’il soit au sec il va donc falloir trouver par ou l' eau est entré ,je trouve l’explication un moment après , en fait la coque a été défoncée dans le caisson arrière bâbord ,je comprends rien ,car nous n' avons senti aucun choc , j aurais l ‘explication le lendemain .
Après avoir vidé les coussins et nettoyé tout ce que nous pouvions.
Le chantier naval d'à côté qui construit des chalutiers en polyester est venu réparer le trou avant que la marée remonte . super réactivité du chantier MULTIPLAST .
j ai eu l explication le lendemain le capitaine du port est venu avec moi et a la marée basse nous avons pu voir qu’entre les 4 pieux il y en avait un autre qui dépassait de 50 cms de la vase , nous avons supposé qu'à la marée descendante de la nuit le bateau s’est empalé dessus peut être aidé en ça par une vague d étrave de bateau de pêche sortant du port
toutefois le trou se situant à l'intérieur d’un caisson arrière dont la cloison est au dessus de la flottaison tant que le bateau ne gitait pas l ‘eau ne débordait pas à l'intérieur du bateau mais quand nous avons navigué à la gîte le caisson a débordé et l ‘eau a continué à entrer et quand nous nous sommes arrêté l’eau a cessée de monter
je ne suis jamais revenu à l' aiguillon sur mer .

24 jan. 2021

C'est pas glop, ça...

J'associe cet accident au fait que les copains qui ont des deriveurs intégraux sont extrêmement prudents lorsqu'ils posent leurs bateaux.
Le moindre truc qui traîne au fond peut faire mal.

Mais un quillard dans la vase, c'est vraiment pas de chance.

24 jan. 202124 jan. 2021

A cette époque, j'ai passé quelques mois sur mon bateau dans le port de l'Aiguillon (je faisais un remplacement à l'école). C’était pas très accueillant pour les voiliers (mais heureusement la directrice de l'école était plus accueillante). D'abord, le chenal n'était plus entre les perches (il avait bougé, mais les perches étaient restées) et se mettre entre les poteaux de bois travers au courant n'était pas facile. Manque de bol pour toi d'avoir pris un pieu sous le bateau.

Ed,
travaillant actuellement et encore pour quelques courts mois, à la Réunion, pour la maréchaussée, je tiens à te demander; Pourquoi???

Ah la pile plate, je ne suis pas certain que cela soit le fond du problème. Le litre de rhum a moins de 7 euros en promo cela fait mal!!

Bon je prépare le buchet, indique moi quand tu viens que je prévienne les camarades 😁

24 jan. 2021

L’ethique dans le boulot. c'est pas simple. Qui peut se targuer d'être un moteur pour une société plus juste et plus propre? Les chercheurs en biologie? Oui, mais ils inventent les huitres triploïdes OGM. Les profs qui éduquent les jeunes? oui, mais ils sanctionnent aussi et sont parfois injustes. Toi, peut être, qui fait respecter les lois, mais les lois sont-elles toujours justes et appliquées à tous?...
En tout cas, on s’était bien plu à La réunion. J’espère que c'est pareil pour toi.

24 jan. 2021

Et puis les vérités d'aujourd'hui ne sont pas le mêmes que celles d'hier, et sans doute pas les mêmes que demain (sans compter que nos vérités ne sont pas celles d'autres cultures).
Alors...

25 jan. 2021

Le pire étant de juger le passé avec les œillères actuelles :-(

25 jan. 2021

Je ne sais pas si on retrouve des petites bouteilles en plastique partout dans la nature à la reunion, mais en tout cas aux antilles il y a des morceaux de verres partout par terre, il faut faire super gaffe pour marcher pieds nus...

En tout cas il faut reconnaitre que c'était une idée de génie au niveau commercial et pratique!

Pour l'alcoolisme je ne crois pas que ce soit le contenant le problème, mais plutôt le contenu si il est mauvais, et surtout la misère et l'ennui...

Par contre ce qui m'intéresse le plus dans tout ça c'est de connaitre l'histoire de l'inspeceur par la fenêtre!🤗

25 jan. 202125 jan. 2021

Ces histoires d'alcool et de la société me font penser à un rencontre que j'ai eu sur l'île de Man. C'était les années '70 et j'étais équipier sur un Ohlson 38. Nous avions traversé l'Atlantique et monté la côte d'Irlande en escales jusqu'en Écosse. Maintenant on descendait vers San Sebastien en Espagne. Nous nous sommes arrêtés à Man pour voir si les chats n'y ont vaiment pas de queue. À cet époque, beaucoup de bateaux américains avait des cuisinières à alcool pressurisé. (Comme les cuisinières Origo, mais sous pression. Ça brule plus chaud avec moins de carburant.) L'alcool n'était pas cher et c'était réputé plus facile et moins dangereux que la kerosène. On en trouvait en bidons de demi-gallon (2l) partout chez les accastilleurs et quincailleries américains. Après deux mois et demi de voyage il nous fallait refaire le plein. Le capitaine - ancien commandant de Destroyer pendant la guerre - m'a envoyé en chercher dans la ville. Premier arrêt à la quincaillerie: ils me donnent un regard bafoué. De l'alcool? Pour une cuisinière? Jamais entendu de ça. Incroyable. Pas possible. Rien ici comme cela. Kérosène, peut-être, pour les Primus, mais pas ça. Peut-être à la Pharmacie? Ils doivent en avoir pour désinfecter les choses. Ce n'est pas trop loin... J'arrive à la Pharmacie et je m'explique. L'assistant semble surpris. De l'alcool? Pour bruler? Il vous en faut deux gallons (8l)??? Il va chercher Le Pharmacien. Celui-ci arrive et m'interroge encore. Vous êtes sur un bateau qui vient d'arriver dans le port et il vous faut de l'alcool pour la cuisinière? Oui Monsieur, c'est exact. Et il vous en faut combien? Quelques gallons, si vous en avez; il ne nous en reste pas beaucoup. Le capitaine m'a envoyé en chercher et on a l'intention de partir pour les Scillies demain. Et vous cuisinez avec? Oui, on a une cuisinière à alcool pressurisé. Il me regarde, étudiant à l'époque: cheveux longs, jeans fanés, chaussures usées,salées. Il me regarde du haut en bas, et me répond:Que ton capitaine vienne me parler. Il était convaincu que j'allais le boire. De retour au bateau j'ai raconté tout cela au capitaine, et il est allé à la Pharmacie de suite. Il est revenu qu'avec 25 ml. Voyager c'est connaître d'autres cultures.

Trouver de la glace pour la glacière c'était des tas d'autres histoires. La glace n'était disponible que dans les pubs. Ils étaient fier de pouvoir nous donner une vingtaine de glaçons à la fois, quoiqu'on aurait voulu 20kg. Nous avons fini par acheter à Arklow un bloc congelé de coquilles St. Jacques qui pesait 10kg. On a bien mangé au fur et à mésure que ça fondait. Heureusement ça ne prenait pas beaucoup de carburant pour les cuisiner.

25 jan. 2021

Chat anoure de l'Ile de Man

25 jan. 2021

@Ed,
La photo n'aurait-elle pas été prise à Laxey?
Gorlann

25 jan. 2021

Non, c’était à Casteltown. On avait pris le petit train à vapeur depuis port Erin.

29 jan. 2021

Tiens; une petite pour le WE :

A 18 ans, bac en poche, j'ai quitté le bateau et suis rentré faire des études en France, à Paris. Mes parents continuant leurs navigations autour du monde.
Les communications à cette époque n'étaient bien sur pas comme maintenant et je n'avais de leurs nouvelles que très épisodiquement par de longues lettres postées de diverses îles du pacifique et qui m'arrivaient parfois quelques mois après avoir été postées
Pourtant, cette fin d'automne, nous commencions à être inquiets. Près de 6 mois auparavant, ils avaient quitté Djakarta en direction de Singapour. Un trajet d'un mois maximum, mais relativement dangereux. A cette époque, les boat people vietnamiens tentaient de fuir les exactions des régimes dictatoriaux et se faisaient régulièrement rançonner dans cette région par des bandes des pillards pirates. Un voilier européen pouvait très bien améliorer l’ordinaire de ces bandes.
Nos coup de téléphone aux ambassades de France à Singapour et Djakarta ne donnaient rien, sinon des avis pessimistes des différents attachés militaires qui recensaient plutôt les attaques contre les pauvres indochinois.
Peu avant Noël, je partis donc à leur recherche en m'envolant pour Singapour.
Je passais mes journées à rechercher des infos dans les différents yacht clubs de l’île, ou je laissais des courriers et des annonces. Je me rendais tous les jours à l'ambassade pour tenter de faire démarrer des recherches. Je rencontrais des voiliers australiens et Neo Zelandais arrivant de Bali, mouillés à Clifford Pier, le lieu de passage des voiliers de voyage. Mais aucune nouvelle de mes parents.
Je me nourrissais dans les petites échoppes chinoises autour du port et j'allais dormir dans un coin de l'aéroport ou je m'étais organisé une petite « cache » comme un bon SDF. Je profitais aussi des « semaines Françaises » d'avant noël, avec dégustation de camembert et de vin rouge dans les différents supermarché et profitais de ces « vacances forcées ».
A peine une semaine après mon arrivée, je me trouvais dans le bureau de l'attaché militaire à l'ambassade quand son téléphone sonna. « Oui, je vous le passe ». C'était ma maman.
Ils venaient d'arriver tranquillement à Singapour et avaient découvert tous les avis de recherche.
Mais ils tombaient des nues
Après leur départ de Djakarta, ils étaient arrivés dans des îles indonésiennes ou se terraient des réfugiés malades, affamés et déprimés. Mon papa, médecin avait soigné, aidé, épaulé. Pendant des mois, ils avaient supporté ces pauvres gens en allant d’île en île, distribuant leurs pharmacie, opérant, accouchant les femmes, soignant les blessures. Régulièrement, ils donnaient des lettres à poster pour nous tenir au courant, aux pêcheurs et bateaux locaux partant vers des lieux civilisés, avec quelques monnaie ou dollars. Ces pêcheurs manifestement empochaient bien l'argent, mais ne postaient pas le courrier.
Mes parents étaient donc convaincus que la famille en France était parfaitement au courant de leurs actions et ne se doutaient pas un instant qu'ils allaient bientôt être considérés comme disparus corps et bien.
J'ai donc réembarqué jusqu'en Grèce, que nous avons atteint un an après et d’où je suis reparti continuer des études interrompues.

30 jan. 2021

J'ai dévoré les 9 pages de vos histoires toutes aussi passionnantes, amusantes et bien écrites les unes que les autres.
Merci à tous les contributeurs, et tout particulièrement à ED850 pour avoir créé ce fil (et fortement contribué).

30 jan. 2021

@ omnius. Nous attendons tes histoires aussi. Ce fil montre que tous peuvent participer et que tous les récits sont toujours appréciés.

30 jan. 2021

Je suis pas sure d'avoir tout lu...
Il faudrait compiler tout ça et être sûr d'en garder trace ?

30 jan. 2021

Je manque encore d'expérience et en conséquence de matière, mais j'ai bien l'intention d'y remédier dans l'année qui vient.
Promis, ma première anecdote sera pour ce fil !

30 jan. 2021

En y réfléchissant j'ai une petite anecdote sur mon premier mal de mer.

En fin de stage de voile, vers la fin mars, nous rentrons de Port Haliguen vers Concarneau. La météo annoncée n'est pas dantesque, mais le confort ne sera pas inclus dans cette dernière journée. Force 5/6, uniquement du près, et mer courte avec des creux de 3/4m.

A l'approche de Groix, le vent fraîchit, et deux équipiers partent à l'avant arriser le foc. Pas de chance, une vague balaye le pont alors qu'ils sont tous les deux à genoux sur le pont (attachés heureusement), et se retrouvent trempés par l'eau qui a pénétré par le col de leur ciré. Ils finissent tant bien que mal la manœuvre et reviennent dans le cockpit, transis de froid.

La plupart des stagiaires commencent à ressentir des prémices de mal de mer, et évitent de descendre dans le carré, en dehors de la monitrice. Sans symptôme de mon côté, je me retrouve à la navigation, à galérer sur la table à carte pour placer un point par relèvements.

La monitrice décide de préparer un petit plat chaud pour redonner un peu d'énergie à l'équipage qui faiblit, et se lance dans la préparation de croque-monsieur, avant de finalement décider de les améliorer en croque-madame. A l'intérieur je peux constater une maîtrise certaine, alors que ça gîte sévèrement, entre équilibrisme et appuis sur une jambe pour avoir les deux mains libres quand nécessaire.

Malheureusement la mer réserve des surprises même à ceux qui maîtrisent, et le voilier après un grand coup de gîte se redresse brutalement. La poêle avec les œufs du croque-madame s'envole et vient s'écraser sur le plancher, dans un mélange d'huile et d’œufs. J'expédie mon point par une position GPS, et vais aider pour nettoyer. Je me retrouve pendant de longues minutes à serpiller le sol, à genoux dans le carré, le nez dans les œufs à moitié cuits.

Quand je me relève, je comprends tout de suite que ça ne va plus du tout, je m'écroule sur une couchette. Le gilet, facétieux, décide de percuter à ce moment, sans raison apparente, mais je ne trouverais même pas la force de l'enlever.

Je ne sais pas combien de temps dure cette situation, mais il faisait jour au moment de l'incident, et la nuit est désormais tombée.
J'entends des exclamations sur le pont, plusieurs équipiers ayant retrouvé du poil de la bête.
"Dauphins dans le plancton luminescent !"
J'ai déjà entendu des histoires de ce spectacle qui peut être féérique, et j'essaie de me relever pour ne pas rater une telle occasion. Je pense que mon buste n'a pas dépassé 30° avant que je m'écroule à nouveau. Je ne ressortirais pas avant l'arrivée à Concarneau.

A ce jour, c'était mon premier et dernier mal de mer, j'ai recroisé des dauphins, j'ai recroisé du plancton luminescent, mais j'attends encore de recroiser les deux en même temps.

31 jan. 2021

Pour le mal de mer, j'aime bien ressortir de temps en temps la citation de R Kipling tirée de "l'homme qui voulut être roi" :

"Ca te ferait du bien, mon ami, d'avoir un peu le mal de mer... Tu as trop d'Ego dans ton cosmos".

Elle convient souvent à certaines situations.😀

01 fév. 2021

Histoire marrante !
;-)
Merci !

Lorsqu'on a rarement (ou jamais) de mal de mer on pense être tranquille ;-)

Dans mon cas, je n'ai jamais eu le mal de mer, ni en voilier, ni en ferry, ni en pirogue, ni en bateau à moteur mais je sais bien que ça pourra m'arriver un jour alors je ne fanfaronne pas !

"Pour venir à bout du mal de mer rien ne vaut une sieste sous un pommier en fleurs" proverbe normand

01 fév. 2021

Bonjour et merci ED850 pour ce fil!
Je me lance après être tombé il y a quelques jour sur une vieille feuille de cahier avec les notes de briefing d'une journée de navigation sur Boud'Ficelle aux Glénans vers 1999...

Sans bateau suite à un naufrage malencontreux (récit un autre jour...), je passe quelques semaines comme matérialiste aux Glénans, dont une sur la base de Coz Castel dans l'estuaire du Trieux.
Le deal en tant que matérialiste bénévole : tu bosses à diverses tâches plus ou moins ingrates et en contrepartie tu peux naviguer de temps en temps. L'équilibre entre les 2 activités est aléatoire, dépendant beaucoup du chef de base.

A Coz Castel, chef de base très sympa, mais le boulot n'est pas palpitant : il s'agit de gratter les couches d'antifouling des Tonic 23... salissant, poussiéreux et fatiguant de ramper sous la coque les bras en l'air à la longue! En revanche j'ai pu faire pas mal de navigations et assister en auditeur libre aux cours théoriques du monitorat, je ne suis pas perdant.
Je navigue donc régulièrement sur les Glénans 5.7, mini quillards d'apprentissage, sur un stage adulte débutant. Le moniteur est plus jeune que la totalité de ses stagiaires, c'est l'un de ses premiers encadrements. Il doit avoir 18 ans, j'en ai 19.
Sur ce stage et comme souvent aux Glénans, pas de sécu, le moniteur est embarqué avec pour seule aide sa VHF portable en pochette étanche sur un des 4 bateaux de l'escadre. Je suis sur l'un des autres bateaux avec 3 débutants. Étant plus expérimenté, fais donc office d'aide moniteur.
Les navigations se font dans l'embouchure du Trieux, l'archipel de Bréhat, le Ferlas... Un coin superbe avec plein de cailloux, des marées, des courants. Etonnament, ça se passe très bien, même sur les bords libres de débutants sans moniteur.

A Coz Castel les bateaux s'ammarent sur une ligne de bouées dans la rivière. Au milieu de la ligne, un ponton tenu à ses 2 extrémités par une patte d'oie plongeant vers un corps-mort. En fin de journée, es manœuvres d’amarrage ne sont pas toujours simples, il y a du courant et les équipages débutent. Sur le bateau du moniteur c'est donc lui qui est à la barre. Je ne sais pas si c'est l'engorgement du trafic local, en tout cas la manœuvre ne se déroule pas comme prévu : le bateau frôle le ponton, et sa quille, légèrement angulée vient se coincer proprement entre les 2 bouts de la patte d'oie.
Les équipages des bords libres se sont eux amarrés relativement tranquillement... Et il a fallu démonter les amarres du ponton pour libérer la quille, l moniteur et son équipage!

Le dernier jour, nous partons pour la journée, avec nos tupperware pour midi. De mémoire les conditions sont bonnes avec 3-4 de SO (de terre, donc peu de mer). Pour le déjeuner, l'escadre mouille à l'Est du phare de la Croix, dans les cailloux au sud du sillon de Talbert.
Les 4 bateaux sont mouillés en ligne, bateau du moniteur en tête.
Pendant le repas, j'aperçois ce bateau défiler doucement vers notre arrière à quelques mètres de nous. Après avoir brièvement vérifié que c'était lui qui bougeait et pas moi (la probabilité qu'un bateau mouillé se soit mis à avancer étant toutefois plus faible que celle de reculer...), je le signale au moniteur, qui ne s'était pas (encore) aperçu de sa dérive.
Panique à bord ! il ordonne à tous de ranger le repas illico et de lever l'ancre. D'un naturel relativement flegmatique, je lui suggère de rallonger un peu son mouillage... ce qui aura pour effet de nous permettre de finir de manger tranquillement et c'était le plus important !

Mais la journée n'est pas finie... Au retour dans le Trieux du coté de l'ile à Bois, le bateau du moniteur s'approche : "J'ai fait une connerie" me-dit-il... "Quoi donc?" "J'ai fait tomber la VHF à l'eau..."
Le pauvre avait glissé la VHF sous son gilet et en se penchant par dessus bord pour je ne sais quelle raison, celle-ci avait glissé à l'eau. Et la pochette étanche, et la dragonne? Ça le gênait et il avait donc sorti la VHF de sa pochette...
En rentrant à terre, ce jeune moniteur était très embêté car il avait apparemment une caution sur le matériel et à l'époque une VHF portable coutait bien plus cher qu’aujourd’hui! Le seul conseil que j'avais pu lui donner, c'est de planquer la pochette esseulée, car je pense qu'arriver devant le chef de base en lui disant "regarde il me reste la pochette, vide!" n'aurait pas aidé à la compréhension de l'incident!

Partant le soir même je n'ai pas eu le fin mot de l'histoire, j’espère que ça s'est bien terminé pour lui!

Avec le recul des années, et après avoir emmené des débutant en navigation à mon bord, je me dis qu'emmener pour la première fois un groupe d'adultes avec des bords libres dans ce coin c'est tout de même un belle responsabilité et un stress légitime!

01 fév. 202101 fév. 2021

Les années ont passé et c'était pas très différent à Coz Castel de ce que j'ai connu dans les années 70 : les bateaux bien sûr, c'étaient des Mousquetaires et on n'avait pas de VHF portables... mais un seul responsable pour 4 bateaux, pas tout à fait débutants les stagiaires, on avait déjà fait au moins un stage Caravelle à l'archipel.

Je me souviens pas d'un ponton ni de corps morts, il me semble qu'on mouillait sur notre ancre.

Je me souviens aussi du retour à la base à Paimpol par la terre : seule douche de la semaine, prise dans une salle commune, filles et garçons séparés.
Chef de base Michel Morin, pour ceux qui l'ont connu.

Je me souviens pas de situation stressante. Tout s'était bien passé. C'était en juin.

01 fév. 202101 fév. 2021

Voila le ponton de Coz Castel.
Pas de souvenir des ouches... il devait bien il y en avoir ;-) nous ne sommes pas allés à Paimpol pour ça en tout cas !

A cette époque Michel Morin n'était pas chef de base mais il était gréeur à Lézardrieux et participait aussi à l'organisation de la régate des Lilas Blancs (entre autres choses certainement!), je l'avais croisé là lors d'une glorieuse participation sur notre corsaire (avant le naufrage dans ces mêmes eaux, et le mousquetaire -estampillé CNG- qui a suivi) ou un bon rating nous avait fait être classé pas trop mal (sans avoir boucle tout le parcours d'ailleurs... Bref un bon souvenir!

01 fév. 2021

Si j'ai bien compris, tu parles de 25 ans plus tard que moi...
Pour moi c'était en 73, 74, 75.

01 fév. 2021

Mon tout premier stage de voile habitable: stage Coz Castel sur mousquetaire. 1979. Ça m’a donné le virus...

01 fév. 2021

Hé bien tu vois Omnius, tu pensais avoir le mal d'écrire et visiblement ça t'as passé !!!

06 fév. 2021

A propos de mal de mer :

Elle était arrivée à l'école de voile dans un beau Range Rover immatriculé 75. C'était une belle femme blonde, distinguée, habillée plus pour prendre l'apéritif chez Senequier, à St Tropez que pour partir en croisière de printemps sur le sélection du club, vers les Scillys pour une semaine.
Son pantalon en toile blanche sous un pull marin en laine bleue, ses mocassins « bateau » et son petit bonnet la rendaient certes charmante, mais détonnaient sur les aspects plus « baroudeurs » du reste du groupe.
Nous étions 6 pour cette croisière. Tous des habitués. Un propriétaire de bateau de l'ile d'Yeu qui venait régulièrement pour des croisières plus longues que les petits tours de son ile qu'il faisait habituellement, un jeune couple pratiquant régulièrement de Hobie cat chez nous, un fonctionnaire des postes membre du club et bientôt apte à prendre la responsabilité du bateau, et donc notre Marie Chantal, prête à embarquer sur « un yacht ».
Lors de son inscription, je l'avais prévenue. Elle m'avait indiqué avoir déjà navigué. Sur un yacht de 35m en Sardaigne, sur un catamaran d'un ami à St Martin, et pratiqué le hobie cat au club med à Maurice. Mais éludant mes descriptions du bateau, elle avait été surtout intéressée par la présence de stagiaires hommes me précisant que « naviguer l’excitait beaucoup » et que « la promiscuité d'un petit voilier l'émoustillait d'avance ».
Nous partîmes donc à la marée. Le temps s’annonçait parfait. Vent du sud et canicule possible sur les 3 ou 4 premiers jours, puis anticyclonique avec un régime de brise pour la fin de la semaine.
La matinée se déroule parfaitement, chacun apprends à se connaître, à connaître le bateau, à repérer les différents rangements. La mer est plate et le petit vent de sud ouest nous pousse tranquillement vers la Bretagne.
Notre équipière blonde était charmante, préparant des petits toasts pour midi, distribuant les verres de muscadet...
Dans l'après midi, en passant au large de Belle ile, les retours de vagues de la côte et un petit renforcement de la brise créent un léger clapot . Les premières nausées apparaissent et notre pauvre équipière passe la soirée dans les filières sous le vent.
Sa nuit, elle la subit dans sa couchette, le seau à proximité. Le reste de l'équipage prends les quarts,, le long du pays Bigoudin, la baie d'Audierne, puis le raz de Sein.
Au petit matin, nous sommes au large de la chaussée des Pierres Noires, mais avec le lever du soleil, la brume arrive. Visi nulle, humidité complète. Tout dégouline. Notre pauvre équipière amorphe dans sa couchette sous plusieurs couches de duvet n’apparaît pas.
Au vu de la brume, avec ce vent de SW, nous nous déroutons vers le Stiff en embouquant le Fromveur, courant portant et rentrons au GPS, sans aucune visi dans la baie protégée.
En arrivant, on passe à coté d'un petit caseyeur qui nous indique un corps mort libre et nous vends en passant 3 belles araignées justes sorties de ses casiers.
Pendant qu'une partie de l'équipage range les voiles, les bouts et tout ce qui a pu servir en mer, d'autres rangent l'intérieur et l'un se mets à la cuisson des arthropodes.
A l'intérieur, entre l'humidité de l'air, les deux casseroles d'eau de mer bouillants, les corps suants de l'activité du matin, les bouteilles de muscadet débouchées, l'atmosphère était un tantinet virile et se rapprochait plus d'un cloaque que d'une roseraie.
C'est alors que notre malade émergeât. Elle était méconnaissable. La mise en plis disparue, la peau terne et les yeux hagards, elle avait pris 20 ans dans la nuit. Paradoxalement elle en était d'autant plus attendrissante.
A la radio, la météo annonçait canicule sur la France avec des températures atteignant même 25° à Brest. Nous avions 12°.
Devant ce spectacle affligeant d'un équipage sale et suant d'une nuit en mer, l'odeur pénétrante des crustacés mêlé à celle du vin blanc, l’humidité, le froid, elle craqua : elle fit rapidement son sac et m'intima l'ordre de la déposer immédiatement à terre, ou elle irait à l’hôtel avant de prendre le bateau de ligne pour quitter ce maudit rafiot remplis de fous.
Nous ne sommes pas allés aux Scillys. La brume sur la manche étant restée quelques jours . Mais avons eu un temps estival avec des navigations de demoiselles tout le long de la côte bretonne.
Je n'ai jamais revu cette femme.

16 fév. 2021

Pendant que nous étions allés visiter Cardiff en train, nous avions laissé le bateau dans la petite marina de Neyland pour deux nuits. Nous allons rarement dans les ports, préférant être à l'aise au mouillage, mais comme la météo n'était pas superbe et le bateau tout seul, nous nous étions résolu à nous mettre au ponton dans cette charmante cité.
En rentrant, et comme la météo annonçait une tempête de SW, nous préférions nous déplacer au mouillage en baie de Dale, bien protégée, plutôt que de rester dans ce port encombré.
Le vent était déjà assez fort lors de notre départ et nous poussait vers le ponton, venant de 3/4 avant à babord. Comme nous allions revenir au mouillage, notre annexe était accrochée à l'arrière du bateau par une chaîne inox  un cadenas pris dans une cadène
La manœuvre consistait à maintenir une garde arrière en double, tout larguer, mettre le moteur en arrière pour décoler l'avant, puis la proue libre, remettre en avant pour se dégager.
Tout se passe bien, l'avant se dégage, ma femme largue la garde arrière quand… on s'arrête. Le moteur en avant, marche bien, mais le bateau n'avance plus, pire, il commence à pivoter vers babord et l'avant des bateaux situés sous le vent.
J'ai le temps d'aller à l'arrière, pensant que la garde passée en double s'était coincée, mais non, ce n'était pas elle. C'était la chaîne de l’annexe, qui, d'une manière incompréhensible était passée autour d'un des taquet du ponton, entre le bateau et elle et nous retenait par l'arrière.
Pas le temps d'aller chercher la clé du cadenas, pas possible de se libérer, le bateau dérivait, les étraves arrivaient.
L'arrière contre le ponton, ma femme réussit à sauter et in extrémis, dégagea la chaîne juste prise dans le taquet. On évita les étraves de peu et je la récupérai en passant lentement le long du ponton initial.
Ce fût une bonne suée, et dorénavant, on ne manœuvre plus dans les ports en tirant l'annexe.

mouillage devant Neyland :

16 fév. 2021

Sauf pour faire 3 ou 4 milles en baie abritée, l'annexe est systématiquement remontée. Combien ai-je rencontré de plaisanciers ayant perdu leur annexe en cours de route ?

Hervé

16 fév. 2021

Nous avons trouvé une annexe semi rigide avec son moteur de 10 cv, au beau milieu de l'ocean indien.
Pas possible de récupérer le semi rigide, trop gros pour le monter à bord de mon voilier de 10 m, mais nous avons récupéré le moteur, quasi neuf.

16 fév. 2021

C'était à noël ?
;-)

16 fév. 2021

Même pas !
septembre

16 fév. 2021

Ca montre qu'une annexe tient la mer. Avant qu'on soit tous équipés de balises, beaucoup préconisaient une survie dynamique avec une annexe toujours à poste plutôt qu'un bib dans lequel tu restais sur place. P Van God s'est sauvé vers le Brésil quand son Trismus a coulé. Maintenant, normalement, on déclenche la balise, et on ne reste pas 117 jours à la dérive.

16 fév. 2021

Oui, et c' est bien dommage qu' il n' ai pas pu emmener d' annexe à voile pour la mini-transat 77!

Gorlann

je remets une petite histoire pour relancer ce fil.
Mais j'attends les vôtres...

Nous étions à quai au Port, à La Réunion. C'est simple là bas, la commune ou se situe le port s'appelle « Le Port ». Nous terminions virtuellement notre deuxième tour du monde, puisque nos deux jumelles étaient nées ici 3 ans auparavant.
Notre grande fille avait retrouvé des copines de classe et le WE précédent, elles s'étaient essayées au patin à roulette dont un des exemplaires était tombé au fond du port.
En bon papa intentionné, j'avais donc plongé dans cette eau peu transparente pour récupérer l'objet et par flemme, j'avais laissé l'échelle de bain à poste à l'arrière du bateau.
On était donc tranquilles à bord, quelques jours après cette fête d'enfants. Panneaux ouverts, ma femmes mettait à sécher les draps sur des fils tendus entre le mat et l'étai, je bouquinais en bas, à coté de ma grande fille qui travaillait sur ses cours du CNED. Les jumelles jouaient, peut être dans leur cabine, peut être dans le cockpit, enfin, elles étaient sages et s'amusaient toutes les deux.
C'est alors que dans la descente, on vit apparaître C., l'une des jumelles, les cheveux et la robe trempées. Et quand on lui demande, alarmé la raison, se met à pleurer en disant « j'ai rien fait », en tentant de se défiler.
Elles jouaient toutes les deux sur la plage arrière. Le jeux consistait de se mettre à cheval sur les pares battages rangés là verticalement. C. est tombée à l'eau. A 3 ans et bien qu'habitant à bord depuis sa naissance, elle n'avait toujours nagé qu'avec ses brassards. Moi en bas, ma femme à l'avant, sa chute passa inaperçu.
Heureusement, l'échelle de bain à quelques mètres la sauva. Elle pataugea comme un petit chien, atteignit l'échelle et remonta toute seule, persuadée qu'elle allait se faire bien disputer d'avoir trempé sa jolie robe.
33 ans plus tard, j'en ai encore des frissons quand je me dis que sans l'échelle de bain et ma flemme de la ranger, son voyage aurait pu s’arrêter là.

ed850
Cette histoire fait froid dans le dos. J'imagine que depuis tu dois faite particulièrement gaffe lorsque tu a des enfants à proximité.

En fait, le danger, c'est quand tout parait calme. Tu tombes par dessus bord en allant pisser par calme plat, alors que tu t'attaches pour aller prendre un ris par force 7. En mer, les enfants ne sortaient pas dehors seuls et dehors, ne sortaient pas du cockpit. Là, tranquilles au port, avec des filets tout autour du bateau, la vigilance s'est relâchée.

Une histoire pour vous faire sourire.
C'était il y a 35 ans, j'étais chef de bord à l'UCPA et j'encadrais des stages de débutants à Brest. Après 4 jours de manœuvres et de balades dans la rade, nous faisions une sortie vers Camaret.
Cette fois là, j'étais bien entouré par 4 jeunes femmes qui se débrouillaient bien.
A cette époque, il était encore possible de manœuvrer à la voile dans les ports. Le vent étant bien orienté par rapport au ponton et pas trop fort, j'explique la manœuvre et le rôle de chacune. Tout se passe comme prévu, le voilier vient s'arrêter doucement contre le ponton. Quelques applaudissements admiratifs nous accueillent. Mes 4 stagiaires sautent. Je me penche pour stopper le moteur que j'avais démarrer préventivement au cas où. Penché, j’entends des rires sur les bateaux voisins. Je relève la tête et je m'aperçois que le voilier est à 2 mètres du ponton et s'éloigne inexorablement poussé par le vent. Les 4 filles regardent les bras ballants. Aucune n'avait pensé à se saisir des amarres...
C'est à ce moment là que je me suis souvenu de ce que me disait mon chef : à consigne floue, connerie précise....

Merci, elle est très bonne celle la je la visionne très bien 👌 j'aime beaucoup aussi ce que te disais ton chef

C'est ainsi que j'ai fait l'une des pires âneries de ma vie.
Un demi mille devant Etaples sur Mer il y a une vingtaine d'années. seul à bord. Pétole ; Pétole ; pétole. THE ANTICYCLONE.
Histoire de passer le temps, je me baigne. Une bonne demi heure durant, je tourne autour du bateau, passe en dessous (sans grand mérite 0,75 cm de te.) et autres virevolte. Me croyant malin...

Soudain je sens l'eau se refroidir par les doigts de pieds. Devant ce changement je décide de retourner à bord.

Le temps de saisir d'une main l'échelle que le courant est arrivé si fort que je ne l'aurais jamais remonté à la nage.

cqfd
1) le beau temps ne réduit pas les dangers
2) NE PLONGEZ JAMAIS SANS ÊTRE AMARRÉS

Se baigner seul à bord ... Je n'aurais pas osé ... ( Je nage mal ... )

Mais pour le courant normalement il entraîne le bateau et le bonhomme de la même façon ( sauf à avoir des tourbillons comme dans le raz mais est un courant très fort)

Ou alors le bateau était à l'ancre ?

Même pas à l'ancre.
Totale inconscience de ma part, grisé par une météo exceptionnellement belle.
Le bateau et moi serions effectivement partis dans le même sens. Mais je ne recommencerai pas l'expérience. ..

Le temps de saisir d'une main l'échelle que le courant est arrivé si fort que je ne l'aurais jamais remonté à la nage.

Je ne suis pas certain de comprendre.
Le courant n'est-il pas censé entraîner le baigneur autant que le voilier ?

Sans doute mais lorsqu on y est cela fait un drôle d'effet quand même.
D'autant que ce courant m'à paru (peut être aussi du fait de l émotion) à la fois fort et soudain. Peut être aussi la renverse de la Canche qui se jette à Etaples.

en 2004 dans le cadre d’un stage “glenans”je suis allé naviguer aux ANTILLES ,nous avons ainsi connu les GRENADINES et il est ensuite difficile de ne pas avoir envie d’y retourner ,donc l’année suivante je décide de louer un bateau au marin directement a un propriétaire; , je dégote un catamaran “BLUE2”un peu vieillissant mais c est dans mon budget.
Nous voilà donc sur la route des grenadines ,première désillusion la plate forme du bateau est trop basse et la moindre vague fait lever la table du carré :bon tant pis pas grave de toute façon on vit dehors
j ‘avais bien remarqué que le bateau semblait un peu bricolé mais bon j ‘ai attribué ça à l'âge ,mais les problèmes sérieux vont commencer.
il ya quelques jours que nous naviguons, et a un moment ma femme me dit qu’il y a une odeur bizzare dans le carré , je vais voir et effectivement je constate une odeur de brulé , donc il y a un souci ,inspection des zones electriques; rien des batteries: rien non plus ,moteur babord :rien ,moteur tribord ha! c' est là ,la poulie de l'alternateur frotte sur la mousse d'insonorisation et la cloison celle ci commence à chauffer dur et il y a de la fumée ;arrêt du moteur immédiat et vérification du problème ,en fait dans le cadre des bricolages le moteur tribord a été changé et au lieu de mettre le même modèle comme sur babord , il a été mis un moteur bien plus gros mais il n y a pas assez de place autour, et la poulie de l’alternateur qui s’est desserré vient frotter sur la mousse d'insonorisation et sur la cloison ; plus de peur que de mal on sort la caisse a outil on resserre la poulie et ça repart

je passe sur les petits problèmes inhérent aux vieux bateaux et nous faisons notre tour comme prévu, mais en remontant vers la martinique en sortant de la zone sous le vent de SAINT VINCENT et que le vent reviens je coupe les moteurs et nous naviguons à la voile ,mais il y a un bruit suspect,j' ai bloqué les hélices en marche arrière mais il y en a une qui tourne encore ,c' est bizarre il faut que j' aille voir ça ; je demonte le plancher du carré pour avoir l'accès au moteur et à l'accouplement et là surprise: l’arbre n' est plus là ,les silentblocs qui relient les 2 flasques du tourteau sont coupés et l arbre est parti en arrière il est bloqué contre le joint volvo qu’il écrase sur l' étambot et comme il tourne toujours du fait de l'hélice libre il est en train de bousiller le joint et l ‘eau commence à entrer
sur l' instant je ne sais pas très bien quoi faire puis je prends un bout et l'attache sur le tourteau côté hélice pour tirer l’arbre en avant et frappe l' autre bout ou je peux pour éviter que le tourteau ne continu a abimer le joint celui ci est un peu tordu mais il ne fuit plus .sauvé!!
nous naviguons à la voile jusqu'à SAINT ANNE où nous arrivons le soir
le lendemain je dois rendre le bateau et j' essaie de rentrer au port à la voile difficile dans le chenal avec le vent contraire et un seul moteur le bateau abat systématiquement et après plusieurs tentatives je sollicite l’aide du port qui m' envoie la SNSM qui me remorque jusqu'à la place
Nous reprenons l' avion le soir allégé de quelques dizaines d' euros pour le remorquage .
je suis retourné aux GRENADINES plusieurs fois depuis en louant des bateaux à des particuliers mais en soignant la recherche .

Après les déboires avec le cata BLUE2 j’ai décidé de faire attention à ce que je loue.Je loue a PORT GRIMAUD un” rêve d'antilles” acier premiere impression bateau très propre et très bien entretenu , nous partons donc faire un tour en CORSE ,tout va bien .
Je récupère un couple d' amis à CALVI et nous continuons notre voyage vers le sud en cabotant.
Nous descendons jusqu'à FIGARI ou nos amis reprennent l ‘avion pour rentrer ;il nous faut donc repartir vers le nord.
nous larguons donc les amarres et la pendille, ”en avant toute “;oui mais le bout de la pendille en a décidé autrement et se fait quelques tours dans l hélice ;bon il n'y a plus qu'à se mettre à l'eau et avec l' aide d’un voisin a force d’apnée successives nous réussissons a dégagé le bout en nylon ,et on repart .
Arrivé à hauteur de PORTO POLO, nous marchons au moteur et je vais satisfaire un besoin naturel, en ouvrant la porte des toilettes je vois de l ‘eau qui déborde du lavabo et coule sur le plancher .je ne comprends pas ce qui se passe , c’est normalement impossible le lavabo est au dessus de la flottaison,l' eau ne peut pas remonter par là. Pour voir ou va cette eau je soulève un plancher et là je vois que la pompe de cale est en route et il y a de l ‘eau qui arrive à flot depuis l' arrière; j’ai un bateau en acier donc pas possible qu’il y ai une voie d’eau dans la coque ,j' ouvre un panneau latéral du moteur (très accessible puisqu’en coursive ) et là je prends une douche magistrale ,l' eau gicle de partout. en fait les colliers qui tiennent la durite du presse étoupe sur l’étambot sont desserrés et l' ensemble est parti avec la pression de l ‘eau ,d'où grosse entrée d’eau par l' étambot qui fait presque 80 mm et avec le moteur qui tourne l ‘eau est pulvérisée partout dans le compartiment .je fais arréter le moteur et réussi a remettre le joint sur l' étambot puis a le serré correctement .
Par la suite j' ai compris ce qui s'était produit ,la voie d’eau provenant du moteur a mis en route la pompe de cale mais celle-ci évacue l ‘eau par un passe coque trop petit pour le débit de la pompe et le lavabo étant raccordé sur le même passe coque l eau ne pouvant s'évacuer à l'extérieur remontait dans le lavabo et débordait .
je ne sais pas ce qui se serait passé sans cette envie pressante.
Ensuite j' ai pensé que le problème avait pu être dû à l'incident avec la pendille .Mais le propriétaire auquel j' avais expliqué les problèmes a démenti et m'a dit avoir également remédier à l'évacuation de la pompe de cale .

Tes deux propriétaires ont eu de la chance d'avoir un locataire sachant réfléchir et utiliser des outils. Sinon ton équipage et toi reveniez à la nage; et eux plus de bateau!

Ou ils t'on vu venir. Ils se sont dit :"celui là va nous réparer le bateau à l'oeil"😁

Une toute petite histoire. Mais certains d'entre vous l'ont sans doute aussi vécue.

Petite balade en mer au large de Fécamp une après-midi d'été, avec un copain sur son bateau.

Nous apercevons une masse bizarre flottant entre deux eaux "sous le vent à nous". Petite abattée et nous approchons à moins de 10 mètres, histoire de voir de dont il s'agit, éventuellement la récupérer si c'est un déchet.

Mais à notre approche, la masse de couleur gris sombre et d'un bon mètre de diamètre se met à bouger et plonge aussitôt.

C'était un poisson-lune qui faisait tranquillement bronzette à la surface et nous l'avons dérangé.

C'était ma première rencontre (et dernière jusqu'à présent !) avec cet animal en Manche Est.

Avez-vousi aussi rencontré en mer des animaux rares ou inattendus ?

Piégeage des gouttes

Après la pluie...

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mars 2021