Vos histoires de mer 8

L'idée est de raconter une histoire, étonnante, surprenante, drôle, qui vous est arrivée en navigation ou en escale.
Les règles : Gentillesse, tolérance, bon enfant, retour sur les histoires racontées.
Pas de nouvelle histoire avant la fin de la discussion sur l'histoire en cours.
Prenez votre temps, on risque d'être plus longtemps que prévu derrière nos écrans.
Suite de :
www.hisse-et-oh.com[...]e-mer-7





L'équipage
25 nov. 2020
25 nov. 202025 nov. 2020

J'avais quitté le bateau quelques mois plus tôt pour rentrer en France passer mon bac de français. Et là, début juillet, je rentrais.
Il était prévu que mes parents m'attendent dans la première quinzaine de Juillet à Academy bay, dans l'ile de Santa Cruz, aux Galapagos.
Il n'y avait aucune possibilité de les contacter, mais bon, le rendez vous était pris et ça devrait bien se passer.
A cette époque ou le tourisme de masse n'en était qu'à ses balbutiements (le club med créait ses premiers « villages »), les déplacements en avion étaient encore bon enfants. Un des aspects vraiment intéressant pour les désargentés était la possibilité de prendre une place pour quelques dollars sur n'importe quel vol ou il restait des places. Donc, au dernier moment, il était possible d'embarquer pour n'importe quelle direction à condition de n'avoir qu'un bagage à main.
Tous les aéroports ne pratiquaient pas cette « option », et en Europe, l'aéroport du Luxembourg était spécialisé dans cette forme de « charter » .
Du haut de mes 16 ans, me voici donc parti en stop vers le Grand Duché, d’où je trouve un avion pour Nassau, aux Bahamas (avec escale à Reykjavík, c'était un Icelandic Islandair). De Nassau, aucun vol pour l'Amérique du sud. Après une nuit dans l'aéroport, je repars vers Miami, d’où je trouve un vol « équatoriana » pour Quito, puis, le jour suivant, un Quito Guyaquil.
C'était de Guyaquil d’où partait le vol pour Baltra, l'ile aéroport des Galapagos.
Il y avait un vol par semaine, le  mardi, et coup de chance, on était mardi. Je me mets donc dans la file pour les billets et l'embarquement. Elle était longue, des indiens chargés de fruits, des poulets, des bagages… La file avançait doucement.
Arrivé 4 personnes devant moi, un officiel barre la route et déclare : « l'avion est complet, revenez dans une semaine, mardi prochain ».
Oulah, ça ne m'arrangeait pas du tout, cette histoire. Je mets donc un billet de $10 dans mon passeport, vais voir cet officiel et lui demande de quand même regarder mon passeport.
J'eus donc une place.
L'avion était un vieux DC4 : vous savez, les avions avec des moteurs à hélice, qu'on voit dans les vieux films des années 50, eh bien c'était ça, l'avion pour le Galapagos. De plus, il était aux couleurs de la compagnie equatoriana, qu'on aurait pu appeler « psychédélic airlines », tant les couleurs et les décorations semblaient sortir d'un esprit sous amphétamines ou acides.
Si de l'extérieur, il faisait encore relativement propre, à l'intérieur, c'était le métro parisien à 18h. Non seulement les sièges étaient pleins, souvent même occupés chacun par deux personnes, mais la soute devant être remplie, l'allée centrale était bourrée de valises, caisses, volailles et autres ballots. Sur ces bagages se tenaient coincés contre le plafond des passagers surnuméraires. Dans l'espace situé entre la première rangée et le poste de pilotage, une vingtaine d'homme se tenaient debout, bien coincés les uns contre les autres. L'avion devait transporter plus du double de sa charge admise, je pense.
Et donc, puisque je peux vous le raconter, l'avion a décollé, a parcouru ses 1000 km au dessus de l'océan Pacifique, s'est posé à Baltra ou m'attendait mon papa (qui venait à l'aéroport tous les mardis). Et le lendemain, on partait pour les marquises.

Photos : décorations avion "équatoriana"
Un DC4

25 nov. 2020

Bon avion le DC4 !
J'aurais bien voulu voler là dedans !

25 nov. 2020

je suis rentré de dakar en 1964 avec sur orly avec escale au maroc en plein désert ,le pleins ont été longs ,bidons de 200l sur une carriole transférés avec des pompes japy .j'ai volé aussi sur broussard
nordatlas ,breguet 2 ponts et bien d'autres tapins , pour aller ou l'on m'envoyais
faire ce que j'avais à y faire .
alain

14 déc. 2020

😊👍

25 nov. 2020

@ED850;
bon nombre de ces avions sur-chargés s'écrasent au décollage.
C'est normal, un avion a un cahier des charges, ce n'est pas une Peugeot 404 qui accepte (presque) tout traitement et reste au sol même si un essieu lâche.

Et ces accidents prévisibles sont toujours du aux passagers "qui glissent des billets" ou aux passes-droits de politiciens ou militaires !
Tu devrais avoir honte et brûler un cierge pour avoir survécu.
;-)

25 nov. 2020

telle que racontée cette aventure doit remonter à bien plus de trente ans. La "faute" est donc largement prescrite ....

25 nov. 2020

Telle que racontée on sait que c'est une histoire ancienne, mais ce "genre" d'accident peut arriver tous les jours, dans un pays très corrompu où les notions de "sécurité" ont perdu un peu de leur sens, aussi bien que dans un pays autoritaire, ou le commandant de bord n'a plus le droit d'exprimer une interdiction ou des obligations de sécurité.
Il y a eu beaucoup d'exemples terminés tragiquement.

25 nov. 202025 nov. 2020

en cas de chrash en afrique ,ils ramènent la boite noire pour analyse ,quelques fois elle a encore les yeux ouverts
alain :-)

26 nov. 2020

Années 60 je pense, donc oui ça remonte à plus de 30 ans ! ;-)
J'ai pris à cette époque-là un DC4 mais seulement pour traverser la Manche et démarrer un boulot de traductrice novice chez un fabricant d'hélicoptères... Aucun souvenir particulier de ce vol, qui n'était pas mon premier.
Mais quand j'avais le temps, je préférais traverser par la mer, une seule fois avec le tout nouvel hovercraft, une horreur pour moi, très inconfortable !

26 nov. 2020

C'etait en 1977.
En 1990, en repassant à Academy bay, on a envoyé un télégramme à mes beaux parents en France "bien arrivés Galapagos". Il est arrivé chez eux quand on était aux Marquises.

25 nov. 2020

Peut-être que la réserve ultime de carburant pour garantir un possible déroutement n'était pas embarquée?

25 nov. 202025 nov. 2020

Bon, si j'avais lu ça : en.wikipedia.org[...]as_DC-4
j'aurais hésité.😏

25 nov. 2020

Je suis passionné (aussi) d'aviation, il y a une (trop) longue série de bouquins sur les accidents d'avions fait par jean-Piere Otelli aux éditions Altipresse, basée sur les rapports officiels et les enregistrements des boites noires, c'est édifiant.

Je trouve cela très intéressant pour comprendre les causes et l'enchainement des faits, mais concernant la surcharge la cause est unique
;-)
Je les emprunte à la médiathèque, je n'achètes pas ceux là.

Mais à part ça je suis plus passionné par les récits et aventures !
Et cet éditeur là en publie aussi.

25 nov. 2020

Mon père disait : vous voulez vous suicider ? Volez Dakota !
Il me semble que c'était le surnom autant du DC3 que du DC4 😇

25 nov. 2020

Ces avions étaient pourtant particulièrement fiables !
Si, comme toute mécanique, entretenue et utilisée dans son domaine d'utilisation.

Il y en a eu tellement de produits et vendus de par le monde que forcément ces avions ont aussi étés mal entretenus et mal utilisés par certains utilisateurs peu scrupuleux. Ils ont tout transporté !
Parachutistes, passagers, vivres, armes, bétail, chevaux, poules...

Lire le livre très sympathique "un boeuf dans le cockpit" (sur DC3)
;-)

25 nov. 2020

Non, juste du DC3, qui est un excellent avion, encore utilisé en transport passagers dans certaines zones reculées de ce monde. Preuve que cet avion est une très bonne machine.

14 déc. 2020

Dans les années 55 un accident de Dakota par jour !!!! , environ, mais il en décollait un par minute dans le monde portant le DC3 est un avion datant- de 35-36 et il en volait encore il ya peu souvent d'anciens C47 (version militaire)

25 nov. 2020

Années 80.

j'aime les voiliers, j'ai lu pas mal de récits de voyages anciens, je décide donc d'aller à Zanzibar en voilier, comme l'ont fait d'autres avant moi.
mais pas avec n'importe quel voilier !

Un vrai, un boutre arabe !
Je vais donc au port de Monbasa, le port de pêche et de commerce le plus important du Kenya, qui est aussi le débouché sur la mer pour d'autres pays, au vu des tensions qui règne dans d'autres pays limitrophe à l'époque.

Il y a (encore) une dizaine de boutres à voile au quai, à couple.
Il fait jour.
Ces embarquements fonctionnent un peu comme les taxi brousse, il y a des "rabbateurs" qui amènent des clients vers "leur" patron, mais le bateau comme le taxi brousse, ne partent que lorsqu'ils sont pleins, et comme tout le monde se fait concurrence l'attente peut être longue...

Je suis enfin sur un boutre en bois ! Au milieu d'une foule bigarrée (seul blanc bien sûr) chargée de cabas, sacs, poules et autres baggages et marchandise de petits marchands.
Tout d'un coup un membre d'équipage (il a bien sûr le même "uniforme" que n'importe quel passager, difficile de savoir qui est quoi à bord) me dit de me baisser et de me planquer ! Trop tard, le capitaine du port m'a vu et a envoyé la police, je suis convoqué à la capitainerie, où le Capitaine du port m'indique très poliment que j'ai l'interdiction de naviguer à bord de ces bateaux dangereux sans sécurité, il ne veut pas d'un blanc dans les morts d'un de ces bateaux. Je suis donc raccompagné à la sortie du port par deux policiers.

Le rabbateur me suis et me dit de revenir à la tombée de la nuit.
En me cachant des lampadaires dans les zones d'ombres, j'arrive à monter une fois de plus à bord ;-)
les passagers commencent à râler, puisque ça fait quand même une journée qu'ils attendent le départ !
La grogne monte !
le capitaine calme tout le monde en disant que l'on partira bientôt.
Mais qu'attends t-il donc ?

Je comprends un peu plus tard ce que le capitaine attends pour partir.
soudainement, dans la nuit, des dizaines de pirogues circulent en silence entre le port et les bateaux à couple, et de bateau à bateau de nombreux sacs sont embarqués, puis circulent avec une vitesse stupéfiante (!) en silence, avec une organisation orchestrée avec maestria !
Les sacs partent vers la cale, le bateau est sur le point de partir, l'équipage devient fébrile (ce qu'il n'était pas vraiment, toute la journée" on va enfin partir !

Et d'un coup, tous les projecteurs du port s'allument, des sifflets partout, une armée de policiers "tombent" sur les bateaux et les investissent !!!
Tous les passagers doivent descendre, les équipages sont retenus, les bateaux fouillés.
Je n'ai jamais eu connaissance de la cargaison pour laquelle toute cette opération policière avait été montée, mais je n'ai pas du choisir le bon jour pour embarquer !
Bien sûr le Capitaine vient vers moi et dit que s'il me revoit sur ce port il me dirige vers la prison...

Profondément dépité mais têtu, je choisis une autre voie. je pars donc en taxi-brousse vers la Tanzanie afin d'aller au port de Dar El Salaam.
Un trajet court sur une carte en papier vu d'Europe mais un peu plus long sur les pistes de Tanzanie qui ne sont pas entretenues à l'époque. Cela fait du temps pour faire des rencontres et discuter !

Je ne parlerais pas de Dar El Salaam, particulièrement lugubre, triste et violente à cette époque du désenchantement du communisme.

Mais au port, grande désillusion, aucun boutre à voile (il y en a très peu) ne va à Zanzibar, un seul bateau passagers y va...
Un vieux caboteur en bois à moteur diesel.
Faute de grives...

Une fois les formalités accomplies (formalités communistes à la sauce africaine) je suis donc une fois de plus le seul touriste au milieux des familles, des marchandes, des hommes qui travaillent sur le continent et reviennent voir leur famille.Je dirais une centaine de personnes à la louche.

Le bateau est un bateau en bois ventru, avec un petit roof pour le capitaine et sa barre qui servent de support à l'unique bouée de sauvetage.
Je crois qu'il y avait même un petit compas à bord.

Le pont plat, avec un petit pavois, est pour les passager une "plage de bain" comme sur les grands yacht actuels (on a rien inventé) où tout le monde s'assoit ou se couche, au milieu des bagages poules et autres.
La cale ne sert qu'au fret (ça me rappelle le boutre) et heureusement cette fois ci pas de traffic ni de descente de police ;-)

On part de jour, il fait beau (heureusement) tout le monde discute avec tout le monde, c'est très sympa si on le peut puisque la barrière de la langue peut jouer puisqu'ils parlent presque tous Swahili, parfois Arabe ou Anglais. Je fraternise avec un voyageur africain anglophone très défavorisé ici puisqu'il ne parle pas Swahili et est suspecté d'être condescendant...

La nuit est belle, les étoiles brillent et nous donnent un peu de lumière heureusement, car il n'y en a pas à bord (ni feu de route, ni radar ni... AIS ;-) Tout le monde est couché, le pont est un peu dur tout de même.

Cela m'a permis de comprendre le fonctionnement du bord, que j'ai eu un peu de mal à comprendre au début.

Pour aller aux poulaines, il faut se lever, avancer un pied, qui est immédiatement pris en main par quelqu'un (qui n'a pas envie de se faire marcher dessus, j'imagine), puis on avance l'autre (dont la cheville est reprise par quelqu'un d'autre) et il faut continuer en gardant son équilibre avec ses pieds qui ne sont plus personnellement maitrisables mais mus par d'autres forces !!!

Les poulaines sont à l'avant bâbord du bateau, il faut tâtonner (heu, mais pas trop !) puis, son affaire faite, le retour se passe comme à l'aller, tout en équilibre, le tout est de retrouver "sa" place sur le pont et il n'est pas conseillé de se coller "par erreur" de nuit à la femme d'un homme musulman marié sur un bateau, même si elle était bien jolie ;-)

Pour les amateurs de croisière "costa" et autres, les douches, petit déjeuner, apéros, déjeuner, diners, serviettes essuies-mains, saunas, spa, casinos n'étaient pas compris dans le tarif de cette croisière ;-)

Par contre l'équipage nous a donné au matin l'équivalent d'un bol d'eau douce pour notre toilette ;-)

Beau lever de soleil, et d'un coup hurlement strident et mouvement de foule sur le bateau !
Les femmes ont aperçu les requins qui tournaient autour du bateau ;-)
Effectivement le franc bord du bateau n'est pas énorme, mais je pense qu'a part aux poulaines, on ne risquait rien.

Une belle navigation sans soucis de 30/40 heures (j'ai pas compté) sauf lorsque le vent nous renvoyait la grosse fumée du gasoil dans les narines, car si le bateau n'était pas jeune, je pense que le moteur avait déja bien vécu avant !

Fin de l'histoire où il ne se passe rien ;-)
Accostage sans souci...
Vu les tensions politiques entre le continent et l'ile pourtant rattachée, une nouvelle douane nous attendait.
A un rythme "africano-communiste"...
Une longue file d'attente.En plein soleil. On a chaud. Soif. Rien à boire.
On est le long d'un grillage qui mène à la douane. des trous dans le grillage. Le "voyageur" africain et moi on se regarde... Et on passe dans un des trous, ouf, plus de douane !
;-)

A l'époque il n'y avait que 3/4 touristes occidentaux dans l'ile à la fois, il était quasi impossible d'y aller en avion, même pour le boulot pour les professionnels, et les "contrôles" (monnaie, devises, travail, locations sur place etc) était omniprésents.
Cela a bien changé !

25 nov. 2020

Freddie Mercury, le chanteur de "Queen" (une des plus belles voix du rock), Farok Bulsara de son vrai nom, était natif de Zanzibar.
Malgré sa renommée internationale, les autorités n'ont pas voulu la moindre trace de lui dans l'île, sous prétexte de son homosexualité.
Il est vrai que lui-même avait tiré un trait sur ses origines.

25 nov. 2020

j'ai été pilote dans l'aviation d'affaire et ensuite pilote de ligne 'dans une grande compagnie Française' aujourd'hui à la retraite, j'ai quelques histoires sympas.
Dans les années 1998 sur un Lille/Marseille une hôtesse vient me voir car,en cabine un passager à un bagage cabine très lourd et il cherche à le ranger dans le rack au dessus des sièges sans y parvenir.
Je me déplace pour voir ce fameux bagage. Je demande au passager d'ouvrir le sac. Il transportait une boite à vitesse de 504 !!!! Bien la limitation 15 kgs en cabine.
-Dans les années 2002, Paris CDG/ROME, renforcement des procédures et filtres de sureté. Une femme passe son bagage cabine dans le tunnel radiographique. La personne derrière l'écran demande à faire ouvrir le bagage pour contrôler son contenu. La passagère(très élégante et un brin sexy) refuse. Le surveillant lui explique que c'est une obligation. Très énervée elle ouvre son sac et renverse le tout sur le tapis. Menottes,fouet,cagoule en cuir, collier à clous et divers accessoires . Madame partait en service commandé.!!!! (j'était le Captain du vol et j'étais dans la file)
- Vol sur Orly Bastia. Nous transportons un repris de justice du grand banditisme accompagné de deux gendarmes.Lorsque l'hôtesse passe pour le service boisson et annonce: Messieurs une boisson ? le repris de justice prend la parole et dit: pour moi un whisky et pour eux de l'eau ils sont en service.!!!
-6h de matin décollage de Prague une hôtesse (du poste arrière) vient nous voir dans le poste de pilotage pour nous apporter un petit déjeuner, quand elle se retourne je remarque qu'elle a une feuille de papier toilette de 30cm accrochée à sa ceinture. C'est l'habitude de recouvrir la lunette de papier. Elle a fait tout le service personne ne lui avait fait remarquer!!!

-1990 Aviation d'affaire, nous transportions l'équipe assistance, mécanos, staff Ligier pour la Grand prix de F1 à Budapest. Nous restions plusieurs jours sur place car parfois durant les essais il fallait retourner dans la soirée à Nevers pour récupérer une pièce.
Nous sommes 3 équipages logés au Mercure. Mon copilote est un très beau garçon,ex mannequin.
Le contact avec la réceptionniste de l'hôtel, est très sympa. Je lui propose de l'inviter et de nous faire visiter Budapest. Nous rentrons très tard à l'hôtel et mon copilote rentre dans sa chambre accompagné de la réceptionniste. 3 heures du matin on frappe à ma porte, la fille (qui parle quelques mots d'allemand, presque pas d'anglais) me dit au secours venez vite 'F.......' à un problème. Je sort en peignoir, je vais dans leur chambre, la lumière est éteinte, seule la salle de bain est éclairée.
Je cherche l'interrupteur, j'éclaire la chambre, les draps du lit son tachés de sang. Je rentre dans la salle de bain, mon copi est debout, une serviette ensanglantée sur le bas ventre. Je demande ce qui lui arrive ??? il me répond je sais pas je saigne, je saigne. Je me retourne pour demander à la fille et là !!! Elle a le visage plein de sang, la bouche entrouverte de belles dents et sur l'avant un dent manquante et à la place un clou. Elle avait perdu sa dent sur pivot!!!!! Je vous laisse imaginer la suite de l'histoire.
Bonne soirée et bonnes navigations

26 nov. 2020

La dernière, je croyais que c'était une légende... POPOLE REVIENT!!

26 nov. 2020

Bon, celle ci fait petite à côtés des votre mais bon, En cours de validation de mon niveau 4 en voile légère dans l'optique d'un stage de moniteur, la veille du confinement, ont sort les dériveurs (RS vision) et en milieu de nav, un truc me perturbe, au bout de 5-10 minute je regarde ma cadenne sous le vent "Ho la belle cadenne, comme elle est jouli ma belle cadenne.... mais.... elle à une drôle de gueule pour une cadenne de haubans...." et oui, PLUS DE HAUBANS SOUS LE VENT, (notez que par 20 nœuds de vent ça manque, je préviens mes équipier, on décide de faire un demi mile jusqu’à la prochaine isle sans changer d'amure (je ne sais pas quand ni comment ont à perdu le haubans, le fait est qu'on à eu du pot de s'en rendre compte) on traverse toute la flotte en gueulant "manœuvre restreinte!" et bâbord amure sinon c'est pas drôle et on tient la gîte jusqu'à l'isle, on couche le bateau et on remplace par les deux bouts de rappelle, et c'est repartit avec trois ris sous grand voile seule jusqu’au centre nautique pour réparé. une histoire certes petite d'aventure mais qui prête à sourire :)

14 déc. 2020

C'était une demoiselle "Mange tout"

26 nov. 2020

L'équipier au trapèze peut remplacer un hauban. :-)

26 nov. 2020

Oui mais il faut alors que le barreur se mette au centre du bateau. On peut faire l'expérience, avec un équipier au trapèze, de voir le hauban au vent mollir quand le barreur rentre du rappel et s'assied au centre du bateau ou même sous le vent.

J'ai cru cela une fois
J'apprenais à mon père à faire du trapèze il a arraché la goupille du hauban ... Tant qu'il était sorti le mât tenait mais il est parti de sur l'avant, pas eu le temps de virer et crac mât cassé dans l'etambrai

26 nov. 2020

En plus cela reverticalise le mât, ou même l'amène au vent; ce qui est bon pour la vitesse!

26 nov. 2020

Cette histoire m' en rappelle une:

en convoyage d' un Feeling 416 tout neuf, au louvoyage dans 30 nd de vent réel au large du Cap Finistère, avec évidemment une mer très forte, on était bâbord amure en fin de nuit.

Au lever du jour, je décide de virer pour nous abriter en baie de Vigo.

j' étais à la barre, un équipier (heureusement hyper compétent) à l' écoute de génois.
-Paré à virer?
-Paré
-J' envoie, le bateau commence son auloffée quand mon équipier me hurle: NON!!! ABAT!!!

j' abat donc en grand, regarde sous le vent et vois le galhauban dont l' embout au deuxième étage de bdf se baladait.

Si mon équipier n' avais pas parfaitement suivi des yeux le génois pour choquer l' écoute pile auu bon moment, c' était le démâtage assuré!

Il a fallu que je me fasse hisser dans le mât pour effectuer un brêlage de fortune, le casque aurait été le bienvenu!

C' est bizarre, mais depuis ce jour-là, j' ai équipé tous mes bateaux successifs d' échelons de mât!

Gorlann

26 nov. 2020

J'ai presque la même, presque au même endroit. Une goupille de barre de flèche sous le vent qui saute sur un First 42 neuf. Monté gité pour remettre la BDF et une goupille neuve.

26 nov. 2020

j'en ai une également similaire. Nous louons avec mon père et mes frères un Armagnac pour aller en Irlande. A notre arrivée, le mat était encore sur le quai. Rematage et départ. Entre les Scilly et l'Irlande, au petit matin, le bruit de quelque chose qui tape sur le pont, la torche électrique montre que le bas hauban au vent, bâbord, est tombé, décroché de sa fixation sous la barre de flèche. Virement de bord en catastrophe et hissage de mon frère ainé avec la drisse de spi pour refixer le bas hauban. L'axe, gentiment resté sur le pont, avait été monté à l'envers et avait cisaillé sa goupille.

26 nov. 2020

FinisterRe le cap, pas Finistère!

26 nov. 2020

Tu fais bien de faire la remarque, car je n' avais jamais fais gaffe qu' il y avait une différence d' écriture.

26 nov. 2020

maintenant que le chantier n'existe plus on peut le dire ..
gebsea met son voilier amiral à l'eau à st mandrier et invite la presse pour une sortie en mer sur
porquerolles avec le zodiac de service et photographe à bord pour la pub .
tout va bien ,le champagne coule à flot ,mouillage au langoustier .
mais il faut rentrer et entre temps le mistral c'est un peu levé et le clapot méditerranéen avec
mais comme le temps presse on met le moteur à fond sans les voiles et on tape dans la vague
aux alentours de cepet quelqu'un remarque que les planchers flottent et demande si c'est normal
...
on prépare le travelift le voilier rentre directement dans les sangles et est sorti de l'eau .
à l'avant la quille est à 20cm de la coque et ne tient plus que par 4 boulons arrière ceux de l'avant sont passés au travers .
c'est bizarre aucun journaliste n'en a parlé ...
alain

26 nov. 202026 nov. 2020

Casses de bricoles

Lorsque nous rentrons d’Irlande, fin aout 2007, avec notre Ne Quid Nimis, solide dériveur hauturier de 34 pieds, ma fille a tout juste un an. Mon épouse, qui découvre la voile depuis peu, est dispensée de veille de nuit, surtout dans les contrées un peu frisquettes.

Je me les gèle sévère la nuit, mais préfère rester dehors, même pour faire un p’tit som’. Le bateau est profond et bien insonorisé. Les sons et bruits divers y sont très atténués, et j’ai peur de m’endormir profondément, alors que la sortie de Manche et le canal Saint Georges sont toujours fréquentés.

J’ai encore présent à l’esprit, le souvenir d’une montée de Brest à Galway, seul sur mon Sauvignon. Très fatigué, après les Festivités de Brest, où j’avais fait quelques abus, mon réveil, à la sonnerie pourtant brutale, a été impuissant à me réveiller, et j’ai traversé les deux rails des cargos en pionçant. Me réveillant au petit matin en pleine forme, j’ai mis un moment à réaliser que j’avais parcouru 40 milles sans passer sous l’étrave d’un monstre déboulant à 15 ou 20 nœuds…

Bref, un grand classique. Alors, avec une petite famille, et une crevette qui dort dans les bras de sa maman, je veille !
Café chaud, biscuits et kilos de fruits secs permettent d’étaler tant bien que mal la fatigue et la déperdition de chaleur. C’est que je suis épais comme un clou. L’empilement de vêtements techniques sous la veste de quart haut de gamme n’y fait rien. A partir de 02 heures du matin, je grelotte. Je ne suis pas fait pour les mers australes, c’est certain.

C’est vers cette heure là, par une nuit bien obscurcie par un épais plafond de nuages bas, qu’un grain musclé arrive. J’ai pris un ris à la tombée de la nuit, sous toilant le bateau, et j’ai préféré hisser le foc de route sur l’étai largable, plutôt que de solliciter le génois sur enrouleur. Le bateau marche au bon plein. Bien. Aux environs de six nœuds. C’est l’allure de prédilection de cet excellent dériveur à la carène profonde et quille creuse généreusement lestée.

Comme le vent monte vite et que je suis passablement engourdi par le froid, je préfère plus prudent d’ouvrir un peu la chute des voiles depuis le cockpit, plutôt que d’aller faire le con sur le pont. A mon grand étonnement, le bateau encaisse fantastiquement bien le grain. Les chandeliers sous le vent sont dans l’eau, mais le régulateur d’allure le garde bien sur son cap vent. Le Ne Quid Nimis progresse toujours aussi vite, sans se vautrer ni faire d’embardée. Je m’inquiète pourtant un peu pour ma progéniture et sa mère, qui dorment dans la (fantastique) couchette de mer, au centre de gravité du bateau. Je rentre et allume ma frontale. Seule la lampe rouge de la table à carte est allumée la nuit. Pas un bruit, pas un mouvement, s’il n’y avait pas la gite, on se croirait par force 3 … franchement, je l’aime, ce bateau !

Mère et fille dorment à poings fermés. Je suis heureux. D’ici 20 minutes, le grain sera passé, elles ne se seront pas réveillées. Je fête ça en chopant une autre tablette de chocolat (très) noir dans la cambuse, avant de ressortir. Le grain s’évanouit, la nuit cède la place à un levé de soleil splendide, et les Scilly apparaissent devant, ainsi que les voiles du bateau des copains qui font la route avec nous. Il ne nous a pas pris 100 mètres en 12 heures. Incroyable !

Quelques heures plus tard, nous approchons de Sound de Tresco par le nord et je vais au pied de mat, tomber la grand voile. Surprise. Le hale bas de GV est mou. Bien trop mou. Ce palan 4 brins repris sur un winch au cockpit est surdimensionné, ainsi que ses points de fixations. Je baisse le nez vers le mousqueton rapide Wichard de 12 mm. Il est ouvert, complètement déformé par la traction de la GV pendant le grain. Cette pièce a une résistance en principe bien supérieure à celle des poulies. Je n’en reviens pas.

Alors je prends des photos du mousqueton détruit, et je les envoie à Wichard dès mon retour en Bretagne. Ni une, ni deux. Je reçois le même en neuf, gratuitement !

J'ai eu ce problème avec un mousqueton ouvrant wichard utilisé sur un étai volant.
Egalement deux cadenes fil de la même marque en 8 mm tordues par le point d'écoute du solent
Maintenant en 10 cela tient

27 nov. 2020

Horreur, un pirate à bord !
;-)

26 nov. 2020

Qu'elle est belle ta fille

26 nov. 2020

de dos elle est pas mal ..:-))

26 nov. 202026 nov. 2020

Merci !
Elle a bien changé... je la surveille de près.

Pour préciser. Voila là bête écartelée et allongée de plusieurs centimètres par la traction de la bôme.
Diamètre 12 mm. Charge de travail, 1440 kg. Rupture, 4500 kg !
Le bateau fait 10,30 mètres et 7,5 tonnes en charge.

Je n'ai plus la photo du mousqueton. Mais j'ai celles-ci, de la crevette, ce même été !

26 nov. 2020

Vraiment craquante, ta puce

26 nov. 2020

Mai 2000 Port de la Ciotat. Coup de vent annoncé déjà 30 kts dans le port, bien amarré dans mon Challenger Horizon et j'écoute la VHF.
Un superbe voilier Jeanneau 56 bleu nuit rentre dans le port en trainant son annexe à l'arrière. Equipement au top avec delphinière rallongée, trinquette etc etc. Equipage complet en tenues HH gants oreillettes radio. Le port est plein. Ils trouvent une place vide au quai, le port leur annonce qu'elle est inutilisable pendille cassée. Très pros le skipper déclare qu'il va prendre la place en mouillant sur ancre. Remarque du port: Sous votre responsabilité car 'demain l'ancre sera bloquée dans les nombreuses chaines qui traînent au fond du port.
Le skipper fait un super briefing à l'équipage. Nous avons déjà 30 kts de vent de travers pour reculer au quai. Toi tu détaches l'annexe et tu la fixes à l'avant. Toi tu vas au guindeau, quand je le demande tu fais descendre l'ancre . Quand j'annonce bloque tu arrêtes la descente.
Je vais reculer très vite, nous étalerons la chaine et il ne restera plus qu'à filer les derniers mètres pour être au quai. Tous prêt ??? Top manoeuvre! Dans mon petit bateau je suis en admiration devant cet équipage et cette manœuvre. Le bateau recule très rapidement, la chaine descend déjà 50 mètres de chaine et le bateau recule toujours très très vite. Le skipper annonce bloque. L'équipier annonce bloqué, le bateau recule toujours vite, et heurte violemment le quai .
En reculant l'annexe attachée au taquet avant était passée sous la delphnière. L'ancre et le 80 mètres de chaine étaient descendus dans l'annexe. Dommage!!!!!

26 nov. 202026 nov. 2020

c'est arrivé à mon avocat un jour sans vent avec sa bertram au langoustier à porquerolles ,il a fini sur les cailloux très surpris ,personne à bord ne s'en était aperçu .pour se dégager il a mis les moteurs en route
2 arbres ,2 chaises et 2 hélices à changer + le remorquage pour rentrer à carqueiranne
Alain

26 nov. 2020

J'avais vu aux Antilles aussi une ancre prise dans la sous barbe d'un bout dehors. Ils s'en étaient aperçu assez rapidement.

26 nov. 2020

Vu aussi le gag de la sous-barbe, mais aux Scillies ce qui est moins exotique

26 nov. 2020

Grand Banks, ton affaire m'en remet une en mémoire.

Début des années 80, je glande sur les pontons de la darse nord du Mourillon à Toulon.
Soudain un très grand sloop se présente, sous voile.
Elles descendent et le voilier s'approche du ponton sur lequel je suis sur son ère, c'est le dernier avant le quai.
L'équipier d'avant me demande de prendre l'amarre qu'il a en main et de la tourner très rapidement sur le taquet à côté de moi.
Le bateau est juste contre le ponton et avance encore bien.
Je prends l'amarre, la passe au taquet.
En passant, le barreur me suggère de m'asseoir.
Heureusement car lorsque l'amarre s'est mise ne tension, le ponton s'est bien ébroué.
Le voilier s'arrête.
C'était Hélisara VI à Herbert von Karajan; Mais le maestro n'était pas à bord.

L'équipage n'avait vraiment pas droit à l'erreur!

26 nov. 202026 nov. 2020

Au mouillage en face de la Girolata nous sommes quelques voiliers tranquilles début des années 70. Un bateau à moteur arrive et commence à faire des aller et retour au milieu des voiliers au mouillage. Tout bouge, le moteur hurle, ça empeste l’huile de 2 temps brûlée.
Il tourne autour des deux patates de corail de chaque côté du mouillage. Et puis, v’la t’y pas qui rate son coup et que son bateau se retrouve arrêté en équilibre sur la patate ouest (0,4 je viens de vérifier).
Il est là, en équilibre, comme un c.n.
Dans le silence revenu, un anglais prends son porte voix et lui cris : « le prochaine fois, prenez plus d’élan »
Un hurlement de rire généralisé à rompu le calme retrouvé du mouillage.

27 nov. 2020

Superbe !

27 nov. 2020

Sur mon premier bateau, une vieille vedette Guy Couach, il arrivait quelques fois que la petite clavette située entre le moteur du propulseur et l'accouplement de son arbre sorte de son logement et tombe en fond de cale.
Alors, plus qu'une solution : se contorsionner pour essayer de la récupérer du bout des doigts et la remettre en place.

Rentrant d'une ballade d'une semaine, mon copropriétaire de l'époque me dit que la clavette a encore du tomber car, en pleine manœuvre pour prendre notre place dans le port, le moteur du propulseur s'est emballé sans que l'étrave du bateau ne bouge.

Une semaine plus tard, je décide de m'occuper du problème et après avoir démonté le couchage avant, je constate que la clavette est bien en place.
Le problème vient d’ailleurs, sans doute la goupille de l'hélice du propulseur qui s'est cassée et l'arbre tourne dans le vide.

Je décide de me mettre à l'eau dans le port avec masque et tuba pour vérifier ma théorie et là, je suis devenu blême en constatant que c'était carrément toute l'embase du propulseur avec l'hélice qui avaient disparues.
Il ne restait que le tunnel en résine avec, en son sommet, un trou qui était sensé laisser passer l'embase. Et la seule chose qui empêchait la voie d'eau, c'était le moteur qui était juste posé à cet endroit et qui tenait en place par miracle !

Comme quoi, il doit bien y avoir un saint qui s'occupe des marins !

27 nov. 2020

Magnifiques, vos histoires !
;-)

27 nov. 2020

j'ai un ami qui fait de la voile ,il est caphornier avec son voilier son épouse et son chat ..
à une époque ou il travaillait encore pour une grosse entreprise ,son patron le' convoque
et lui dit ,je viens d'acheter une vedette princess neuve à cogolin ,je vous invite avec votre épouse pour la ramener à hyères ,comme vous faites de la voile ,vous m'apprendrez un peu les rudiments de la navigation .
donc les voila partis ,les moteurs en rodage on marche à 5/6 nds et on pousse un peu de temps en temps
comme la journée se termine ,on ne va pas rentrer mais passer la nuit dans l'anse de la galère à l'est de porquerolles ,la mer est plate ,il n'y a pas de vent .
donc on mouille du fly ,on descend pour diner et on va se coucher ..
dans la soirée ,mon ami un peu inquiet sort dans le cokpit ,le bato dérive entre porquerolles et port cros ..
donc on remonte le mouillage ,on retourne à la galère et on remouille ,une heure après le bato dérive de nouveau entre les deux îles .
cette ancre ne tient pas :on rentre au port et on finit la nuit à quai .

le lendemain matin mon ami monte au fly regarde le compteur de chaine ,évidement gradué en pieds
cqfd
alain

27 nov. 2020

L'histoire de Héol II m'en rappelle une autre.

Il y en environ 20 ans, dans le sound de Chausey. En plein mois d'aout.
Anticyclone écrasant et monde fou sur les bouées, pour les festivités, dont la fameuse course de doris autour de la maîtresse île.

En début de soirée, alors que tous les équipages se préparent activement à prendre l'apéro dans le cockpit, et qu'un calme plaisant règne, c'est la cerise sur le gâteau. Pen Duick VI fait son apparition et remonte doucement le sound au moteur. Le célèbre plan Mauric, qui fait du charter, a un équipage nombreux, posté sur le pont.

A l'avant, un apprenti musicien a amené sa cornemuse. Il trouve le moment est bien choisi pour faire profiter tout le monde d'une rengaine à la mode bretonne. Sauf que l'apprenti musicien en question joue mal les trois mêmes mesures... et pire, ne se lasse pas de les jouer.

Etant dans mon cockpit, je trouve l'initiative plaisante une vingtaine de secondes, avant de craindre le pire. C'est que comme une alarme de voiture, il s'arrête 30 secondes, avant de reprendre pour 2 minutes, et ainsi de suite... lorsque tout à coup, un tonitruent : "TA GUEULE" retentit dans le mouillage, faisant cesser immédiatement la nuisance.

On a ainsi pu profiter d'un splendide coucher de soleil, et la cornemuse n'a pas fait de réapparition de tout le weekend !

27 nov. 2020

Excellent !
Cela me rappelle la définition du gentleman selon un de mes amis : c'est quelqu'un qui ne joue pas de la cornemuse sous tes fenêtres à 3 h du matin …

27 nov. 2020

" A gentleman is somebody who can play the bagpipe, but who doesn't" 😉.

27 nov. 2020

That's bloody wright, comme on dit dans le solent

27 nov. 2020

Absolutely 😇

27 nov. 2020

@ Ratafia : 1/4 d'heure plus tard, j'en rigole encore toute seule 😅

27 nov. 2020

Sur le même thème que Fritz, vous devinerez la suite donc je ne vous la donne pas.

Après une longue reconstruction d'un voilier de 8m dont nous ne connaissions pas grand chose, la mise à l'eau est faite à Hyères. Comme je doit partir pour la corse, une fois mâté, les mesures trigonométriques du calcul des haubans s'avérant correct, il est temps d'essayer les voiles Hong kongaise, qui m'avait valu de refuser de payer au chauffeur FedEx les droits de douane (ce qui fut une erreur d'ailleurs). Ainsi avec mon père qui était là nous sortons du port et les hissons. Le GPS à pile le moins cher du marché est posé je ne sais ou. Les voiles se gonfle et la vitesse nous intéresse. Quelques réglages... Euphorie à bord (après des mois de chantier) ce bateau est une bombe!!! Je crois qu'a partir de 6 7 8 on s'est regardé et on a compris!. Résultat j'ai mis de memoire 96h à rejoindre ajaccio, sans pilote et sans essence. (En fait j'en avais 40l mais le 9.9 hors bord était tellement encrassé que je crois avoir fait 20l la première heure et gardé le reste pour rentrer au port.
Pour info j'écoutaits en boucle la météo en continu sur la VHF sans comprendre que c'était mis à jours 3 fois ou moins dans la journée.
En partant il y avait un petit bateau en alu qui semblait avoir la meme direction que moi, nous avons tiré ensemble un bord vers le large et en discutant bord à bord (en criant en fait) on y allait tous les deux.
Arrivé à Ajaccio un copain à lui est venu me trouver, son copain avec qui j'était parti avait fait demi tour et se fesait du soucis pour moi. Il s'appelait Michel si mes souvenirs sont bons et naviguait sur un genre de pen duick 600. Merci à lui.

30 nov. 2020

il y en a un qui jouait du cor de chasse quand il rentrait dans un port
pour ceux qui l'on connu avec son rasbora avec mat en inox ,c'était "mouwgli"
de son nom maurice jospin de la harpe ,le frère du premier ministre ,mais de la harpe c'est pas terrible pour un trotkiste .
alain

30 nov. 202030 nov. 2020

Avant que ce fil ne se noie, je le remonte à la surface. Et justement...

Deuxième moitié des années 1970. Jeunes trentenaires, mes parent sont dans leur période acharnée de la voile. Le Cognac GTE, rouge à bande blanche, est exploité à fond, été comme hiver. Cet été là, l’île de Wight et le Solent sont au programme.

Mon frère et moi suivons le rythme. Pas le choix. Mon grand frère déteste autant que j’adore. Avant l’âge de raison, j’ai déjà des notions d’architecture des voiliers et une bonne connaissance de la production du marché de plaisance française. Une de mes plus grandes joies au port : arpenter les pontons et décortiquer chaque voilier du regard pour comprendre, évaluer, rêver… Coucher tôt, levé tôt, je sors par le capot de la pointe avant du Cognac pour faire le tour du port et voir si de nouveaux voiliers n’auraient pas fait leur entrée pendant la nuit.

Ce fameux été, c’est par une solide brise de Sud-Ouest, que mes vieux décident de faire la traversée retour de la Manche depuis l’île de Wight, directement vers Saint Malo. Il n’est plus question de traîner sur les côtes Sud anglaises. Ils reprennent le boulot après-demain ! L’entrée dans le bassin à flot Vauban, sous les remparts de la ville fortifiée, par la grande écluse des navires, se fait de nuit après une traversée difficile, dont ne n’ai gardé aucun souvenir. Et pour cause, j’ai passé ma petite enfance à pioncer pendant les traversées agitées. Au mieux, m’installais-je sur la couchette sous le vent du carré, pour passer de longs moments à regarder avec fascination par le hublot de bordé du Cognac, qui passait régulièrement sous l’eau.

Mes parents, épuisés par la navigation difficile sur ce petit bateau qui arrosait beaucoup l’équipage, écrasent dans la couchette double que mon père à aménagée en travers du carré. Passant le nez par mon capot de pont, je constate que le jour est levé et que nous sommes à Saint Malo. Il ne fait pas beau, alors j’enfile un pull et mon cirée par-dessus mon haut de pyjama, et je sors pieds nus. Je ne peux accéder à mes sandales. Elles sont dans le carré, sous le plateau amovible de la couchette double. Alors, je sors par le capot, et vais jusqu’au coffre de cockpit où se trouvent mes bottes, bien trop grandes pour moi.

Et c’est parti pour un inventaire méticuleux des voiliers du bassin, de bon matin. Quelle joie ! Trois pontons et deux longs quais à explorer. Deux mois que nous sommes partis, il y a forcément des bateaux nouveaux. Tous les résidents, je les connais déjà par cœur. La passerelle du ponton 3 gravie, je me dirige vers le quai qui longe les remparts. A cette époque, les poubelles sont encore au coin du quai, en face de la porte Saint Vincent. Il n’est pas question de faire le tour des conteneurs par l’intérieur. Je passe au ras du bord du quai, en équilibre, et prends le virage à angle droit au dessus du mur, légèrement incliné.

J’ai toujours fait cela, mais ce matin là, gris et froid, où je suis la seule âme sur le port, ça ne passe pas. Ma botte ripe sur un sol sans adhérence et je me retrouve suspendu, les pieds dans le vide, accroché tant bien que mal au rebord arrondi de la pierre qui fait l’angle. Pas longtemps. Mes mains glissent, et je tombe à l’eau, deux mètres plus bas. J’ai un souvenir d’une étrange clarté de cet instant, ainsi que des trop longues secondes qui ont suivies. Celle où j’ai failli ne jamais remonter à la surface. Quelques instants, je flotte, puis mon pull et mes botte se remplissent d’eau, et je suis implacablement entrainé vers le fond, par le poids des bottes en caoutchouc. Mes doigts effleurent le mur recouvert d’algues, sans que je puisse m’y retenir. J’ai assez de lucidité, renseigné depuis longtemps sur les dangers potentiels liés à l’eau, pour comprendre que la situation est critique. Mon Cousin Yann, à peine plus jeune que moi, est mort de noyade l’année dernière. Serais-je le suivant ?

La descente est vertigineuse. Le quai incliné est insaisissable, les secondes passent. Vais-je enfin toucher le fond du bassin pour pouvoir prendre appui et remonter à la surface ? Puis tout à coup, je sens mes bottes quitter mes pieds, s’éclipser tout en douceur, comme si quelqu’un les retirait délicatement. Et l’inespéré se produit. Mes poumons toujours pleins d’air, je remonte rapidement à l’air libre, sans avoir besoin de me débattre dans l’eau.

C’est une fois une grande goulée d’air prise, que je me débats. Je sais nager, j’ai 6 ans. Mais en maillot de bain dans une piscine. Pas en pull et cirée jaune dans l’eau froide, sale et mazouteuse d’un port désert, à 6 heures du matin. Rien de ce que mon regard apeuré peu saisir ne permet de sortir de l’eau. Je crois avoir paniqué à ce moment là, en réalisant que je ne pourrais pas sortir de l’eau. Les joints écornés des pierres gluantes d’hydrocarbures ne me permettraient pas de m’accrocher bien longtemps. Les larmes arrivent. Je crie, je pleure, mais ça ne dure que peu de temps. Une dame qui se rendait au travail tôt ce matin là, entend les cris d’enfant et se précipite au bord du quai.

Elle ne sait pas quoi faire. J’espère un instant qu’elle se jette à l’eau, mais non. J’ai encore en mémoire sa propre panique, alors même que je reprends espoir. Le mur fait environ deux mètres de haut. Impossible d’y monter, même pour un adulte. Le voilier le plus proche est à 5 mètres dans mon dos. S’accrocher à son échelle de bain. Seule solution pour attendre des secours. J’y nage sans difficultés, rassuré par l’injonction de ma sauveuse. Au droit du tableau arrière du bateau qu’elle a rejoint, elle me saisit la main, et me hisse à bord. Je suis sauvé !

Ma mère fait un terrible cauchemar. De ceux que tous les parents connaissent, qui font jaillir les larmes la nuit. Insupportable, surtout lorsqu’on vient de perdre un neveu, et que les nuits font ressurgir les pensées douloureuses. Seule façon d’évacuer la douleur, se lever. Mais les cris continuent et je ne suis pas dans ma couchette, à quelques centimètres de l’oreiller de maman …

J’ai eu toutes les attentions du monde, ce matin là, et bien que ma mère ne m’ait jamais rien dit de la peur rétrospective qu’elle a eu, je sais qu’elle a mis des années à s’en remettre.

Photos :
Le bassin Vauban en 1975
Le Cognac GTE en 1976
Ma mère, mon frère (au premier plan) et moi, la même année.

30 nov. 2020

Mon dieu, pauvre mère, j'en ai des frissons rien que d'y penser

30 nov. 2020

Pauvre maman, il y a effectivement de quoi faire des cauchemars durant des années….

Sinon cette histoire me rappelle bien des souvenirs. Navigations à la dure dans un 7m avec mes parents et mes deux sœurs. Moi aussi l’ainée s’est retrouvée vaccinée par ce traitement contre la mer mais les deux plus jeunes ont définitivement pris le virus. Moi aussi dès l’age de 6-7 ans je me baladais sur les pontons ou en annexe à la godille (les ports avec coffres étaient plus nombreux que les pontons au début des années 70) pour voir les bateaux et j’en parlais ensuite avec mon père avec un grand sérieux. Ce gout pour faire des balades sur les pontons m’est resté jusque vers mes 30 ans. Après la production de masse a standardisé les bateaux et le plaisir c’est émoussé.
Je ne suis jamais tombé à l’eau mais mon père m’avait appris à nager dès l’age de 3 ans et j’étais fier de plonger du bord et passer sous la quille du bateau là où la plus part des enfants de mon age avaient encore des bouées ou des nagettes. Pour nous apprendre à quoi ressemblait la nage avec pull, ciré et botte, mon père nous faisait souvent nous baigner ainsi tout habillé. Il pensait que si nous devions tomber à l’eau cela nous éviterait de paniquer. Nous trouvions cela très rigolo et le réclamions souvent. Ma mère était moins fana car elle devait ensuite tout rincer et faire sécher.

En revanche je vois souvent ici des récits faisant état de bottes qui entrainent vers le fond. Je n’ai pas ce souvenir. Au contraire, les bottes aigle bleue à liseré blanc et semelle en mousse faisait flotteur et il était plutôt difficile d’enfoncer les pieds sous l’eau. Quelle marque de bottes avais tu ?

30 nov. 2020

C'est marrant comme on doit être un certain nombre à avoir expérimenté la navigation gamins dans les années 70 sur des barquettes de 7m, avec en point d'orgue un passage à la flotte tout habillé.
Moi, c'était un Samouraï, et au vacances de Pâques. Je courrais après le chat, qui a sauté sur le quai. Moi, je me suis pris un pied dans le balcon avant (très bas donc on pouvait le sauter facilement...). J'ai fini à poil sur le quai, il y avait un fort mistral. Ca pique un peu !

Pour finir : les seules bottes qui t'entrainent au fond sont les bottes de plomb : une botte remplie d'eau subit la poussée d'Archimède, donc poids de l'eau compensé par la poussée d'Archimède sur cette même eau = résultante nulle.
Mais ce n'est plus le thème du fil...

01 déc. 202001 déc. 2020

Nous sommes un certains nombre ici, à être maintenant les "anciens" et à avoir vécu cette enfance si particulière en bateau, autour du monde, ou simplement des ports d'Europe de l'Ouest, dans les années 60 et 70.

Je n'ai jamais pu me défaire de cette envie si particulière d'arpenter les pontons tous les jours, même encore aujourd'hui. J'admets ma déception à la vue des bassines blanches uniformisées. Seuls les pontons de Guernesey, que je fréquente tous les étés, m'offrent un peu de réconfort, car beaucoup de bateaux d'Europe du Nord y passent, et j'ai matière à rêver.

Pourquoi ont-elles coulé, ces bottes... et bien parce que leur densité était supérieure à 1, pardi !! J'en ignore la marque, mais il va de soit que ce n'était ni des Chameau ni des Aigle, mais plus probablement des bottes achetées au magasin vert d'à coté (jardin, agriculture, etc.)

Le physicien de devenir que j'étais déjà a bien compris que si elles ne s'étaient pas barrées au fond toutes seules, je les y aurais accompagnées avec des conséquences sans doute funestes.

45 ans plus tard, elles y sont sans doute encore, mais à moins de déblayer les centaines de tonnes d'enrochements qui ont été balancés par dessus, pour stabiliser le quai qui s'effondrait, nous n'en saurons jamais la marque.

01 déc. 202001 déc. 2020

oui tu as raison, et je fais aussi partie de ces anciens et quand tu es gamin et que tu navigues "de gé ou de force" sur le bateau de ton père, ben soit tu te te contamines par ce virus de la mer soit tu deviens montagnard !

Pas eu besoin d'aller ailleurs qu'entre Cassis et Les Embiez quand j'étais gamin et faire une journée de mer dans le mistral, à soit tenir la barre pour permettre à ton paternel de changer la voile d'avant ou de prendre un ris (et oui, pas d'enrouleurs...) soit à aller toi à l'avant pendant qu'on te hurle (par inquiétude, pas par hargne) de te dépecher en faisant attention parce que tu n'arrives pas à décoincer ces p... de mousquetons.
D'abord sur un Armandèche (premier voilier) puis un Atlante (second voilier pour ensuite traverser vers la Corse sur un Centurion 32 (aujourd'hui je précise 32 mais à l'époque c'était un centurion tout court !) avec le matos de sécurité basique oui, mais pas de pilote, un simple compas de cockpit et une gonio. En se relayant à la barre, quand c'était mon tour j'avais secretement peur de nous faire rater Calvi et même la Corse en raison des oscillations du cap que je tenais...
Quelle joie quand nous avons vu la Revellata devant nous, et bien entendu, le retour avec une voie d'eau (merci le presse etoupe) avec la fin du trajet passé couché à pomper et ecoper dans les fonds

Vous devinez bien en lisant ces souvenirs que pour moi ce fut la contamination !

01 déc. 2020

Mais le Centurion 32 à l'immense avantage d'avoir un grand volume vide dans la quille, parfait pour collecter tous les eaux parasites. Mais il faut avoir le bras long pour toucher le fond!
Ce n'est pas comme les plats à tarte actuels qui ne permettent que de récupérer un verre d'eau à chaque mouvement.

01 déc. 2020

En mars 2008 nous croisons un seul voilier sur le canal de Suez le" Rockall" salutations d'usage et nous continuons ,ce weekend en classant et archivant des photos je la retrouve et me demande où sont ils ?
Sur Google : le bateau a été piraté en juin face au Yemen , 52 jours de captivité puis rançon payée ,retour en Allemagne ,Ensuite ile retournent en Somalie chercher leur bateau pillé ... route vers l'Asie et des années plus tard en 2016 à nouveau capturé aux Philippines mort de l 'épouse lors de l assaut et demande de rançon pour le mari qui finira décapité .............
Juste une bien triste histoire!

01 déc. 2020

Brrr. Il y en a qui n'ont pas de bol, quand même.
Il y a quand même des coins qui craignent et qu'il faut éviter à certaines périodes. Noonsite est un peu la bible : www.noonsite.com[...]curity/ .
En ce moment, l'Afrique de l'ouest équatoriale, Yemen, Somalie, certain coins des Philipinnes/Célebes...

01 déc. 2020

Ily a longtemps- du temps du service militaire obligatoire.

J'étais en école de voile avec 2 stagiaires militants actifs de la fédération des objecteurs de conscience (pour ceux qui n'ont pas connu, ils refusaient de faire leur service et risquaient la prison).

On devait aller dans un port faire du ravitaillement avec le bateau et j'ai commis l'erreur d'aller a Lorient.

Nous voici dans le grand chenal de Lorient doublés par un bateau gris plein d'uniformes.
Ni une ni deux, mes deux stagiaires se lèvent poing levé en chantant l'internationale.
Ca n'a pas eu l'air de plaire au commandant du bateau de guerre. Il nous ordonne par mégaphone de nous arrêter.
Mes 2 stagiaires: "il n'a pas le droit. Continue".
Du haut de mes 20 ans, j'avoue avoir été un peu dépassé par les evenements. J'ai laissé faire.De toutes façons, on ne pouvait pas s'arrêter en plein chenal.
Le bateau de guerre s'en va" je vous préviens . j'ai contacté les gendarmes maritimes".

On arrive au ponton et on voit arriver les gendarmes. Très aimables mais un peu distants quand même: ils ont demandé les papiers, le matériel:tout était en règle.
"Vous êtes en règle. On ne peut rien vous reprocher. Mais dites quand même à vos gars d'être plus discrets".

Je discute 5 minutes avec les gendarmes. Il se trouve qu'un des monos de l'école de voile avait fait son service chez eux. Et, comme c'était un pistard fini (les finistériens comprendront), il avait laissé un souvenir mémorable à la gendarmerie maritime de Lorient.
Donc, on s'est quitté bons copains avec les gendarmes.

07 déc. 2020

Chouette histoire marrante qui se termine bien !
Mais pour un objecteur communiste, faire son service dans la gendarmerie, c'est le pompon !!!
;-)
Les marins gradés ont pas du rigoler sur ce bateau, mais ceux faisant leur service ont surement du se cacher pour éclater de rire !
;-)

02 déc. 202002 déc. 2020

A propos de gendarmes maritimes:
C'était il y a 30 ans en Guyane. Un copain muté à La Réunion se désolant de laisser son voilier derrière lui, nous avions convenu en toute innocence (j'étais plus que débutant) que je lui ramènerai en métropole. Comme le bateau avait besoin d'un sérieux refit pour la transat, je l'avais entièrement vidé: ce n'était qu'une coque et ses voiles. Et en attendant de réunir la somme pour les travaux, je faisais quelques ronds dans l'eau au large de Cayenne, vers les Iles du Salut...
Une belle après midi, accompagné d'un copain encore plus novice que moi, nous voyons une vedette de la gendarmerie maritime foncer sur nous, puis s'arrêter brutalement, soulevant une magnifique vague sur notre travers. Un type nous demande "de mettre le navire en panne". Mon copain me demande comment on met un voilier en panne quand il une bonne petite brise gonfle ses voiles! "Bah yaka choquer en grand". La vedette vient à couple et le type ordonne: "le capitaine du navire est invité à monter à notre bord avec les papiers du navire". Bah oui, mais j'ai pas les papiers, ils sont bien au sec à la maison... Alors c'est un gendarme qui monte à notre bord pour une "inspection de l'armement de sécurité". Elle est vite faite: un coup d’œil pour voir que le bateau est parfaitement vide et que notre armement se réduit à un pique-nique et une bouteille de rhum... Je me lance dans des grandes explications qui n'aboutissent qu'à une convocation le lendemain 11h précises à la gendarmerie maritime à Cayenne, avec les papiers, pour l'établissement du procès verbal.
Pas très fier, je me présente donc à l'heure dite le lendemain. L'officier de la veille me reçoit avec un "ah, vous êtes venu? c'est bien" et... m'entraine au mess où c'est justement l'heure de l'apéro! Il me glissera quand même "que les papiers, c'est pas très grave, mais que l'armement de sécurité c'est quand même important". Message reçu!

04 déc. 2020

T'as eu de la chance! L'histoire de Papillon vient à la mémoire...

06 déc. 202006 déc. 2020

J'étais arrivé à Praïa aux iles du Cap Vert en venant de Konakry. Une bonne semaine de près avec mon petit Shellfish qui n'aimait pas ça. J'avais été le plus souvent avec 2 ris et tourmentin, car si je voilais plus, je dépassais les 4,5 kn et les chocs dans les vagues étaient trop violents.
J'avais passé une bonne nuit mouillé, seul bateau dans cette grande baie et le matin, paraissant dans ma couchette, j'écoutais la radio locale en FM qui diffusait non stop les musiques langoureuses des iles.
A l'heure ronde, quand la musique cessa, ce furent les informations. En portugais, que je ne parlais pas. Je ne comprenais bien sur pas un mot.
Pourtant, à la fin de ces discours, l'animateur commença une liste de nom. Que des nom portugais et au milieu : mon nom. Oui, c'était bien mon nom qui venait d'être cité à la radio FM de Praïa. Je n'y comprenais rien. Qu'est ce que c'était que ce truc ?
A l'heure suivante, j'étais attentif. Comme un résistant à coté de sa radio, j'attendais cette liste. Elle débuta, et, au milieu, bien distinctement, sans erreur, c'était bien mon nom. Je n'étais jamais venu ici, je n'y avais pas d'enfant, rien.
Chaque heure ronde, j'écoutais, j'essayais de comprendre. Chaque heure ronde, au milieu de cette liste, mon nom revenait.
L'après midi, j'avais mis mon annexe à l'eau, étais parti jusqu'à la plage et en me promenant en ville, je rencontrais un couple de coopérants français venus là pour creuser des puits. Ils m'invitèrent chez eux.
A l'apéro, je leur expliquais mon problème, que chaque heure, mon nom était cité à la radio.
Bien sûr, me dirent-ils. Tu as une lettre à la poste. Il n'y a qu'une seule poste sur l'ile et pas de facteur. Alors, pour que les gens ne se déplacent pas pour rien, ceux qui ont une lettre sont appelés chaque heure jusqu'à ce qu'ils viennent récupérer leur courrier.
Sympa, non ?

08 déc. 2020

bonsoir ,
dans les années 80 une des premières transat des assistés je me retrouve à marbella pour prendre un vagabond 52 (taiwan) pour l'amener à casa d'ou il y avait le départ pour pap .
quand j'arrive à bord ,les deux équipiers n'avaient plus rien à manger et pensaient ouvrir la survie pour piquer les rations ,il n'y a pas une épicerie sur ce port de milliardaires, ils avaient dépensé tout l'argent que le propriétaire leur avait laissé en restos ,comme j'avais loué une voiture à malaga en arrivant ,nous sommes partis faire l'avitaillement pour huit jours mini et je comptais aussi sur la pêche ,ce qui fut le cas ,nous avons donné du poisson à tout le monde en arrivant .
donc le propriétaire nous rejoint à casa avec un ami skipper qui savait manier le sextant et il c'est débrouillé pour que je profite du billet retour sur paris .
j'étais à l'aéroport en attente de mon vol et mon nom est appelé au comptoir royal air maroc ..
je me dis qui me connais ici ?
au comptoir on me passe le propriétaire qui me dit que son skipper est tombé dans un panneau ouvert
c'est ouvert la cuisse du genoux jusqu'à l'aine et que du coup il ne peut plus partir ,il est rentré en france en évasan ,et que si je veux bien venir pour le remplacer ,ça serait bien ..
donc je reprends le taxi dans l'autre sens et j'arrive à bord ,sur le quai il y avait pas mal de bagages ,madame ne voulait plus venir et monsieur vu le mauvais présage non plus .
donc nous avons fait la transat à trois sur un52 pieds très confortable en 21 jours ,ce qui prouve que ces camions ne marchent pas si mal que ça .
alain

08 déc. 2020

LE CHARTER RUSSE

j'avais eu un charter à faire, sur la Costa del Sol où j'habitais alors.

Le « Tamaragua » était un fifty hollandais. Ketch d'une quinzaine de mètres, de robuste construction en acier, doté d'une timonerie de paquebot.

La mission consistait à accueillir au port de Sotogrande – dernière marina espagnole en allant vers Gibraltar – une troupe de touristes russes (nomenklatura, ou mafia ?) amenés par une demi-douzaines de taxi de Marbella, et de les emmener par la mer à Gibraltar, afin qu'ils visitent la ville et fassent quelques emplettes.

Pépé Sanchez, mon ancien directeur commercial, nous avait bien recommandé (à ma femme et moi-même) de « soigner » les clients. Ceux-ci payaient la journée de location du bateau 150 000 pesetas (soit près de 1 000 euros).

Nous sommes alors allé « faire les vivres », sous forme de vodka, gin, rhum ou autres whiskys, selon instructions.

A 10 h les taxis arrivent. Les russes embarquent.

C'est un petit trajet d'environ trois heures, qui se passe par calme plat. Le gros diesel ronronne, les russkofs éclusent sec, bien qu'on soit en matinée..

Arrivée au ponton de la douane de Gibraltar, à côté de la piste de l'aéroport.

Contrôle de tous les passeports, et verdict :

Vous pouvez débarquer, ainsi que madame, me dit le douanier. Les autres doivent rester à bord : ils n'ont pas de visas !

Je parlemente, j'argumente, mais rien à faire : les russes ne peuvent mettre pied à terre.

Il faut absolument trouver une solution, et improviser : au prix de la journée, il est impératif de les occuper.

Me vient alors une idée :

puisque vous vouliez faire des emplettes dans Main Street, je vous propose une alternative, avec une belle balade en mer : allons à Ceuta !

Un russe déjà un peu chaud me demande :

c'est où, Ceuta ?

En face, en Afrique !

Son regard s'illumine : « Africa ! Da, da... »

Et nous voilà repartis vers l'autre continent.

Mais comme bien souvent, dans le Détroit, se lève dans l'après-midi la brise d'Est, fraîche, et mer moutonneuse.

Le « Tamaragua » roule bord sur bord, malgré la grand'voile que j'ai bordée plat.

C'est alors que ça se gâte quelque peu.. Saoûlés des libations du matin, et achevés par le mal de mer, mes russes arrosent copieusement l'intérieur où ils se sont réfugiés à cause des embruns. Allongés à rendre leurs tripes, ils bouchent aussi les toilettes.

Le plus valide vient vers la barre, et me demande s'il y a moyen de revenir en avion, ou de louer un hélicoptère à l'arrivée !!

Je lui indique la solution du ferry régulier, qui fait ses aller-retours entre Ceuta et Algéciras, de l'autre côté de la rade de Gibraltar, en Espagne.

A peine tournées les amarres, eux tournent les talons en titubant et fonçent vers la gare maritime !

J'ai ramené le « Tamaragua » à Sotogrande , un sérieux travail de nettoyage et de débouchage nous attendant à l'arrivée.

Quand les taxis sont venus rechercher leurs clients, je n'ai pu que leur dire qu'ils étaient dans la nature. Mais où ? Eux-mêmes ne le savaient sans doute pas !

10 déc. 2020

J'espère qu'ils avaient payé d'avance.

10 déc. 2020

Moi j'ai été payé pour mon boulot. C'était le principal !😊

09 déc. 2020

Bravo pour les 3 dernières histoires... ;-)

12 déc. 2020

On avait quitté la Martinique début août. Finir l'année scolaire, vendre la voiture, dire au revoir à tous les amis et à la famille avait pris un peu plus de temps que prévu . Du coup, au lieu de descendre toutes les Antilles, nous étions partis directement sur les îles du Vénézuela.
En arrivant aux Roques, on décidait d'aller dans le petit mouillage au nord, sur Noronqui. Ça faisait plus d'une dizaine d'années que je n'étais pas venu là et je pris donc notre beau guide tout neuf pour rentrer dans ce mouillage en sécurité.
Sur le guide, étaient indiquées deux entrées, l'une profonde, par le sud de cette petite île, l'autre plus étroite et moins profonde par le Nord. Cependant, arrivant du Nord, il était plus direct pour nous de passer par là.
Le temps était beau, l'alizé faible, la mer tranquille. Pas de houle ni de vague. On s'engageait donc doucement, GV et foc dans ce passage. Ma femme à la barre, les enfants tranquilles dans le cockpit, je préparais l'ancre à l'avant.
Nous étions bien dans l'alignement défini, et je regardais l'eau devant quand je vis que ça n'allait pas. Le fond était là, tout près . Le corail semblait presque à fleur d'eau. On voyait les gorgones et les petit poissons multicolores comme en plongée. Je criais de virer et avant de toucher, nous nous retrouvâmes foc à contre, à la cape sur le bord opposé .
Bien. Je roulais le génois, restais sous GV, démarrais le moteur et tout doucement, on se représentait à l'endroit indiqué sur le guide.
A 1 nœud, nous progressions, mais non, ça ne passait pas. Il devait y avoir à peine 1m d'eau. On essayais, pourtant, plus à l'ouest, plus à l'est, mais rien à faire, il n'y avait pas de passage à cet endroit.
On fit donc demi tour et on pris la passe habituelle au sud de ces îles.
Le soir, au mouillage, à la vacation BLU, je parlais avec mon Papa. Je lui demandais s'il se souvenait de l'entrée Nord de Noronqui, s'il l'avait déjà prise.
Non non me répondit-il, il n'y a pas de passe. Ce qui est indiqué sur le guide est une erreur, ça sera modifié sur la prochaine édition.
Mes parents étaient les auteurs du guide ( Editions FV Comedit, groupe France Antilles)

13 déc. 2020

Merci papa ! 🤨

13 déc. 2020

Un père et passe !

13 déc. 2020

Joli !

13 déc. 202013 déc. 2020

De Newlyn au Connemara
Où la rencontre de deux mousses

Il fait un temps gris et pluvieux, annonciateur d’une nouvelle dépression de Sud-Ouest, lorsque le Cognac familial rentre se mettre à l’abri dans le port de pêche de Newlyn. Cela fait quelques semaines maintenant, qu’un flux atlantique fort et humide arrose la Bretagne et le Sud-Ouest de l’Angleterre, empêchant une fois de plus, cet été 1976, notre petit sloop en contreplaqué, bas sur l’eau et humide, de rejoindre les tant convoitées îles Scilly. Les 35 milles à parcourir au près serré, en entrée de Manche, au large de la Cornouaille britannique, sont trop difficiles pour le Cognac, surtout avec deux jeunes enfants à bord, et un vieux hors bord qui ne permet pas d’appuyer les voiles, le cas échéant.

Gamin tout juste sorti des couches, j’ai une tendresse particulière pour Newlyn, port exclusivement réservé à la pêche au large. Mes parents me laissent une liberté qui n’a pas de prix à mes yeux. Celle de cavaler où bon me semble, entre les filets odorants, les apparaux de pêche en réparation, et tous les trésors d’acier ou de bois usés par des années de labeur, qui jonchent les bords et recoins des quais de granit gris.

Les voiliers de passage ne sont que tolérés dans ce port actif, de jour comme de nuit, mais ils sont tellement rares, qu’on les laisse s’amarrer à couple des petites unités en bois qui stationnent le long du môle intérieur, coté ville. En effet, la profondeur d’eau y est faible à marée basse. Ainsi, ce sont principalement les unités en rénovation, qui s’y trouvent. Le grand môle extérieur et l’autre coté du môle où nous-nous trouvons, sont destinés aux unités de haute mer. Ce sont des navires modernes en acier, au tonnage plus important que les vieilles coques aux bordés de bois harmonieux, fatigués et râpeux, le long desquels nous trouvons refuge, pour laisser passer cette énième dépression estivale.

J’aime particulièrement le bateau à couple duquel nous accostons en début de soirée. La rénovation de cette grosse coque ronde, ressemble davantage à un abandon, qu’aux derniers préparatifs avant l’appareillage. J’y vois l’autorisation tacite de l’armateur, de m’approprier ce qui devient de fait, mon bateau pirate. Le poste de pilotage, vieille cabine en acier mangée par la rouille, gît couchée sur le quai. Qu’importe. C’est au fond du navire, entre l’énorme moteur d’avant guerre et les fortes membrures de chaine qui le soutiennent, que doit se trouver le trésor. J’ai à peine 6 ans, pourtant l’odeur si particulière exhalée par le poisson débarqué des entrailles du bateau de pêche pendant des décennies, de l’huile lourde et du gazole qui suintent encore des réservoirs crevés, est déjà gravée dans ma mémoire. 45 ans plus tard, elle l’est encore avec la même netteté et réveille l’excitation de l’explorateur en herbe que j’étais.

Lors de nos visites dans cette colorée ville de pêcheurs, un de mes plus grands plaisirs est d’aller manger avec mon frère et mes parents un vrai « Cod and chips », servi au coin du quai dans un cône, fait du papier du journal de la veille. Les frittes sont trop grosses, salées, fortement vinaigrées et la chapelure du poisson frais trop épaisse. Mais quel régal. Quel plaisir, de s’en mettre plein les doigts puis de les essuyer sur le fond de la culotte. C’est cela, l’authentique goût des vacances. Celui qui, au grand dam de l’écolier laborieux que je suis, stoppe net le jour de la rentrée des classes, puis que j’attends pendant des semaines, des mois, comme attendrait les vacances, un enfant placé en pension.

Les étés précédents, nous étions le seul voilier à Newlyn, à fortiori, français. Le cap Lizard, qui trône 20 milles à l’Est de Lands’ end, le Finistère britannique, marque la limite de navigation des plaisanciers anglais de l’époque. Pour les voiliers venant de Falmouth, il est difficile de doubler ce cap, au large duquel la houle de l’Atlantique lève une mer forte. Ainsi, les voiliers sont très rares de Penzance, port voisin de Newlyn, jusqu’aux îles Scilly. Cependant, à notre arrivée, il y a un sloop en polyester. Et quelle n’est pas la surprise de mes parents de constater qu’il arbore un pavillon irlandais ! A part les rares unités de courses croisées à l’île de White, courant aux couleurs de la république d’Eire, c’est la première fois que nous voyons un bateau de plaisance. C’est un Club Shamrock, half tonner dérivé d’une unité de course. Il est flambant neuf. Notre Cognac de 7 mètres en contreplaqué, fait figure de boite à savon à coté de cette unité rapide, summum des voiliers de course croisière de l’époque.

A peine les haussières du Cognac sont-elles tirées sur le bateau de pêche, que l’invitation à prendre l’apéro dans le carré du Shamrock est lancée. Qu’il est grand, ce bateau ! On s’y tient debout, contrairement au Cognac, où la vie impose des attitudes reptiliennes. Et il y a un enfant à bord ! Comment s’appelle-t-il ? Je n’en sais rien. Que me dit-il ? Je n’en ai pas moindre idée. Mais c’est parfaitement inutile. Le langage des gestes est amplement suffisant, pour communiquer entres enfants de six ans. Nous sautons dans l’annexe. Une belle Avon grise, pourvue de deux vrais avirons en bois d’un seul tenant, et de dames de nage, aptes à résister à toute la fougue des jeunes mousse que nous sommes.

L’apéro dure. L’exploration du port en annexe aussi. Mais il est tard, et une pluie fine accompagne la tombée de la nuit. Au matin, lorsque je saute sur le pont par mon capot de cabine, mon nouveau petit copain est parti. Déception. J’aurais bien passé la journée avec lui, pour lui faire découvrir tous les coins secrets du port.

….

Avril 1986. 10 ans ont passé. La mer, davantage que l’école, est toujours le centre de mes préoccupations. Mes parents ont construit un beau dériveur en polyester, toujours sur plan de l’architecte Philippe Harlé. Un vin, bien sûr ! Le Chablis. Ce bateau bien né est confortable, sûr, et a des qualités hauturières avérées. Ainsi, les années précédentes, nous avons pu nous rendre à son bord jusque sur les côtes Sud de l’Irlande. Cette île marque maintenant mon imaginaire. Je rêve de l’explorer plus avant, par la mer comme par la terre. Je parle un anglais scolaire correct, bien suffisant pour voyager seul.
Un courrier inhabituel arrive ce matin de printemps dans la boite aux lettres de notre maison bretonne. Il vient d’Irlande. Le tampon, de Dublin ! La lettre, rédigée à la plume en anglais, par une dénommée Mrs. Hegarty, nous remet en mémoire la rencontre de deux enfants, 10 ans plus tôt. Ma mère, qui nous lit la missive à haute voix, ne peut cacher son étonnement. Nous avions oublié cette histoire, bien sûr, mais surtout, Madame Hegarty, qui est la maman d’Andrew, propose un échange linguistique et nautique entre les deux garçons. La requête est simple : « Qu’ils passent un mois d’été ensembles », sur un voilier ou sur des vélos. « Ils finiront bien par apprendre à parler français pour l’un, et anglais pour l’autre ! »

Ma mère, qui se souvient maintenant avoir laissé notre adresse avant de quitter le bord du voilier Irlandais, est aux anges. Moi, je suis surexcité ! Elle ne m’a pas encore demandé mon avis, que je m’enquiers du type de bateau que la famille irlandaise possède maintenant, et de la destination proposée. A notre réponse positive à la proposition de Madame Hegarty, sont proposés des détails alléchants. « Oui, ils navigueront en Irlande. Mais je propose également que les garçons découvrent le Connemara en vélo ».

J’embarque à bord d’un Ferry pour Rosslare harbour début juillet, puis saute dans le train qui longe la côte Est du pays jusqu’à la capitale. Je brûle d’impatience. Rencontrer Andrew, ses copains et copines, le bateau sur lequel nous naviguerons. Car nous-nous sommes écrits deux fois avant mon départ. L’anglais de l’un est aussi maladroit que le français de l’autre. Mais l’essentiel est parfaitement compréhensible : la promesse de nouvelles expériences exaltantes ! Mon père m’a cependant mis en garde. L’Irlande est à ce jour un pays qui vit d’importantes difficultés économiques, avec un fort taux de chômage. Tu risques de ne pas retrouver le niveau de vie et le confort dont nous bénéficions à la maison : « adapte-toi ». Pourtant, me disais-je, des irlandais qui avaient un bateau au milieu des 70 sont forcément d’une classe aisée, dans ce pays à la traine du développement Européen.

A la Connolly station, en plein centre de Dublin, Andrew et sa mère m’attendent. Ils me font montrer dans une petite Ford fiesta âgée et rouillée, puis nous-nous dirigeons vers les faubourgs Nord de la ville. J’ai un instant de déception. Un quartier loin de la mer ? Où est la marina ? Et leur voilier ? Madame Hegarty me rassure : « Nous habitons la presqu’île de Howth. Vous irez à la marina à Pied »… Elle disait vrai ! Ils habitent une propriété à coté de laquelle, notre pavillon « néo breton » fait pâle figure. Sitôt mon sac jeté au pied du lit de la chambre d’amis, Andrew me tire par le bras, et nous dévalons le jardin fleuri. La route traversée, nous empruntons un chemin gravillonné qui mène à une entrée monumentale que nous franchissons. « Haaa… ». C’est une immense propriété, dont le gazon impeccable descend jusqu’à la mer. Nous entrons au château et sommes immédiatement reçus par le grand copain d’Andrew et sa sœur. Tous les trois seront mes compagnons pour ce mois d’aventures irlandaises !

Avant celà, il y a un passage obligé par le salon de cette vaste demeure, où m’attendent les parents des amis d’Andrew. En effet, la maman, qui nous conduira dans une propriété sur une petite île perdue à l’Ouest du Connemara, veut faire ma connaissance. Au milieu du salon dont nous poussons la double porte en bois sculpté, trône un piano à queue Steinway. Sa valeur doit être un multiple du voilier construit par mes parents. A mon regard éberlué, la maitresse de maison comprend que je ne m’attendais pas à ce que je découvre, depuis une heure que je suis à Dublin. Alors, le plus naturellement du monde, elle m’explique où je suis : « tu es sur cette presqu’île de Howth dans le quartier qui abrite les gens les plus riches et les plus influents du pays, mon jeune ami ! ». « Haaa »… Madame Hegarty, avec une noble discrétion, avait omis de le préciser dans ses lettres.

Parfaitement mis à l’aise par la simplicité de mes hôtes, et l’intérêt non feint qu’ils portent à ma description de la Bretagne et des navigations que j’y fais, je demande à me mettre au piano. Je me pique à cette époque d’une technique virtuose au piano classique. Elle ne fait en réalité que s’en approcher… de loin, mais les études et valses de Chopin, « exécutées » sans trop de couacs, font dresser l’oreille au maitre des lieux, qui descend de son bureau, voir qui donne ainsi vie au grand piano du salon. L’auditoire est conquis, et Monsieur le ministre si enthousiaste, que je suis dorénavant le bienvenue chez lui, pour aussi longtemps que je le souhaiterai, à la condition que je joue au moins une heure par jour !

Je dois concéder que c’est la plus belle demeure que je visiterai. Mais pas la seule dépassant de cent fois ce que j’aurais imaginé avant d’arriver sur la presqu’île. La surprise est la hauteur de la précédente, lorsque nous arrivons au Howth Yacht club, après 30 minutes de marche. La taille moyenne des voiliers dépasse de beaucoup celle que j’ai l’habitude de voir en France. C’est par la profonde descente d’un Halberg Rassy 42, unité flambant neuve de 13 mètres au magnifique pont en teck, que nous dégringolons, pour aller ouvrir le frigo de la cuisine, où sont stockés des sodas. Et moi qui croyais naviguer sur un Half tonner de 9 mètres, aujourd’hui dépassé !

C’est ainsi que j’ai passé, deux années de suite, les plus beaux étés de mon adolescence, entre Dublin et le Connemara, que nous avons sillonné tous les quatre en vélo. Bruine, timide soleil, ou épais brouillard, nous roulions nés au vent, avec des K-ways sur le dos. J’ai mis quelques jours à m’habituer à rentrer dans un pub, à y manger et boire, puis à en repartir sans payer. Les ados affamés étaient connus. La note serait payée plus tard par du personnel !

Photos :
- Moi, cet été 1976. Lavage de pieds !
- Le Cognac à Penzance, port voisin de Newlyn, ce même été. Bloqués une semaine par une grosse dépression.
- Le Cognac dans une rivière anglaise (je ne sais plus laquelle)

13 déc. 2020

J'ai adoré ton histoire, presque ému par ces souvenirs de dix ans.
Tu as une belle plume...
Yannick

14 déc. 2020

Merci pour cette belle histoire !

14 déc. 2020

Très belle histoire de mer et d'amitié, narrée avec talent. Bravo 🙂

14 déc. 2020

Nous sommes passés à Howth Yacht Club lors de notre voyage transatlantique. Les membres étaient accueillants et gentils - bien plus que les gens à Dublin et le Royal Dublin YC, qui n'est pas loin. Ce qui nous frappait, aussi, c'était un petit bout d'histoire du port. Il paraît que c'était de Howth que partait les voiliers avec les émigrants pour les États-Unis. Au 19ème siècle ces "packets" se rangeaient à bloc entre les quais du port, tenus étroitement en place par les chaines qui traversaient les fonds d'un quai à l'autre, quadrillées. Quand nous y sommes entrés, toute cette ferraille dans la boue a fait que notre compas faisait lentement des ronds, sans cesse, pendant tout notre séjour.

14 déc. 2020

A propos d'Irlande: mon bateau s'appelle laphroaig (comme le whisky), ce qui me vaut souvent la sympathique curiosité des navigateurs écossais ou britanniques en général.

On était en escale à Kinsale en Irlande.Je vois 2 gars sur le ponton qui regardent le nom de mon bateau en souriant. 10 minutes après arrive un monsieur très classe type gentlemen british qui se présente me dit que que son bateau ammaré à l'autre bout de la marina s'appelle aussi Laphroaig.
On commence à discuter. Je lui dis en rigolant: "désolé on a fini la dernière bouteille. je ne peux pas vous offrir un verre de Laphroaig."
Lui:"no problem. venez ce soir boire un verre sur mon bateau".

On passe devant son bateau le soir. Bateau de 15 mètres flambant neuf: je me suis fait la remarque que,rien qu'en winches electriques, il y avait le prix de mon modeste embarcation.
Du coup, on n'a pas osé s'inviter à bord et on est allé modestement s'encanailler au pub.

Le lendemain matin, j'entends frapper dans mon bateau. je me lève et je vais voir. personne mais une bouteille de laphroaig dans le cokpit. La classe!

Le temps de m'habiller et de sortir; et je vois l'autre Laphroaig s'en aller.

14 déc. 2020

J'espère qu'avec ce nom, tu es invité à la distillerie chaque fois que tu passes à Port ellen.

14 déc. 2020

A Bigben: tu n'as jamais eu un gendarme zélé qui t'as demandé de te conformer à la loi et de rajouter sous ton nom de bateau " L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération. " ?
😁😁😁
( J'ai eu l'usage partagé d'un bateau il y a longtemps qui s'appelait Taly , un clin d'oeil au whisky préféré du propriétaire 🤗)

15 déc. 2020

Bien, et pour notre bateau ECLIPSE, je m'assure de toujours avoir au moins une bouteille quelque part...

19 déc. 2020

Notre bateau s'appelle "Alkinoos" et le blog "alkivoyage", ce qui a bien fait rire les australiens rencontrés l'été dernier : les "Alkis" en Australie sont les alcooliques et "alkivoyage", peut se traduire par "le voyage des alcoolos"

14 déc. 2020

bon souvenir des cognac, le notre à été roofer dès sa sortie du chantier, faut dire que c'est plus confortable

15 déc. 2020

@ED850, j'ai eu droit à la bouteille!

15 déc. 2020

Les histoires d’ED sont juste fabuleuses, ça mérite un bouquin même 2

Mais on ne sait rien sur son histoire personnelle

Des parents sur un voilier aux Galápagos dans les années 50 c était pas courant et ensuite une vie de navigation ou une vie « normale «  et des nav

Pas d indiscrétion juste comprendre mieux comment on peux avoir une vie aussi fabuleuse !

15 déc. 2020

Eh, années 50, faut quand même pas trop me vieillir. Rajoute 25 ans et c'est mieux. Je vais bientôt avoir l'âge de toucher une retraite.😀

15 déc. 2020

je plussois cette curiosité nourrie d'histoires passionnantes (et les parents perdus? retrouvés?) et de clins d’œils savoureux et (im)pertinents.
Merci Ed, et merci aussi à tous: je me régale à vous lire.
Saadi, content d'être sur ce forum grâce à vous

15 déc. 2020

Traversée Ceuta - Gibraltar. Gentille brise d'Est par le travers.

Il faut croiser à la perpendiculaire la
ligne des cargos..
En voici deux sur mon tribord, qui avancent lentement, faisant route à l'W.

Je calcule que passant à l'arrière du premier, j'aurai largement le temps de passer entre les deux.

Quand tout à coup je vois un long câble se tendre entre eux ! 🤥

Je viré de bord vite fait et vais passer derrière le deuxième.
Un pavillon Chinois.

Ils avaient sûrement les marques de remorquage envoyées, mais j'avoue que je n'y avais pas prêté attention..

Mea culpa, un peu plus j'etais coupé ! 😨

15 déc. 202015 déc. 2020

ON THE BEACH

St MALO - Les Bas Sablons : Vendredi 13 septembre, 19 h. Jean Louis, Eric, Patrick, Nicole et les autres engouffrent des tonnes de vivre sur l'OVNI 40. Où irons nous demain ?

Le temps est calme, un peu frais. Rentrons nous réchauffer; l'ambiance monte. Le temps s’écoule.

Il est minuit déjà, c’est l'heure de dormir ou de partir. Nuit étoilée, vent faible d’est, Daniel propose " qui veut y aller ? «

3h du matin: Vent d'est de 15 nœuds dans la Déroute. Cap sur Jersey, vent faible. Tout le monde dort, ou presque .

7 h : Brume épaisse, corne de brume lugubre. Où se trouve cette fichue Demie de Pas ? Le pif supplé le decca défaillant. Tiens, des rochers! Chance ? Nous sommes juste dans l'entrée de St Hélier.

Si nous allions à St Aubin ? Une heure après, nous sommes posés "on the beach". Le soleil matinal dévoile la baie. C'est l'heure du petit déjeuner dans le cockpit, immédiatement suivi de la dégustation d'huitres de Cancale qui précède l'apéritif, préalable à un sublime veau à l'oseille ... Bref, Léo se déchaîne.

Une petite sieste s'impose avant une ballade en bus à St Hélier. Au retour, surprise, le bateau flotte. Tout le monde à la nage avant l'apéritif. Au menu de ce soir: porc à l'ananas. Bonne nuit.

8 h : C'est bien matinal ma pour certains. Cap sur Chausey au largue.

Elizabeth Castle, Diamond Head, les Caux défilent. Bernard, Eric fourbit ses lançers, ses leurres. La Petite Entrée approche.

Nous y sommes. En route pêche maintenant. Daniel, l'oeil sur la carte, repère la « basse à Betton ».. Deux lieus et un bar feront les frais de nos quatre tours, au plus près de ce fameux caillou.

Mouillage de rêve aux Huguenans, puis café à la terrasse de l'Hôtel du Fort .

16 h : Nous quittons le Sound de Chausey sous grand voile, yankee et trinquette; trois heures plus tard, nous parons le Grand Bé.

La discussion s'oriente sur les horaires de trains, le travail. Nous ne sommes partis que depuis deux jours !

17 déc. 2020

Une petite suite à celle ci : www.hisse-et-oh.com[...]e-mer-7

Tout se passait bien. Les nuits étaient agréables, nous étions très amoureux.
En partant de Bayonna vers le sud, alors que j'avais toujours mené mon petit bateau tout seul, je décidais d'apprendre à ma future femme à prendre le quart.
J'avais la nette impression que celle ci allait durer et donc autant la former à la navigation dès maintenant, puisque on le savait, si elle voulait vivre avec moi, ça serait sur la mer. Les eaux le long du Portugal sont relativement fréquentées et donc, plutôt que de partir assez loin au large pour dormir tranquille, nous pouvions descendre tout droit en veillant.
Je lui expliquais donc ma technique.
A cette époque, je n'avais pas encore compris que veiller à l'abri d'un cockpit protégé était très supérieur à un quart dans le froid et le vent et donc, je lui dis :
« Voilà, tu te mets dans ton duvet, avec ton oreiller. Tu somnoles et toutes les 15 minutes tu fais un tour d'horizon. S'il n'y a rien, tu ne t'es pas vraiment réveillée. S'il y a une lumière, tu m'appelles »
C'est la technique que j'ai toujours appliquée, puisque je navigue depuis que je suis tout petit et que j'ai pris des quarts avant de savoir faire le point. Veiller sans se réveiller vraiment m'est naturel .
Quelques temps après, dans ma couchette, j'ai entendu du « Bam Boum bam boum bam boum, le bruit régulier d'une machine de cargo.
En sortant, ma future dormait à point fermés, bien installée dans son duvet bien chaud, pendant qu'un cargo tout illuminé nous passait à une centaine de mètres à babord.
Du coup, depuis, quand nous passions dans des endroits fréquentés, j'ai toujours veillé tout seul sur nos bateaux (en appliquant ma technique infaillible)

17 déc. 2020

Eh ben, tu as bien dit "une lumière". Un grand cargo, il doit y avoir une vingtaine, au moins.

17 déc. 2020

ED tu es comme les dauphins : une moitié du cerveau qui dors et l’autre qui reste en veille. C’est comme ça que je prenais mes gardes de SAMU il y a plus de 40 ans, en fin presque 🤫

18 déc. 2020

Perdus en baie de Quiberon
Juillet 1972
Avec un copain, nous louons pour 2 semaines Avel More, un Corsaire. Loué par Mme Lumiot, il est mouillé sur une bouée dans l’Anse de Kerners, golfe du Morbihan. L’armement est minimum. En matière de voiles, il n’y a à bord que le foc et la grand-voile.
Avel More doit plus souvent se laisser porter par les courants du golfe que franchir la passe de Port Navalo.
Notre projet : monter jusqu’à Beg Meil, redescendre jusqu’au Bois de la Chaize et revenir dans le Golfe.
Mon expérience de la croisière est alors faite d’un stage d’initiation croisière sur Corsaire au CN Tréboul Douarnenez un an auparavant, j’y avait déjà fait un stage dériveur en juillet 68 suivi d’une pratique assez régulière.
Mon équipier a tout juste tiré quelques bords en dériveur.
La navigation jusqu’à Beg Meil se fait sans souvenir particulier. Et nous décidons de tenter l’aventure d’une navigation de nuit. Ce sera une étape Beg Meil - Le Palais en laissant Groix à tribord.
Je n’ai pas le livre de bord sous la main, mais j’ai le souvenir qu’en arrivant en vue des jetées du Palais, vers 6h du matin, les mâts dansaient frénétiquement derrière celles-ci. Pas étonnant car depuis plusieurs heures, le vent soufflait “fort“ alors que nous naviguions sous le vent de la presqu’île de Penthièvre.
Il est curieux de constater combien, sans expérience, de nuit, à bord d’un petit bateau, le vent peut vite souffler “fort“ ! Et nous n’étions pas au près. Soufflait-il seulement autour de 20 nds ?
Nous poursuivons notre croisière et après avoir mouillé au Bois de la Chaize, nous remontons jusqu’au Croisic que nous quitttons cap sur les îles.
Le vent portant est très faible. Le foc bien petit. Nous progressons très doucement, les heures passent, l’après-midi s’avance. Le Tomos 4cv est hs depuis quelques jours. Les îles, Hoedic en particulier, ne sont toujours pas visible. Où sommes-nous ?
Et si nous rations les îles ?
La décision est prise. Cap au Nord ! Forcément, nous y toucherons terre. En plus, nous rapprochant du vent, nous reprendrons de la vitesse. La terre en effet apparait et avec elle un clocher, un village, sans doute un port. Nous tournons la jetée et nous amarrons. Où sommes-nous ?
Nous débarquons et traversons le village jusqu’à lire le panneau qui annonce : Sarzeau.
De retour à bord, un promeneur engage la conversation et nous invite à venir nous doucher chez lui et à diner. Comment refuser.
Requinqués par cette confortable soirée, le lendemain nous reprenons la mer et en fin de journée, nous nous amarrons le long d’une courte cale, dérive relevée. Je n’ai plus en tête le lieu de cette escale que je situerais volontiers sur l’une des îles ?
Le lendemain après-midi, lorsque nous décidons de partir, le vent très faible, encore, vient de mer.
La hauteur d’eau ne nous permet pas de descendre la dérive. Voiles envoyées, Avel More n’aura pas le temps de prendre de la vitesse et d’être évolutif avant que nous ne soyons échoués sur la petite plage voisine. Le hors-bord est toujours hs et il n’y a pas d’aviron de godille à bord.
Nous frappons un bout à la base de l’étai, envoyons la grand-voile et je me mets à l’eau. Remorquer 600 kg à la nage par calme plat sur quelques dizaines de mètre doit être possible. C’est ainsi que nous avons gagné suffisamment au vent pour repartir à la voile.
Cette croisière s’est achevée par un petit bord de trapèze pour mon équipier. Avant de rejoindre l’Anse de Kerners, nous avons, entre deux ilots, rencontré du courant contraire. Avel More gitait. Il nous fallait de la vitesse, de la “puissance“, pour forcer ce courant. Mon équipier, les pieds sur le liston, une main fermement serrée sur le hauban, s’est lancé hors du bateau, moi-même au rappel autant que je le pouvais.
je ne sais pas quelle a été la réelle efficacité de cette acrobatie, mais à l’heure convenue, Avel More avait retrouvé sa bouée.
Je suis longtemps resté muet sur cette succession de (més)aventures dont je n’étais pas très fier. Et puis, les milles ont passé…
Je ne regrette pas de les avoir vécues. L’avantage de commencer à naviguer à bord d’un petit bateau est que la majorité des erreurs que l’on peut commettre sont sans conséquence autres que forger des souvenirs, l’expérience, l’autonomie.

18 déc. 202018 déc. 2020

Avant d'aller me saouler au Pub irlandais pour fêter les vacances, je vous livre ce souvenir.

Histoire d’épaule.

Fin des années 1990, je monte une nouvelle fois en Irlande en solitaire sur mon Sauvignon, un dériveur lesté de 8m60 en contreplaqué. Fort de mes expériences précédentes, j’ai tendance à repousser d’un ou deux Beauforts, la force du vent et l’état de la mer où je reste prudemment au port.

Ce début Juillet, le flux d’Ouest viril sur la mer d’Iroise m’oblige à tirer des bords sous voilure réduite depuis l’ile de Batz, mais j’ai encore le génois roulé à moitié à l’avant. En arrivant au large de Portsall, les choses de gâtent. Ce coin mal pavé aux courants puissants, est l’endroit même ou l’Amoco Cadiz a répendu plus de 200 000 tonnes de pétrole brut, 30 ans auparavant, provoquant une marée noire sans précédent en Bretagne. La mer est forte, courte, et le bateau surtoilé se vautre en tapant brutalement dans le creux des vagues. C’est un des inconvénients des coques à double bouchains, dont le flan se présente à plat dans le creux de la vague.

J’attrape le foc n° 1 sur mousquetons dans le coffre de cockpit, et me dirige vers l’avant en rampant sur le pont pour installer l’étai largable, sur son solide ridoir pélican à volant. J’ai trois voiles sur mousquetons, qui font merveille lorsque le vent monte, à tel point qu’en Irlande l’année précédente, j’ai démonté le génois enrouleur, pour ne laisser que l’inter et le n° 1, en place dans les filières.
Je me cramponne près du balcon, alors que le bateau fait des bonds franchement impressionnants. Je commence à trouver la situation un tantinet limite, d’autant que le vent monte et qu’il est prévu un bon 6 en fin de journée. J’estime plus sage de faire demi-tour vers l’Aber-Wrac’h, mais je vais mettre l’étai largable en place avant, puisque je l’ai à la main.

C’est à ce moment que le bateau tombe dans un trou béant, bien plus abrupte que les précédents, et que je me retrouve en apesanteur quelques instants, avant que mon épaule droite ne vienne frapper sèchement la bite d’amarrage. Sur le coup, la douleur est légère, et j’oublie complètement l’incident. L’étai est en place et je file au cockpit faire demi-tour au grand largue, en laissant le génois en place, qui convient parfaitement à cette allure.

L’Aber est un havre de paix, le vent d’Ouest, tirant au Nord dans le chenal, s’y faisant sentir de façon raisonnable. Etant assez désargenté à cette époque, et aimant les mouillages forains, je jette ma pioche à l’écart du chenal, dans le Nord de l’île Longue, bien avant la zone de mouillage organisée et le ponton, pour ne pas avoir à payer. Je n’ai pas encore enlevé ma salopette de cirée, que le commis du port arrive à fond la caisse avec son hors bord, et me réclame le prix d’une nuitée sur coffre, ce que je refuse tout net. La discussion s’envenime, jusqu’à ce que l’employé me propose deux solutions : il revient avec la gendarmerie, ou je dégage. Super.

Jouant son jeu, j’exige qu’il revienne à bord avec la carte précise de la concession du port, de sorte à pouvoir mouiller mon bateau 1 mètre à l’extérieur. Et bien, j’en suis à moins de 50 mètres, alors que la marina se trouve à plusieurs centaines de mètres en amont de l’aber. Décidé à emmerder ce type, je relève mes 40 mètres de mouillage de 8 mm tout chaîne à la volée, et pousse le moteur pour reposer la Fob 50 mètres plus en aval du chenal, au ras de la limite de la concession. L’employé s’en va. Je ne le reverrai plus.

La météo annonce une situation plus favorable le lendemain, alors je me couche tôt pour pouvoir décaniller au lever du jour vers Skull, petit port de pêche se nichant à quelques milles du Fastnet. Le réveil en milieu de nuit est difficile. L’épaule droite totalement bloquée, très douloureuse. M’extraire de ma couchette cercueil n’est pas simple, m’habiller prend une tournure pénible. Impossible de partir dans ces conditions. Je n’ai de toute façon pas de guindeau, et ne peux remonter le mouillage. J’espère voir un médecin dans le bourg dès ce matin, et monte sur le pont pour mettre le kayak à l’eau. Naviguant seul, l’annexe gonflable reste dans le fond d’un coffre, et cela fait maintenant plusieurs années que j’ai une technique bien rodée pour descendre puis remonter du kayak, équipé de ma salopette de cirée, sans me mettre à l’eau. J’arrive même à transporter deux bidons de gazole de 20 litres entre les genoux, lorsqu’il s’agit de faire le plein dans une station à terre.

Quel cirque ! J’ai maintenant un mal de chien à l’épaule droite, et ne peux plus bouger mon bras. Basculer le kayak par-dessus les filières, pour tomber à l’eau immanquablement à l’envers, s’avère un véritable calvaire. La descente… Je m’accroche désespérément du bras valide à la filière basse, sans oser m’assoir. Le chenal est calme sur un bateau de 4 tonnes. Il ne l’est pas, debout dans un kayak de mer. J’y arrive, en me laissant tomber le derrière, puis saisis la pagaie double de la main gauche. Elle est en permanence reliée par un bout au pont du kayak, juste devant les genoux, et ne peut s’échapper. Le vent me pousse à la plage, je tire le kayak sur deux ou trois mètres, ne pouvant faire mieux, puis je monte sur la rue qui longe la plage pour me déshabiller. C’est peine perdue. La veste de quart tombe toute seule, mais la salopette restera à sa place.

Le bourg, que je ne connais pas, est à un bon kilomètre en montant la falaise, et dans mon état, muni de mes bottes et trop couvert, je dégouline et me fatigue. Alors j’arrête la première voire qui passe, à cette heure très matinale, en restant au milieu de rue. Le gars semble très sympa, et m’interpelle immédiatement : « c’est toi qui vient de descendre du Sauvignon ? Qu’est ce qui t’arrive ? ». C’est gagné, ce vétérinaire qui part soigner un troupeau, se propose de me conduire chez son pote médecin en ville. Les vaches attendront !

Sur la route, on cause. C’est un passionné de voile, comme son pote toubib. L’Irlande et le solitaire, ils connaissent. Mais il me prévient : « Tu seras reçu tout de suite, mais tu vas voir, il est spécial, mon copain. Ne t’inquiètes pas s’il en rajoute un peu »… Ah oui, pour sûr, j’ai le droit à une vraie crise du généraliste : « T’es fou ! Tu vas mourir ! Il ne faut absolument pas que tu repartes. Tu ne bouges pas, j’appelle l’hôpital de Brest pour qu’on te fasse des infiltrations dans l’épaule dès ce matin. T’es riche, tu te paieras le taxi aller-retour ». Je suis scotché, muet, ficelé à ma chaise, devant son bureau, par l’autorité de ce médecin. Il passe deux coups de fils et m’intime trois ordres, en raccrochant le combiné du téléphone fixe :
« Tu mets cette bande autour de ton cou pour soulager ton épaule. On t’attend à Brest en fin de matinée. Le taxi te prend au port dans une heure trente ».

Je suis dubitatif sur l’état de gravité annoncé, le bras en écharpe immédiatement soulagé, et bien peu enthousiaste à l’idée de laisser le bateau sans surveillance dans le chenal de l’aber-Wrac’h , et de me délester du tarif d’une centaine de kilomètres en taxi. Alors je lui réclame une ordonnance pour des calmants efficaces, arguant de gagner du temps, en allant les chercher tout de suite à la pharmacie du bourg. Il s’exécute et me congédie sans accepter que je le paie. Drôle d’oiseau, mais au moins, il prend les choses à cœur ! Arrivé à la pharmacie deux minutes plus tard, je présente la feuille à la pharmacienne, qui fait une grimace significative en la lisant :
- Il vous a dit que vous alliez mourir ?
- Dans le mille !
- Faites gaffe, quand même, la dose d’analgésique qu’il vous a prescrite tuerait un cheval.
- Ah oui, quand même !

Je redescends à pied au port, rassuré par la prise en charge rapide, et l’idée de ne pas aller jusqu’à l’hôpital de Brest fait son chemin. La douleur devrait passer tranquillement d’ici deux jours avec la dose d’analgésiques prescrits, si je reste tranquillement à bord. Je suis néanmoins embêté pour le taxi indépendant, qui va venir au port et m’attendre. Alors je vais au café en face de la capitainerie commander à boire pour prendre les calmants et j’attends sa venue. Le chauffeur fait peu de cas de mon changement d’avis, et reprend sa route. Finalement, tout va bien. Je vais dormir un bon coup, et repartir dès que ça ira mieux.

La pharmacienne n’avait pas tort. La dose massive d’analgésiques me jette dans un profond sommeil, dont je ressors près de 12 heures plus tard. Je reprends une dose plus raisonnable. Le bateau se dandine. Le vent est tombé. L’épaule ne fait plus mal… presque. Alors je remonte le mouillage tout doucement en appuyant au moteur, puis je pique droit sur les îles Scilly. La traversée est exceptionnellement calme, à tel point que je dois refaire du gazole une fois arrivé à Skull, dans le Kerry. Ma route ne s’arrête pas là. Je monte dans le Connemara.

L’incident de l’épaule ne fait que deux ou trois lignes dans le livre de bord. Je n’y repenserai plus pendant 15 ans, jusqu’à ce que… tous les gens qui ont dépassé 45 ou 50 ans le savent. J’ai fait la plus belle connerie de l’année en n’allant pas me faire examiner et soigner à l’hôpital de Brest. 25 ans après cette chute sur l’épaule, la douleur se réveille toutes les nuits, me pourrissant la vie. Et les 200 francs pas dépensés en taxi me coûtent aujourd’hui bien plus cher en frais de kiné, pour que la douleur reste supportable !

18 déc. 2020

Très beau recit, bravo !
( Kinvara, la 4eme photo, non? )

18 déc. 202018 déc. 2020

Bien vu. Oui !
Une autre

18 déc. 2020

Un petit coin du monde intemporel, rien n'a changé ! 🤗

21 déc. 2020

Beau coin !
Et joli Sauvignon !

18 déc. 2020

Magnifique merci, j ai déjà raconté la première croisière de Perros à Guernesey perdu 3 jours dans la brume et arrivant à jersey, la chance des débutants

18 déc. 2020

Une nuit à Qajartaliq...

Jeudi 6 Août 2009. Côte Sud Est du Groenland.
Mouillage à Qajartaliq, 61°03 N - 42°44 W,
1h10 du matin.
Nous sommes couchés dans la cabine arrière d’Iléna. L'alarme de mouillage se met en route. Temps calme. Coup d'œil sur le pont RAS. L’alarme est réglée “court“ car un ilot rocheux émerge derrière le bateau. Retour dans la couchette.
A peine le sommeil reprend-t-il ses droits, bruits de nage autour du bateau.
Frottements contre la coque, battements sur l'eau, plus fréquents vers la jupe arrière.
Un baigneur ? Ici et à cette heure ?
Un phoque ? Il n’est pas rare que ceux-ci prennent place sur celle-ci. Mais nous trouvons ce phoque bien bruyant.
Je me lève avec pour première idée de mettre le moteur en route pour, au bruit, écarter l'animal gentiment. Je me munis cependant d'une lampe torche avant de monter sur le pont. Depuis quelques jours, une nuit est revenue pour quelques heures. Je sors donc du bateau et m'avance sur le passe-avant.
Qu’elle est alors ma surprise de découvrir s'éloignant déjà sur tribord un ours polaire !
Je plonge ... dans le bateau pour me saisir de la corne de brume et intensifier le bruit. Aux coups de trompe, l'ours retourne la tête vers le bateau et se dirige vers la rive ouest de l'anse. Ouf !
Quelques minutes encore sur le pont et je vais faire le récit de cette "aventure" à ma compagne. Le vent se lève un peu et un léger clapot se fait entendre. Mais après quelques minutes, c’est plus que le clapot, les frôlements sur le tableau arrière reprennent. Je me relève aussitôt et au passage me saisis du coffret de fusées.
Surprise ! Au-dessus du livet, derrière le balcon arrière, sur bâbord, se dessine la tête de notre ours ! Sa patte avant droite appuyée sur le haut du tableau. Le roof de la cabine arrière et la largeur du coffre arrière nous séparent. S’il prenait appui sur la marche inférieure de la jupe ou sur la petite échelle repliée contre le tableau arrière, nous serions mal. Mise en route du moteur, lampe, corne vont de nouveau décourager notre visiteur.
Pendant quelques secondes, nos regards se croisent, ont-ils eu le temps de se fixer, toujours est-il que cette image m’est encore présente. Que se passe-t-il dans sa tête ? Visite de curiosité ou « Par l’odeur alléché… » ?
Après quelques secondes donc, notre "ami", sans un mot, se remet à l’eau et prend maintenant la direction du large, cap à l’Est, vent dans le dos.
Dois-je être rassuré par sa décision de nager vers la sortie du mouillage ?
Dans l’éventualité d’une nouvelle visite, je m'habille chaudement et vais rester sur le pont jusque vers 3h30. J'avais prévenu ma compagne que nous ferions peut-être des quarts de garde.
Mais finalement la nuit s’est achevé paisiblement.
Nous n’avions pas alors de carabine à bord car nous n’avions initialement pas prévu d’escales sur cette partie de la cote après notre arrivée à Tasilaaq et un détour par Isortoq. Nous attendions d’arriver à Nanortalik, au SO, pour nous en équiper si nous pouvions entreprendre une remontée de la côte Ouest.
Et puis une nuit difficile avec nuit noire, brouillard et icebergs m’a fait décider de ne plus naviguer de nuit.
D’autre part, je me suis interrogé sur la présence de cet ours aussi Sud dans cet environnement complètement dépourvu de neige et de glace à l’exception des icebergs à la dérive.
Ce matin sur une radio cultivée, un intervenant disait qu’il n’était plus nécessaire de voyager pour découvrir le monde. Faisait-il référence aux possibilités d’internet. Misère !!

Philippe

18 déc. 2020

suite

18 déc. 2020
18 déc. 2020

Chouette histoire. C'est arrivé à des copains avec des babouins en haut de la Gambie. Eux ont du s'enfermer dans le bateau pendant presque une heure.
En école de voile, on a souvent des éléphants, mais sont moins impressionnants.

19 déc. 2020

Ah! Les babouins en Gambie. Un matin en quittant notre mouillage. Un très bon souvenir de notre navigation sur ce fleuve.
Philippe

20 déc. 2020

mon père qui a vécu sur un bateau en Espagne pendant une grand partie de son enfance dans un voilier nommer "kenavo" qui se traduit en espagnol par "Quel navet"y zon pas eu l'air cons tient

20 déc. 2020

J'imagine bien les sourires en coin : nabo ( prononciation navo ) veut aussi dire " b.te " en argot...
😜

23 déc. 2020

de plus que mes grand parents étaient de bons cathos bien barrés (n'en déplaises aux croyants que je respect bien entendus) ce n'était pas leurs meilleurs souvenir que les vieux pécheurs basques rigolant à la vue du tableau arrière;)

23 déc. 2020

Chaque matin, à la capitainerie, nous notions le bulletin météo énoncé par la station locale. Seule source d'information avec le BQR ou la météo marine de France Inter à 20 h.

"bonjours à tous, ici St Nazaire Radio.." Etc

Après le bulletin météo, les pêcheurs donnaient de leurs nouvelles, souvent laconiques. (en pêche, tout va bien...)

Mais il pouvait aussi s' établir un dialogue confidentiel que chacun pouvait entendre !

L'un de ceux-ci m'est resté en mémoire : le pêcheur et sa femme à terre...

Bateau "Vierge de la Meule" parlez

  • ouais ben ça va pas, là. Y'a furie d'temps, y'a furie d'tem

  • Ah bon ?

  • ouais. Pis y'a l'Marcel qu'est malade

  • Ah bon ?

  • ouais, l'est malade. Pis y'a l'canot' qui fait d'l'eau !

  • Ben qu'est ce tu veux que j'te dise moi ? A chacun sa merde...

🥴

27 déc. 2020

Le fil sur les animaux de passage m'en rappelle un qui nous est tombé.

Nous étions en passage vers le Maine de Connecticut, dans la baie de Massachusetts, à moitié entre Boston et Provincetown - une trentaine de milles dans les deux sens. Il faisait un temps misérable. Pluie et vent F 6 ou 7. Contre nous, bien sûr; on était au près, à bâbord, avançant qu'à six noeuds à cause des vagues qui nous ralentissait. Il va sans dire qu'il faisait une nuit noire. Vers 03h00 mon frère et moi étaient de quart, et je barrais aussi bien que possible donné la situation. Tout à coup j'aperçois un ombre noir qui arrive d'au vent. Il cercle le bateau et semble disparaitre dans la déscente. Un pétrel qu'on a reveillé par accident, peut-être? Une seconde après cette pensée, l'ombre ressort du salon et tombe au pied de la boussole. Avant qu'on puisse se pencher pour le regarder de près, il saute en l'air et s'envole encore. Cette fois il s'arrête sous la capote, et s'agriffe là, tête en bas, par un des tubes inox qui l'étarque. Une chauve-souris. Toute petite - son corps de poils marron ne faisait que 8cm de longueur. Il est resté là à coté de la déscente, à dormir et à se peigner de temps en temps avec sa langue et ses griffes, malgré nos changements de quart et les allez-retours de l'équipage. Le lendemain le temps s'est amélioré, et dans l'après-midi nous sommes arrivés à Tenants Harbor. On a trouvé un corps-mort, gonflé l'annexe, fait un tour au village, et notre petit visiteur est parti avec le coucher du soleil.

27 déc. 202027 déc. 2020

Une chauve-souris. Sympa !
Mais c'est quel modèle, ce bateau capable de n'avancer "qu'à six noeuds" au près par force 6 à 7 avec les vagues de face ?
J'en rêve !

27 déc. 2020

@FVLS35,

il fallait troquer ton Sauvignon pour un Armagnac Mk2 GTE avec hélice bec de canard!
A 6 nd au près dans la piaule avec de la mer, mon Armagnac se régalait.

Par contre, bien plus limité pour les "petits trous Irlandais" avec son mètre soixante théorique de TE à vide, 1m75 pour le mien lourdement chargé.

Gorlann

27 déc. 2020

Eclipse est un J/36. Voici une photo pris du bateau du Comité. D'autres dans mon album de matelot.

28 déc. 2020

Merci PaulK, je comprends mieux !

28 déc. 2020

Magnifique!

27 déc. 202027 déc. 2020

@gorlann
Pfff... j'ai eu que des sabots, quoi, c'est pas possible !
Mais tiens, pour être productif 5 minutes, ça me rappelle une toute petite histoire.

Mon Pépé, né en 1907 sur les Bords de Rance, au Minihic, a embarqué pour la première fois à la morue, pour les bancs de Terre Neuve, à l'âge de 12 ans. De gré, ou de force, il n'avait pas le choix, le jeune garçon nommé Auguste. Tous les hommes de la famille étaient saisonniers à la grande pêche l'été... et buvaient toute la solde de plusieurs moins d'embarquement sur la longue route du retour à pieds, du port de débarquement jusqu'à la ferme familiale.

Mon grand père m'a raconté que, enfant, il voyait sa mère, la "grosse mémé" que j'ai connu tout petit, piquer des crises de colère quand son bon à rien de marin rentrait les poches vides, et lui taper des deux poings sur la poitrine, autant de désespoir que de colère. Cette dernière ne durait manifestement pas longtemps, car elle était enceinte quand son mari repartait la saison suivante...

Le brave homme travaillait néanmoins dur dans la carrière de granit du Minihic pendant l'hiver, pour nourrir une bouche de plus tous les ans. Des années de labeur, forçat dans le doris où la carrière, devenue aujourd'hui le chantier du Grand Val. Mais l'histoire s’arrêta net, lorsque l'homme fût écrasé sous un bloc de pierre tombé de la falaise.

C'est pour cela qu'Auguste, un des ainés de la fratrie, dût s'embarquer. Le gamin était taiseux et rebelle (je sens que ça va être très long, si je me laisse embarquer à raconter sa vie de marin rebelle !).

Le gamin fît deux saisons comme mousse, sur une goélette armée à la grande pêche, après quoi il déclara que plus jamais il n'embarquerait à la pêche. Pourquoi ? Il ne voulu jamais le dire à sa mère qui, catastrophée par la perte de revenu que cela impliquait, l'envoya chez le curé pour en causer. Auguste ressortit de l'église les sabots à la main, après avoir proprement cassé le nez du curé, d'un coup de talon rageur de son sabot de bois.

Il me raconta, quelques mois avant sa mort, acceptant enfin de raconter les périodes "blanches" de sa vie, celles dont personne n'avait connaissance, que les sévices infligées aux mousses sur la goélette, par les marins en mal de femmes, allait au delà des corvées... Et Auguste détestait autant les curés que les sévices corporelles.

Disant que j'allais faire vite, je passe donc par dessus plusieurs décennies d'aventures maritimes, pour en venir à ce que je voulais dire à propos de mon Sauvignon (même si certains épisodes valent leur pensant d'or).

Mon pépé cessa de naviguer dans les années 60, devenant le gardien et jardinier du parc de Port Breton, à Dinard. C'est là que j'ai passé de nombreux week-end d'enfance. La grande maison en pierre, aujourd'hui inhabitée, était juste devant la plage du même nom. Mon grand père cessa complètement de naviguer, préférant s'adonner à ses deux passions. Le jardinage et la cuisine, bien qu'il fût maitre nageur diplômé depuis longtemps, ce qui était rare pour un matelot à cette époque.

Il était donc bien difficile de traîner Pépé à bord du bateau familial. Tous les bateaux successifs de mes parents, en fait, du Muscadet au Cognac. Regardant une photo fièrement brandie par sa fille, ma mère, il ne manquait pas de s'exclamer dédaigneux : " Pfff... c'est un mouille cul, j'irai pas !"

Jusqu'à la construction du navire amiral de la famille. Un Chablis, le sister-ship du Sauvignon. Le premier en polyester, le deuxième en contreplaqué. Les deux unités partageant tout, y compris le pont en polyester, mis à part la coque, ronde et dodue de la version polyester. Mes parents y passèrent presque 1 an, tous les jours après le boulot, tous les weekends et toutes les vacances, sans que Pépé ne daigne jamais venir voir l'unité en construction, d'un coup d'accélérateur de sa superbe Austin 1300 GT.

A la mise à l’eau du bateau, il ne put y couper, acceptant un piquenique dans le cockpit du voilier, amarré au ponton du bassin Vauban, à Saint Malo. J’avais 10 ans. Je me rappelle parfaitement ce cette journée inaugurale, et de la fierté de ma mère, qui allait enfin pouvoir présenter le bateau à son père. La première hésitation à monter sur le pont passée, il sembla surpris par la stabilité du bateau, en se dirigeant vers le cockpit. Une fois assis, et déclinant fermement l’invitation de la fille à visiter l’intérieur, il resta un long moment silencieux, observant, assis près de la barre, le bateau vers l’avant. Puis son visage s’éclaira et il déclara visiblement impressionné : « Humm… c’est un fort canot ».

Son jugement laconique et définitif fût reçu par mes parents comme le plus grand des compliments, de cet homme à la riche et aventureuse carrière maritime. Même Philippe Harlé fût mis au courant par mon père et sembla apprécier la remarque. En effet, dans la lignée des dessins précédents pour le Chantier Aubin, le Chablis-Sauvignon avait des formes pleines derrière l’étrave, et un pont qui remontait jusqu’au balcon, avec un très joli pavois qui défendait les larges passavants, lui donnant une petite allure de bateau de pêche, sous certains angles. Le dessin tranchait déjà, fin 1970, avec les formes à la mode, plus acérées à l’étrave, comme celles du Feeling 920, du même architecte.

Alors, 6 noeuds au près serré, par force 6 à 7 et la mer qui va bien, faut arrêter les conneries !!!

Le chablis, quelques jours après sa mise à l'eau, et les premiers essais.
Ma mère et moi, dans le cockpit.
Une des pages du livret maritime de mon grand père, de 1916 à 1921.

27 déc. 2020

De sacrées histoires et sacrés souvenirs familiaux !!!

Je ne savais pas que des Chablis avait été construits ou finis en chantier amateur !?
Il s'agissait de coques nues livrées aux clients et à aménager/accastiller ?

27 déc. 2020

Comme quoi il vaut mieux pour les curés avoir un sabot sur l'eau qu'à l'église! :-D
Mais tu nous a mis l'eau à la bouche là: on peut avoir quelques histoires du Pépé ou c'est indiscret?
Allez... ;-)
Saadi

29 déc. 2020

Pour avoir longuement navigué sur Armagnac et Chablis en Manche, ces deux bateaux n’ont strictement rien à voir.
Le Chablis avait une vitesse moyenne de 4 noeuds les bons jours, l’Armagnac était une vraie bête de près, et, de plus, fort confortable en navigation.

Hervé

27 déc. 2020

Si, Arzak. Presque tous les Chablis ont été vendus coque nue à aménagée.

De mémoire, les frères Aubin ont aménagé pour eux la coque n° 1 ou 2. La coque n° 3 était celle de mes parents, la première livrée en septembre 1979, les deux précédentes étant stockées au chantier.

Raymond Labbé, le patron du chantier naval du même nom, à St Malo (spécialisé dans la construction et rénovation bois classique), a craqué en admirant les formes callipyges de la coque quand il l'a vue arriver chez mes parents (c'était un copain) et a tout de suite commandé la même pour lui.

J'en ai rencontré deux ou trois autres, tous en finition amateur, mais avec des aménageùents parfois un peu modifiés par rapports au plans.

Aucun Chablis n'ayant encore été aménagé, les frères Aubin avait livré à mes parents un kit bois complet d'aménagement de ... Sauvignon ! Les quatre cloisons structurelles étaient néanmoins montées, ainsi que le berceau moteur, et la coque pontée. Ils ont fourni des panneaux supplémentaires, considérant que : " la coque étant arrondie, il faudra davantage de bois sur les bords. Effectivement, les panneaux supports de couchettes ont nécessité un peu d'adaptation. Pour le reste, les éléments destinés au Sauvignon ont tous trouvé leur place.

Notre Chablis était de ce fait complètent conforme aux plans, mis à part les cloisons, que mes vieux ont préféré vernir. "Mon" chablis, appartient depuis 20 ans à un collègue et ami. Il est superbement entretenu. J'ai eu l'occasion de naviguer dessus il y a quelques années encore.

27 déc. 202027 déc. 2020

Tiens, ça me revient…
Au siècle dernier, j’avais acheté un Jouët Caprice, qui était un super bateau comparé à l’Aloa 17 que je venais de vendre…
Pensez, une cuisine avec réchaud deux feux sur cardan, un vrai WC, une table pour manger qui pouvait se transformer en couchette double, une cabine avant et deux couchettes cercueil sous le cockpit.
Le luxe.
Du coup, j’invite ma belle sœur et mon beauf le plongeur à venir étrenner le bateau, direction l’Espagne.
Avec l’Aloa, on avait appris à manœuvrer, à caréner, mais sans trop s’éloigner de Palavas, allez, quelques incursions vers Sète ou La Grande Motte, déjà, c’était de la nav....
Là, j’avais acheté un AT50, un SONY avec BLU et la ferrite Plastimo, une VHF, j’avais embarqué aussi la CB qui était dans ma 4l fourgonnette , ( Bebert pour Delphinou en putch nautique, à toi…) toutes les cartes du SHOM entre Palavas et Port Vendres, et aussi le routier qui couvrait de Marseille à Barcelone. Une survie en sac d’occase sanglée sur le roof, et gonflés comme des têtards, on y va. On sort du port de La Grande Motte vers 19h, cap au 190 en trace directe, anticyclone, gênois léger et Gv haute. 3.5 nœuds, ça roule.

Pas longtemps, parce que pas plutôt fini le cassoulet, plus un poil d’air… moteur.
Alors le moteur, c’était un COUACH BD1 essence, avec un réservoir de 10 litres.
Poignée dans le coin, mer plate, pas de vent, on marchait à 5 nœuds.
Ce moteur, au ralenti, il faisait pom pom pom pom et à fond, il faisait POM POM POM POM mais sans prendre un tour.

Bon, les femmes vont se coucher, et on reste mon beauf et moi dans le cockpit avec la bouteille de La Maunie calée dans l’angle du cockpit.
Cinq heures après, le moteur ralentit et cale. Panne sèche. Pas de problème, on a deux jerricans de 20 litres, on peut voir venir.
Et la nuit se passe tranquille, le niveau de La Maunie descend régulièrement, mais on gère.
Vers les cinq heures du mat’, re-belote, le moteur cale, on refait le plein.
La bouteille de rhum est vide aussi, mais là, pas de jerrican.
Sur le coup de sept heures, les femmes sortent de la cabine, on déjeune, on transmet les instructions de nav et on va se coucher.
Huit heures, ça gueule dans le cockpit, je sors en panique, tout ça pour un banc de Dauphins qui caracolent autour du bateau.
Du coup, plus sommeil, je reste dehors, il fait beau, soleil un peu voilé, visibilité peut-être deux milles, on ne voit que de l’eau.
On refait un plein vers les dix heures, toujours pétole molle, et les Dauphins qui décidément nous ont adoptés.
Et on continue, toujours droit devant.
Le loch rend l’âme vers les onze heures, c’était un VDO à hélice.
L’estime était tracée sur le routier, mais j’essaie de faire un point gonio, sur Port Vendres, Planier et Sète , mais cela me donne des triangles géants, pas vraiment exploitables. Bon, à 10 nautiques près, je sais où je suis.
Mais quand même, on ne devrait pas être loin de Creus si on a fait cinq nœuds, mais bon, peut-être qu’il y a du courant, on a fait moins sur le fond, peut-être même qu’on a dérivé… et c’est toujours aussi brumeux.
Bon, apéro, et on va manger un morceau…
Et on voit sortir un voilier de la brume, sur bâbord, qui coupe notre route à 90° sur l’avant.
Je le contacte à la VHF :
« le voilier qui coupe notre route, transmettez… »
« Bonjour, ici OIOLOS, Oscar India Oscar Lima Oscar Sierra, à vous »
« Bonjour, ici ISSEO, comme ça se prononce, on veut aller à Cadaquès, mais on n’a plus de loch, on ne sait plus trop où on est… «
« OK, suivez nous, on y va aussi. «
Et on les a suivis comme une couvée de canards suit sa mère, ils nous ont amené direct, ils connaissaient bien le coin, et c’est heureux, parce que c’est mal pavé, faut pas se tromper de côté pour rentrer dans la baie, surtout si tu n’y vois rien.
Cela a fini par un apéro géant avec l’équipage d’OIOLOS, l’église de Cadaquès en arrière-plan.
Si on ne les avait pas croisés, on aurait aussi pu aussi rater les Baléares, passer Gibraltar sans s’en apercevoir et qui sait où cela nous aurait amené ?

28 déc. 2020

Années 70. Bonifacciu. Je reviens d'une ballade dans la citadelle et mon voisin de quai, debout dans son petit cockpit hurle des insultes franco italiennes a un marin galonné qui s'applique a couper une manche à eau en tronçons de 50 cm avant de remonter calmement sur le bateau voisin, une rutilante vedette italienne ..
Que s'est il passé auparavant? Je ne l'apprendrais jamais !
Après une bonne nuit, je suis réveillé par des cris, des malédictions en tous genres et beaucoup d'agitation sur la vedette italienne. Tiens! Le 30 pieds qui nous séparait n'est plus là...! Je ne l'ai pas entendu appareiller...
L'affolement gagne les italiens, hommes et femmes, patrons et salaries confondus. L'un va même jusqu'à plonger, réclame un tournevis et fini par exhiber un bout de pomme de terre, une de celles qui obstruaient toutes les évacuations du bateau,dont les toilettes !!! Mais qui donc avait pu faire ça ? Vous avez une idée ?

29 déc. 202029 déc. 2020

Évidemment aux années 70 on n'avait pas les cuves à eaux noires. Autrement, ils ne l'auraient pas découvert si vite. ;)

29 déc. 2020

Hola !!
Une "aventure" du siècle dernier :o))
Avec un ami nous avions un Jouet 1040MS en co-pro, tout se passait trés bien, mais un jour, lui ayant bien réussi dans les affaires à eu envie de changer, et donc, revente du Jouet, et pour lui, achat en solo d'un Oceanis 390 (dont je profiterai).
Pour la suite, il faut savoir que nous avions notre bateau dans le port d'Empurria Brava et que l'Oceanis avait été acheté à l'occasion du salon, et devait être livré à Port-Vendres, le transporteur devant repartir avec le Jouet1040, cette manip ayant permis à mon ami d'économiser les frais de transport.
Livraison prévue début/mi-février (me souviens pas exactement) !!
Nous voilà donc deux ou trois jours avant la date à Empurria, pour convoyer le bateau, mais ce que nous n'avions pas prévu c'est qu'à ce moment là, la météo nous réserverait un temps typiquement hivernal avec un fort vent de Nord/Nord-est et la mer qui va avec. Pas de soucis, nous avions trois ou quatre jours devant nous pour "faire le tour" du Creus et être à Port Vendres à l'heure du rendez-vous !!
Premier jour, aucune accalmie... deuxième itou... troisième jour, réveil avant le lever du jour... c'est le silence qui nous a réveillé : presque plus de vent et au dessus de la digue d'entrée on voyait que la mer est bien tombée!!!
Le temps d'enfiler les tenues, les amarres ont été larguées, et on est parti quand le jour se levait.
Bonne luminosité, on distinguait un ciel clair mais on sentait aussi un petit vent "frais" voire froid. Nous étions sous grand voile et moteur (Volvo 40cv), qu'à celà ne tienne, on est parti on continue !!
A la hauteur de l'entrée de Rosas, le vent a forcit, s'est remis au nord/nord-est, donc presque vent de face, ce qui nous a décidé à prendre un ris et à forcer un peu le moteur.
Las... plus nous approchions de la sortie du golfe, plus le vent forcissait, et avec lui la mer !!
Mais le cockpit intérieur du 1040ms nous permettait de naviguer au sec, même si vous savions, à partir de ce moment, que ce que l'on allait trouver "dehors" n'allait pas être forcément trés sympathique !!
Effectivement, aussitôt passé l'abri de la côte nord de Rosas, la houle a bien grossie et le vent est devenu fort. On devait avoir un bon 6 dans le pif :o((
Trop tard pour prévenir le transporteur (à l'époque pas de téléphone portable) et faire demi-tour. Pour rejoindre Port-Vendres, il fallait doubler le Creus ou abandonner le plan convenu. Le temps d'en discuter nous étions en mer, cap au nord, vers le Creus. A partir de ce moment, le vent est venu carrément nord-est et nous avions l'impression que nous étions dans une marmite en ébullition, les vagues arrivaient de tous les côtés, surtout sur tribord, et nombreuses étaient celles qui déferlaient !!
Pour être franc, nous n'étions pas fiers, mais nous ne nous imaginions pas faire demi-tour dans ces conditions, car quel que soit le côté que nous regardions il n'y avait qu'une grosse houle désordonnée, de l'écume et ces cailloux du Creus pas loin ...
On choque un peu la grand voile, on regrette de n'avoir qu'un ris, mais le bourrin étale bien et on lui met quelques tours de plus. Et malgré cet appui moteur, le loch ne dépasse pas les 2/3 noeuds, manifestement nous avons un fort courant contre nous et en plus il nous pousse vers la côte. Le ciel est devenu "gris foncé", la luminosité a bien diminué, le vent est froid, un vrai jour d'hiver !!
On se regarde sans dire un mot, inquiets sans se le dire, en pensant tous deux "si on avait su on serait pas venu" !!
Vers 10h30/11h, alors qu'il nous reste un bon mille avant d'être à hauteur du cap, une alerte moteur se déclenche. La suite va ressembler à un mauvais gag ... et pourtant !!
C'est la jauge carburant qui nous indique que nous sommes sur la réserve !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
J'interroge le copain, et là il me dit un peu honteux, qu'il pensait qu'avec ce que nous avions dans le réservoir et l'appui des voiles, nous aurions fait le tour sans problème, donc il n'avait pas mis le jerrycan prévu pour ne pas "gaspiller".
Pas le temps de discuter, il s'équipe, s'harnache et le voilà en train de jouer le funambule sur le passavant babord pour atteindre la nable GO. A la barre j'essaie de composer avec les vagues, mais l'exercice n'a rien d'évident car pour permettre au copain d'avancer et de tenir j'ai du baisser les tours afin de moins taper avec l'impression de faire du sur place, quand ce n'est pas marche arrière... en ayant les cailloux comme repères !!
Plus pour me rassurer que par conviction, j'ai pris la VHF et j'ai alors contacté le sémaphore de Béar pour signaler notre présence. L'opérateur me répond aussitôt qu'ils nous ont déjà en visu (et pour cause nous les seuls dans le coin) que nous ne devons pas hésiter si nous avions un problème à les solliciter ... j'allais pas lui dire que la pingrerie de mon copain allait nous faire tomber en panne sèche au pire endroit et au mauvais moment !! Mais j'avoue que d'entendre cette voix inconnue, parfaitement calme, s'adressant à moi sans laisser transparaître la moindre inquiétude à notre égard, m'a sacrément rassuré ... nous n'étions plus seuls !!
Quand le copain est revenu dans le cockpit aprés avoir vidé le jerrycan, dont la moitié avait coulé à l'extérieur et sur lui, je lui ai dit avoir pris contact avec le sémaphore et lui aussi a été rassuré.
Mais le temps passé au ralenti pour ce fichu ravitaillement en vol, avait fait que le courant nous avait rapproché dangereusement des cailloux, et je suis certain que si j'y avais pensé, à ce moment là j'aurais pu distinguer le sexe des moules et la couleur de leurs yeux !!! Mais on a fini par passer ... Quand nous avons pu changer de cap et faire route directe sur le port, il devait être 14 ou 15h ... nous avions passé prés de 7 heures en mer !!!
Finalement, avec l'apport en carburant fait "en vol" et le fait d'être sur le point de virer ce "pu..." de cap, on a retrouvé des couleurs mais si nous étions soulagés, nous n'étions pas fiers de nous !!
Une fois passé le cap, nous avions le vent par 3/4 arrière, avec la GV arrisée et le moteur, malgré une mer trés agitée nous avons pu regagner Port Vendres en sécurité, mais nous n'avons été vraiment tranquilles qu'aprés être rentrés dans l'avant port !!! OUFFFFFFFFFF !!!!....
Aprés mon premier appel, les gars du sémaphore ont été superbes, nous appelant à intervalles réguliers pour savoir si tout allait bien à bord. Une sacrée présence rassurante dans ces moments là.
Arrivés au port, la nuit tombait, nous n'avons pas cherché, ni demandé, ou nous mettre, nous avons pris le premier emplacement libre entre les pêcheurs, sur le "quai d'honneur", nous avons tourné les amarres "à la vavite", nous n'avions qu'une idée en tête débarquer, poser le pied sur la terre ferme et aller boire un pot !!
Pendant que nous nous amarrions, une fourgonnette s'est arrêtée à notre hauteur. C'était les gars du sémaphore que nous avions eu à la VHF dans la journée. Ils venaient d'être relevés et passaient pour savoir si tout allait pour nous ...40 ans aprés je leur dis encore merci MESSIEURS !!
Depuis, au risque de passer pour un "péteux", je suis bien plus attentif aux conditions météos, surtout aux particularités locales !!
Bon vent à tous :o))

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février 2020