Vos histoires de mer (3)

L'idée est de raconter une histoire, étonnante, surprenante, drôle, qui vous est arrivée en navigation ou en escale.
Les règles : Gentillesse, tolérance, bon enfant, retour sur les histoires racontées.
Pas de nouvelle histoire avant la fin de la discussion sur l'histoire en cours.
Prenez votre temps, on risque d'être plus longtemps que prévu derrière nos écrans.

L'équipage
16 mai 2020
16 mai 2020

Au club de voile, les apéros – ti ponch duraient parfois assez longtemps ; On était donc à la fin de l'apéro, vers 1h du matin quand dans le goulet devant la plage, on vit passer des feux de route en haut d'un mat. L'entrée n'étant pas éclairée, on se demande bien qui était cet hurluberlu rentrant, à marée haute, certes, dans ce passage délicat en pleine nuit.
Aux jumelles, on pu deviner, légèrement éclairé, un pavillon de club comme en arborent les britanniques.
Le voilier tournait, allait dans un sens, dans l'autre. Le coin étant quelque peu encombré (épaves, haut fonds, bancs de sables), il paraissait évident que les marins allaient rapidement avoir des problèmes en continuant tel qu'ils le faisaient.
On mit donc une « secu » à l'eau et je me dirigeais vers le voilier.
C’était un anglais, seul à bord qui m'expliqua qu'il cherchait un endroit ou mouiller. Je lui proposais donc de monter à son bord et de le guider vers une zone de mouillage protégée.
Je monte donc et dirige le bateau vers le fond de la baie.
C'est alors que, me montrant les lumières au loin vers le nord (Pornic), il me demanda :
« is that Royan ? »
Il venait de rentrer dans le goulet de Fromentine, zone qui nécessite une attention bien particulière, truffée de hauts fonds, bordée de bancs de sables et parcourue de violents courants, avec une carte nautique de la Gironde. Cet homme n’était pas marié, mais s'il l'avait été, j'aurais bien aimé connaître sa femme.

16 mai 2020

Confondre Noirmoutier et l'entrée de la Gironde... ! c'est lui qui avait dû forcer sur le ti'punch !

16 mai 2020

Tout gamin, je me souviens avoir vu arriver un américain à Royan se croyant à Lisbonne ;-). La navigation a bien changé.

17 mai 2020

Ce n'est pas en mer, mais il y a un bateau.
Il y a plus de 20 ans, basse corniche à Villefranche sur mer. Une grosse voiture tracte un très gros bateau à moteur, la taille juste en dessous du convoi exceptionnel.
Le chauffeur s’arrête, descend et vient nous parler. iI arrive du nord, de Belgique plus précisément et semble exténué. Sa famille est nombreuse et excitée.
Il nous dit être exténué pour avoir roulé toute la nuit. Puis il nous demande s'il est bientôt arrivé au Cap Ferret. On se regarde, on le regarde, interloqués.
On lui explique gentiment que ça se trouve à 1000 km vers l’ouest et qu’il est dans le mauvais sens.
Il s’énerve, commence à nous engueuler. On le laisse.
On a ensuite compris qu'il a dû choisir Cap Ferrat au lieu de Cap Ferret dans le menu déroulant du Tom-Tom.
Je me demande encore comment il a bien pu faire demi-tour... pour reprendre la bonne direction.

18 mai 2020

Il parait que des Anglais débarquent à l'aéroport de Rodez, alors qu'ils croyaient avoir pris un billet pour Rhodes…
;-)

17 mai 2020

Il y avait Tom-Tom il y a plus de 20 ans?

Sinon, cette erreur est classique avec les GPS§

17 mai 2020

Né en 1991 sous le nom de Palmtop. Alors + de vingt ans, il faut revoir la mémoire... ram ! ! ! MM

17 mai 202017 mai 2020

Il m'en revient une en mémoire:
Je l'avais zappée, car c'est la honte...
Nous venions d'acheter le bateau, et gonflés comme des têtards, on quitte la Grande Motte, de nuit, après un apéro dinatoire, direction l'Espagne, sous les acclamations des copains de ponton aussi bourrés que nous.
Au matin, la bouteille de rhum calée dans l'angle du cockpit vide, on voit apparaître dans la brume légère une jetée, et un gars sur le musoir avec trois cannes à pêche calées.
Je l'interpelle:
- a donde somos aqui ?
- Quoi?
- Vous parlez français?
- Oui...
- On est où ?
- Ben, à Leucate...
Putain, après une nuit complète de nav au moteur, on aurait dû être au moins à Gibraltar...

17 mai 2020

Ouarf !

:o)))

17 mai 2020

il y a 3 ou 4 ans après une longue navigation, nous venions de nous amarrer à un ponton proche du quai à Boyard ville quand en soirée ! Malheur et putréfaction ! nous avons vu arriver un orchestre avec tambour, trompette et autres outils à faire du bruit. On se préparait à passer une nuit blanche quand heureusement ! Dieu a sans doute eu pitié de nous et nous a envoyé orages et pluie abondantes ce qui a mis fin au bordel. Ils sont malades ces gus d'installer une usine à bruit intense près des gens qui viennent de naviguer et qui ont envie de dormir.

Il est vrai aussi qu'en été en particulier on voit dans les ports beaucoup plus de fêtard (mais qui ne naviguent pas beaucoup) que de gens qui naviguent ne serait-ce qu'un peu.

Vous remarquerez que je ne propose pas une taxe anti-bruit ! mais... pour une fois ça ne serait peut-être pas complètement stupide.

17 mai 2020

Merci Jacques. + 1 pour la taxe... ! ! !

18 mai 2020

Je ne suis pas très fier de cette idée mais j'aime bien dormir quand je suis crevé et à n'importe quel prix !

21 mai 2020

Une histoire de mer de mon papa. Pour ceux qui souhaitent voir une tempête :

C’était le 19 septembre 1959. J’avais 26 ans, un âge où l’on est immortel. L’hôpital maritime de Rochefort fournissait le médecin de la frégate, c’était mon premier embarquement. Nous partions pour six semaines entre l’Islande et le Groenland, navire stationnaire au point K.
 
Je sens que chacun est un peu inquiet à chaque fois que le temps fraîchit ou que le baromètre baisse. Chaque soir, un météo apporte les cartes à la passerelle et nous les commentons, avec plus ou moins de compétence. Curieusement, c'est toujours le chef mécanicien Vuillaume qui s'avère le meilleur prévisionniste. J'étais jeune et ma curiosité n'avait pas de limite. J'espérais sans vergogne une tempête à nulle autre pareille. J'en avais parlé à Emile le brave postal qui servait au salon. Superstitieux comme un vieux marin, il s'était signé et m'avait dit :  « Il ne faut jamais dire une chose pareille, Docteur ».
Pourtant, lorsque le soir du 9 septembre  I959, en montant à la passerelle le chef m'a déclaré : « Vous allez avoir ce que vous attendez », je ne l'ai pas cru. En effet la mer était calme et la nuit déjà tombée ne semblait pas s'annoncer plus mauvaise que les autres. Nous avions déjà eu du mauvais temps mais, sur la frégate, le mauvais temps commençait au-delà de 40 nœuds. Pendant mes deux années sur ce navire, les vents de 50-55 nœuds et même 70 nœuds ont été fréquents. J'ai vu plusieurs fois 90 nœuds, avec des creux impressionnants de dix à vingt mètres. Ils ne m'ont pas laissé de souvenirs inoubliables. Je m'en souviens surtout parce, quelquefois, j'ai du travailler dans des conditions un peu scabreuses.
 
            Mais ce 9 septembre I959, je ne l'ai pas oublié. J'étais donc à la passerelle et le premier lieutenant Froger me dit : « Vous avez vu le baro, toubib ? ». Il y avait en effet de quoi être impressionné, I'enregistrement montrant une chute absolument verticale. II fallut bientôt changer d'échelle pour pouvoir continuer à enregistrer. Sans nul doute, nous avions affaire à une dépression très creuse. La vitesse avec laquelle la pression chutait était telle, que nous avions mal aux oreilles, et il fallait déglutir comme en avion, quand on atterrit un peu vite. Vers 22 h., nous eûmes les premières rafales de vent. Pratiquement sans transition, le vent passa de 5 nœuds à 50 nœuds. Déjà les machines étaient en route, et nous faisions face au vent de Sud Ouest en avant lente.
 
J'ouvre ici une parenthèse pour donner un petit aperçu technique de la frégate météorologique France Il. Il s'agit d'un bateau de 90 mètres de long et de 12 mètres de baux. L'étrave est renforcée pour les glaces. Il y a trois moteurs développant 2500CV, deux hélices que l'on peut commander de la passerelle. Celle-ci est à quatorze mètres au-dessus du niveau de la mer et à 25 mètres en arrière de l'étrave. La vitesse du bateau est de 14 nœuds. Ce n'est pas un bateau rapide mais très marin et solide. Autrement dit, il ne s'agit pas d'un petit yacht à voiles. Vers 23h30, les rafales sont à 90 nœuds et il pleut. La mer est déjà forte. Dans la nuit, nous voyons l'écume des déferlantes, mais le bateau se comporte très bien et il franchit chaque vague sans cogner. Le vent monte toujours et vers 1 heure du matin les anémomètres du bord sont bloqués sur 120 nœuds. Ils ne peuvent pas aller plus haut de toute façon mais l'aiguille ne redescend plus. Le vent, quand il atteint une telle force, est très impressionnant et, même à l'intérieur du bateau, le bruit est infernal. Les portes qui donnent sur les coursives extérieures sont doublées par des portes en fer, façon sous marin; cependant les portes en bois font des bruits de mitrailleuses.
 
Tous les hublots ont leurs tapes en fer fermées, mais les sabords du salon n'ont pas les leurs. Le coup de vent a été si soudain, que lorsqu'on s'en avise, il n'est plus possible d'aller dehors. Certes il y a 25 mètres de gaillard avant le château,  les vagues ont peu de chance d'arriver jusque là. Mais le vent forcit encore. Le labo méteo annonce 150 nœuds, et bientôt le bateau n'est plus gouvernable, l'homme de barre ne sert à rien. Il faut tenir sur les hélices. Lancées en avant toute ; malgré les 2500 CV, nous reculons à 3 nœuds.
La mer est maintenant énorme. A la passerelle, nous voyons de gigantesques déferlantes nous dominer et nous tombons dans les creux en plusieurs fois, heurtant des vagues secondaires qui elles-mêmes sont énormes avant d'arriver au fond. Ce gros bateau se comporte maintenant comme un petit yacht. Nous sommes aussi secoués qu'à bord d'un déplacement léger, dans la Teigneuse par mauvais temps. Mais tout se passe bien, et en dehors des embruns qui filent au-dessus de nos têtes, l'eau ne monte pas à bord. C'est même étonnant car, de temps en temps, nous tombons très  loin avec l’impression que nous allons couler par l'avant ; les écubiers des ancres se mettent alors à débiter comme des conduites forcées, l'énorme déferlante est là au-dessus de nos têtes, mais à chaque fois nous remontons. Le bateau présente l'étrave avant que le monstre ne s'abatte sur nous.
            A 6 heures du matin, je suis épuisé ; malgré ma peur, et la fascination du spectacle, je vais me coucher. Ma cabine est à l'arrière. Je traverse tout le bateau, bien cramponné aux mains courantes. Le bruit est infernal, les machines, la mer, le vent. Mais enfin je réussis à mettre un tas d'affaires sous le matelas de ma couchette et à me faire un lit où, bien recroquevillé, je suis calé et bien maintenu. Je m'endors comme un nourrisson. Coton, nuit, silence ; dormir c'est se désintéresser. Ainsi pendant deux heures, je n'entends plus la tempête.
 Mais brusquement un choc monstrueux ébranle le bateau, je suis réveillé en sursaut ; Il s'est passé quelque chose Je me lève, il n'y a pas d’électricité. Il est 8 heures, un jour sale commence à poindre. J'ouvre la porte de ma cabine, je reçois un torrent d'eau dans les genoux, pêle-mêle des livres, des bobines de cinéma, des vêtements. J'avance dans la coursive, là il y a des hommes, les cheveux dans les yeux ; je demande ce qui se passe. « Le château est enfoncé ! » Diable, et de fait un courant d'air glacé parcourt la coursive. Je file à la   passerelle - spectacle désolant - les sabords du salon ont été emportés, la cloison qui sépare les appartements du commandant de la coursive est abattue, tous les meubles sont détruits ; l'eau qui a couru dans les faux plafonds a déclenché des courts circuits. Dehors, le petit monte-charge est couché sur le pont, tous les rivets qui maintenaient le gaillard au barrot ont sauté, les tôles sont maintenant à 20 cm du ballottage ; mais les soudures n'ont pas craqué. Le château a reculé de 2 cm. Les mesures effectuées par le service météo donnent des creux de 25 à 30 mètres. Encore aujourd'hui, j'ai du mal à croire qu'un petit yacht puisse se sortir d'une tempête pareille. Les vagues atteignent une telle taille que non seulement elles déferlent, mais leur base s'écroule également. Et puis tout a été très vite ; parce que le giro pilote était noyé, les machines se sont arrêtées et la frégate est tombée en travers droit
 
Les clignotants rouges, les sirènes d'alarme, l'homme de barre qui annonçait le cap de 10 en 10 degrés. Ces vagues énormes qui s'écroulaient comme des immeubles. J'ai pensé : « C’est fini maintenant. Vite j'ai couru au service radio; vite envoyer un message disant adieu - mais miracle en travers de la lame nous étions bien - le bateau qui, pourtant, était extrêmement rouleur, montait sur les énormes vagues en travers et restait là haut sans prendre la moindre gîte  le moindre roulis. Nous sommes restés ainsi un quart d'heure puis, le giro débranché, les machines remises en route, nous sommes remontés au vent, Puis la tempête s’est calmée, le soir, nous n’avions plus que cinquante nœuds, les creux ne faisaient plus que douze mètres, du beau  temps quoi, mais c'est égal, quel matin ! Je n'ai plus jamais souhaité avoir une tempête.

21 mai 2020

Ouf... je suis restée en apnée !

21 mai 2020

Merci pour d'avoir rapporté ce magnifique récit...

21 mai 2020

Bonjour. Récit vraiment incroyable !!! Très très Bien décrit !!! Haletant et passionnant et surtout il en est revenu !!! Bonne journée !!!

21 mai 2020

Oui, très chouette, je suppose que ton Papa, c'est lui :

www.histoiresmaritimesrochelaises.fr[...]rance-1

21 mai 2020

C'est lui même, oui.

21 mai 202021 mai 2020

Pfiou, "les anémomètres étaient bloqués sur 130 nœuds", c'est pas n'importe quoi! Quand on sait que l’ouragan Patricia est le cyclone tropical le plus intense jamais observé dans l'hémisphère occidental avec des vents de 130 nœuds (241 km/h)... enfin, bloqué ici à 120, sur internet à 130, cela dépend de qui raconte! ;-)

C'est vraiment pas de bol d'être là ce jour-là. Enfin bravo pour les anémomètres qui continuaient leur boulot malgré les conditions.

21 mai 2020

C’était un bateau météo. Le rôle de ces navires, avant les satellites, était d'aller dans les dépressions d'Atlantique nord pour les analyser et prévenir éventuellement l'Europe de mauvais temps à venir. Ils étaient donc construits et équipés pour cela.

06 juin 2020

Merci pour la transmission de ce recit ED. C'est excellent. Les gars qui ont dessiné ces bateaux et les constructeurs avaient bien travaillé.

22 mai 2020

Une petite histoire, pour attendre le retour du soleil.

Nous avions quitté Panama depuis presque une semaine pour l'ile Coco, petite ile déserte au large du Costa Rica. En plein pot au noir, les vents étaient variables, 30 minutes de grains à 35 nœuds qui levaient une mer désordonnée puis 4h de calme plat avec les voiles qui battaient lamentablement. Tout ça dans la moiteur équatoriale et avec des courants aléatoires. Le courant de Humbolt remontant l’Amérique du sud rencontre ici celui qui descends les côtes des USA et du Mexique.
Le ciel couvert ne permettait pas de visée et notre position devenait chaque jour plus incertaine.
Un matin tôt, une petite trouée dans la couche nuageuse me permet de viser deux étoiles . Nous étions à 40' dans l'Est de Coco. Nickel.
En fin d'après midi, nous étions en vue de l'ile, mais la nuit tomba avant d'être au mouillage.
Nous n'avions comme carte qu'un vieux bouquin sur les chercheurs du trésor de l'ile Coco. Il nous était donc impossible de rentrer de nuit, même si le mouillage paraissait large. Et donc, nous nous préparons à passer la nuit à la cape au large.

Mais à la position du mouillage apparaît alors un feu. Des signaux d'une lampe . Doucement, nous nous approchons. C’était un voilier qui, nous ayant vu approcher, nous guidait vers l'ancrage .
Ils étaient bien sûr à bord pour l'apéro dès le lendemain. Des français installés au Costa Rica pour y développer une activité de charter.
Dans la discussion habituelle « d’où venez vous ? », Vendée, Bocage … la femme du bateau était la fille des bouchers du village de ma femme. 1000 habitants. Même âge. Elles ne se connaissaient pas car n’étaient pas de la même école (en Vendée, il y a les Don Camillo et les Peppone)
Le monde est bien petit !

23 mai 202023 mai 2020

La CB BLU

Avant l'avènement et la généralisation des iridium sur nos bateaux, il n’était pas toujours facile de communiquer avec la terre. Certes, à proximité des côtes, nous avions la VHF, nous pouvions aussi communiquer en décamétrique (2182) dans les 100/200miles au large. Plus loin, la BLU et St Lys radio étaient plutôt réservé aux cargos.
Après il y avait les radios amateurs, mais outre qu'il fallait acquérir une licence, l'accès à ce club relativement fermé n’était pas aisé.
Et puis, il y eut les CB BLU. Petit appareil peu cher, faible consommateur d'énergie, il permettait de communiquer tout autour du monde dans la bande des 27 Mhz, ondes très courtes. Le problème de la CB était que la propagation était plus qu'aléatoire. On captait Joseph, de Bruges, avec un son presque téléphonique puis il faiblissait et disparaissait et tout d'un coup, Raymond de Nouméa était là à pleine puissance avant de s'évanouir, remplacé par Jean Louis, de Cayenne….
Nous pouvions néanmoins donner des nouvelles à la famille en traversée par l'intermédiaire d'un CBiste anonyme à qui l'on transmettait un N° de tel et une message « voilier F….. par xx°xx Sud, xx°xx Est, tout va bien à bord».
Dans l'autre sens, c’était possible aussi . En cas d'information importante, un message pouvait être transmis par un CBiste terrien. Il était alors relayé par les stations du monde entier jusqu'à ce qu'on soit sur que la personne concernée l'ait reçu.
Avant de rentrer en Europe, en passant à la Réunion, ma femme, institutrice en disponibilité depuis Fort de France avait demandé sa mutation et sa réintégration à l'automne suivant en métropole.
Nous étions en Mer Rouge quand arriva par les ondes et fut répété pendant plus de 10 jours, par Paul René de Sydney, André de Hanoï, Jo de Los Angeles, Basile de Madagascar, Toto de Conakry, Marcel d'Amiens, Annie de Dakar et toutes les stations du monde…… le message : «  Isabelle est nommée dans le Morbihan »
Nous passâmes donc un an dans le port de Vannes.

24 mai 2020

Eté 1978, j'étais ado et naviguais avec mes parents, Atuona, iles Marquises. Nous étions là, mouillés sur 2 ancres face à la houle qui rentrait facilement dans la baie de Tahauku. Jacques Brel venait de partir mourir en France, Eric Tabarly était passé quelques mois avant avec son jeune équipage, laissant aux marquisiennes des souvenirs épiques et visiblement durables.

Atuona était en effervescence. Nous avions emmené quelques marquisiens sur l’îlot Motane, chasser des chèvres, les fours tahitiens se préparaient, les élèves répétaient les chants de bienvenue, les femmes balayaient les rues dont les abords dégoulinaient de décorations plus fleuries les unes que les autres. Des autres îles, Tahuata, Nuku hiva, Ua pou, Fatu Hiva, Ua huka arrivaient des canots d’où descendaient des centaines de modèles de Gauguin, femmes dans leurs plus belles robes à froufrous, chapeautées et lascives … Les officiels préparent les discours, les inaugurations. Le Maire et l’évêque étaient partout surveillant le montage des estrades, la réfection de la route de la piste d'aviation, le nettoyage de l'école ...

Demain, le chef de l’état Français, Monsieur Valéry Giscard d’Estaing, vient à Atuona.

48h de fête, des milliers de bouteilles de bière Hinano sont au frais, les cochons sont prêts à cuire, les thons, bonites, dorades coryphènes attendent dans les frigos, les fours tahitiens, ahima'a sont creusés…. Ça s'annonce superbe…

Mais cette après midi, patatras, tout s'écroule. Une onde tropicale nous passe au sud, le temps entre les Tuamotus et les Marquises est annoncé franchement moche, avec les orages et des grains violents. On ne va pas risquer la vie du « roi des Franis », Monsieur Valéry ne viendra pas, la fête est annulée, tout est à l'eau.

Pourtant, Monsieur le Maire d'Atuona a une idée, il en parle à son ami l’évêque, Ensemble, ils trouvent la solution. Tout est prêt pour la fête, rien ne manque sauf… un président. Il suffit donc de trouver un président frani et la fête est sauvée, non ?

Et donc, vêtu de sa plus belle chemise, mais en chaussures bateau, mon papa qui avait à cette époque 45 ans a, pendant 2 jours, discouru sur l'amitié entre les peuples, « vive les Marquises, vive la France, vive la République », a inauguré la nouvelle salle des fêtes, a trôné au centre de tous les banquets, serré des milliers de mains, embrassé des milliers de joues, applaudi aux danses coutumières et paradé, le cou disparaissant sous les colliers de tiaré. La fête a été un succès et je suis sûr qu'aux élections suivantes, Valéry a eu aux Marquises 100 % des voix (ce qui ne l'a pas aidé, puisque les élections suivantes, c’était mai 1981)

Quand nous sommes partis d'Atuona, nous avions à bord suffisamment de fruits et légumes pour ouvrir un stand au marché de Papeete.

24 mai 2020

J'adore tes petites histoires... déjà publiées ? elles le méritent.

24 mai 2020

Non, non. Je m'amuse et je passe mon temps. On espère quand même pouvoir repartir, Mettre à l'eau en Juillet, descendre doucement et attendre l'automne vers Faro, histoire de voir comment ça se passe en Amérique du sud avant de continuer. Mais j'aimerais bien aussi découvrir des anecdotes d'autres.

24 mai 2020

Je vous le souhaite...
J'aime écrire aussi, mais pas en ce moment, je n'arrive pas à m'abstraire de mon quotidien.

24 mai 2020

Fais comme Jack London, fixe toi un nombre de mots quotidien !
;-)

24 mai 2020

😂😂 on ne va pas louper une grande bringue quand-même!! Les polynésiens sont vraiment excellents! Et tes histoires aussi Ed,c'est plein de petits regales, merci 👏👏👍👍

24 mai 2020

Il y a très longtemps (1986) en mer Egée bloqué par un coup de Meltem. Le bateau voisin, c'étaiy un couple de saint-malo avec qui j'ai vite sympathisé (faut dire que le gars était pécheur et qu'il ramenait des oursins tous le soirs).
Au bout de 2 jours arrive un voilier grec qui jette l'ancre pour reculer à quai. Sauf que l'ancre n'était pas attachée et file au fond de l'eau. Grosse engueulade en grec et on amarre le bateau tant bien que mal. Mon malouin se propose pour aller chercher l'ancre en plongée; Ce qu'il a réussi avec brio.
Le lendemain, pour nous remercier, le proprio grec nous invite à l'apéritif. Je n'y étais pour rien, mais j'ai profité de l'invitation.
Il faut préciser que le grec en question était réfugié en france pendant la dictature: donc francophile et francophone..
On arrive sur son bateau et il nous dit avec l'oeil plein de malice: "ma femme a préparé quelques mézés".
Bilan: l'apéro s'est transformé en repas copieux entre 12h et 18h.. j'ai rarement aussi bien mangé et aussi rigolé.
Bon c'est la Grèce!!

24 mai 2020

Bonsoir.
Dans les années 65/66, j'avais 17/18 ans ... mon père + ou - 50 ans, se prend brusquement de passion pour la voile en commençant avec un cousin sur le lac de Charavines, à côté de Grenoble avec un 4.70 ... tous les dimanches ... et puis un beau jour, avec des connaissances nouvelles sur la presqu'ile de Giens, il fait du corsaire... Fantastique !!! dit-il et illico presto, il cherche un petit bateau à acheter ... il trouve dans ses prix un "YACHT" de 5.50 mètres, un Tiburon !!! Un espèce de bidet en plastique biquilles pas beau du tout, mais logeable pour 4 personnes !!! Une boite en plastique sans aucun confort avec un mat, des voiles et un hors bord de 6 cv plus un grand cokpit !!!
Et nous voila partis pour trois semaines, s'il vous plait, du port d'Hyères pour une promenade le long de la côte , mon père, ma mère, mon cousin Jean-Marc et moi-même Denis. Nous ne savions rien, nous avions des vieilles cartes prêtées par des amis,nous ne savions pas prendre un ris, mais nous savions aller à un endroit et en revenir et (un tout petit peu) régler les voiles grace à un bouquin que mon père avait lu + ses "navigations" sur le 4,7 et le corsaire (La Capte -Porquerolles)...
Partis du port d'Hyères un beau matin, tout excités par la "croisière", le bateau plein de bouffe, d'eau, pas d'evier, pas de WC, pas d'éléctricité évidemment etc ... etc ... Les 2 jeunes, nous dormons sur les bancs de cokpit ...
Sortis du port d'Hyères, nous prenons à gauche vers l'est et l'Italie !!! 1/2 heure après, nous étions echoués à La Londe Les Maures juste après le port du Gapeau ... les 2 jeunes dans l'eau à pousser le "yacht" pour le sortir des mats ...
EH bien, figurez-vous que nous avons fait trois semaine de "croisière" de long de la côte dans cet équipage ... et que nous avons été très très heureux de cette balade nautique !!! Qui peut le croire ??? et nous avons même recommencé l'année suivante !!!
Et puis en rentrant à Hyères, sur la carte, par hasard, nous avons vu une grande baie sur l'île de Port-Cros, alors, nous y sommes allés, c'était Port Man ... Fantastique !!! des dizaines de bateau, évidemment tous plus grands que nous et en plus, ce soir là, ils ont tous tiré les fusées de détresse pour faire un superbe feu d'artifice qui nous a laissé complètement émerveillés et abasourdis par tant de bateaux et de beauté !!!
Je vous parle d'un tant que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître ... Cordialement à toutes et tous. Denis

25 mai 2020

Ah, un petit Tiburon. Pour la balade côtière, ya pas mieux. Biquille, tu rentres partout, petite cabine, marin.... Bon, ça n'avance pas très vite, mais qu'importe, puisque t'es bien dessus.

25 mai 2020

Le Tiburon ! Mon premier bateau (enfin, celui de mes parents).
On vivait à 3 là dedans (bon, j'avais 2 ans et demie) pendant un mois et demie. Moi dans la pointe avant, et mes parents... je sais plus. Je sais que mon père avait bricolé un truc, la cuisine disparaissait sous la descente, mais ou et comment dormaient ils ?..
Moi, je m'esquintais la tête après le "truc" qui servait de ventilation, parce que je sautais comme un diable sur la couchette en chantant à tu-tête "le mari de mama" (et qui est l'interprète de cette chanson à texte ?.. je ne le sais plus).
Mais faire les îles Kornati en Tiburon, ça pose son marin !

Il y en a un qui moisit dans le petit port des pêcheur de Gruissan, au village, je le vois presque tous les jours en allant chercher le pain ou en allant acheter du poisson.
J'y jette un regard attendri en repensant à mes parents...

25 mai 2020

;-)))

25 mai 202025 mai 2020

Fusées !!! Port Cros à flambé une fois pour la même raison…
:-(

25 mai 2020

Le parlement de Bretagne à Rennes aussi!

25 mai 2020

Un bateau mouillé dans l'anse de la palud, le mistral s'est levé dérapant , ne pouvant partir , il a lancé une fusée de détresse, mais c'était une détresse due à une connerie.

25 mai 202025 mai 2020

Nous étions à Padstow, joli petit port de Cornouaille Britannique . Il faisait un temps superbe en cette fin Mars . Les anglais se régalaient de glaces et de fish&ships, buvaient des cocas et des bières, enfin toutes ces choses qui font que le Royaume Unis compte le plus de personnes obèses en Europe.
C'est un tout petit port fermé par un seuil, donc à l'intérieur du bassin qui reste en eau profonde, le marnage est quand même de l'ordre de 3m. A marée haute, nous sommes donc amarrés au niveau du quai, alors que nous sommes 3 m en dessous à marée basse.
Ce jour là, nous avions décidé de faire la lessive ; nous avions quitté la France depuis près d'un mois et il y avait plusieurs sacs de linge sale à passer, mais la laverie était à quelques mètres de notre poste d'amarrage.
Nous avions déjà fait deux tours quand des douaniers se présentèrent et me demandèrent les papiers du bateau.
Ils étaient cordiaux et sympatiques et nous étions tranquillement installés dans le cockpit quand ma femme rentra avec un sac de linge propre.
Toute chargée, elle ne remarqua pas que la marée avait baissé et en descendant l'échelle le long du quai, mit le pieds sur le bateau à une hauteur ou il n’était plus et s’affala pesamment sur le pont.
Les deux douaniers, entendant ça se levèrent précipitamment et je devinais qu'ils pensaient que quelqu'un était tombé du haut du quai (3m) directement sur notre pont. J’eus alors cette phrase malheureuse : « Don't worry, it's just my wife » . Phrase dont elle me tient toujours rigueur.

25 mai 2020

LOL, pour une fois c'est justifié !

25 mai 2020

On etait juste devant la web cam.

26 mai 2020

Pour parler de la Polynésie en bien :

Quand nous sommes repassés à Atuona, aux Marquises, nous avons revu des familles rencontrées 12 ans avant. Avec nos trois enfants dont les petites jumelles encore bébé, nous avons reçu un accueil formidable. Pendant les quelques mois ou nous sommes restés dans cet archipel, nous avons été accueilli partout avec une gentillesse exceptionnelle.
En partant, le bateau a été rempli de fruits et de victuailles. Les coffres, filets, caisses débordaient de mangues, citrons, oranges, pamplemousses, noix de coco… nous avions aussi 6 régimes de bananes à tous les niveaux de maturité. (Pour manger des bananes mures, il suffit de prendre une main, la tremper dans l'eau de mer et le lendemain, la main est mure).
J'avais attaché des régimes au pied du mat, sur le pont arrière, au mat d'artimon, enfin nous étions comme un cargo bananier…
Nous étions en mer depuis quelques jours. Nous nous dirigions vers Ahé, dans les Tuamotus quand en me levant le matin je découvris le pont jonché de peaux de bananes.
Notre chien, Tom, avait eu une crise de folie passagère et une fringale subite. Il avait mangé consciencieusement tout un régime de banane. Il avait parfaitement ôté la peau de chacune d'elles. Le pont était jaune de peaux de bananes.
Le pauvre chien a été malade comme l'est un chien vomissant des litres de liquides jaunâtres.
Il n'a plus jamais mangé de bananes de sa vie.

26 mai 2020

Pauvre Tom ! Que se passe-t-il dans la tête d'un chien ?

27 mai 2020

Normal que tu ais été bien accueilli, le fils du Président Frany ça ne s'oublie pas sur 6 générations au moins 😂😂😂
Blague à part, j'ai aussi été séduite par la gentillesse polynésienne qui, je crois, n'est même pas imaginable si on a pas quitté la métropole. Ce n'est pas seulement une personne gentille par ci par là, c'est vraiment un trait culturel, c'est très émouvant parfois. J' espère qu'ils arrivent à conserver ce talent au fil du temps parce que je n'ai pas pu y retourner depuis 2011. Et c'est marrant comme il n'est pas besoin de se donner des nouvelles quand on est loin, on revient 10 ans plus tard et c'est comme si on était parti hier 😉

26 mai 2020

Bonsoir.Il y a une quinzaine d'années nous étions avec ma fille et ma femme au mouillage en Corse a l'anse de Fica sur notre petit bateau. Quand nous voyons arriver un superbe Yacht a moteur avec pavillon british .Ils mouillent a une cinquantaine de mètres de nous.Nous observons le manège ; aussitôt nous observons une jeune femme s'installer sur le pont, puis des membres de l'équipage en grande tenue s'affairer auprès d'elle. quelques instants après a l'arrière du bâtiment une porte s'ouvre et descendent 4 jets skis qui commencent a tourner de plus en cercles serrés autour de nous jusqu’à nous frôler et nous secouer.Je leur demande poliment de s éloigner un peu ,ce qu'ils font en nous saluant.puis rejoignent leur navire. en regardant un peu plus tard .c’était le service de sécurité de la princesse Sarah Ferguson en croisière.Dommage qu'ils nous ont pas proposé de venir prendre un thé ! De toutes façons nous n'avions pas les tenues ad hoc avec nos maillots et T shirts.

28 mai 2020

Une petite histoire du soir :

J'etais rentré en France pour passer mon bac, depuis Tahiti ; Je m'etais inscris en fac pour faire quelque chose, mais n'avais qu'une idée, repartir sur la mer.
Cette année là, il y avait la route du Rhum, au départ de St Malo et je me mis donc en route en stop pour y aller. J'arrive la veille et me promène sur les quais.
Dans le bassin à flot, le Bel Espoir, le 3 mats du Père Jaouen rayonnait de tous ses bois. Des jeunes comme moi, baba cool et cheveux longs montaient à bord.
J'embarque aussi. Le soir, tout le monde s'attable, eh bien moi aussi. Ensuite chacun trouve une couchette. Personne ne me demande quoi que ce soit. Pourquoi repartir ?
Au milieu de la nuit, à la marée, nous sortons du bassin et allons mouiller dehors. Des quarts de veille s'organisent et je prend 1h de veille au petit jour.
Dans la matinée les catas et tris de course sortent, puis c'est l'heure du départ. Nous sommes aux premières loges pour le coup de canon.
En nous suivons les concurrents.
Peu à peu, nous sommes distancés. Mais nous suivons toujours.
Vers 16h, je m’inquiète. J'ai à rentrer sur Paris, moi, en stop, en plus. Je questionne.
D'abord, on rigole, puis comprenant que je suis sérieux, un des membres de l'équipage me dit :
« Mais on part pour La Guadeloupe, là, on suit la course »
J'ai hésité. Mais je n'avais même pas un tee shirt de rechange. J'avais prévenu personne….
Ils m'ont débarqué en zodiac un peu après le Cap Frehel. Jaouen était un homme sympathique, mais l'engueulade que je me pris, eh bien je m'en souviens encore.

29 mai 2020

Clap clap ;-)

29 mai 2020
29 mai 2020

ce fil est un régal.
mention spéciale pour ED850: très belles histoires qui nous parlent d'un temps..... t'en as d'autres du même tonneau?

29 mai 2020

je distille doucement. ;-). J'ai du temps, On attends de voir comment ça se passe en Amérique du sud pour mettre en route. Pour l'instant, c'est pas gagné. Mais je suis aussi ravi de toutes les autres histoires proposées.

29 mai 2020

A propos du père jaouen, ma belle mère m'avait raconté: (je pense que c'est authentique):
elle venait de son Morbihan natal et était aide soignante dans une clinique de bonnes soeurs à Nantes (à la fin des années 50).
Elles étaient plusieurs jeunes filles à travailler là et les bonne soeurs veillaient farouchement sur leur vertu: elles logeaient sur place avec quasi-interdiction de sortir.

Pour pouvoir se promener dans Nantes, elles ont demandé à aller à la messe le dimanche matin.
Refus des bonnes soeurs, mais les bonnes soeurs ont obtenu un aumonier du séminaire pour venir dire la messe.
Dimanche matin, arrive un grand escogriffe pas coiffé (le futur père jaouen) en tenue un peu débraillée:
"salut les filles, je mets la tenue de travail et j'arrive".
Il expédie la messe vite fait bien fait et leur demande ensuite comment ça se fait qu'elles ne vont pas plutôt à la messe en ville. Elles expliquent la situation.
Fureur du séminariste:"c'est un scandale . Syndiquez-vous, faites grêve".
Et donc, elles obtenu le droit de sortir

29 mai 2020

C'est un peu l'histoire de la Vierge Marie qui demande à St Pierre à aller au bal pour une fois sur terre. Et quand elle rentre à 5h du mat, St Pierre demande "qui c'est". Réponse : C'est Marie.

29 mai 2020

Bonsoir. Encore moi et le bon vieux Tiburon Berlude (= Bernard Luc Denis evidemment !!!)pour une grande traversée ... avec Danielle et les 3 enfants tout petits.
Départ du port d'Hyères grace aux 6cv du Jonhson pour retrouver des copains bien plus loin que le "cap Horn de la Badine", dans la baie du Langoustier ... au moins 6 milles ...
Départ impeccable, tout dessus, nous filons à au moins 3,5 noeuds ... le mistral se lève pendant la traversée, merde !!! vent presque de face !!! Vite les enfants au fond de la cabine !!! Nous arrivons au Langoustier trempés de chez trempés et très heureux !!!
Nous retrouvons nos amis Gilles et Françoise avec leurs 2 filles sur leur "splendide" Dufour 24 au cokpit géant et Henri et Nicole sur un voilier "hollandais" d'au moins 7 mètres cinquante !!!
Journée superbe comme toujours avec des amis entre les baignades, les aperos, les siestes des gosses, la "dragouline" etc ... etc ...
Henri et Nicole affolés par notre arrivée tout trempés nous ont "obligés" à revenir à Hyères pour nous preter leur yacht de 7.50mètres pour nos vacances en famille. Eh bien quand on passe de 5.5m à 7.5m, on devient le roi du monde !!! y avait même l'eau au robinet + des vraies couchettes et même un vrai chiotte en état de marche !!! Que de millers de remerciements nous leur devons pour ces bons souvenirs !!!
Et puis en 1981,mon père a eu la bonne idée de mourir à 63 ans pendant une sieste, Berlude a du être vendu ... Alors, nous (je surtout) avons cherché un yacht pour nous 5. Nous avons vu quelques épaves pas chères evidemment et puis un jour en aout 1982,coup de foudre (Danielle aussi heureusement !!!): Democrite, un écume de mer de 1976 avec un inboard Yanmar de 8 cv; bien trop cher mais finalement avec un prêt + des fonds de tiroirs, nous l'avons acheté. J'avais (nous) un vrai voilier !!!
Et depuis, je (nous) coule des jours heureux avec Democrite qui ne m'a plus quitté ni moi non plus !!!
Et maintenant, lui et moi sommes deux vieux complices ... Ce connard de Democrite a quand même eu la bonne idée en mai 1997 de couler sur sa place au port (rupture de la liaison vanne /tuyau d'arrivée d'eau de refroidissement du moteur)... J'en ai coupé ma moustache !!! mais comme il a bien voulu reprendre vie après quelques travaux (le moteur a même redémarré !!!), j'ai de nouveau ma moustache !!!
Et maintenant, lui est comme une vieille charentaise et moi comme un vieux pied qui adore sa charentaise.
Bonsoir à toutes et tous. Denis et Democrite

29 mai 2020

Merci, c'est une jolie histoire de vie.

30 mai 2020

Tu me fais plaisir, matelot. Parler à son copain Bateau, le cajoler et lui dire des gentillesses, je croyais que ça disparaissait avec les "bateaux objets" qu'on loue, dont on change régulièrement et qu'on néglige. Je vois donc que je ne suis pas le seul à penser mon bateau comme quelqu'un.

Oui maintenant on parle de "support"
"Bateau" c'est ringard !

30 mai 2020

"support"
Invention absurdément débile de la FFV !!!

Ils n'ont honte de rien...

Je suis révolté à chaque fois que j'entends ce mot, et le pire c'est que les moniteurs (et autres administratifs) ne se rendent même pas compte de ce qu'ils disent !

Ce terme déssert totalement le nautisme, la voile, les bateaux et leurs utilisateurs, en amalgamant un voilier (ou une planche à voile ou autre) à un objet inanimé juste bête "support" d'un autre objet plus ou moins inanimé (le skipper, le plaisancier, l'être humain) ...

concept totalement débile...

30 mai 2020

C'est dans le droit fil du langage enseigné aux profs "d'éducation physique" !
;-)

30 mai 2020

Du référentiel bondissant au support oscillant, il n'y a qu'un mat. Heu, qu'un pas...

:D

30 mai 2020

Et le référentiel bondissant aléatoire.

Ben ouais , un ballon de rugby , quoi!

(entendu chez un cadre de la FFR il y a quelques années).

30 mai 2020

elle est pas mal, en france , il n'y a plus de sourds mais des malentendants, même chose pour les aveugles qui deviennent de mal voyants!!!

30 mai 2020

Et beaucoup de mal comprenants.

La novlangue est une plaie.

30 mai 2020

Ils doivent faire de grandes réunions pour "trouver" un soit disant politiquement correct et justifier leur brainstorming.

30 mai 202030 mai 2020

Je pense qu'il reste pas mal de "ringard(e)s" pour qui un bateau n'est pas un objet

J'ai toujours parlé à mes voiliers, sauf un avec lequel je n'ai pas réussi à créer de lien, qui ne m'a finalement pas convenu et que j'ai revendu assez vite. D'ailleurs, il m'a fait des tas de misères : je pense que je ne lui convenais pas non plus 😏

Avec le petit dernier, acheté à l'automne dernier et avec lequel je n'ai pas encore navigué (je me lance ce week-end), je me suis surprise à lui parler après plusieurs jours passés à le bichonner et à le préparer à la mise à l'eau... de bon augure ! 🙂

30 mai 202030 mai 2020

Moi aussi, quand j'entends parler de "support" cela me hérisse le poil.
Quand je vois le temps que je passe à entretenir, transformer et améliorer mon bateau il est normal qu'un lien se tisse entre nous.
Mais je suis "un ringard" doublé d'"un boomer"!!!

30 mai 2020

Bon, pour remettre le fil dans le droit chemin, voilà une histoire de juillet 68 , après les pavés, la mer.
Nous étions arrivés à l’île d’Yeu en fin d’après midi venant des sables d’Olonne, une aventure à l’époque. Nous nous étions mis dans l’avant port dans l’espace arrondi à une échelle et fort de mes cours de navigation j’avais fait un calcul de marée et nous devions nous poser vers 23h . Un écume de mer arrive peu après et s’amarre derrière nous . On lui dit que nous partions au resto et nous leur demandons de regarder au bateau , un plan Sergent en bois moulé. Mais eux aussi sortaient , et du haut du quai nous regardions les deux voiliers amarrés avec un certain plaisir.
La vie nocturne en 68 à Port joinville n’était pas celle de maintenant et vers 22 h nous voilà de retour au bateau . L’équipage voisin était déjà là en haut du quai . La mer avait bien baissé notre bateau flottait encore mais pas l’écume qui était amarrée comme quand ils étaient partis , en l’air , tenue par ses taquets . Ils ont passé une bonne partie de la nuit sur le quai à attendre que le bateau flotte , merci Mr Mallard .
La plaisance était à ses balbutiements et les navigateurs avaient des lacunes.

31 mai 2020

Ca va faire plaisir à matelot@12540. Mallard faisait des bateaux "trop" solides et "trop" bien faits. Il en a fait faillite. Du coup, avec des taquets comme ça, on pourrait presque se servir des vieilles écoutes recyclées sans risque ;-))

31 mai 2020

A cette époque-là en effet, ce n'était pas rare ce genre de bourde !
J'ai vécu un peu la même dans l'avant port de St Martin de Ré, le bateau en question, amarré devant la porte du bassin à flot, n'en était qu'à une dizaine de cms au dessus de l'eau, on avait pu le "redescendre"!

31 mai 202016 juin 2020

Petite histoire de mer datant de trois ans.
Un peu après Panama, suite à la rupture de la bielle du secteur de barre, nous avons envoyé petit SMS en France pour commander la pièce qui devait nous être livrée à Salinas, en Équateur.
Nous nous déroutons donc vers les côtes équatoriennes et en fin de matinée, au nord de Bahia de Caraquez, nous voyons arriver au loin un bateau à moteur allant à très vive allure sur nous.
Quelques minutes après, le bateau marqué "GIR - Policia" se met à couple avec sept militaires armés jusqu'aux dents. Ce sont les militaire de la brigade anti-stups.
Leur commandant nous demande ce que nous faisons là. Il faut dire qu'ils venaient de faire une prise record de cocaïne sur une plage voisine et que nous étions le seul bateau dans le coin!
Nous leur expliquons notre panne et le commandant monte à bord avec un de ses gars. Il lui demande de regarder l'origine de la panne pour voir s'il peut la réparer.
Nous lui disons que la pièce de rechange nous attend à Salinas. A ce moment là, il donne l'ordre à ses gars de partir à Bahia de Caraquez sans lui, qu'il va rester à bord avec nous jusque là bas.
Nous passons de très bon moments à discuter de choses et d'autre et il se film avec nous pour envoyer ça à sa femme et montrer qu'il navigue du un bateau avec des Français.
Il avait oublié un truc, c'est que sans vent au moteur, nos 6 nds nous rendaient moins rapide que les 600 Cv de son bateau de police.
Si bien que nous arrivons à l'entrée de Bahia à la tombée de la nuit. Une barre de rouleaux est devant nous à cause des multiples bancs de sable.
Il ne sait pas trop par où passer et nous demande si 1 mètre de tirant d'eau, ce sera suffisant! Trop tard pour faire demi tour, nous sommes déjà dans les bancs de sable.
Il appelle donc ses gars qui reviennent du port à notre rencontre, accompagné du bateau d'un pêcheur connaissant parfaitement le coin.
Nous nous retrouvons en convoi avec la barque de pêcheur suivie du bateau de police tous gyrophares allumés et nous en dernier.
Ca passe très juste, dérive et safran relevé, la bielle de barre tenue par un bout lui même tenu par la main!
On arrive de nuit près du ponton d'un petit restaurant et nous mouillons là.
On débarque avec le bateau de police comme annexe, chargés de deux jerricans pour faire le plein de gasoil car pas de vent annoncé avant 5 jours pour rejoindre Salinas.
Ils me disent d'attendre au bord de la route et au bout de quelques minutes, une voiture de l'armée arrive avec deux personnes. Ils prennent les jerricans, je monte avec eux et on part à 8 km faire le plein dans une station service.
Sur leur conseil, ils payent et je les rembourse car le gasoil est à 30 cents le litre pour eux, un dollar pour les étrangers.
On revient au ponton, on reprend l'annexe de 600 cv et on vide les jerricans dans le réservoir. On fera trois fois le voyage et ce sont toujours eux qui porterons les jerricans.
Quand tout a été terminé, on re-débarque pour rejoindre mon équipière qui était restée dans le restaurant.
Nous leur avons alors demandé de rappeler toute leur équipe et nous les avons tous invités au restaurant pour le dîner.
Ils nous ont ensuite ramené au bateau pour la nuit en nous disant qu'en principe, il faut passer par un agent etc.. mais que nous pouvions rester le temps nécessaire, nous étions leurs invités!
Des gens de mer, très humains et confrontés tous les jours à la violence des narcos. Un super souvenir de cette rencontre hors du temps.

01 juin 2020

C'est agréable quand les rapports avec les autorités et les militaires se passent bien. C'est pas toujours le cas :
Mes parents ont passé près de 20 ans dans la caraïbe. Avant de rentrer en Europe. Presque octogénaires tous les deux, ils ont voulu aller découvrir la Colombie qui s'ouvrait, alors que jusque là, c’était un pays réputé dangereux . Quittant Carthagène qu'ils ont beaucoup aimé, ils se dirigèrent vers La Jamaïque.
A mi route, dans les eaux internationales, ils furent arraisonnés par un escorteur le la marine américaine.
Travers à 25 nœuds d'Alizée, les 6 marines armés qui montèrent à bord et démontèrent consciencieusement le bateau pendant près de 5h, pietinnèrent le pont de leurs godillots, vomirent de mal de mer dans les seaux et allèrent jusqu'à démonter les différentes durites du moteur pour vérifier qu'aucun sachet suspect ne s'y trouvait.
Ils partirent, sans bien sur avoir trouvé quoi que ce soit, mais surtout, en laissant l'intérieur du bateau dévasté, le moteur en partie démonté et sans aucune excuse en quoi que ce soit.

01 juin 2020

Je te crois bien sûr, mais cette histoire m'étonne.
Peut-être y a-t-il eu un malentendu au départ ? Ils agissent souvent sur dénonciation paraît-il. Je suppose que tes parents parlent anglais ? C'était leur premier contrôle US ?

Nous avons été contrôlés plusieurs fois par les Coast Guards et aussi la marine US, côté caraïbe et pacifique au large de la Colombie, mais ça n'est jamais allé au delà de l'interrogatoire par VHF et une fois (entre Blanquilla et Carriacou) visite physique mais correcte.

01 juin 202016 juin 2020

Oui, c'est ce qu'on dit, sur dénonciation. Il y avait peut-être eu confusion?

01 juin 2020

Très mauvais moment à passer en tout cas, j'imagine bien !

10 juin 2020

Merci pour ce récit !
;-)

01 juin 2020

On a eu le même type de contrôle en quittant la Jamaïque. Un aviso d’une trentaine de mètres nous a obligé à stopper, affaler les voiles dans l’alizé frais de décembre. Ils sont montés à bord , 6 militaires tous lourdement armés. Le bateau roulait bord sur bord . Ils ont voulu fouiller le bateau , j’ai interdit qu’ils descendent avec les armes , il y avait en bas nos deux fils de 8 et 3 ans . Après un tour rapide en bas le seul type descendu est remonté, les autres nous tenaient en joue avec leurs mitrailettes, avec les mouvements du bateau l’un d’eux a fait tomber sa vhf a l’eau . En fait , ils cherchaient des ballots d’herbe et le tour rapide a suffi , mais mon grand fils a longtemps envoyé au cned des dessins d’hommes armés.
Nous avons eu peu après une autre fouille , c’était à Cuba .
En rentrant du Mexique, nous avions un alizé soutenu et très Est . Nous tirions des bords avec notre Moody 36 qui n’était pas vraiment fait pour ça. On avait de l’eau qui soulevait les planchers et j’en avais marre de nous faire secouer, on s’est arrêté pour mouiller sous la barrière de corail après le cap san Antonio tout ça bien sûr sans cartes, à vue. Nous avions déjà passé 2 mois à Cuba et je n’étais pas inquiet d’y entrer sans prévenir. En début d’après midi un de leurs bateau de pêche en ferro ciment vient nous voir , on lui explique pourquoi on est là , mais il veut absolument nous amener au village voisin faire des papiers . On fait les 10 milles en remorque pour mouiller devant un village de cases en torchis. Les autorités arrivent , il avaient eu le temps de vérifier à La Havane que nous n’étions pas d’hostiles espions mais des touristes avec des enfants. Malgré tout venant du Mexique et allant aux Usa nous étions un peu louches. Ils décident donc de vaguement fouiller le bateau, ouvrent les équipets, regardent à l’intérieur. Je discute pendant ce temps avec le commandant de l’équipe quand un soldat l’appelle. Il avait trouvé dans nos vêtements un sachet de lavande, complètement éventé bien sûr . Le problème c’est que de la lavande à Cuba c’est aussi connu qu’un arbre à litchi chez nous , que ça ne sent rien et que pour expliquer que c’est pour parfumer les vêtements c’et difficile. Sans compter que le mot lavande en espagnol ne fait pas partie du vocabulaire courant si tant est que ces cubains d’un bled perdu de la côte nord connaissent ce mot.
On dit espliego je m’en souviendrai toute ma vie, merci le dictionnaire que nous avions à bord . Je ne sais pas comment le gradé connaissait cette plante mais il a expliqué à tout le monde que ce n’était pas de la drogue .
On est parti dès le lendemain en zigzaguant entre les récifs de corail car bien sûr dans ce bled , malgré les nombreux pêcheurs, ils n’avaient pas de cartes . Cuba en 1990 c’était une véritable aventure .

02 juin 2020

Concernant les rapports avec les autorités :

Nous étions mouillés à Suez depuis quelques jours et nous nous sentions arrivés. Presque rendus. Comme nous n'avions pas été en Europe depuis longtemps et en vue de la rentrée scolaire et de l'hiver que nous allions passer en Bretagne, ma femme décida d'aller faire des courses en ville : cartables, cahiers chaussures … dont les prix défiaient toutes concurrence dans les souks de Suez.
Elle quitta donc le bateau, ancré devant le Yacht Club, en début d'après midi, avec notre grande fille. Je restais à bord avec les deux petites.
Vers 19h30 alors que la nuit était tombée et que je m’inquiétais depuis longtemps, les voilà qui m’appellent depuis le ponton.
Arrivées à bord, elles me racontent leur histoire :
A Suez, pour aller en ville depuis le port, il faut d'abord traverser des quartiers chics. Les maisons, ambassades ou bureaux officiels y sont souvent gardés par un militaire dans une petite guérite.
Passant devant l'une d'elle, en sortit un militaire qui, se posant bien droit devant ma femme, le fusil en travers, lui tint un discours en arabe.
Ne parlant pas cette langue, ma femme lui présenta son passeport. Il le regarda longuement, tourna lentement les pages puis le mit dans sa poche de poitrine, ferma le bouton et d'un air arrogant lui fit un discours d’où ressortaient les termes Filouse (argent), et Backchich.
Ma femme, en bonne petite française sûre de son bon droit, ne s'en laissa pas compter et insulta copieusement le militaire, lui montra que non seulement il n'aurait pas de « filouse » mais qu'il allait lui en coûter s'il ne rentrait pas dans sa guérite comme dans sa coquille, vermisseau gastéropode qu'il était. Peu à peu, il perdit de sa splendeur et comprenant que l'affaire était ratée, la poussa de son fusil et lui balança son passeport.
Ma femme fit donc ses course tranquillement.
Rentrant au yacht Club en fin d'après midi, rencontrant un des responsables, elle raconta cette histoire sans penser à mal.
Les officiels furent très étonnes, en informèrent le commodore du Club, allèrent devant cette guérite, prirent le nom et le matricule du militaire et demandèrent à ma femme de faire une déclaration en bonne et due forme. Cela dura et c'est pourquoi elle n'arriva à bord qu'à 19h30.

Vers 1h du matin Tom, notre chien, se met à aboyer furieusement ; A coté du bateau, une barque avec le gardien du Club Nautique. Il me dit que ma femme devait aller refaire sa déposition à terre.
« Bien sur Gaston. Tu crois que ma femme va descendre à terre toute seule en Egypte à 1h du matin ? Reviens demain et on verra... ». Il prend sa VHF, cause dedans et me dit d'attendre. Quelques minutes plus tard, il revient avec des passagers :
Montent alors à bord :
* Le commandant des forces armées du canal de Suez
* Le chef de la police de la zone du canal.
* Un traducteur de l'Ambassade de France
* et le pauvre militaire, pâle et déconfit. Il avait beaucoup perdu de sa prestance.

Tous ces officiels portaient leurs plus beaux atours. Le commandant des forces armées était dans un superbe uniforme et arborait autant de décorations qu'un officiel soviétique au défilé du 1er Mai. Le chef de la police était dans une djellaba blanche immaculée et l'interprète, en costume européen, cravaté et chaussé de cuir.
Nous les fîmes asseoir dans le carré, servîmes du thé. Le militaire accusé restait debout au pied de la descente, au garde à vous, l'air d'un môme pris à voler un bonbon.
Il fallu donc réexpliquer, faire une déclaration, en français, puis en anglais, traduites en arabe… et ponctuées de milles excuses de ces représentants  « l'amitié entre l'Egypte et La France... » Ils auraient même été à nous demander de les excuser auprès de François Mitterrand pour cette offense faite à une française...
Lorsqu'ils partirent, je demandais, « mais le gars, là, que va-t-il lui arriver ? »
La réponse fut laconique : «  Ne vous inquiétez pas, il sera puni ! »
Il a du amèrement regretter d'avoir rencontré une petite française ce jour là.

05 juin 2020

Une petite histoire d'Indonésie, au temps ou les pirates attaquaient les boat people descendant du Viet Nam et ou nous naviguions armés (histoire de mon Papa) :

Dernière escale avant Bali. Nous sommes seuls depuis des mois. Peut-être allons nous rencontrer des bateaux amis, avoir aussi des nouvelles de notre famille. Nous nous arrêtons sur la côte nord de Lombock, Nous ne trouvons pas de baie, mais le temps étant des plus calmes, nous nous approchons de la plage jusqu'à n’avoir plus qu'une dizaine de mètres à la sonde. Nous mouillons en espérant que le vent ne se lèvera pas d'une façon  intempestive. Dans l'Ouest, un petit cap nous cache la suite du rivage tandis que vers l'est, la côte tourne et s'oriente vers le sud. Aucun bruit ne vient troubler  le calme de cette soirée tiède. Ma femme en bas prépare le repas tandis que notre chien, Titus, le nez en l'air, hume les odeurs de la terre. Assis sur le toit du roof, je fume une cigarette en rêvassant. J'entends un moteur dans le lointain. Le bruit est des plus étranges : depuis des mois nous n'avons rencontré que des bateaux à voile. Pourtant je ne vois rien. Peut être la brume du soir me cache-t-elle l'embarcation. Après quelques minutes, du petit cap qui nous protège dans l'Ouest, débouche une pirogue qui en traîne une autre. Vite les jumelles !
 Ce sont effectivement deux pirogues ; la première, assez volumineuse, est montée par une dizaine d'hommes ; la seconde par quatre hommes. Mais ils passent, allant vers l'est, on ne semble pas les intéresser, ou bien ils ne nous ont pas vus ?
Mais soudain des cris s'élèvent, la pirogue change sa route à 90° et vient vers nous ; ils ne nous avaient pas repéré. Ca m'enbête : une pirogue avec un moteur, c'est étrange. Je remarque aux jumelles que certains types portent des vieux casques militaires. Il n'y a pas de temps à perdre. Je descends chercher le fusil dans la cabine arrière, je le charge avec des cartouches à sanglier, dont une dans le canon et je pose le fusil dans le cockpit hors de vue. Déjà Titus aboie et les pirogues s'approchent sans ralentir.
 A l'avant de la plus grosse, un homme est debout. Ils arrivent trop vite, et la pirogue nous heurte violemment, le gros bouffi qui était à l'avant et s'apprêtait à sauter manque son coup et tombe à la renverse dans sa pirogue. Je m'aperçois à ce moment là qu'ils ont une mitraillette. C'est inquiétant. Un fusil de chasse, bien qu'il puisse servir d'arme d'agression, est presque naturel, mais une mitraillette, c'est mauvais signe. Le type est furieux et demande
 - Why you here ? This place is forbidden, you must pay!
 Je prends mon fusil et je réponds par un « go away ! » sans réplique. Notre pirate se penche vers sa mitraillette mais relevant le canon du fusil, je crie :
 -1 kill you if you take your machine-gun!
 Et j'étais décidé, ça devait se voir. Mon fusil est un fusil d'émeute américain à canon court qui ne laissait que peu de chance à nos pirates. L'homme à la mitraillette enjambe alors ses compagnons et arrive à la hauteur du barreur. Il lui administre une correction, furieux d'avoir manqué son coup à cause de lui. Revenu vers l'avant, il crie quelque chose et la pirogue motorisée s'éloigne tirant l'autre ; je les suis à la jumelle et je vois un des hommes qui, ayant ramassé la mitraillette, la tend au chef qui la refuse brutalement. Ils s'éloignent et bientôt nous ne les voyons plus, entendant encore le bruit du moteur pendant un moment,
 J'étais bien décidé à tirer sans sommation s'ils avaient fait demi-tour.

06 juin 202006 juin 2020

Histoire de port...
Hiver bien rempli, pas trop le temps de s'occuper du bateau. Début Avril, ça se calme, et on réapprovisionne: alcool, confitures, cassoulet etc... et entre autres, une boîte de quiche lorraine. Deux composants, un sachet de poudre, une boîte en fer de trucs à verser sur la poudre quand celle-ci additionnée d'eau aura pris la consistance d'une pâte plus ou moins comestible.
Le week-end suivant, c'est encore un peu tôt en saison, tout est fermé aux alentours du port. Il fait nuit, humide et froid, pas un bistro, pas une mobylette, la zone. J'attrape au hasard cette boîte, et, surprise, je vois un trou sur le dessus. Re-surprise, une souris en sort. Mon épouse hurle, essaie par pur réflexe de monter sur la table du carré et en retombe brutalement après avoir cogné le plafond de la tête, la hauteur sous barrots étant un peu limite. Une deuxième souris sort et saute justement sur la table, mon épouse défaille. Une troisième, puis une quatrième qui suit la précédente de près. Là, quand on l'écrit, ça dure un peu, mais les bestioles, elles ont été relativement rapides. Bien entendu, elles disparaissent et les tentatives de recherches se soldent par un échec. Hors de question de manger et encore moins de dormir là après un véto formel de l'amirauté, on rentre à la maison. Le Lundi matin, je vais acheter des tapettes que j'arme au saucisson et au gruyère et que je dispose aux points stratégiques dans le bateau, puis je me retire sur la pointe des pieds. Je retourne le soir, et une souris, je suppose la moins dégourdie, est décédée par fracture des cervicales dans une des tapettes, mais les autres pièges sont proprement déshabillés sans être déclenchés. Damned!!! Je ré-arme les tapettes en prenant bien garde de positionner la tige de manière à ce qu'elle tienne à peine, et je me nique un doigt dans la dernière qui se déclenche intempestivement. Pendant une semaine, j'ai nourri les bestioles qui ont tout mangé le saucisson et le fromage sans se faire prendre.
Là, ça devient sérieux, parce que je vois des traces de dents sur le câble de la prise 220v, et il y a plein de crottes partout. Je pense aux appâts empoisonnés, mais un copain me le déconseille, elles vont aller crever dans un coin inaccessible et ça va puer grave pendant des semaines. Sans compter les asticots. Mais heureusement, il connaît un truc imparable: les mèches soufrées. C'est au poil, ça les asphyxie, elles meurent dans des souffrances atroces, mais ensuite, elles se dessèchent sans de putréfier et au bout de quelque temps, c'est comme un bout de carton, tu t'en fous de les trouver ou pas.
On trouve les mèches en droguerie à Sète, paraîtrait que les chalutiers en consommeraient pas mal dans l'année...
Retour au bateau, nous disposons les mèches dans des assiettes, une à l'arrière, une au milieu, une à l'avant. On allume, on sort en vitesse et on remet la porte en place. Dedieu, en cinq minutes, la bateau crache une épaisse fumée jaune et malodorante par les manches à air, les champignons des capots et les grilles de la porte, et bientôt, en est totalement environné.
On entend arriver une voiture en catastrophe sur le parking, le staff de la Capitainerie en débarque au grand complet et cavale dans notre direction armés d'extincteurs. Le temps de les arrêter et d'expliquer la situation, on entent la sirène deux tons des pompiers qui se rapproche, et le zodiac rouge des mêmes pompiers qui arrive à fond les manettes par le chenal en faisant danser tout le monde. Bon, ça n'a pas été simple de les persuader qu'il n'y avait pas d'incendie, qu'ils pouvaient rembobiner leurs tuyaux, ramener le zodiac à la caserne mais au ralenti svp, enfin, que la situation avait toujours été sous contrôle et que de toutes façons nous restions sur place jusqu'à la mort des souris. Du moins, jusqu'à l'extinction des mèches. Une demi-heure après, tout était rentré dans l'ordre, impossible toutefois de rentrer dans le bateau sous peine de mort subite.
On a eu droit à un article dans Midi Libre, et cinq ans après, le Maître de port me regardait toujours de travers quand j'allais lui apporter son chèque.
Les souris, on ne les a plus revues.
Le bateau a cessé de puer l'oeuf pourri au bout de trois jours, quand la Tramontane s'est levée et a chassé les derniers miasmes.
En revanche, le souvenir perdure: les anciens copains de ponton que je rencontre aux escales ne manquent jamais de me rappeler cette péripétie, mais je leur pardonne, c'est eux qui paient l'apéro...

10 juin 2020

@Tangalo;
géniale ton histoire !
;-)

06 juin 2020

A propos de souris: j'ai rencontré des anglais au sud du Portugal en 1984. Ils m'ont raconté qu'ils avaient pas mal d'argent d'avance en billets français (pas de carte de crédit à l'époque).
ET ils se sont rendus compte qu'une souris avait fait son nid dans les billets en les coupant en petits morceaux..
Un des anglais était allé à la Banque de France à Paris pour essayer de se faire rembourser les billets (du moins ceux ou le numéro était lisible). Je n'ai pas eu de nouvelles: j'espère qu'ils ont été remboursés.

07 juin 2020

Oui, c'est bien connu, les souris, ça te bouffe ton fric ;-)

06 juin 2020

Puisqu’on parle de rongeurs , voici l’histoire tragique de Casimir , rat cubain .
En escale sur l’île de la jeunesse nous avions attrapé un passager clandestin, un rat cubain qui pensait pouvoir émigrer aux USA .
Rapidement on s’est rendu compte de sa présence, bruits nocturnes, fruits et légumes rongés . Bien sûr ni pièges ni poison , on a donc essayé les pièges artisanaux : Sandow muni d’hameçons doubles appâts patate douce à la graisse. Le piège s’est déclenché, pas de rat. On a rentré un fut métallique de 100 litres , planche en équilibre , appât similaire , le rat a bien été piégé mais a réussi à s’échapper du fût avec son butin . Le problème, c’est qu’en sortant les voiles du coffre à voiles ( nous n’avions pas d’enrouleur) il avait commencé à bouffer un sac .
Nous étions avec un autre bateau français qui nous a prêté son chat qui a bien trouvé qu’on avait un animal à bord mais inaccessible.
L’apéro du soir battait son plein quand sortant de la descente, grimpant sur l’épaule de ma femme , Casimir sortit prendre l’air .
Comme des abrutis, tout le monde s’est rué à la poursuite du rat qui a fait le tour du pont et est rentré à l’intérieur par la descente restée ouverte. On a gardé le rat 🐀 un mois en lui laissant à manger qu’il ne fasse pas de dégâts . Nous avons trouvé du poison au Mexique, vidé le bateau de la nourriture accessible, mis tout ce qui pouvait être rongé sur le pont et laissé tout ça à la marina de Cozumel pendant que nous faisions un tour du Yucatan .
Au retour nous avons senti tout de suite que l’exilé cubain était mort. Il fallait maintenant trouver le cadavre. J’ai donc trouvé qu’il avait fait son nid dans l’isolation en polystyrène de la glacière. Et lui était coincé sous un réservoir d’eau sur la varangue de renfort .
Nous avons passé des nuits à guetter son passage avec le fusil sous marin armé, nous enfermions les enfants dans la cabine avant , capots fermés ; notre fils aîné a envoyé les histoires du rat au CNED , depuis nous avons à bord du poison .
Nous avons failli en accueillir un autre en Floride que j’ai vu en train de monter à bord par une aussière, cruellement je l’ai noyé.

08 juin 2020

Pour rester sur les militaires :

Nous étions à Ua Pou, aux Marquises depuis quelques jours quand arriva un navire militaire. C’était un ravitailleur de Mururoa dont le Pacha, avant de changer d'affectation, s'octroyait une petite virée dans cet archipel. Nous fûmes bien sûr invités aux festivités locales saluant cet événement et les militaires français nous remplirent le bateaux de denrées fraîches, nous firent le plein de fuel et nous aidèrent à redémarrer le moteur qui n'avait pas tourné depuis Panama.
On les retrouva quelques mois plus tard en passant à Tahiti. Ils étaient adorables. En manque de famille, ils se mettaient en quatre pour nous aider. Gardaient nos filles bébé devant des dessins animés pendant qu'on sortait au cinéma ou aux spectacles de danses touristiques, nous prêtaient des voitures, trouvaient des pots de caviar au mess des officiers pour notre soirée de Noël. En contrepartie, nous les emmenions passer le WE à Mooréa .
Notre grande fille, 11 ans, avait flashé sur le second, jeune marin juste sorti de l’École Navale, il présentait bien dans son uniforme blanc tropical. Mais, comme Georges Brassens et sa princesse (- Tout beau, princesse arrête un peu ton tir, J’ai pas tell’ment l’étoffe du satyr’) il lui répondit qu'elle était bien mignonne, mais qu'elle le rappelle quand elle aura 20 ans, pour l'instant, il n'y avait pas d'ouverture.
Et à 20 ans, par jeu, elle le fit. Elle mariée, lui aussi, monté en grade sur un gros navire à Toulon, ils se remémorèrent ces bon moments ;
Eh non, ils ne se marièrent pas et n'eurent pas « beaucoup d'enfants » (l'histoire aurait été trop belle non?)

10 juin 2020

une histoire courte
En 2005 j'ai fait réviser le radeau de survie en Tunisie. Puis j'ai épluché la note.... Effrayant ! les quelques litres d'eau sont facturés 10€ le litre ! Alors je râle un peu bien sûr.
Le gars, un français de par chez nous répond innocemment : "oui c'est cher mais c'est de l'eau déshydratée ! "

Intellectuel non !

10 juin 2020

;-)). Super. Tu l'as payé en argent démonétisé?

10 juin 2020

De l'eau déshydratée ... bref de l'eau en poudre ;-)

11 juin 2020

;-)
"l'eau déshydratée !"
Il devait avoir appris ce mot la veille, sans en connaitre le sens !
;-)

11 juin 2020

C'est du sel: vous ajoutez de l'eau et vous avez de l'eau de mer, cqfd, étonnant non???