Vos histoires de mer 12

L'idée est de raconter une histoire, étonnante, surprenante, drôle, qui vous est arrivée en navigation ou en escale.
Les règles : Gentillesse, tolérance, bon enfant, retour sur les histoires racontées.
Pas de nouvelle histoire avant la fin de la discussion sur l'histoire en cours.
Prenez votre temps, on risque d'être plus longtemps que prévu derrière nos écrans.
Suite de www.hisse-et-oh.com[...]-mer-11

21 juil. 2022
21 juil. 2022

C’était l’époque ou quand oin voyait une voile, même le log des côtes de France on se disait « tiens qui c’est ? »
On descendait entre Les Canaries et Dakar , un peu après noël, c’etait du petit temps. On portait tout : Spi, Génois leger un peu descendu, trinquette de spi, GV, voile d’étai, artimon. Près de 300m2, tout en progressant à peine à 5 ou 6 kn.
La mer était plate, les couchers de soleil superbes.
Comme nous étions 5 à bord, on gardait tout dessus même la nuit.
On s’écartait un peu de la côte africaine, vers Villa Cisneros, tout en essayant de couper au plus court.
Le petit temps nous obligeait à barrer, l’aries dans ces conditions très légères n’assurant pas.
On portait, comme c’était l’usage à cette époque, comme seul feu de route, une lampe tempête dans les haubans.
Vers 1h du matin, dans la faible clarté des étoiles, et pile sur notre route, devant nous se dressait une masse noire. Aux jumelles, on devine un cargo, sans aucun feu, arrêté là, dérivant au gré du vent.
Intrigué, on prends la VHF et appelons
The cargo ship, located at ..°..’N, ..°..’ W, Do you copy?
Une fois, deux fois, dix fois.
A la dixième fois une voix française, digne d’Allan dans coke en stock, nous répond.
« Bon tu la ferme ta gueule, oui? »
On a continué notre route, sans bruit.
On avait oublié que cette région, entre le Maroc et la Mauritanie, ou sévissait déjà le front polisario était le lieu de beaucoup de trafics

23 juil. 2022

Julie Mother

Voila aussi une histoire (véridique) d'une autre époque (1981-82) de la grande et belle plaisance ou le respect , la passion et l'enthousiasme nous animait tous proprio et équipage.
Et le plaisir était là .
Cela leur coutait cher (très cher même) a ces propriétaires mais le plaisir effaçait tout.
Celui-ci ne concevait pas la mer sans passion, enthousiasme et simplicité.

Julie Mother
Ou , l’effet papillon.

Cela aurait certainement pu être une belle histoire d’amitié entre deux skippers , deux skippers
sur deux goélettes très différentes et pourtant très belles.
Julie Mother était une goélette marconi de 24 m , moderne ,élégante et dépouillée , construite en
bois moulé par le chantier Sangermani en Italie . Le chantier Sangermani était , a l’époque
un orfèvre de la construction de voiliers, toujours en bois moulé , toujours élégants, toujours
bon marcheurs , chers, ils s’adressaient a une élite de propriétaires fortunés et passionnés.
July Mother était skippé par David fier et sympathique italien qui connaissait bien son bateau.
Alors pourquoi l’histoire a tourné au vinaigre , pas un mauvais vinaigre mais avec une
pointe d’acide quand même.
Un siècle en arrière cette histoire n’aurait été qu’une suites de bagarres entre équipages
dans des bars mal famés de Valparaiso ou des tripots de Marseille et a chaque fois que les
deux voiliers se trouvaient dans le même port.
C’est parti de trois mots presque murmurés d’un bateau a un autre comme si la personne
qui les prononçait savait , inconsciemment , qu’elle disait une bêtise lourde de conséquences.
Janvier 1981 , Antares , superbe goélette aurique de 30 m a débarqué le propriétaire , sa famille et amis a Charlotte Amalie aux îles vierges américaines et remonte vers Antigua pour des travaux de vernis et peinture déjà prévu avec l’équipe de King Kong.
King Kong est un natif d’Antigua , superbement charpenté il plaisait beaucoup aux femmes et
c’était son activité de nuit qui faisait que tout les matins ils arrivait au travail avec un énorme sourire.
Son activité de jour était aussi très physique.
King Kong était intelligent et bosseur , capable , avec son équipe , d’entreprendre tout travaux de vernis et de peinture sur les gros yachts basés a English Harbour. Grace a cette activité , il faisait vivre beaucoup de familles locales et les autorités se gardaient bien de mettre leur nez dans ces transactions en espèces .
Sa spécialité a lui , King Kong, était les vernis des mats, il aimait prendre de la hauteur et assis dans sa chaise de calfat, c’est avec de grands coups de sifflet qu’il signalait a son assistant , sur le pont, qu’il fallait le monter ou le descendre. Et donc English Harbour résonnait toute la journée des coups de sifflets de King Kong . Respect a toi King Kong.

Ce convoyage des iles vierges vers Antigua n’est pas drôle , tout est face au vent , a la mer et
après une nuit inconfortable on arrive au lever du jour au mouillage de Gustavia ( St Barthélémy)
pour prendre un petit déjeuner tranquille et faire une pose de quelques heures avant de repartir
vers Antigua.
De loin , on avait repéré une jolie goélette blanche au mouillage et décidons d’aller voir de plus
près avant de mouiller.
Sur les bateaux tout est calme et endormis , il y a peu de monde déjà debout et c’est tout en
douceur que nous passons bord a bord a quelques mètres de Julie Mother ou un seul et unique
marin nous regarde passer.
Il aurait du rester dans sa bannette ce jour là …
Shirley , notre blonde et charmante deck-hand lui fait un sourire et un signe de la main.
Elle avait toutes les raisons d’être de mauvaise humeur après une nuit a se faire secouer et a
prendre des embruns ,mais non , elle sourit …
et en retour entend
- hello slow boat ! ( salut, bateau lent) , pas très fort juste assez pour que Shirley entende.
Shirley aime les hommes ( autant que King Kong aime les femmes) mais quand elle adresse un
sourire a l’un d’eux elle ne s’attend pas a une insulte en retour.
Parce que , hello slow boat d’un voilier a un autre , c’est une insulte .
Une fois au mouillage , a table , elle nous raconte ce qu’elle a entendu et il est surtout question de laver l’affront et des propositions fort violentes sont rejetées.
Shirley , elle, en fait une affaire personnelle entre cet énergumène et elle . Ce pauvre gars ne le sait pas mais il va surement perdre sa virilité pour quelque temps , si elle revient.
Pour comprendre:
Nous sommes l’équipage d’une goélette aurique , a top-sail gaff-rigged schooner , les anglosaxons
nous appellent des « schoonermen » intraduisible en français puisqu’il n’y a pas de
tradition de goélettes aurique en France.
Antares porte avec lui une longue histoire de goélettes de pêche a la morue sur les bancs de
Terre-neuve au départ du nord-est des USA et du Canada . Ces marins , pour nourrir leur famille,
avaient une vie a bord incroyablement rude et difficile dans une région de mer absolument pourri
balayé régulièrement par des dépressions , pavés de hauts fonds et avec des brumes fréquentes
mais regorgeant de poisson.
Une partie de ces hommes ne revenait pas des campagnes de pêche soit que le voilier ait
sombré ou qu’ils n’ai jamais pu rejoindre la goélette a bord de leur doris a cause du brouillard ou du mauvais temps.
Et puis , il y avait la manoeuvre de ces voiliers avec leur voiles de flèches perchées tout en haut , leur bôme de grand-voile immense qui dépassait largement du tableau arrière , le fisherman , voile qu’il fallait établir entre les deux mats pour stabiliser le bateau pendant que le poisson était traité sur le pont avant d’être mis en cale et salé.

Il y avait aussi , et surtout ,leur beauté, leur grâce et harmonie sous voile.

Les autres marins de cette époque savaient que ces hommes étaient d’une autre trempe ,
« a breed apart » et les ont appelés « schoonermen « , les hommes de goélette.
Bien sur notre vie n’a plus rien a voir , notre voilier aussi , mais cela reste , aujourd’hui ,
un gréement très compliqué a manoeuvrer ,qui nécessite force , intelligence, anticipation, une
attention de tout instant , agilité et courage quand il s’agit de manoeuvrer les voiles de flèches a 20 m de hauteur debout sur une plateforme de la taille d’une feuille A4.
Nous ne nous comparons pas a nos anciens mais nous sommes des « schoonnermen » et
ce n’est pas un marin , même d’une jolie goélette marconi , dont le travail le plus dur est de
mouliner sur un winch , quand il n’est pas électrique, que nous allons laissé nous insulter.

A Antigua , plus tard , on s’est installé , pour les travaux , l’arrière a un petit quai en dur a
l’opposé du quai des yachts coté mangrove ou l’on peut faire nos travaux sans gêner personne.
L’équipe de King Kong est a l’ouvrage pour peindre la coque et vernir les mats de flèches.
Il existe des traditions , ou plutôt des rituels a English Harbour a cette époque.
Le premier rituel est le « happy hour » de la fin d’après-midi . Durant toute la saison de charter
la grande majorité des bateaux anglo-saxon sont basés a English Harbour et le Nelson’s dockyard
vit au rythme des bateaux qui vont et reviennent. Entre deux , les bateaux a quai en profitent ,
comme nous, pour faire du cosmétique et les équipages sont majoritairement occupés durant
la journée. Mais vient la fin d’après-midi et c’est l’heure de se retrouver autour d’une bière dans les quelques « fontaines » ( watering holes ) du coin et il y en quelques une ou d’un seul coup les haut parleurs envoient du reggae a fond. C’est très bon enfant , ça boit pas mal , fume de la ganja discrètement , drague énormément et le reste ne nous regarde pas.
A bord d’Antares et pour éviter les soirées entièrement hydrauliques , j’impose a l’équipage de
diner a bord sauf le samedi soir parce que le samedi soir c’est encore autre chose.
Du quai de Nelson’s Dockyard on peut aller a pied vers un petit promontoire qui forme l’entrée
ouest d’English Harbour. L’endroit est superbe avec vue sur le canal de la Guadeloupe
rafraichi par la brise et bien assis sur les ruine d’un petit fortin qui devait protéger l’entrée , il y a de la place pour cent ou deux cent personnes.
Et donc , souvent les samedi soir , soit , organisé par un bateau en particulier qui offrait tout ou en BYO (chacun emmène ce qu’il veut) , tout le monde se retrouve dans une joyeuse ambiance
sur cette pointe.
Et c’est là que je rencontre le skipper de July Mother que je connaissais pas.
La rencontre n’est pas fortuite mais c’est le skipper de Puritan a qui j’avais raconté l’histoire
du « slow boat » qui l’avait organisé .
Puritan goélette aurique , comme Antares , mais en plus grande, plus ancienne et plus
traditionnelle jusque dans les moindre détails , jusqu’a l’annexe en bois classique a clin
manoeuvré a la rame , jusqu’a Steve, le skipper , schoonerman jusqu’au bout des ongles.
Puritain est menée par Steve et son équipage de 8 avec prudence , compétence et l’entretien
est permanent .
Durant une traversée Antilles vers les Açores , dans un grain le vent a soudainement
viré de 100° alors que le voilier était au près forçant l’équipage a choquer en grand la grand-voile pour garder le cap. Puritan c’est retrouvé grand largue face aux vagues a pleine puissance . Le grand-mat a instantanément dégringolé sur le pont , bastaques ou pas il a plié sous l’effort de la poussée du vent et du choc des vagues. Steve admet qu’il aurait du suivre le vent au près afin
d’affaler la grand-voile avant d’abattre . Sur Puritan les mats sont en pin d’Oregon massif d’une
seule pièce .Steve a fait preuve d'une incroyable maîtrise pour amener le bateau et l'équipage a bon port sans plus de dégâts.
J’avais rencontré Steve quelques semaines plus tôt a notre arrivée a Antigua venant d’Europe
et connaissant par réputation le lascar , j’avais utilisé la formule qui marche a tout les coups avec un skipper traditionnel ;
- permission to come on board ,Captain ?
- who is asking ?
- Captain Patrice Elsner , skipper of Antares
- Please come aboard
Steve connaissait bien Antares ,du temps d’Arthur Holgate et on s’est rapidement bien entendu .
J’étais venu le voir avec une question bien précise sur la manipulation des voiles de flèches.
Je n’ai pas été formé a la voile traditionnelle et durant les 8 mois a bord comme second j’ai du
apprendre sur le tas sans l’aide du capitaine américain peu marin. En un an , j’avais compris pas
mal de chose mais je coinçais vraiment sur comment ferler les voiles de flèches en haut , une fois
affalés.
Ces voiles , environ 35 m2 chacune coulissent sur un rail le long du mat de flèche et donc, une
fois affalés c’est 35 m2 de voile qui pendouillent là haut et il faut deux personnes et un quart
d’heure de gros efforts en haut des bas-mats pour les ferler proprement.
Steve est heureux de m’expliquer que la solution lui avait été donné par A Holgate , l’architecte,
constructeur et skipper d’Antares quelques années plus tôt. La solution , toute simple , consistait en un bout passant judicieusement par les trois points et le centre de la voile puis revenant au pied de mat d’ou on étouffait alors la voile tout en l’affalant. Restait plus qu’a envoyer au calme plus tard un seul gars qui n’avait plus qu’a rabanter la voile toute prête le long du mat. En mer , la voile pouvait rester indéfiniment la haut inerte et sans prise au vent.
C’est donc ce Steve qui me ramène David de July Mother un soir sur le promontoire en lui disant
que j’avais a lui parler , jouissant d’avance d’une rencontre explosive entre le frenchy et l’italien.
Je vais droit au but et lui promets que j’ai l’intention , a la première occasion de lui mettre mon
bout-dehors en travers du carré de Julie Mother. Je n’était pas sérieux bien sur ,mais il joue le
jeux et en présence de Steve on décide, en gentlemen, de régler l’affaire sur l’eau. On profitera
d’une régate informelle entre Antigua et St Barth pour le début de la semaine de St Barth , nous ,
on ne s’arrêtera pas et continuerons tout droit vers la Jamaïque et le Belize. David , sur de lui , me dit que ce jour là il y aura a bord le constructeur , Mr Sangermani . L’enjeu est important pour David,
sur Antares il n’y a que l’équipage de 6 , pas d’extra pour la régate puisqu’on ne s’arrête pas
avant la Jamaïque .
Ce jour là , le temps est beau mais l’alizé faiblard d’est. On prend un très beau départ a pleine
vitesse et on est devant July Mother . On a sorti toute la toile , grand-voile , voile de flèche ,
misaine et voile de flèche, fisherman entre les deux , trinquette , foc de route et foc volant tout en
haut , ça fait quand même 650 m2 de voiles et on est au taquet.
July Mother a envoyé son spi après la ligne et on se dit que c’est foutu pour nous car elle semble
aller légèrement plus vite que nous. David a d’abord essayé de nous passer au vent , on l’a lofé
jusqu’a ce que son spi dévente , avec le fisherman on pouvait lofer jusqu’au travers , il a essayé
sous le vent , on a abattu jusqu’au vent arrière voiles en ciseaux et lui ralentissait alors. Il n’a jamais réussi a s’engager sur nous et prendre la main . Je pense que , trop sur de lui pour une régate au grand largue sous spi pour lui , David était certain de nous laisser comme une pierre dans l’eau et n’avait pas embarqué d’extras pour les manoeuvres et nous étions plus réactif que lui et puis , on avait la rage , nous.
A force de se chamailler entre largue et vent arrière on se rend compte qu’on a dévié de la route
directe et que la ligne d’arrivée est maintenant travers au vent. On lofe tout les deux , lui affale son spi, nous notre fisherman et c’est nous qui le laissons comme un cailloux ,a cette allure , il ne peut rien faire quelque soit la force du vent.
On a passé la ligne d’arrivée et mis le cap a l’ouest.
J’ai appelé David a la VHF mais il n’a jamais répondu, tout le monde écoute la VHF , tout le
monde est au courant de notre régate , tout le monde nous a vu régater bord a bord .
L’affaire du « slow boat » avait été réglée , sans appel net et précis , un vrai coup de sabre
d’abordage . J’appèle le proprio pour lui raconter , lui dire qu’il peut respirer , que je ne ne
mettrais pas notre bout-dehors en travers du carré de July Mother ,ce qu’il avait approuvé
d’ailleurs mais en dernier ressort.
Le propriétaire et moi pensions ne plus entendre parer de cette histoire de « slow boat » mais elle nous rattrapera 7 mois plus tard loin des Antilles.

L’effet papillon (suite)

Nous avons donc continué vers le Belize ou nous avons passé plus d’un mois d’aventures , puis
sommes remontés vers la Floride et Ft Lauderdale notre base américaine.
Là nous avons pu remettre Antares au top avant de repartir vers New York et le Maine ou il est
prévu de passer l’été.
La remontée vers le nord a été mouvementée avec le passage d’une dépression tropicale au large
de cap Hatteras qui nous a secoué et poussé le bateau et l'équipage comme il ne l'ont jamais été.
Le Maine l’hiver je crois que c’est froid , glacial même , ça gèle , ça neige et les tempêtes
défilent. les voiliers sont a l’eau ou a terre désarmés et bâchés . Bref , tout le monde se
recroqueville .
L’été , c’est l’inverse : le temps est souvent calme , pas de coup de vents et les bateaux sont sur l’eau.
Le temps est souvent beau , heureusement parce que il y a beaucoup de cailloux , beaucoup
d’iles , de baies profondes , de courant , de marée et de brouillard qui se lèvera souvent vers
11hrs du matin et laissera apparaitre des paysages superbes fait d’eau , de rochers et d’épicéas.
Il nous faut naviguer sur la pointe des pieds (littéralement) et en alerte mais en fait c’est une
navigation passionnante ,le nez en l’air et sur la carte, a coups d’alignement et de compas de
relèvement.
Les paysages inspirent la douceur et la paix et la navigation impose de la concentration , un bel
équilibre.
Le seul point noir: la température de l’eau , quand même sacrément fraiche qui n’invite
absolument pas au plongeon du matin (ni du midi ni du soir).
Le Maine , c’est aussi et surtout le berceau des goélettes qui allaient pécher la morue sur les
bancs de Terre Neuve , et elles sont toujours là.
C’est la « windjammer fleet ».
Les goélettes qui on survécu ont été converties en bateaux de charter , pas le charter bronzette et baignade , mais charter actif.
L’énorme cale centrale de ces goélette a été convertie en carré , cuisine et lits breton tout autour.
C’est rustique et convivial, tout le monde participe a tout. Pour la propulsion , les voiles , le vent et l’ancre au cabestan manuel. A bord , pas de moteur diesel mais pour les manoeuvres un pushboat , solide annexe en bois , lourde équipé d’un diesel in-bord d’une cinquantaine de chevaux
qui poussera la goélette si nécessaire et la manoeuvrera dans les port.
D’ailleurs , elles y vont pas dans les ports , a part leur port d’attache , c’est mouillage tout les soirs.Certaines sont une copie d’anciennes goélette et sont souvent propriété du skipper avec un ou deux marins, tout ça est très surveillé par les Coast guard et cette vingtaine de goélette
affichent complet tout les étés.
Leur bases de départ sont les ports de Rockport et Camden dans la baie de Penobscot et c’est
donc naturellement a Camden que nous établissons notre base.
L’accueil des « schoonermen « locaux a été plutôt chaleureux , curieux de visiter cette goélette
qui est une fusée spatiale comparé a leur goélette vielles parfois de 100 ans.
Mon second est du coin , je reste en retrait et le laisse faire le « public relation » .Il s’y prend a merveille et on a même droit a un article dans la feuille de choux locale , le Camden Herald.
Tant et si bien que nous sommes invité a leur régate annuelle , la fête des windjammer ,THE
GREAT SCHOONER RACE , un grand rassemblement pour faire la fête et célébrer les goélettes ,
la régate sera sérieuse mais accessoire.
Le 28 Juillet toute la flotte se retrouve au mouillage sur l’ile de North Heaven , a quelques milles de Rockland , notre destination. Tout les windjammer ont fait le plein de passagers et la veille au soir du départ , l’ambiance est a son comble a terre et sur les bateaux. Des chants de marins répondent a une cornemuse qui réplique a une trompette et c’est fort tard dans la nuit que le mouillage retrouvera son silence surtout que le temps est parfaitement calme.
Magique!
Les règles de départ sont simples: tout les skippers a terre avant le départ type « le mans », les
bateaux au mouillage c’est a dire que l’ancre doit toujours toucher le fond (mais juste) , les voiles seulement envoyées a mi-mat.
Le coup de canon ; il n’y a pas d’heure , quand personne ne s’y attend et alors qu’on est encore a
boire le café ensemble et a refaire le monde de la mer , c’est le départ avec course effréné vers
nos annexes et a ramer comme des fous vers nos voiliers respectifs qui sont plus ou moins loin
de la plage le tout sous les encouragements ou/et hues des équipages. Ce n’est qu’une fois que
le skipper a le pied sur le pont que le bateau peut partir.
Et que la pagaille commence!
Le vent est quasi nul et une légère tricherie est autorisée , tout mais PAS DE MOTEUR.
Les annexes sont réarmées par l’équipage et c’est a la rame que tout le monde essaye de se
dégager de cette apparente pagaille.
En fait , c’est un ballet avec ballerines , les petits dit « coastal cruiser » , les gros ( 30m et plus) , sur fond de grand orchestre symphonique de chants , de cris , d’ordres , de bruits de poulies qui grincent . Mais pas la moindre agressivité juste de la chamaillerie, juste le plaisir d’être là ensemble.
Pour notre part , je souhaite la jouer profil bas; c’est leur fête .Je les laisse tous quitter le
mouillage , profiter du spectacle et de l’atmosphère , avant de lancer la manoeuvre et c’est a la
manivelle de secours que nous remontons notre ancre.
A bord , le proprio et sa famille ne sont pas là mais nous avons un de ses amis en la personne
d’un ancien patron de la voilerie Hood ( d’ou nos voiles Hood) et aussi ancien manager d’un
syndicat de défense de la coupe América , du lourd quoi!.
Il est a bord avec femme et enfants et pour la course , cherche a nous mettre en mode régate
mais l’équipage l’ignore et on fait comme on a dit. On veut profiter et pas se prendre la tête.
On est en queue de peloton mais le vent quasi nul va se lever doucement avec le jour qui avance
et avec toute la toile on va inexorablement remonter toute la flotte et arriver a Rockland bien avant tout le monde.
L’arrivée est prévue en parade , tout les bateaux en file indienne défilant devant la jetée alors noire de monde et d’ou partait des hourras a chaque nouvel arrivant qui l’un après l’autre viendra
mouiller a la voile dans la baie . Nous avons du faire demi-tour pour revenir chercher la tête de la parade et prendre notre mouillage impeccablement.
Le soir , remise des prix , chants de marins , grosse atmosphère et bière a gogo comme il se
doit. Tout simplement magique.
On a débarqué notre manager , embarqué notre proprio avec famille et amis et sommes repartis
explorer la cote et ses iles.On est maintenant bien connu de tout les Windjammers et c’est
quasiment tout les jours que nous échangeons par VHF sur les meilleurs coins et la météo.
Tout est tranquille et paisible…
Comme le soir ou on était allé diner a terre chez un de ses amis , Maurice, adorable avocat New
yorkais qui parlait un français parfait. Il habitait pour l’été sur une petite ile et en fin de soirée , au
moment de rentrer au bateau , on se rend compte qu’un épais brouillard ne nous permet pas de
voir a 5 mètres. Je n’ai plus aucune idée vers ou il faut aller et , bien sur, je n’ai pas pris la
VHF .L’équipage et les enfants sont resté a bord et nous sommes quatre , le proprio , se femme ,
la stewardesse et moi a se demander vers ou aller.
Cela nous a pris pas mal de temps pour trouver Antares dans cette purée de pois et c’est
relativement frigorifiés et humides que nous montons a bord , elle, râlant contre les deux hommes
qui ont oublié la radio , lui , une fois sa femme dans sa cabine, se verse un verre de cognac
s’installe dans le cockpit et décrète tout heureux que : c’était une super soirée.
Le lendemain , un décret sera promulgué ( pour calmer sa femme) imposant qu’une Vhf portable
devra systématiquement être dans les annexes.
Mais ce décret ne sera jamais appliqué , on a préféré garder la règle ancienne qui dit que celui qui prend une des annexes se démerde en cas de pépins si il a oublier la radio.
Normal, quoi!
Ainsi , les jours passent.
Jusqu’a ce qu’un jour nous apprenons par le radio que tout le monde se retrouve a Camden pour
la régate entre Antares et , devinez qui? , Julie Mother.
C’est quoi ce bazar?
On est même pas au courant !
Mais si ,nous dit on , c’est même dans le journal. La goélette Julie Mother a lancer un défi a la
goélette Antares.
Branle bas de combat a bord. Il faut rentrer dare-dare a Camden mais ça sent le guet-apens
a plein nez.
A bord , du coté proprio et équipage l’excitation monte mais du coté femme du proprio , ça fait
plutôt grise mine.Depuis notre croisière et aventures au Bélize elle a compris que la complicité
entre le proprio et moi pouvait nous mener parfois a faire des « trucs » avec Antares souvent
limites.
Décider et réussir a amener ( et a en sortir) Antares au milieu du trou bleu de Lighthouse reef au
Belize , entre autre , lui avait laissé un souvenir indélébile .Il faut dire qu’avec nos 30 m et 3 m de tirant d’eau plus des mauvaises cartes on a souvent tutoyé le fond.
Lui , il est heureux a bord .Une fois qu’il a mis ses docksider pourries , il se met en mode bateau , vient me voir et devant la carte du coin demande :
- Alors , on va ou , on fait quoi? et on décide d’un programme que l’on ne suivra pas parce que
ou lui ou moi aurons pensé en route a un « truc » mieux , plus excitant que le programme du
départ approuvé par sa femme. Elle va donc ce jour là se tourner vers lui ou moi ou les deux et
dire d’une petite voix ;
- C’est pas un peu dangereux ce que vous faites là?
Ou alors
- On de devait pas aller a une plage aujourd’hui ? les filles vont etre déçus.
Le trois jeunes filles du proprio sont , elles aussi heureuses a bord .Les règles strictes de la
maison n’existent plus et elles sont un peu passagères , un peu assistantes d’équipage , toujours
de bonne humeur et les règles du bord leur conviennent surtout que chaperonnées par l’équipage
elles peuvent sortir le soir.
Nous voila donc de retour a Camden .
Le port n’est pas grand et Julie mother a pris notre place a quai . Ça commence mal.
Il y a effectivement un article dans le journal il y a une semaine ou tout simplement Le skipper de Julie mother défi officiellement la goélette Antares.
Le petit ……..
Il a visiblement très mal pris la raclé qu’on lui a mise a St Barth .
On se rencontre et après un échange de noms d’animaux sauvages on en vient aux choses
sérieuses.
Ayant été challengé , je décide donc d’un parcours 1/3 de près et 2/3 de portant pour notre
régate de ce samedi dans la baie de Penobscot au vue de tous.
J’embarque a bord le skipper du Marie Day et le second de l’Adventure tout deux schoonermen ,
ils ferons des bras compétents en plus et aussi la connaissance locale des courant et rochers.
Le jour de la régate est parfait , mer belle , vent 10-12 nds du sud et soleil.
Il y a un bateau jury et pas mal d’autre autour.
Départ parfait au près tout dessus vers la marque au vent a quelque miles . Non seulement on le
laisse derrière mais en plus il perd du terrain . Le bord suivant sera du petit largue et on sera
encore plus rapide que lui , restera le bord de vent arrière ou il pourrait , avec son spi , nous
reprendre.
La marque a virer est une tourelle de danger isolé , un petit haut fond, que l’on doit laisser a
tribord . On a virer , bâbord amures , vers la tourelle que l’on va laisser environ 75 m sur notre
tribord. Après , on enverra le fisherman et Julie mother ne nous reverra plus.
Mes marin locaux me confirme bien , ça passe.
ET BOOM, en fait ça fait pas boom mais un raclement sourd , pas de chocs mais on est arrêté .
On vient de se grimper le haut fond largement bien indiqué par la tourelle a coté.
Pas le moment de chercher des responsables .
Ce n’est pas en mettant le foc a contre que l’on sortira nos 90t de là. Donc ,ça va vite: démarrage
du moteur, grand coup de marche arrière avec beaucoup de pas a l’hélice, on se dégage , se
mettre tribord amure pour s’éloigner , couper le moteur , cent mètres de plus et re virer vers la
marque suivante.
On a fait au plus vite mais Julie mother , qui nous suivait a 300 m a évité les hauts fonds
mais ,bien sur, nous est passé devant sans nous attendre , normal .
Le temps de tout remettre en place et de reprendre de la vitesse ils seront environ 300m devant a
la marque suivante pour le bord de vent arrière .
On s’est placé exactement dans son vent arrière , lui sous spi, nous grand voile et voile de flèche ,misaine et voile de flèche en ciseaux .
On finira 50 m derrière , lui complètement déventé par notre mur de toile de 30m de haut par 25m
de large . Encore 200m et on aurait été devant.
Bien sur , avec des si ….
Le deux schoonermen locaux étaient désolés mais le soir , sur les quais et dans les bars , tous
étaient d’accord pour dire qu’on avait superbement manoeuvré , qu’on étaient les plus beau et
qu’on avait vendu chèrement notre peau.
Même David , le skipper de Julie Mother a admis que sans ce malencontreux « cailloux » il aurait
eut du mal a nous doubler.
L’honneur est sauf!
Da toute façon , cela ne fait que 1 partout , après tout.
Julie Mother a disparu du paysage , est reparti comme il est venu , en mode furtif et nous ne
l’avons plus jamais croisé.On s'est demandé si il n'était pas venu exclusivement pour prendre sa revanche, dans ce cas là , chapeau a David.
Quand a nous , nous sommes redescendu doucement vers New York mais a Newport , suite a
une erreur de notre mécano , nous avons détruit ( pas tombé en panne, mais détruit) notre moteur
,le fameux V8-71 Detroit diesel ce qui a sonné la fin des vacances de la famille.

C’est un peu tristounet comme fin mais on se rattrapera aux vacances de Noel aux Antilles ou l’on
décidera de partir pour un tour du monde.
On avait pas le choix , expliquons nous a sa femme pas convaincue du tout , heureusement les
filles sont a fond.

Ce qui fait que…
Quelques semaines plus tard , début Fevrier …
On se présente de nuit a l’entrée de la baie de Carthagène (Colombie) …
Je ne trouve pas la carte de détail.
On fait quoi me demande le proprio ( a bord avec un ami) ?
- Ben , on attend un cargo et on le suit
- Bon , et après ?
- On trouve un pêcheur qui nous conduira au club nautico.
C’est ce qu’on a fait non sans se planter dans la vase juste avant d’arriver au ponton du club
nautico.
J’ai cherché et finis par trouver la carte rangée dans le mauvais tiroir.
Ben voila ! je savais que j’en avait une , de carte de détail.

A suivre…

Photos 1: Antares toutes voiles dehors.
Photos 2 : première page du journal local , Antares est a gauche ,en tête de parade.

23 juil. 2022

On s'y croirait, merci.

23 juil. 2022

belle narration ,vivement la suite......

23 juil. 2022

Et vu ton CV, tu dois en avoir des palanquées d'histoires de mer. Plus on en a, plus on aime.

23 juil. 2022

Matière à faire un super bon bouquin !👍👍👍

Juste magnifique !

23 juil. 2022

Merci pour ce superbe récit

23 juil. 2022

Superbe récit. On attend la suite !

23 juil. 2022

Trés belles histoires, merci bcp pour ce(s) fil(s).

23 juil. 2022

En annexe, photos que j'ai trouvé du voilier Julie Mother (histoire ci-dessus).

24 juil. 2022

On en redemande...

24 juil. 2022

Magnifique histoire!

24 juil. 2022

On avait eu un peu la même histoire de rivalité.

C’était à Rhodes, fin des années 70 et nous étions quelques voiliers à faire du charter sur la côte sud de Turquie.
Les clients arrivaient généralement le Dimanche et débarquaient le Samedi suivant. Le Samedi après midi était consacré aux réparations éventuelles, au polissage des bateaux, à l’approvisionnement et, pour la soirée, à la fête ou les hôtesses changeaient parfois de bord (et de fait de couchette).
C’était arrivé cette semaine là, la petite du L……., un plan Stephens, construit à Brême en 1932, superbe cotre de 22m aux vernis brillants comme du vermeil et au mat démesuré avait débarqué pour le skipper de F……., plan Presle de 22m, ancien de la course autour du monde et de la transat.
Les deux skippers se haïssaient.
A la VHF, les propos étaient parfois salés.
Ce Samedi là, un défi fut lancé. Je ne me souviens plus par lequel des protagonistes, mais il en fût décidé ainsi :
A 14h, les deux bateaux sortiraient du port, prendraient le temps d’établir la voilure, puis la course serait d’aller virer une bouée devant la côte turque à une vingtaine de miles de là, avant de rentrer. L’arrivée se situant dans l’alignement des deux feux d’entrée du port de Rhodes.
J’avais été embarqué sur le L.... pour l’événement.
Il nous fallu beaucoup de temps pour monter l’immense GV.F.... piaffait.
Quand tout fût prêt, les focs, trinquettes, génois et GV établis, les deux immenses voiliers s’élancèrent.
Le canal entre Rhodes et Marmaris est orienté plein travers au meltem. Celui ci souffle dans ce coin là d’une manière régulière pendant tout l’été entre 18 et 25 kn. Les deux voiliers étaient au maxi de leur vitesse, vers les 13, 14 kn, les équipages au rappel. Les gerbes d’eau dessinaient des arcs en ciel à chaque vague.
A la bouée, 25 miles plus loin, les deux bateaux étaient rigoureusement bord à bord.
A l’arrivée, il aurait fallu une photo pour décider quelle étrave avait passé la ligne devant l’autre..

Il y eu ce soir là une fête d’enfer au bar.

Je ne sais plus quel skipper la petite hôtesse récompensa en premier.

29 juil. 2022

ED850,
On doit deviner le nom de L et F ?
Je tente ma chance :
L comme L-----LL
F comme F-----E

F était un voilier magnifique , celui auquel je pense était un plan Herreshoff avec un arrière a tableau sans voute et safran extérieur. Je me suis retrouvé bord a bord avec lui parfois a Rhodes.
Et je ne me souviens plus si il avait un artimon ou pas, il y avait aussi une histoire de grand mat dont le haut , très fin , avait soit cassé ou avait été coupé pour le charter.
Je chauffe ou pas?
Je n'ai rien a voir avec l'histoire de l'hôtesse , je ne suis responsable de rien , je n'ai rien vu ni entendu.
Peut être que cette charmante personne n'est allé récompenser ni l'un , ni l'autre. L'âme en peine , il se peut qu'elle ...

29 juil. 2022

Comme c'est dommage , j'ai appuyé sur publier avant d'avoir fini mon histoire.
C'est benêt.
Bon , ben , tant pis.

29 juil. 2022

Erreur de ma part,

le voilier L - - - - - - ll était magnifique .
Le F - - - - IE (si je ne me trompe pas) un classique Presle de l'époque en alu.

29 juil. 2022

Pour L.....ll, t'as raison, c'est loin et j'ai un peu confondu avec Kh...m (plan Stephens 1932). Pour F.....de, il est plus connu. Il faisait un peu de charter entre des tentatives de records (dont un raté de peu).
Mais en même temps, les protagonistes sont parfois connus. Les noms ne sont pas forcément divulguables partout.
PS: c'était pas fin des années 70, mais début des années 80, en fait.

24 juil. 2022

Bonjour,
merci a tous pour vos commentaires encourageants.Cela me touche.
Raconter proprement a l'écrit ne vient pas tout seul, les retouches sont multiples et le texte peut prendre des semaines.
J'avais écris dans un fil intitulé: goélette antares , le début de l'histoire avec sa mise a l'eau et sa première traversée en solo.
Cette goélette était exceptionnelle. Elle n'était pas seulement belle , elle était a sa place sur la mer mais aussi elle avait une âme .
Non , je n'ai pas fumé ( de la ganja).
Comment vous expliquer en étant pas trop long.
Voici la fin de l'histoire.
Je ne suis pas mystique , mais quand même!
En 1990 , je suis marié avec un enfant , je suis aussi fatigué. Le proprio voudrait me convaincre de le suivre dans un projet d'un voilier plus grand, plus simple , moins fatiguant pour moi.Il voudrait aussi repartir autour du monde. Nous sommes très complices mais je mets pied a terre.
Mon second (français) prend la suite .
Un très beau voilier de 48 metres est dessiné par Ron Holland , pour le construire pas question de passer par un chantier existant. Il crée un chantier pratiquement de zéro en collaboration avec deux hollandais qui avaient déjà un petit chantier naval. Ce sera le chantier Vitters.
Peu de temps après la mise en route de la construction , le skipper d'Antares rejoint le chantier et Antares est confié a un skipper anglais.
Le proprio tombe malade d'un cancer et ne s'en sortira que par une greffe de moelle osseuse.
IL sera sur pied le jour de la mise a l'eau de Thalia (le nouveau).
Entre temps l'équipage de branquignols de la goélette Antares empale celle ci en plein jour sur un récif de l'iles de Cozumel avec perte totale.
Pendant les manœuvres de mise a l'eau du nouveau bateau , le proprio et moi sommes un peu a l'écart et bavardons , comme nous en avons l'habitude, de sujets qui n'intéressent que nous.
Je lui dit alors qu'il lui reste a lui donner une âme a ce nouveau et très beau voilier.
Il me fixe longuement et ne dit rien .On s'est compris.
Cela va être très difficile avec un voilier dont les voiles se manoeuvrent avec 9 boutons.
Thalia n'est jamais partis autour du monde et a fait des allers et retours entre la Méditérrannée et les Caraïbes.
S'ennuyant, le proprio se lance dans la conversion d'un ancien remorqueur de haute mer en yacht.
Cela a été très compliqué , long , très couteux et surtout pas drôle du tout.
Pendant tout ce temps , le skipper de Thalia étant très occupé avec le nouveau projet, je convoyais Thalia d'un coté de l'autre de l'atlantique et de la Méditerranée.
En 2002 Sea Wolf est mis a l'eau. J'ai navigué dessus et j'ai trouvé que ce bateau avait un "quelque chose" , qui me plaisais.
Quelques temps plus tard ,le proprio m'annonce qu'il arrête tout. Il était dégouté par le niveau des équipages, du monde du yachting ; c'est plus son monde.
Il vendra ses deux bateaux et m'achètera un RIB de 10 mètres pour aller pêcher avec son petit fils.
Lui et moi , on en a parlé de nos aventures et de toute l'histoire.
Lui non plus n'est pas mystique mais quand même: la goélette Antares avait elle une âme ?
Moi je sais ... et vous?

Je continuerais a publier par morceaux notre histoire.
Merci a tous

29 juil. 2022

Histoire d’âme de bateau... allez, je raconte.

Notre bateau Galopin est un dériveur intégral, et a une petite particularité : il respire.

Je n'ai rien consommé d’illégal : le puits de dérive est une sorte de très grosse boite soudée à l'envers sur la coque. Cette boite est en grande partie emplie d'eau, laissant à son sommet un volume d'air qui ne peut s'évacuer qu'en un endroit : l'étroit tube par où passent les brins du palan de relevage de la dérive, qui débouche juste en dessous du mât à l'intérieur du bateau.

De fait, lorsque le tangage est important, la variation du niveau d'eau dans le puits de dérive crée une aspiration/expiration par ce tube, et le bruit du passage de l'air est le même que celui d'une respiration. C'est très surprenant, il faut l'avoir entendu une fois pour y croire.

Bref, nous ne l'entendons qu'en mer... sauf une fois.

Septembre 2021, nous remettons Galopin à l'eau après quatre longues années de rénovation. Quatre années passées loin de la mer, sur des étais. Quatre années pendant lesquelles il a longtemps ressemblé davantage à un poulailler sur pilotis qu'a autre chose. Quatre années très dures pour nous, a tout démonter pour le refaire pratiquement à neuf.

Mais enfin c'est fini et nous revoilà à l'eau, amarrés au port de Lorient. On se pose dans le carré... Et alors que tout est enfin calme, nous entendons deux sourdes expirations/inspirations, tout comme un gros animal qui s'éveille doucement.

Bien sûr, il y a certainement une explication logique : un mouvement d'eau, un bateau qui a du passer tout proche... J'en sais rien.

Mais j'ai eu la larme à l’œil.

29 juil. 2022

Aucune logique, il en avait marre tout autant que vous d'être au sec... jolie histoire !

29 juil. 2022

Bien sur qu'il revit ton bateau😀. Dans www.hisse-et-oh.com[...]-mer-11 , FVLS35 a posté une histoire sur les sons particuliers à chaque bateau.

29 juil. 2022

Dans la rade de Lorient, il y a toujours du clapot de par la circulation, la nuit, c'est un la , jusqu'au 7h du matin.

01 août 2022

Salut,

J'ai hésité à poster cette petite tranche de vie dans le sujet consacré aux manœuvres ratées, mais je me dis que ça vaut bien une petite histoire.
C'était dans nos années "peu d'fric", en 2001 ou 2002. Faute de mieux, j'avais trouvé un Sun Odyssey 26 qui avait le bon goût d'être affiché à 520 euro la semaine en basse saison, pour nos vacances d'automne. Partis de Bormes, nous cabotions entre St-Mandrier, Hyères et les Îles d'Or, tranquilles.
Avec un canote de 7,50 m., en basse saison, les capitaineries trouvent toujours une petite place.
Ce jour-là, nous étions au port d'Hyères, le SO 26 nonchalamment glissé le long d'un ponton, au sud de la capitainerie.

Arrive un gros bateau, genre Amel, au pied de ladite capitainerie, juste de l'autre côté de notre ponton. Urbains et encore plus ou moins civilisés à l'époque, mon gamin et moi nous levons et allons prendre les amarres. Le fiston, d'une dizaine d'années, attrape une des amarres avant lancée par un équipier et fait immédiatement un tour mort sur une bite d'amarrage, pendant que j'en fais de même au maître-beau.
Peinards, l'amarre tenue entre deux doigts. Un équipier saute à terre et, sans un merci, dans un geste incompréhensiblement violent, arrache l'amarre des mains du gosse qui n'y comprend rien. Le mec défait le tour mort d'un air dédaigneux et... part quasiment en vol plané à la suite de son amarre tendue. Il s'arrête miraculeusement juste avant de passer au jus et se met à tirer comme un bœuf pour tenter de revenir jusqu'à un anneau.

Soulagé de mon amarre par un autre équipier, je m'en vais consoler mon fiston qui regarde le film en se demandant s'il faut en rire ou en pleurer.
La main dans sa tignasse blonde, en passant à un mètre du gros bœuf toujours arcbouté, je lâche à la cantonade : "tu vois gamin, il y a des grandes personnes qui croient tout savoir mais qui sont de vrais cons !"

Amitiés,
J.

01 août 2022

Une autre histoire d'amarres: apres un ete en bretagne nord + anglos, on redescend en bretagne sud par les canaux. On demate a Dinan et je prends rendez vous avec l'employe du port pour le dematage.
On se met a quai un peu avant la grue. Moi a l'haussiere arriere et ma copine a l'avant , in avance doucement le bateau pour se positionner pile sous la grue.
Arrive un gars qui arrache l'haussiere a ma femme en criant: "espece de conne. Vous n'avez pas vu'qu'il y a une grue".
Juste a ce moment, arrive l'employe du port.' C'est vous qui avez rendezvous pour demater? Positionnez vous pile sous la grue et on y va"
L'autre gros beuf s'est senti un peu idiot.. Le pire, c'est qu'il etait sur un bateau moteur qui a fait une bonne partie du canal avec nous. Je vous laisse imaginer l'ambiance dans les ecluses

01 août 2022

… La violence ! Oo

02 août 202202 août 2022

Dans la catégorie "Pas copain", on relâche pour une nuit à Ploumanach avec le Blue Djin de mes parents tout neuf livré quelques semaines plus tôt. Certes c'est un petit bateau mais il répond à notre programme de bateau itinérant par la route.

On attend sur une des bouées dans le chenal que la marée permette de passer le mur du bassin. Arrivé un joli bateau ancien, même taille, mais à part ça tout oppose les deux bateaux. On rentre ensemble dans le port. Une heure plus tard , dans le bourg , on croise le skipper propriétaire de l'autre bateau, un "bonjour, on s'est croisé tout à l'heure, vous avez un bien joli bateau " de mon paternel reçoit en retour un " ha oui, c'était vous sur l'autre brol en plastique ". J'ai toisé le type avant de lâcher à mon père " tu vois on peut avoir un joli bateau et être un c...ard fini"

02 août 2022

Sans vouloir un instant défendre le c...ard fini, il faut garder à l'esprit que les heureux propriétaires de ces voiliers sortant de l'ordinaire peuvent être parfois las de subir ces approches, même admiratives.
Exemple: les nouveaux propriétaire de la Rose des Vents, navire amiral de l'école de voile du château du Taureau (Finistère), lassés de croiser sur les pontons des anciens élèves de l'école!

04 août 2022

Son bateau était ancien et joli mais ce n'était quand même qu'un cannot breton de 6m, il ne devait pas être si dérangé que ça et même si on le dérangeait, rien ne justifiait une telle réponse, à la rigueur un simple "Bonjour" ou pas de réponse aurait largement suffit.

02 août 202202 août 2022

Les rencontres désagréables en mer et dans le milieu de la plaisance sont heureusement fort rares, au total de mes navigations en Manche sur disons une petite dizaine d'étés j'en ai eu 2, la première à Saint-Malo.
C'était ma première visite dans ce port et l'idée était de passer la nuit dans le bassin Vauban dont l'accès se fait via une écluse. En préambule, nous sommes bien habitués aux maneuvres dans les écluses, mon premier bateau ayant eu son port d'attache aux Pays-Bas. En été les écluses y sont souvent pleines à craquer, et quand l'éclusier juge son écluse pas assez pleine en fonction de ceux qui attendent encore dehors on entend parfois via les haut-parleurs (les écluses y sont assez "high-tech") la phrase "Ik zie nog water !" en français "je vois encore de l'eau !" . Donc en gros, l'écluse n'est pas assez pleine, il y a encore de la place, je fermerai les portes que quand elle sera pleine...
Bon, donc nous sommes en août, j'entre dans l'écluse qui donne accès au bassin Vauban et vois que les côtés droit et gauche de l'écluse sont complets, fort de mon expérience batâve j'en fais ni une ni deux et me dirige tout au fond de l'écluse ou je me mets à couple d'un joli bateau à moteur anglais plein de bois vernis. Quand l'écluse ouvre je me trouve en première position pour sortir à moins de vouloir créer un obstacle pour ceux qui sortent, donc je sors. Un peu plus loin je vois derrière moi un voilier dont la vague d'étrave semble indiquer qu'il est à pleine vitesse, arrivé à ma hauteur le type à la barre (genre vieux mâle grisonnant à tendance territorialiste) m'engueule en m'expliquant de quelle manière j'ai brisé toutes les règles non écrites du bassin Vauban en sortant le premier de l'écluse. Le bateau était du type "assoc" (avec des gros autocollants partout dessus). Le type devait probablement penser que le fait de mariner suffisament longtemps dans son jus à un endroit donné devait lui donner des prérogatives spéciales. Notament de pouvoir enguirlander les étrangers de passage.
L'autre fois était à Falmouth, entre autres endroits particulièrement peu vraisembable pour se faire enguirlander vu la nature discrète des locaux.
C'était mon premier été avec mon nouveau bateau, un plan Sparkman et Stephens de 1973, merveilleux voilier mais la marche arrière au moteur, c'est pas son truc...
La maneuvre était pourtant simple "sur papier", je sors en marche arrière de mon emplacement, en "contrebraquant" comme en voiture et ensuite repars en marche avant en inversant la barre afin d'orienter mon avant vers la sortie...
Seulement le fort vent de travers agit sur mon bateau d'une manière que je n'avais pas encore assimilé, avec un génois sur enrouleur le fardage d'une bateau avec franc-bord bas et sans portique arrière est concentré sur l'avant, rendant ma maneuvre impossible à réaliser. Le bateau refuse de tourner vers le vent.
Je me trouve donc en travers entre deux pontons dérivant vent de travers lentement mais surement jusqu'au fond "en cul de sac" en restant bien au millieu au moyens des petits coups de marche avant et de marche arrière. Au fond il y a un rutilant ketch de +/- 17m avec à bord une "middle-aged" dame de mauvaise humeur. Je ne sais pas si elle était de mauvaise humeur à cause de nous ou si on était juste la goutte qui avait fait déborder le vase ce jour-la.
On dérive donc gentiment et pratiquons un "kiss-landing" sur le bateau avec la dame.
A ce moment, pour me donner le temps de reprendre mes esprits et de réfléchir à la situation je propose à mes deux garçons de nous amarrer à couple une minute ou deux. C'est à ce moment que la dame sort de sa cabine comme un diable de sa boite et commence à faire pleuvoir sur nous plein de mots trés désagréables. Je m'excuse et tente de lui expliquer la situation, comme ça ne semble en rien tarir son flot de paroles, je concentre mon attention sur la manière de nous sortir de la avec , en bruit de fond la dame qui nous engueule. A ce moment, plus ou moins sur un malentendu je me rends compte que le bateau semble parfaitement heureux de sortir de ce pétrin en marche arrière contre le vent, ce que je fais et vais m'amarrer à la sortie de la marina en ponton d'attende. Je reviens à pieds m'excuser auprès de la dame, lui expliquant à nouveau gentiment que c'est notre première saison avec le bateau etc. etc.. Elle était déjà nettement plus calme à ce moment et à la même presque à la limite de l'amabilité, le harbour master est venu et a expliqué à la dame que ce genre de chose arrive et que l'important est qu'il n'y ai eu aucun dégâts.
Voila, ou sinon dans la toute grande majorité des cas beaucoup de gentillesse partout, d'aides spontanées, d'invitations à bord, de curiosité bienveillante.

02 août 202202 août 2022

dans les années 70, j'étais encore un ado boutonneuw, nous effectuons une traversée continent Corse sur un Amel Kirk (bateau relativement récent de l'époque).
C'était avant l'instauration des permis hauturiers.
A mis chemin, un bateau à moteur (petite vedette open) s'approche de nous.
Le gars à la manette nous hèle : ''c'est par où la Corse''.
Notre skipper tend la main en pointant la direction du doigt et lui crie ''c'est par là ''.
Le type a aussitôt remis les gaz et est repartit dans cette direction...
nous n'avons jamais su s'il était bien arrivé !

02 août 2022

Dans les années 70, pour aller en Corse avec un navire à moteur de moins de 25 tonneaux), il fallait le permis B

04 août 2022

c'est vrai, j'avais oublié le B. mes parents l'avaient.

03 août 2022

2 histoires de bateaux qui demandent leur chemin:
dans les années 80 (pas de gps à l'époque), on allait du havre à Cherbourg. Vent travers à 10 noeuds: mon Armagnac faisait ses 5 noeuds sans problème. On voit un voilier au moteur qui nous rattrape péniblement, moteur à fond.
Il se met à notre vent, à 10 mètres de mon bateau (j'apprécie moyen..). Il nous demande : vous avez une vhf? Et non, pas de vhf (c'était rare à cette époque).
Il me demande:
-Vous allez ou?
Moi: Cherbourg.
Lui: on va à Guernesey.
Moi: c'est bien. Bonne route. Si vous vous éloignez un peu de mon bateau, ça m'arrangerait.
Lui: c'est dans quelle direction Guernesey.
Je lui donne un cap compas, mais j'ai bien vu qu'il ne savait pas trop ce que ça voulait dire.
Donc je lui montre avec le bras: "c'est par là". Et il est parti par la..

03 août 2022

Seconde histoire, toujours dans les années 80.
On ramenait le bateau d'un copain basque de Laredo en Espagne jusqu'à Hendaye.
Départ un peu avant la nuit. J'étais à la barre et je vois un feu vert et un rouge qui se dirigent sur nous. J'abats de 10 degrés et il modifie sa route pour aller dans notre direction. J'abats encore de 10 degrés et il fait pareil. Il se rapproche : c'est un voilier au moteur. Il me demande en espagnol mais avec un accent français bien caractéristique »queremos ir à Santander ». (on veut aller à Santander).
Moi : Très bien allez à Santander.
- »Vous pouvez nous donner le cap ».
On fait un rapide calcule et on lui donne : « 10 miles au 300 puis 9 miles au 245 ».
Lui : « Hervé, note bien . 10 miles au 300 puis 9 miles au 245. Tu as bien compris ? ».

Puis ils sont partis vaillamment dans la nuit. La non plus, pas de nouvelles dans les journaux.
Je suppose qu'ils sont bien arrivés

05 août 202205 août 2022

DAns le genre histoire de ponton: Nous louons depuis quelques années (environ 2 à 3 semaine par été) une place dériveur sur la digue de Brehec. L'installation de notre catamaran à la place nous étant attribué par le responsable du port est toujours laborieuse du fait de la transition remorque routière ==> remorque de mise à l'eau ==> plus le matage (deux pour gréer un 15 pieds) la place sur la parking étant restreinte, pour ne pas gêner la route nous sommes contraints de serrer contre les étagères à youyou pour mettre en place le matériel. les clefs à la mains afin de déplacer l'attelage lorsqu’un marin à besoins de poser son annexe. cela dur environ trois quarts d'heures et toujours par échange très polis et compréhensif accordés de discussion de ci et de ça très agréables. Lorsqu'un moment, arrive un homme poussant sont embarcation dans sa rangé nous interpela "Déplacez vite votre voiture, vous gênez ma voiture je part tout de suite". ce à quoi je répond que je vais prendre les clefs sur la remorque de l'autre cotés de de la route, Puis, il part au quart de tour: insultes de tout genre, gueule plus fort que tout le monde à base de "MOI JE PAYE MOI MONSIEUR!!" ou encore "VOUS ÊTES PAS CHEZ VOUS!!, ICI ON EST CHEZ NOUS!!" je me suis bien garder de faire remarquer que comme tout le monde je paye mon emplacement et habite dans le canton depuis 15 ans. Son spectacle à bien duré 20 minutes, appuyé de sa femme et d'un autre gusse. Ne cherchant pas l’escalade je n'ai joué que sur la répartit et un sourire d'amusement que je ne m’efforçait pas de dissimiler. Puis plus calme à la suite de ma phrase "Si il arrive quelque chose à mon bateau, je saurais d’où ça vient, le quai est filmé". A la suite de ça, je lâcha l'affaire et tourna les talon (j'apprécie l’effort de de sortir fermer la barrière du parking sous notre nez bloquant le passages aux autre embarcations. Bref, un beaux spectacle du retour à la civilisation. Heureusement,une chouette rencontre avec un vieil homme me proposant de l’accompagner en mer car trop vieux pour manœuvrer son vieux gréement sans moteur à la godille et remonter ses casiers à la main. comme quoi, il y a toujours des personnes bienveillantes et sympathique dans ce bas monde.

La première fois que j’ai passé le raz de Sein, au tout début des années 70, nous étions sur un Armagnac sans moteur. Il y avait à peine un souffle d’air et le bateau avançait gentiment car nous étions à l’étale de basse mer. Il y avait un peu de brume et la visibilité était assez réduite. Arrive un voilier anglais, au moteur, trainant son poisson de loch. Il nous demande : nous sommes où ? Nous lui avons fait la visite guidée des amers que l’on devinait dans la brume. Un grand merci de sa part et il est parti dans la brume. À cette époque, pour moi, le raz de Sein était un mythe, vite désacralisé par cet anglais…

L’an passé, nous avons quitté St Martin de Ré tout début Septembre, avec une météo parfaite. Petit vent d’Est pour la semaine à suivre, beau temps, températures douces.
Après des mois de confinement, il était plaisant de quitter l’Europe et reprendre la navigation dans des conditions aussi tranquilles.
Dès les Baleineaux virés, le cap vers Ortégal nous mettait plein vent arrière.
Le spi et la voile d’étai en l’air, nous progressions sur une mer calme et sans houle à 5,5 kn, en silence. Les lignes à maquereaux nous fournissaient le repas du soir, avec un petit muscadet bien frais, la soirée et la nuit s’annonçaient idylliques.
Au vu de la météo et contrairement à mon habitude, j’avais gardé mes voiles légères pour la nuit et veillait sans grand zèle bien au chaud dans le cockpit en somnolant de temps en temps.
Vers 1h du matin l’AIS sonna : B….4 se présentait en route de collision. J’étais babord, au 250. Son cap au 300 me disait que c’était un voilier tribord amure .
Il marchait à la même vitesse que nous, il devait donc aussi porter son spi dans ce petit temps d’Est.
En choquant un peu de bras et reprenant un peu d’écoute, je mettais 10° au vent et passais juste sur son arrière à une petite centaine de mètres.
La fin de nuit se passa bien, un petit empannage au matin, puis un autre le soir et la seconde nuit s’entama de la même manière.
A 1h du matin que vois-je apparaître sur l’AIS, venant de mon SE ? Le même B….4. Positionné exactement comme la veille, je dus effectuer rigoureusement la même manœuvre.
2 jours après, nous étions à Vivero, puis cabotâmes lentement jusqu’à la Corogne avant de partir pour Madère.
Nous étions prêt d’arriver à Porto Santo venant du Nord babord amure, toujours sous spi que vers 1h du matin, l’AIS m’avertit qu’à mon vent, en tribord, arrivait un voilier.
C’était B….4 qui me fit de nouveau manœuvrer exactement de la même manière que dans le golfe de Gascogne pour passer quelques dizaines de mètres à sa poupe.
On était donc inséparables avant de se connaître. Les apéros sur les deux voiliers s’enchainèrent alors au même rythme que les rencontres en mer. On s’est croisés de nombreuses fois ensuite dans les Antilles.

Monsieur B, ex officier radio de MM était électronicien de marine dans le Sud.
Un homme très compétent
A l'époque des LORANC que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, l'un de ses clients le consulta
Monsieur B, quand je reporte ma position sur ma carte, il y a un truc qui ne va pas. Je suis perdu.
Au port, Monsieur B va à la TC et porte le point
Correct
Monsieur B lui dit : Là c'est le Nord en lui montrant le haut de la carte
Ah ! Vous faîtes bien de me l'apprendre je vais le marquer en GROS au feutre rouge en haut sur la carte
Authentique

Pas compris.

le client ne savait pas que le NORD est en haut de la carte, et non pas sur le côté ni en bas

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Décembre à Manly beach.  été australien

Souvenir d'été

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Décembre à Manly beach. été australien

novembre 2021