Une belle soirée de fin d'automne

17:15. Je me gare au port. Un soleil orangé livre sa dernière bataille contre les nuages qui s'amoncellent, mais qui ne parviennent pas à lui voler la vedette. La lune, dans son premier croissant, revendique également sa place.
Il fait frais. J'ouvre le bateau. Il m'accueille, comme à chaque fois, avec ce mélange d'odeurs, bois, clope, café, sueur, il me dit : "Salut, toi, trois semaines c'était long", sur un ton de doux reproche. Coupable comme je me sens, je m'empresse de brancher ses deux cordons ombilicaux, eau et électricité.
Je mets en route mon petit radiateur à bain d'huile, mais je ne peux me résoudre à fermer maintenant. Je me fais un café, que je vais boire dans le cockpit. Cela fait maintenant 20 minutes que je suis à bord. L'orange vire au rouge sanguin, avec de nombreuses nuances qui jouent avec les nuages. Je m'émerveille une fois encore devant cette capacité qu'a la Nature de nous offrir des spectacles si variés et si magnifiques.
Il commence à faire vraiment frais. Vais-je rentrer maintenant ? Je ne peux m'y résoudre. Je regarde la fin de cette grandiose bataille que se livrent le jour et la nuit. La nuit gagne, le jour n'est plus. Je rentre et je ferme. Me voici bercé par la douce chaleur de mon carré. Mes pieds nus caressent le plancher. Je me fais à manger. Un peu de chaleur en plus, ça ne fait pas de mal. A présent il pleut. La gamelle est bonne et le vin à température.
Une fois rassasié, je regarde la météo et la marée. Demain, il fera froid, mais beau. Un gentil Nordet, qui me portera sereinement là ou j'aurai envie d'aller.
Une fois de plus, je serai l'invité de la Mer. J'en suis heureux et honoré. C'est juste beau.
Bon vent et mer belle à tous.

L'équipage
25 nov. 2017
25 nov. 2017

:pouce:

25 nov. 2017

le mec, il a un pseudo à faire coucher un malware dehors et il nous fait de la poésie, en récidive en plus… je sais bien que [url=

curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases[/url] mais je me demande si il s'est pas un peu risqué sur le [url=
] bizarre [/url] notre compagnon. :alavotre: :doc:

:topla: :topla: :topla: :bravo: :bravo: :bravo: :pouce: :pouce: :pouce:

25 nov. 2017

Une variante personnelle...
Il fait frette, le mercure frôle les -10 C, j'ouvre le bateau, il m'accueille comme chaque fois avec cette odeur d'antigel...
Il me dit salut toi, 6 mois c'est long sans bouger...
Je lui dis à la prochaine, je me dépêche de rentrer... à la maison pour me réchauffer à côté du feu...

On a bien besoin de poete sur le site ,ça remonte un peu le niveau philosophique ;-)

26 nov. 2017

les poêtes ne sont pas toujours des philosophes, quoique ;-)

26 nov. 2017

De la pomme ? Y'en a... Peut-être...Sûrement... :langue2:
Merci les potes !
Si vous prenez plaisir à lire comme je le prends à écrire, alors tout est bien.

Surtout ne te lances pas a faire de la poesie sur l'electronique :-D

26 nov. 2017

ça peux se faire:

guitare et gameboy <3

26 nov. 2017

:pouce:
Cool.

26 nov. 2017

:bravo:
J'avais déjà mis une étoile, mais il faut souligner aussi que ce "monstre" prend la peine de respecter l'orthographe...
C'est agréable à lire sans avoir besoin de lire tout haut les mots pour comprendre, contrairement à d'autres...
:topla: :-p

26 nov. 2017

Y aurait-il une suite ? :litjournal:

26 nov. 2017

Si j'étais aussi doué que toi, j'aurais pu écrire aussi sur ma soirée au mouillage à l'Ile d'Ars il y a quelques jours, sauf que ...
Une grosse vedette est arrivée, traînant un jetski!
Un quart d'heure à déchirer la mer et le calme de la soirée, est-ce possible d'être aussi con?
et je croyais que la vitesse est limitée dans le golfe?
:-( :non: :non:

26 nov. 2017

:pouce: J'aime tes écrits, parce qu'ils me font du bien ! :bravo:

27 nov. 2017

Et parce qu´íls sont bien écrits...
:acheval:

26 nov. 2017

Bonsoir. Merci bien bugcrusher pour ce joli texte et ces "belles images" ... je vis parfois la même situation,mais ... je ne l'écris (ou décris) pas aussi agréablement ... merci ... bonne nuit ...

26 nov. 201726 nov. 2017

"Y aurait-il une suite ?"
Oui, et c'est un plaisir pour moi de vous l'offrir.
.
.
22:30. La température dans le bateau est stable à 16 degrés. Il est temps de faire un gros dodo.
J'ouvre les yeux, rassasié d'un sommeil sans faille. Je ne dis pas "réparateur", parce que quand je suis à mon bord, il n'y a rien d'autre à réparer que quelques broutilles ça et là. Moi je suis juste heureux.
Donc, j'ouvre les susdits. Je me prépare un café, et pendant qu'il coule, je regarde autour de moi. Il fait encore noir. Normal, c'est quand même presque l'hiver. Par acquit de conscience, par réflexe, et par tout ce qu'il vous plaira, je suis pas Saint-Nectaire, je chope ma montre. Merdre... 3 heures et des brouettes. Pas de doute, je me suis fait ce que les hé, rue, dis appellent "un cycle complet". Ouaip, c'est bien de le dire, mais là je suis comme un con, plus sommeil, fait noir, je sors, je sors pas, brèfle, le dix lems, comme disaient les russes qui savaient pas quelle fusée envoyer.
Casse la tienne, j'ai de la 4G en pagaille, je me fais un vieux spectacle de Pierre Desproges et bordel de moi-même, je vais m'éclater.
L'affaire nous met sur les trucs de 5 heures. La partie la plus difficile, entre chien et loup, est passée, et je me souviens que je dois compléter mon niveau de rouge. Meuh non, pas le vin, bande de mécréants, le carburant.
Encore un prétexte à la con pour larguer les amarres. Ce dont auquel je fais (c'est pas françois, je sais, mais une fois encore, comme je t'aime, je te compisse).
Ma voici à la station, oh purée, le bidule automatique fonctionne ! Hop ! Plein de Coco et nourrice pleine aussi. Et maintenant, je rentre ?
C'est là qu'on arrête de déconner et qu'on repasse en mode "j'aime".
Je pars. Il n'y a pas de vent, mais tant pis. J'ai le plein, hein, vous vous souvenez ?
Je sais où aller. Vers le banc des Marguerites, ça ne bougera pas trop et je suis aux premières loges. Mon fidèle pilote me mène sur place. Pas d'électricité, le café, il faut le faire à l'ancienne. Je fais bouillir de l'eau, et pendant ce temps, je vais dans le cockpit écouter le bruit de la mer qui, tout comme moi, s'éveille.
Le café est brûlant, le mug me réchauffe les mains avant que son contenu ne me réchauffe le corps.
Le premier croissant de lune me dit : "regarde-moi, je m'en vais, mais je ne serai jamais loin, demain, si tu veux bien regarder, tu me retrouveras".
Le soleil peine à s'imposer, dans cette brume indécise. Une légère brise se lève. J'envoie la GV, sans grande conviction. La Nature m'encourage, le bateau avance. J'envoie le génois, et je coupe le moteur. Oh, je ne vais pas vite, mais je vogue. Je suis, comme à chaque fois, émerveillé du spectacle qui m'est offert.
Je ne vais pas forcément là où je veux, mais je vais, c'est ça qui est important.
09:30 : je reviens au port, reconnaissant d'avoir pu savourer ces moments magiques. J'amarre, je me refais un café bien chaud et dodo. Je suis face au Nord, je sais que le soleil de midi me réveillera. Et il le fait.
15:30 : le ciel se voile, et il faut que je rentre. Je change les cartouches de mes absorbeurs d'humidité, je passe un coup de balai, je ferme.
Je suis sur le ponton, mon sac sur le dos, comme un jeune qui ne sait comment dire au revoir à son premier amour. Salut, mon Ami, mon Copain, mon Bateau, je reviendrai vite, je te le promets. Tu vas me manquer.
Bon vent et mer belle à tous.

28 nov. 201728 nov. 2017

Au début j'ai eu peur.Tu commences par dire que tu te gares....
mais c'était en voiture bien sur!
:pouce:

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