Très Décevante Expérience Dans Un Chantier du Sud-Ouest

Je tenais, depuis ce fait, à raconter à tout navigateur et navigatrice ce que j'ai vécu dans un chantier girondin, il y a environ un an.
Cet article ne veut pas être une dénonciation, mais une mise en garde relative aux traitements auxquels peuvent être exposés les bateaux et leurs propriétaires lorsqu'ils souscrivent un contrat avec un chantier naval.
Je venais d'acheter mon voilier sur le Bassin d'Arcachon, et j'avais appris qu'à proximité existait un chantier disponible à l'abriter de suite, ce qui m'arrangeait pas mal au vu du fait que je ne disposais pas encore d'une place de port attribuée, ni sur le Bassin ni ailleurs, et que mon domicile se situait à 700Km de la susdite zone.
Ayant navigué jusqu'alors essentiellement en Méditerranée (en Italie et en Grèce), et connaissant bien l’ingérence des chantiers de ces pays au sujet des travaux à réaliser sur son propre bien, j'avais posé des questions précises aux gérants du chantier en question, en recevant des réponses limpides : "Bien sûr que vous pouvez travailler vous-même sur votre bateau ! Par contre, non, ça non, vous ne pourrez pas dormir à bord..."
Entendu. Certes, le fait de ne pas pouvoir dormir à bord fut difficile à digérer, puisque de payer le stationnement d'un bateau habitable sans pouvoir y dormir me dégoutait assez, mais, soit... Patience. J'acceptai le contrat.
Le voilier est resté à terre pendant plusieurs mois, durant lesquels l’œuvre de restauration a procédé de façon non linéaire et proportionnellement à mon expérience de bricolage, c'est-à-dire lentement. Cela dit, les choses prenaient forme, et entre mes aller-retour domicile-Arcachon j'avais déniché une place de port en Bretagne, dont la date du début du contrat était désormais fixée.
Quatre mois après, soit quinze jours avant le départ vers le Nord-Ouest il ne me restait plus qu'à poncer et à peindre la quille, vidanger et entretenir le moteur, passer l'antifouling, acheter et installer de nombreux équipements de bord.
Là, ce fut le Choc : j'étais en train de retaper mon canot quand le chef des ouvriers du chantier m'appela en disant "Monsieur, ils ont fait un arrêté préfectoral selon lequel vous ne pouvez plus travailler sur votre bateau. D'ailleurs, vous ne devriez même pas vous trouver à l'intérieur du chantier. L'entrée vous est désormais interdite, sauf pour embarquer ou débarquer des trucs vite fait. Ce sont les nouvelles normes de sécurité et de protection environnementale."
J'étais fou de rage, car, comment finir ce qu'il me restait à faire pour partir vers la Bretagne, sinon en chargeant de ces travaux le personnel du chantier, ce qui allait me coûter des frais dont on m'avait assuré pouvoir me passer?
Après avoir longuement négocié avec la direction, nous rejoignîmes le suivant compromis : j'allais acheter tout le matériel, et eux ils allaient procéder aux travaux pour un "prix forfaitaire" censé m’accommoder de la gêne occasionnée par cet arrêté préfectoral embêtant pas mal aussi le directeur du chantier, qui néanmoins y trouvait plus d'intérêt que moi !
D'ailleurs, les mauvaises surprises n'étaient pas finies : une source sûre et proche de l'établissement m'apprit par la suite que cet amendement pendait au nez de l'administration depuis bien longtemps, que le chantier en était au courant depuis toujours et que, faute de saboter les plans de navigation de maintes clients, la direction n'avait pas voulu les prévenir que ce changement majeur allait pouvoir se produire sous peu, et que, même, ils continuaient à accepter de nouveaux et de vieux clients sans le mentionner aucunement.

Le paradigme est toujours le même, d'ailleurs très typique de l'univers social du bassin de navigation méditerranéen : t'as un bateau, tu payes cher. La plaisance est un truc de VIP ! Et moi qui croyais l'Atlantique si différent !
Pour la précision : je me contente de peu. Mon bateau est petit, mais je compte bien y naviguer longtemps, en m'en occupant moi-même à hauteur de mes compétences. J'étais donc sous le choc.
Tant bien que mal, profitant de l'absence du directeur et du chef des ouvriers sur le chantier, je pus travailler pendant les heures d'ouverture, en finissant tout travaux à l’exception du carénage et de la pose de l'antifouling, dont la tache revenait au personnel du chantier selon les critères informellement convenus.
Et une semaine plus tard, à ma dernière arrivée sur les lieux, le chef des ouvriers m'accueillit avec une chaleur que je ne lui connaissait point, en me disant qu'il allait justement procéder à la pose de l'antifouling illico, avec les outils qu'il tenait déjà entre ses mains et avec la peinture que j'étais censé lui remettre ce matin-là. Je lui dis de ne pas s'empresser, car je n'avais plus l'intention de caréner, et que j'aurais pris la mer avec les œuvres vives telles qu'elles étaient (à savoir juste karcherisées à la va vite lors de la sortie de l'eau, quelques mois auparavant). Je compris tout-de-suite pourquoi monsieur le contre-maître me dissuadait à rentrer dans le chantier avec plus de véhémence que d'accoutumé. Arrivé au bateau, l'évidence : le type voulait passer mon antifouling sans même dégrossir les algues et les moisissures restées sur la coque depuis la sortie de l'eau ! La preuve en était qu'il avait déjà appliqué le ruban adhésif sur la ligne de flottaison ! Par-dessus le marché, mon canot ne se trouvait nullement sur une aire de carénage, ce qui indique bien évidemment que les normes environnementales n'auraient pas été respectées même en faisant effectuer cette polluante opération par le personnel spécialisé, faute d'installations prévues à cet effet dans le chantier en question. La seule différence entre faire le carénage moi-même et le faire faire à eux, c'est que dans le premier cas il n'auraient pas été payés !

Après avoir réglé le montant du stationnement, je fuis ce chantier et le Bassin d'Arcachon dès que la marée me consentit d'en franchir les passes, en me promettant une chose : que je n'aurais plus cru que de telles pratiques mafieuses étaient l'apanage méditerranéen !
Donc, je publie ce récit dans l'espoir que des semblables traitements ne mettent pas de bâtons dans les roues aux plaisanciers sous prétexte de normes environnementales ou de sécurité quelles qu'elles soient, à partir du moment où elles ne servent que le pognon, et pas le moins du monde le but qu'elles seraient censées servir.
Alors, je vous invite à vous informer au préalable sur les législations auxquelles sont (ou seront) soumis les chantiers où vous voudriez installer vos voiliers.
Avec tout respect pour la mer, ses occupants, et ses professionnels honnêtes,
FJ

L'équipage
18 fév. 2018
18 fév. 2018

tu as obtenu ce fameux decret ?

18 fév. 2018

Expérience dans le ton de bien d'autres hélas. Quel avenir pour notre plaisance ?...

18 fév. 2018

Non, j'étais trop occupé. Mais en considérant que d'autres communes autour du Bassin l'appliquaient déjà depuis des mois, j'ai trouvé ça vraisemblable (sans considérer que cela m'avait été reporté aussi par d'autres professionnels du nautisme).

18 fév. 2018

Il faut arrêter de payer pour des soi-disant services !
La mer n'appartient à personne, et c'est à tout-le-monde d'en préserver le royaume.

18 fév. 2018

étonnant qu'un tel décret ne s'applique pas sur l'ensemble du territoire

18 fév. 2018

Espérons que ça n'arrive jamais.
Aire de carénage, et puis au propriétaire d'y faire son job. Qu'y a-t-il de plus simple?

18 fév. 2018

Merci Marco. Très instructif.

18 fév. 2018

ok pour le discours et l'avertissement, mais il y a des passages qui me gênent beaucoup, notamment "très typique de l'univers social du bassin de navigation méditerranéen" et "de telles pratiques mafieuses étaient l'apanage méditerranéen !" entre autres ...

Merde alors, vous n'êtes donc pas capable de dénoncer quelque chose en vous en tenant aux faits? sans généraliser et tenter de porter le discrédit sur une population ? Et quel rapport avec votre histoire qui se passe en gironde?

En fait cela décrédibilise votre propos et le gap est faible à penser qu'on peut avoir affaire simplement à un grincheux de plus qui à juste besoin de déverser son fiel en publique alors qu'il était si simple de juste raconter son histoire...

pffff ...

18 fév. 2018

ok pour le discours et l'avertissement, mais il y a des passages qui me gênent beaucoup, notamment "très typique de l'univers social du bassin de navigation méditerranéen" et "de telles pratiques mafieuses étaient l'apanage méditerranéen !" entre autres ...

Merde alors, vous n'êtes donc pas capable de dénoncer quelque chose en vous en tenant aux faits? sans généraliser et tenter de porter le discrédit sur une population ? Et quel rapport avec votre histoire qui se passe en gironde?

En fait cela décrédibilise votre propos et le gap est faible à penser qu'on peut avoir affaire simplement à un grincheux de plus qui à juste besoin de déverser son fiel en publique alors qu'il était si simple de juste raconter son histoire...

pffff ...

:bravo: FlyingJunior,
on en a souvent parlé ensemble, et tu as fait là une description fidèle de ce que tu as vécu.

Et avec l'élégance qui te caractérise, à savoir : tu n'as balancé aucun nom ou moyen d'identifier le chantier.

Bravo pour cette prouesse, les habituels grincheux du forum y trouveront à redire, mais on s'en fou complètement, ils ne savent faire que ça !
Même si je ne suis pas concerné par ce secteur de navigation, merci pour cette alerte, qui servira à d'autres Héonautes !
:topla: :alavotre: :bravo:

20 fév. 2018

Il faut savoir appeler un chat un chat et mettre un nom sur un chantier au comportement douteux comme cela m'est arrivé ainsi qu' à Laurent C une autre victime de Xufre par exemple. A eux de repondre et de se justifier. J'en ai de plus en plus marre aussi d'être pris pour une vache à lait parceque je possède un "yacht" :mdr:

19 fév. 201819 fév. 2018

Bonjour FlyingJunior

Voulant creuser un peut plus l'Histoire de l'arrêté qui interdirait a un particulier de caréner je suis allez faire un tour à la source ! (ben oui ! c'est par la qu'il faut commencer)

Rien trouver !!!

www.gironde.gouv.fr[...]/search

Une pratique de beaucoup de pseudo -professionnel c'est de faire prendre leurs vessies pour des lanternes ! Ce n'est ni propre a Arcachon ni au nautisme ! (voir certains garagistes qui disent qu'on n'a plus le droit de faire çà vidange à la maison !

Ce qui est interdit c'est de polluer ! pas de passer par un pro qui polluerait à ta place !

Certaines zones du bassin sont passé en fin d'année en vigilance plus, mais sans information de ta part... !!! impossible d'identifié la zone !

Après perso j'évite cette zone, trop de monde, trop de courant, pas assez d'eau !

!;-) ;-)

19 fév. 201819 fév. 2018

@ a_guy
Pour avoir été en contact à maintes reprises avec FlyingJunior à cette période, il apparait qu'il y a une très forte présomption pour que ce soit le chantier, et lui seul, qui ai fait les frais de cette mesure préfectorale...
(respects de normes écologiques, rejets, etc)
Pour se couvrir auprès de ses clients, il évoquerait une directive s'appliquant à tout le bassin...
:reflechi:
Il n'a jamais pu fournir la moindre copie de cet arrêté (que je lui avais conseillé de réclamer), mais face à sa position de patron de chantier, notre ami Marco n'avait guère de choix...

19 fév. 201819 fév. 2018

Slt Ar Vag

Je ne doute pas un seul instant de la bonne fois de notre juniorvolant, ni de la malhonnêtes intellectuelle présumer de son interlocuteur ! c'était bien pour mettre l'accent sur ce point dans un pays de droit quoi que l'on en dise c'est interdit pour tous le monde ou c'est autorisé pour tous le monde !!! un peu comme le stationnement interdit ''sauf riverain'' .ça peut être stationnement interdit pour camion pour mobylette pour voiture mais pas pour les voiture ''des autres sauf moi'' ! même si il y a un panneau qui le dit !!! les préfets veilles sur ces types de comportements qui vont à l'encontre des droit et liberté de chacun donc la lecture d'un arrêter préfectoral doit ce faire en entier et ne pas laisser certaines personnes en faire une interprétation !
j'espère qu'il trouvera dans son nouveau port des pro sympas et compètent (il en reste malgré tous pas mal un peu partout ) et même sur Arcachon et en med !!!
:-p ;-)

Quoi quant Bretonnie du sud .... :reflechi: ;-) ;-) ;-)

19 fév. 2018

c'est vrai aussi que le milieu du nautisme regorge de truands en tous genres. Passer par la défense du consommateur ?

19 fév. 2018

En italie cote ouest c est la règle interdiction de faire son carénage son carénage et son antifouling soit même et de vivre a bord je mettais renseigne dans plusieurs chantiers car le levage calage était moins cher qu en France mais pour nous qui vivons a bord a l année c etait rédhibitoire
Mais au moins tu es informe c est marqué sur ton devis de levage
plus fort je me suis fait réprimander dans un port parce que je passais de l huile de teck sur mon pont et su ol considérait que c etait des gros travaux interdits a flot combine a l italienne pour obliger a passer par un chantier
bien sur l explication qu on m a donné c est que le bateau doit toujours rester manoeuvrant au port le temps de toute ces explications nous avions fini de passer l huile de teck et le moment d énervement est passe comme toujours en Italie Depuis on est connu dans ce port et toujours superbement accueillis mais maintenant j evite de sortir un tournevis

22 fév. 2018

Même si "Junior volant" a été poli et concis, relatant les faits sans trop de personnalisation (à part une petite comparaison méditerranéenne bien pardonnable), il aurait été juste de donner le nom ou du moins la localisation précise de ce "chantier".
.
J'ai eu affaire à deux chantiers situés sur les bords de la Seudre (17) et qui avançaient les mêmes arguments (facilement vérifiables en préfecture) et dont la seule préoccupation était de dire au propriétaire que de faire des travaux polluants était impossible pour le propriétaire mais pas pour le chantier alors qu'il n'y avait aucun moyen de rétention ou collecte et traitement de ces déchets composés à 99% d'antifouling...
Au final, comme lui, j'ai fini par monter le bateau en Bretagne pour y faire le travail voulu à savoir réfection totale de la carène et des œuvres vives. Le climat "légèrement humide" en période hivernale bretonne n'a pas aidé à accélérer les choses mais au moins ce fût fait sans pollution ni tarif exorbitant. J'ai aussi été aidé par le fait que j'avais trouvé un travail à 900 mètres de mon bateau.

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