Tabou, par Alain Gerbault

19 oct. 2018
20 oct. 2018

Gerbault, comme Stevenson et London avant lui témoigne de la brutalité de l'entreprise coloniale...
;-)

20 oct. 2018

"En marge des traversées - L'évangile du soleil" est un réquisitoire implacable contre la civilisation blanche, raison pour laquelle ce livre, un des derniers de Gerbault, a été soigneusement occulté. C'est un livre unique, admirable, éblouissant même comme le soleil qui l'inspire. Quant aux écrivains-voyageurs que Gerbault lisait et aimait, voici ce qu'il écrit page 88 du livre:
"C'est pourquoi je vivais dans un monde de rêve, avec mes auteurs préférés, avec tous les écrivains qui s'étaient succédé à Tahiti, Hermann Melville, Loti, Stevenson, Jack London, Calderon; et puis, peutêtre et surtout, Rupert Brookes dont j'aimais les poèmes et qui, comme moi, avait aimé jouer et rire avec les indigènes, avec les enfants chez qui survivait encore le vieil esprit tahitien. Mes pensées étaient cependant surtout avec le Tahiti des légendes que n'avait pas encore atteint la civilisation blanche. Hélas! les Tahitiens actuels sont aussi éloignés de leurs admirables ancêtres que les Grecs actuels le sont des héros d'Homère."

20 oct. 2018

belle trouvaille !!

20 oct. 2018

Un blog qui semble bien intéressant par ceci et par ailleurs. Merci

20 oct. 2018

Alain Gerbault, c'est pas le type qui faisait des cartons sur les dauphins, au fusil(Mauser?), les jours de oisiveté!!!

20 oct. 2018

SkipperTramex: si c'est tout ce que vous savez ou avez retenu de Gerbault, c'est assez préoccupant pour vous...
En effet, il raconte dans le récit de sa première traversée de l'Atlantique qu'il tirait sur les dauphins ou marsouins avec une carabine Mauser qu'on lui avait donnée.
Mais ce que l'on constate dans ses récits suivants, c'est qu'il n'a pas recommencé et qu'il a changé totalement d'attitude envers les animaux et la nature, éprouvant pour eux comme pour les êtres humains une grande sollicitude.
As de l'aviation de chasse lors de la 1e guerre mondiale, tennisman de niveau international, excellent ingénieur, navigateur hors pair ayant accompli des prouesses, ayant connu la gloire dans avoir succombé à ses poisons, amoureux et grand connaisseur de la Polynésie, Alain Gerbault a été un grand homme et un grand marin.

21 oct. 2018

J'ai tout de même des souvenirs plus récents, notamment documentaire vu à la télé il y a quelques années qui relatait les "distractions" à bord des paquebots avant la dernière guerre.

Si je me souviens bien également, Le Toumelin utilisait aussi une carabine Mauser à bord de Kurun.

21 oct. 2018

De toute façon, les dauphins, ça casse la moyenne :-p

21 oct. 2018

skipperTramex. On ne retient que ce que l'on veut. Firecrest a été coulé lors de son remorquage du Havre à Brest si je me souviens bien, Gerbault l'ayant donné à la Marine nationale pour servir de voilier-école. Il a été remorqué avec un câble en acier et sans personne à bord ni à la barre, et par une mer forte. Oui, Gerbault a dénoncé les erreurs commises par le personnel de la Marine. Il a été très affecté par ce drame et il a beaucoup regretté son choix, comme il l'explique dans l'un de ses récits. Il dit qu'il aurait dû le couler en mer comme il y avait pensé au début.

20 oct. 2018

Il faut toujours se remettre dans les pratiques et croyances d'une époque passée.
Tirer sur les dauphins ou marsouins nous est insupportable à juste titre.

Mais je me souviens d'albums d'images de mon enfance, période de la guerre (!!!) qui montraient des passagers de paquebots se livrant à cette activité. On fournissait des carabines aux passagers pour qu'ils pratiquent cette forme de meurtres.

De même au sujet récemment du coût de restauration de la maison de Pierre Loti à Rochefort qui déclenchait l'ire de certains car ce romancier avait comparé des africains à des singes dans un de ses romans, "le roman d'un spahi", je crois. A cette époque (fin 19è), les scientifiques croyaient que l'évolution conduisant à l'homme actuel avait été linéaire et avait donc suivi le processus singe vers homme, les africains apparaissant comme un maillon intermédiaire, plus tout à fait singe et pas encore homme, ce qui avait permis de les traiter comme du bétail dans le trafic négrier (en plus, des théologiens affirmaient qu'ils "n'avaient pas d'âme"!!!) et justifiait leur exploitation dans le cadre de la "colonisation civilisatrice"!
On ne peut que prendre acte de ces faits hélas réels dans une lecture critique des écrits de ces époques.

20 oct. 2018

Tu sais, les lectures de jeunesse, on peut retenir que ce qui choque.
Sinon, son bateau fut savamment coulé par des, incompétents?
Malgré tout, les incompétents, avaient de beaux costumes?

21 oct. 2018

ecumeur Oui, vous avez tout à fait raison. J'ai vu une carte postale ancienne de la période d'entre-deux guerres je crois, montrant des hommes sur le pont d'un petit bâtiment de la Marine nationale, en mer, devant la côte de Charente-Maritime, massacrer un banc de dauphins à la carabine et au pistolet. A cette époque, les petits cétacés étaient chassés systématiquement comme "nuisibles" parce qu'ils concurrençaient les pêcheurs.
On pourrait trouver une foultitude d'autres exemples.
On ne peut pas juger les hommes d'autres époques et d'autres pays selon les moeurs actuelles de l'endroit où nous vivons.

20 oct. 2018

Alain Gerbault a eu son heure de gloire médiatique dans les années 30 au point d'être le sujet d'une chanson célèbre de l'illustre et merveilleuse chanteuse Yvonne Printemps (femme de Sacha Guitry puis de Pierre Fresnay).

20 oct. 201816 juin 2020

Tiare Tahiti

Mamua, when our laughter ends,
And hearts and bodies, brown as white,
Are dust about the doors of friends,
Or scent ablowing down the night,
Then, oh! then, the wise agree,
Comes our immortality.
Mamua, there waits a land
Hard for us to understand.
Out of time, beyond the sun,
All are one in Paradise,
You and Pupure are one,
And Tau, and the ungainly wise.
There the Eternals are, and there
The Good, the Lovely, and the True,
And Types, whose earthly copies were
The foolish broken things we knew;
There is the Face, whose ghosts we are;
The real, the never-setting Star;
And the Flower, of which we love
Faint and fading shadows here;
Never a tear, but only Grief;
Dance, but not the limbs that move;
Songs in Song shall disappear;
Instead of lovers, Love shall be;
For hearts, Immutability;
And there, on the Ideal Reef,
Thunders the Everlasting Sea!

And my laughter, and my pain,
Shall home to the Eternal Brain.
And all lovely things, they say,
Meet in Loveliness again;
Miri’s laugh, Teipo’s feet,
And the hands of Matua,
Stars and sunlight there shall meet,
Coral’s hues and rainbows there,
And Teura’s braided hair;
And with the starred ‘tiare’s’ white,
And white birds in the dark ravine,
And ‘flamboyants’ ablaze at night,
And jewels, and evening’s after-green,
And dawns of pearl and gold and red,
Mamua, your lovelier head!
And there’ll no more be one who dreams
Under the ferns, of crumbling stuff,
Eyes of illusion, mouth that seems,
All time-entangled human love.
And you’ll no longer swing and sway
Divinely down the scented shade,
Where feet to Ambulation fade,
And moons are lost in endless Day.
How shall we wind these wreaths of ours,
Where there are neither heads nor flowers?
Oh, Heaven’s Heaven! -- but we’ll be missing
The palms, and sunlight, and the south;
And there’s an end, I think, of kissing,
When our mouths are one with Mouth. . . .

‘Taü here’, Mamua,
Crown the hair, and come away!
Hear the calling of the moon,
And the whispering scents that stray
About the idle warm lagoon.
Hasten, hand in human hand,
Down the dark, the flowered way,
Along the whiteness of the sand,
And in the water’s soft caress,
Wash the mind of foolishness,
Mamua, until the day.
Spend the glittering moonlight there
Pursuing down the soundless deep
Limbs that gleam and shadowy hair,
Or floating lazy, half-asleep.
Dive and double and follow after,
Snare in flowers, and kiss, and call,
With lips that fade, and human laughter
And faces individual,
Well this side of Paradise! . . .
There’s little comfort in the wise.

Rupert Chawner Brooke (1887-1915)


The Great Lover

I have been so great a lover: filled my days
So proudly with the splendour of Love’s praise,
The pain, the calm, and the astonishment,
Desire illimitable, and still content,
And all dear names men use, to cheat despair,
For the perplexed and viewless streams that bear
Our hearts at random down the dark of life.
Now, ere the unthinking silence on that strife
Steals down, I would cheat drowsy Death so far,
My night shall be remembered for a star
That outshone all the suns of all men’s days.
Shall I not crown them with immortal praise
Whom I have loved, who have given me, dared with me
High secrets, and in darkness knelt to see
The inenarrable godhead of delight?
Love is a flame:—we have beaconed the world’s night.
A city:—and we have built it, these and I.
An emperor:—we have taught the world to die.
So, for their sakes I loved, ere I go hence,
And the high cause of Love’s magnificence,
And to keep loyalties young, I’ll write those names
Golden for ever, eagles, crying flames,
And set them as a banner, that men may know,
To dare the generations, burn, and blow
Out on the wind of Time, shining and streaming . . . .

These I have loved:
White plates and cups, clean-gleaming,
Ringed with blue lines; and feathery, faery dust;
Wet roofs, beneath the lamp-light; the strong crust
Of friendly bread; and many-tasting food;
Rainbows; and the blue bitter smoke of wood;
And radiant raindrops couching in cool flowers;
And flowers themselves, that sway through sunny hours,
Dreaming of moths that drink them under the moon;
Then, the cool kindliness of sheets, that soon
Smooth away trouble; and the rough male kiss
Of blankets; grainy wood; live hair that is
Shining and free; blue-massing clouds; the keen
Unpassioned beauty of a great machine;
The benison of hot water; furs to touch;
The good smell of old clothes; and other such—
The comfortable smell of friendly fingers,
Hair’s fragrance, and the musty reek that lingers
About dead leaves and last year’s ferns. . . .
Dear names,
And thousand other throng to me! Royal flames;
Sweet water’s dimpling laugh from tap or spring;
Holes in the ground; and voices that do sing;
Voices in laughter, too; and body’s pain,
Soon turned to peace; and the deep-panting train;
Firm sands; the little dulling edge of foam
That browns and dwindles as the wave goes home;
And washen stones, gay for an hour; the cold
Graveness of iron; moist black earthen mould;
Sleep; and high places; footprints in the dew;
And oaks; and brown horse-chestnuts, glossy-new;
And new-peeled sticks; and shining pools on grass;—
All these have been my loves. And these shall pass,
Whatever passes not, in the great hour,
Nor all my passion, all my prayers, have power
To hold them with me through the gate of Death.
They’ll play deserter, turn with the traitor breath,
Break the high bond we made, and sell Love’s trust
And sacramented covenant to the dust.
——Oh, never a doubt but, somewhere, I shall wake,
And give what’s left of love again, and make
New friends, now strangers. . . .
But the best I’ve known
Stays here, and changes, breaks, grows old, is blown
About the winds of the world, and fades from brains
Of living men, and dies.
Nothing remains.

O dear my loves, O faithless, once again
This one last gift I give: that after men
Shall know, and later lovers, far-removed,
Praise you, ‘All these were lovely’; say, ‘He loved.'

Rupert Brooke

www.poets.org[...]-brooke

20 oct. 2018

Tshina, tu sais que c'est un forum franchouillard.

21 oct. 2018

skipperTramex: c'est à cause des poèmes en anglais cités par Gerbault? Heureusement, il y a pas mal de gens sur ce forum qui parlent d'autres langues que le français. La plupart des navigateurs sont des voyageurs, quand même. Hisse et Oh est un forum français, pas franchouillard ni chauvin, Dieu merci.

22 oct. 201822 oct. 2018

Oui, et Dieu dans l'affaire???

Précisons, pour minimiser le massacre d'animaux marins, que le jeu était aussi valable avec les indigènes, sur la plage, par des bateaux européens.

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