La voile comme facteur de développement

La voile peut-elle être encore un facteur de développement et d'attractivité en Bretagne sud et pour les îles du Morbihan ? Voilà la grande question qui me taraude en ce moment.

L'équipage
14 jan. 2013
14 jan. 201314 jan. 2013

qu'entends-tu au juste par "facteur de développement" ?

Tout dépend de quel côté on se place.

Si c'est du côté constructeurs, shipchandlers et autres professionnels de la plaisance, leur intérêt consiste en un développement maximum, évidemment.

Si c'est du côté pratiquants, on peut quand même constater une certaine saturation, à certains endroits et à certains moments. Le fil sur les mouillages payants obligatoires est là pour le rappeler.

:heu:

14 jan. 201314 jan. 2013

Salut Panda,
Tu fais le VG sur virtualregatta, tu es donc bien placé pour savoir ce que sont les effets de seuil. Tu es sur la bonne cellule, tu gagnes des places, sur celle d'a coté à 0,0001 Nm, tu en perds. C'est pourtant le même bateau, le même pandaskipper.

Tout ça pour dire que ce sont en fait des conditions macro économiques et non locales qui font ou défont que la voile en Bretagne (sud ou pas) puisse être facteur de développement ou pas.

Exemple :
Si à un endroit x sans vraie orientation "voile" vivent N personnes à la limite de la précarité en vivotant avec des ressources r et des dépenses d.
Arrive un projet de développement "voile", avec n (n plus petit que N) emplois qui se créent permettant à n personnes de franchir le seuil de la précarité.
Si dans le même temps les dépenses minimales pour se loger se nourrir deviennent D (D plus grand que d) du fait de l'intérêt soudain pour l'endoit x, et que les ressources r n'augmentent pas, qu'est ce qu'on a développé?

x peut être tout aussi bien un quartier d'une commune, un département, une région un pays, tout un continent.

L'activité "voile" peut être n'importe quelle activité humaine qui entraine une modification du marché local par déplacement et/ou accroissement de la population, sédentaire ou temporaire.

14 jan. 2013

Pourquoi te poses tu cette question ? Pour ta reconversion comme tu le mentionnes dans ton profil ?

14 jan. 2013

La "reconversion lente" étant une solution afin de préserver et de faire vivre le patrimoine en offrant une activité nautique. La préservation de ce patrimoine étant la priorité.

14 jan. 2013

@solveig.
Justement. Les perspectives macro-économiques sont bien meilleures que ce que nous pouvons percevoir en France aujourd'hui.

Selon les chiffres, notamment présentés par Pytheas54 sur H&O, concernant les ventes de voiliers en 2012, on s'aperçoit que la Bretagne, et plus particulièrement les ventes en Bretagne sud continuent à progresser, ce qui n'est pas le cas pour l'ensemble des régions françaises et plus particulièrement pour le marché des voiliers.

Selon diverses études très récentes menées par les banques, les sociétés de notation, sans compter d'autres informations, il semblerait que l'on assisterait à un retournement de tendance (ou redémarrage de l'activité entamé depuis près d'un an aux US), lente mais réelle avec le décalage dans le temps que l'on connait, entre les marchés US et européens.

14 jan. 2013

oui, bof ...
je connais des brokers/chantiers ici sur la rade de LO qui sont pas spécialement optimistes ...

14 jan. 2013

Il y a également des chantiers pour qui les carnets de commandes sont pleins, des loueurs qui ne semblent pas se plaindre non plus.
De toutes manières, je ne crois pas que le forum soit le lieu idéal pour évoquer certaines choses...
Merci. Pour vos remarques.

14 jan. 2013

La voile au plan national (pas spécifiquement en Bretagne Sud) a encore un potentiel de développement. Les industriels, partis avec succès à la conquête des marchés internationaux, ont délaissés le marché français qualifié de vieillissant et saturé. Les infrastructures portuaires pour la plaisance ont maintenant une génération de retard sur les nouvelles réalisations dans les pays où la plaisance est apparue récemment. Chacun sait que la ressource qu’offre les ports de plaisance est mal utilisée et qu’une économie de marché noir s’est développée autour de la place de port.
Les comportements des nouveaux plaisanciers ont beaucoup évolué face à une offre commerciale encore balbutiante et inadaptée. Les coûts d’acquisition de maintenance et d’usage des bateaux sont trop élevés pour ouvrir réellement le marché. Les constructeurs prisonniers d’une image trop élitiste de la plaisance tentent de compenser par le haut de gamme l’effritement quantitatif du marché. Le nombre d’unités neuves vendues diminue plus vite que le CA réalisé. Cela entraine le déclin de toute une activité de services : petits chantiers et shipchandlers notamment.
S’il y a reprise, elle sera plus lente et plus difficile que dans tous les autres secteurs de l’économie. Cette tendance au déclin que l’on voit de manière évidente se dessiner depuis quatre ou cinq ans n’a pas été anticipée par les professionnels. Le trou d’une génération de clientèle est pourtant là, béant. Les nouveaux clients ne sont pas au rendez-vous, l’offre commerciale n’est pas prête. Bref, avant que ça se développe à nouveau, y a du boulot. Pour les gens courageux, il leur faudra tout reprendre.

14 jan. 201316 juin 2020

Les derniers chiffres pour l'industrie nautique (2011) sont curieusement assez bons, sauf pour la production de bateaux de plaisance (voiliers, moteurs, et autres). Voir images

Source:
www.fin.fr[...]FIN.pdf

Pour jouer les madames soleil, je pense il y a de l'avenir pour les SERVICES POINTUS aux
- grands (> 12 et surtout > 15 m) et très grands voiliers (18 - 24 m) (la crise favorise les riches et pénalise les pauvres)
(gardiennage, sécurité, avitaillement porté à bord, installation d'instruments, maintenance et surtout refit, nettoyage, skippers pour les voyages one-way, bateaux-résidences, etc...)

- bateaux à moteur (moins exigeant que la voile, toujours possible dans une population vieillissante, attrait de la pêche)
- pneus, kayaks, jets-ski (et j'en oublie sûrement) (les jeunes)

Je suis moins optimiste pour la rentabilité des activités ship, locations, négoce... qui me semblent bien encombrés.
La déconstruction exige trop de capitaux pour un individu

C'est la voile telle que nous la pratiquons en majorité ici qui est certainement condamnée, pas la filière nautique au sens large. La population installée près des côtes ne cesse d'augmenter...

PS Pour le secteur envisagé par Pandasail, je crois, pour parler sans détour, qu'il y a essoufflement et même déclin, les subventions publiques nécessaires se tarissant rapidement...

14 jan. 201316 juin 2020

la question alors que l'on peut se poser, très basique et pourtant essentielle, est : "un voilier, pour quoi faire" ?

Les ports sont pleins, saturés de bateaux qui ne sortent finalement que très peu souvent. Il y a de longues listes d'attente.

Les rivières et les estuaires sont maintenant encombrées de corps-morts en file indienne, dont les bateaux ne sortent pas plus souvent que les précédents.

Certains ports en prévision vont être construits en dépit du bon sens, souvent d'ailleurs en prétexte avec des programmes immobiliers qui vont avec.

Et en définitive, s'ouvrent des ports à sec, afin que l'objet désiré puisse quand même trouver une place ! Ce qui, pour un bateau dont la destination première est - quand même - de naviguer, semble pour le moins incongru.

L'activité de plaisance n'est pas extensible à l'infini. Et l'on ne va quand même pas construire des bateaux pour le plaisir d'en construire, ceci pour les vendre à des acquéreurs dont le but se résumera à la possession avec très peu d'utilisation !

Sans aucun esprit de polémique, j'avoue que le sujet m'a laissé quelque peu dubitatif, portant de plus sur la Bretagne Sud, probablement un des endroits des plus saturés du littoral ! :tesur:

PS après avoir posté mon sujet, j'ai vu sur le profil de Pandasail, qui a lançé le sujet, qu'il était éventuellement partie prenante, puisque pensant à trouver du travail dans la plaisance.

Mais dans la conservation du patrimoine. Ce qui est quelque peu différent. C'est un créneau bien particulier, partant d'ailleurs d'un noble sentiment : continuer à faire vivre (ou faire revivre) d'anciennes unités. Ce qui est fort éloigné dans la démarche de continuer à sortir des bateaux de série pour encombrer des ports déjà saturés.

Oui, il y a là un créneau, mais il est très étroit. Là où je suis, sur la côte Atlantique, cinq charpentiers de marine sont dernièrement disparus (retraite, décès), mais deux nouveaux ont soit repris le flambeau, soit ont été créés.

Il s'agit d'un métier bien spécifique, demandant un long apprentissage et de très bonnes connaissances des bateaux classiques.

Tu peux approcher l'Atelier de l'Enfer, ou le chantier du Guip, (entre autres) qui s'y sont spécialisés.

Bonne chance :alavotre:

14 jan. 201314 jan. 2013

pour Emma:

Cette réaction est de bon sens. Pourquoi « développer pour développer » alors que l’usage réel manifeste, si j’ai bien compris, un grand gaspillage. Je ne sais si je peux avec toi me risquer à cette comparaison mais l’on peut dire que le potentiel des ordinateurs que nous achetons n’est pas mieux utilisé que celui de nos bateaux. Le facteur aggravant pour les bateaux est que nous achetons du rêve. Même quand objectivement le travail excessif ou la maladie nous empêche de les utiliser, nous pensons qu’un jour la situation changera. Les bateaux ventouses ne sont pas des bateaux ventouses, ce sont des bateaux « peut-être qu’un jour viendra ».
Tout cela est très irrationnel mais les marchés de loisirs vraiment passionnels comme le nôtre fonctionnent comme cela.
Je suis de ceux qui pensent qu’il faut encourager cette passion et chercher à éliminer tous les obstacles, notamment d’argent et de pénurie de places dans les ports, qui empêchent de la satisfaire.

15 jan. 2013

juste une remarque : la passion dans la plaisance s'est eloignée ,c'est de moins en moins vrai et pour ceux qui sont vraiment passionné l'argent et le manque de place n'est pas un obstacle ,on fait du bateau sans argent et on trouve de la place lorsque l'on est passionné

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