Envie de lire des belles histoires et / ou anecdotes...

Vu que j'en ai marre d'entendre des coups de gueules, des gens qui se plaignent, des pannes de moteur ou encore du jet ski qui montent au mat etc etc... Je souhaiterai initier ce fil avec de belles histoire, de la gaité, de la bonne humeur.

Alors qui sera le premier à apporter du soleil sous un vent de 15 nds et une mer d'huile ?

Nous menons tous une vie malmenée en ce moment, alors un peu de lecture de bonheur ne fera pas de mal...

Xav

L'équipage
13 jan. 2022
13 jan. 202213 jan. 2022

Hello.

Si tu n'étais pas là il y a quelques temps, il y a eu un site très riche en histoires de mer, intitulé : www.hisse-et-oh.com[...]-de-mer

Il y a 10 opus, la quantité de lecture est énorme.

J'y ai écrit un quinzaines de textes.

13 jan. 2022

Il y a eu des posts là dessus; belles histoires , initié par.ed 850. Profites en pour nous en raconter 🤗🤗

13 jan. 2022

Tu as bien raison, on a besoin d'un peu de légèreté dans ce monde de brut!
On dirais que tout est toujours prétexte pour râler et que plus personne ne supporte la moindre contrainte.

Bon, si il me reviens une belle histoire en mémoire je viendrais la raconter ici, mais ça n'est pas mon fort, je préfère lire celles des autres, les fils cités juste avant en sont une belle librairie.

13 jan. 2022

C'est l'idée, j'ai l'impression en ce moment de ne lire que des fils de problèmes de batteries, ou de coup de gueules contre un instrument, une appli ou un usager de la mer...

13 jan. 202213 jan. 2022

J'ai sous la main une histoire écrite mi octobre par mon père. C'est un hommage au marin et constructeur amateur passionné qu'il fut. Il est malheureusement décédé quelque jours après l'écriture de ce texte, sans avoir pu finir son histoire.
J'ai donc ajouté des commentaires à la fin.

Dieu existe-t-il ?

Nous avons fait il y a 40 ans à Saint Malo, la connaissance d’un jeune couple navigant à bord d’un Corsaire, mini croiseur de camping côtier.
Le patron – capitaine – skipper était un grand gaillard, Pierre de son prénom, architecte en bâtiment de métier.
Le couple étant sympathique, nous avons sympathisé. Logique.
Et comme nous avions en vue la construction d’une maison pour abriter notre petite famille, nous avons naturellement fait appel à Pierre.

J’ai alors appris à découvrir le personnage. Excellent architecte, 30 ans après je me félicite toujours de ses choix, de ses propositions et de ses décisions.
Mais personnage curieux cependant... Lorsque je trouve le terrain, j’invite Pierre à venir me donner son avis. Il vient... avec une baguette de sourcier dans les mains, fait soigneusement le tour du terrain, et ne trouve rien. Au cours de nos discussions, je découvre que Pierre croit dur comme fer à l’aura enveloppant chaque corps, aux effets (bénéfiques ou maléfiques) des ondes qui se diffusent un peu partout, et surtout qu’il est profondément croyant. Pas question de dessiner une maison pour ses amis, sans que les ondes y soient bénéfiques.

Mais revenons au bateau.
L’un des amis de Pierre, monsieur fortuné mais n’ayant jamais navigué, décida un jour de posséder un bateau de croisière en copropriété avec Pierre, en finançant l'unité de voyage à hauteur de 90 %. Pierre était la caution maritime de ce projet et devait, en compensation de la très modique somme investie, former l'ami financier. Il Aurait l'usufruit du voilier 50 % du temps.

Excellente idée. Mais au lieu de choisir l’objet de ses rêves parmi la multitude de croiseurs existant sur le marché, ce monsieur décida :
- de faire dessiner un prototype par un architecte réputé, Michel Joubert ;
- de faire construire ce voilier d’une dizaine de mètres en aluminium avec une quille pivotante (deux éléments importants pour la suite...) ;
- de le faire construire dans un chantier du sud ouest spécialisé dans les citernes, mais n’ayant jamais construit de bateau !...

Je vous fais grâce de quelques péripéties dont la faillite du chantier, pour en arriver au corps de cette histoire. Début des vacances de Pâques (1985 ?), Pierre me propose d’aller chercher le bateau à Saint Jean de Luz et de le convoyer jusqu’à Saint Malo. D’un Saint à l’autre...
J’accepte (que pouvais-je faire d’autre ?)

Nous descendons jusqu’au chantier avec Pierre et l’épouse de l’acheteur. Nous découvrons un objet métallique non fini, non accastillé, enfin, absolument pas prêt pour une remontée du Golfe de Gascogne et un passage de la pointe bretonne au mois d’avril. Une semaine d’un travail intense, aidés du patron du chantier en liquidation, nous permettent d’obtenir un navire semblant en état de naviguer. Le bateau s'appelait Volupté.

Au cours de ces travaux il m’est arrivé, quand tout ne se passait pas exactement selon mon idée, de lâcher parfois un “Nom de Dieu !” agacé. Et à chaque fois Pierre me reprenait : “Yves, ne jure pas !”

Vint le jour du départ. Météo prise : dépression arrivant par le sud-ouest avec vents forts. Je décide que l’on peut filer au moins jusqu’à La Rochelle, et que si le vent forcit, on l’aura dans les fesses. On hisse les voiles, et je fais cap carrément à l’ouest, afin de m’écarter au plus vite de la dangereuse côte landaise. Au bout d’une heure environ, la têtière de la grand-voile nous lâche. J’affale, et je me mets au matelotage (je ne me sépare jamais de ma trousse de bosco ; la preuve, elle est sur l’étagère, juste derrière moi, dans mon bureau ; on ne sait jamais !). Grand-voile réparée, on file. Le vent forcit, comme prévu. La mer se creuse, méchamment. La nuit tombe. Je reste toujours bâbord amure, filant maintenant vers le nord-ouest, bateau bien appuyé, me disant qu’il serait fort désagréable de tirer des bords dans une mer très formée. Et c’est là que les ennuis ont commencés.

Le patron du chantier, curieux de savoir si son premier bateau flottait, avait tenu à nous accompagner. Il ne s’était pas écoulé deux heures qu’il était malade comme un chien, répétant à tout bout de champ : “Je vais mourir, débarquez-moi !” Installé dans la couchette haute bâbord, un suppositoire de calmant dans le derrière toutes les deux heures pour ne plus l’entendre...

Au large de la Gironde, j’ai quand même passé un appel radio aux pilotes qui stationnent dans l’attente des cargos. Pour deux motifs : 1. qu’ils me confirment que l’entrée de nuit vu l’état de la mer était impossible pour un voilier. 2. qu’ils me donnent un relèvement pour m’aider à préciser ma position.

Car le chantier soi-disant naval qui avait construit le bateau, ignorait totalement les règles les plus basiques de l’isolation électrique et de la conductivité du métal ! Ce qui fait qu’en moins d’une heure, les batteries étaient vides et le capitaine privé de tous ses instruments de navigation, hors son précieux pifomètre.

Donc plongée dans le compartiment moteur, révision totale des circuits électriques des batteries et du moteur, isolation des circuits dédiés à la navigation. Ouf ! ça marche... Tout ça tête en bas, dans le compartiment moteur, par environ 3 à 4 mètres de creux...
J’avais l’estomac solide... mais il m’arrivait de jurer des Nom de D... quand la clé à molette filait dans les fonds... Et à chaque fois, Pierre me reprenait : “Yves, ne jure pas !”

La nuit est tombée, juste la petite loupiotte de mât et les feux de position qui donnent un petit rai de lumière permettant de juger de la hauteur impressionnante des vagues qui commencent à déferler. L’anémomètre indique 35, puis 40, puis 45 nœuds de vent dans les rafales. C’était prévu. (anémo calé sur une temporisation de 3 minutes pour avoir une idée du vent moyen).

On se prend quand même quelques beaux coups de gîte : le pot de fromage blanc d’un kilogramme qui se trouvait dans l’équipet de cuisine bâbord s’éclate sur le plancher après avoir maculé le plafond et le bordé tribord... Il avait fait le tour complet sur sa lancée. Alors j’ai pris une cuillère et j’ai ramassé.
Avec sans doute un juron qui m’échappe... et Pierre qui me reprend : “Yves, ne jure pas !...”

Le mécanisme sophistiqué et non vérifié de la quille pivotante de 1,5 tonne se met à fuir : huile + eau de mer... Vivement La Rochelle !

Je continue ma montée vers le nord-ouest, sachant que derrière le front chaud va arriver la saute au noroît. Exact, tout se passe comme prévu. Le cap du bateau s’oriente progressivement vers le nord, puis vers le nord-est, et au lever du jour, on aperçoit Chassiron, la pointe ouest de l’île d’Oléron.
On rentre dans le port des Minimes sans avoir eu une seule fois de la nuit à manœuvrer. Tout sur le même bord depuis Saint Jean de Luz.

Un petit coup de radio à la capitainerie. “Venez vous amarrer au ponton d’accueil sous la capitainerie !”

Je manœuvre au moteur et accoste sur tribord. Avec Pierre, nous nous préparons à poser le pied sur le ponton en enjambant les filières. Je m’accroche au hauban tribord... et celui-ci me vient dans la main.
Instant bref, au cours duquel mon cœur s’arrête de battre.
Si nous avions viré de bord au cours de la nuit, le mât nous tombait dessus... Par force 8 au milieu du Golfe de Gascogne... Vision d’horreur...

Et là Pierre, devant moi, me dit calmement : “Yves, tu vois que Dieu existe.”

C’est moi qui écris la suite, mon père ayant arrêté l’histoire ici.
L’embout Norseman neuf du hauban tribord a battu pendant toute la traversée du Golfe. Mon père avait pourtant vérifié et serré convenablement tous les embouts. Mais celui-ci était mal monté et le câble a glissé.

Dès le lendemain, le bateau a été sorti de l’eau pour dégager la quille de son puits. C’est à ce moment que Philippe Harlé, qui connaissait mon père, est venu voir ce prototype et lui a fait la remarque suivante, en marmonnant dans sa pipe :
« Une quille relevable ? Humm … même les bretons n’en veulent pas ! »

Pierre est un ami. J'ai eu l'occasion de discuter de cet épisode avec lui à Saint Malo la semaine dernière. Il m'a à cette occasion ouvert les portes de son atelier de peintre- aquarelliste- maquettiste et m'a montré du doigt une maquette de voilier d'environ 50 cm, qui trône sur le rebord d'une fenêtre. C'est celle de Volupté, le voilier dont il est question dans l'histoire. Jusque là, rien d'étonnant. Mais lorsqu'il Pierre m'a dit : " te rappelles-tu... c'est toi qui l'as construite ", j'en suis tombé sur le derrière ! J'avais à l'époque 16 ans.

Cette histoire à 35 ans, et je n'avais gardé aucun souvenir de la fabrication de cette maquette. Quelques jours après, oui, je me revois à la maison coller l'antidérapant sur le pont, avec du papier Canson beige, technique que j'ai employé également sur les maquettes suivantes.

Photo : hommage à mon père Yves, à la barre du Chablis familial (plan qu'il avait commandé à Harlé, adapté du Sauvignon) à l'époque du convoyage du Volupté. Il avait 45 ans.
Je n'ai pas de photo du Volupté.

13 jan. 2022

Très belle histoire, à la fois triste (le contexte que tu décrit avant le récit) mais belle et joyeuse.
Ton père devait être un sacré marin!
J'en connais un comme ça dans mon entourage, jamais un mot de trop mais sur un bateau c'est un phénomène!
Merci pour ce récit et RIP Yves.

13 jan. 2022

Merci à toi !

13 jan. 2022

Vraiment une très belle histoire et si bien racontée...

Merci beaucoup de nous l'avoir partagée. RIP YVES !!

13 jan. 2022

Superbe, très bien raconté, j'ai eu l'impression d'y être 👍

13 jan. 202213 jan. 2022

Bon j'y vais de ma petite histoire... de breton..
En 2007, j'achète un 24 pieds Horizon (plan Van de Stadt) à La Ciotat et je décide de le ramener à St Malo en coupant par le canal du midi.
Je vous passe mes aventures dans le golfe du Lyon et le canal du midi, l'anecdote commence à l'écluse de Castets-en-dorthe à l'entrée de la Garonne. Sans doute un peu optimiste, j'étais parti sans carte de la partie Ouest du trajet. J'avais du temps devant moi, enfin le pensais-je. A ma grande surprise je passais cette écluse sans avoir pu trouver, dans aucun des ports et villes traversés sur le canal, de cartes de la Garonne et de la Gironde.
J'avais quand même un guide de navigation et l'horaire de marées mais pour ce qui est de l'emplacement réel du chenal c'était bien faible. Tant pis je commence à bien connaître Donald et je fait confiance à ma capacité à lire le paysage. Je passe donc l'écluse sans carte, pensant que le soir même à Bègles, je trouverai bien cette satanée carte de la Gironde.
La descente de la Garonne ne sera pas si simple, le jût est énorme, cela va très vite et les marques sont peux nombreuses. Je me rends compte assez vite que si je dois faire demi-tour, ce sera très hasardeux. Le 9 ch de Donald est un peu juste pour remonter ses 2 tonnes bien tassées à contre courant et je dois respecter mon plan de nav qui prévoie l'arrivée à Bègles pile poile à l'étal. Je me loupe pourtant au niveau de l’île de la Landes, perds 20 minutes pour faire 300 mètres contre le courant mais l'honneur est sauf et l'horaire pas trop entamé. Je remercie au passage la marinière qui de la proue de sa péniche, amarrée au port de Hourtin, m'a averti à grands signes de bras au ciel que je me fourvoyais. J'arrive donc à Bègles à peine en retard, la renverse commence tout juste et j'arrive à accoster sans trop de problème. Heureusement quand même que nous étions 2 à bords. Le Port de Bègles est particulier, il n'est pas du tout protégé du courant et en dehors de l'étal, l'accostage est très délicat. J'allais m'en rendre compte quelques minutes plus tard.
Le temps de peaufiner notre amarrage, de boire un coup pour nous remettre de nos émotions, le courant s'était totalement inversé avec la marée montante et nous attendions le mascaret quand nous voyons rentrer à tout allure un petit pêche promenade dans le port avec à bord un couple assez âgé qui semblait totalement dépassé.
Le petit voilier se met en travers du courant, se colle contre le ponton flottant et commence à vouloir passer dessous. Avec mon ami nous nous précipitons vers le canot en train de se remplir d'eau. Après avoir aidé les passagers qui ne maîtrisait plus rien à remonter sur le ponton, nous tentons de stabiliser et d'amarrer le bateau. Le capitaine du port arrive alors en courant et nous arrivons à stopper les dégâts.
Après cette aventure, alors que le couple trempé est rentré chez lui, nous invitons le capitaine à boire un coup à bord (que d'émotions) et j'en profite pour lui conter mes problèmes de cartes. Il m'annonce que je ne trouverai pas ça à Bègles... La soirée étant du coup bien avancée je remet mes réflexions à plus tard.
Le lendemain matin alors que je buvais le café, essayant d'imaginer un arrêt à Bordeaux avec le peu d'info à ma disposition, arrive le capitaine qui me tend un petit sac et me dit:
Vous pensez bien vous arrêter à Pauillac ? Voilà mes cartes et mon guide sur la Gironde. Vous les rendrez au Capitaine du port, c'est un bon copain!
En partant, il me fait un clin d'oeil et lance en me montrant la poupe de Donald, c'est à cause du Gwen a Du. Je suis breton et c'est pas tous les jours que j'en vois.
Je l'en remercie encore.
Sortie du canal
Sortie du canal

14 jan. 2022

Belle histoire...

15 jan. 2022

C'est quoi le "jût" ?

15 jan. 2022

Quand il y u du "jût" c'est que cela coule fort. Expression populaire et imagée venant sans doute de la sortie du pressoirs à vin, à cidre ou autres. J'emploie souvent cette expression en lieu et place de courant. Que ce soit en eau douce ou en mer. ;-))

15 jan. 2022

Sauf que cela s'écrit jus...

15 jan. 2022

Au temps pour moi, autant pour moi, je prends des précautions. Désolé, je ne suis pas zéro faute, j'espère quand même que cela ne vous as pas trop fait mal au yeux et que ma petite histoire vous a distrait.

16 jan. 2022

J'imaginais quelque chose de ce genre. Mais comme je suis friand de ce vocabulaire marin qui donne de la couleur à vos récits, en plus du rêve et de l'imaginaire, j'ai posé la question. Merci de me faire partager.

14 jan. 2022

Bonjour a tous et toutes,
C'est vrai que le temps (et pas seulement la météo ) est passablement tristounet.
Pas seulement pour nous en France mais aussi partout ailleurs .Ma femme a de la famille dans l'état du Washington et en British Columbia et l'herbe n'est pas plus verte ailleurs.

Alors voila une histoire absolument véridique pas romancée qui se fini , je trouve par un rayon de soleil.
Amitiés
Patrice

Chris Wolf
Lieutenant New south Whales customs
Sydney Australia

Jusqu’a notre arrivée en Australie , ma théorie selon laquelle tout les officiers d’immigration et de douanes de tout les pays du monde sortaient de la même école ou du moins , si il y avait
différentes écoles , le recrutement et la formation était la même partout, cette théorie , donc était bancale.
Pour être honnête (a l’époque), les seules exceptions sont la douanes et l’immigration de la Polynésie Française et la Nouvelle Calédonie.Ceux-ci sont habitués depuis longtemps au passage
de voiliers ,certains restent et d’autre repartent , et c’est bien comme ça.
La palme d’or de la connerie toutes catégories est attribuée a la douane et la gendarmerie de Bonifacio (Corse) et conjointement a Mr Chris Wolf officier de douane a Sydney ( Australie).
Mais revenons a nos officiers « standard ».
D’abord, il y a le soupçon. Ils sont capable d’un regard de vous faire douter alors que vous avez aucune mauvaise intentions , ni d’immigrer illégalement , ni d’introduire quoique ce soit d’illégal
dans leur cher pays.
Non messieurs , nous sommes juste l’équipage d’un voilier en croisière de passage , pour tourisme et on repartira bientôt.
Même dit avec sourire et persuasion on voit bien que ça ne passe pas.
Le fait , je comprends , que le voilier fasse plus de 30 mètres avec un équipage professionnel et qu’il soit immatriculé aux iles Cayman n’aide parfois pas. Surtout que pendant leur formation ou , on ne leur a pas parlé des iles Cayman soit on ne leur a dit que du mal du style ; paradis fiscal pour trafiquants de drogue.
Dans les années 80 , des voiliers en croisière autour du monde , il y en a déjà pas mal , mais se sont souvent des voiliers de 10 - 12 mètres avec femme et enfants souvent plutôt fauchés ce qui aux yeux des officiers de douanes et immigration ne présentant pas un danger pour le pays.
Et puis aussi , il y avait en ce qui nous concernait , la multi-nationalité de l’équipage qui les rendaient soupçonneux.
Un voilier Français , ça a un équipage Français , un voilier anglais , un équipage anglais , mais nous on avait un voilier anglais mais immatriculé aux iles Cayman , un skipper Français et pour
notre arrivée en Australie des nationalités Française ,canadienne , anglaise et américaine.
Donc , tout de suite , pour ces fonctionnaires les lumières rouge s’allument , c’est quoi cette histoire, et puis il va falloir fouiller cet immense bateau alors que leur pause est prévue dans une
heure.
Tout ça les met souvent de pas trop bonne humeur malgré l’accueil a bord qui est toujours souriant.
Et puis , il y a le cas , en Corse a Bonifacio, ou le soupçon ( douane) rencontre la bêtise humaine (gendarmerie plus procureur).
Après quelques mois comme second , je prends le commandement de la goélette Antares en septembre 1981 et courant octobre on fait route de Grèce vers Marseille pour des travaux d’insonorisation de la salle des machines. Le but est d’arriver a Antigua aux Antilles pour les
vacances de Noel du proprio.
Donc , en route pour Marseille venant de Grèce on se retrouve dans les bouches de Bonifacio face a un mistral glacial et violent et avec une goélette aurique ce n’est pas le meilleure idée de remonter face au mistral vers Marseille. On se réfugie donc a Bonifacio en attendant que le vent se calme et on se retrouve a quai quasiment en face du bureau des douanes ( pas de communauté européenne a l’époque).
Des douaniers détendus montent a bord et tout se passe apparement sans problème , quoique quand même , il y a un petit soucis que je n’avais pas prévu.
Ce voilier avait été complètement retapé lors du changement de propriétaire en Floride et c’est un skipper et équipage américain qui était a bord. Pour eux , sans discussion , il faut des armes a
bord pour l’auto défense et donc , achetés aux USA il y a bord un fusil , un révolver et environ 400 cartouches calibre magnum je ne sais plus quel calibre mais du gros et du lourd.
Le tout est légal et comme la réglementation maritime l’impose stocké dans un compartiment acier dont seul le skipper a la clef. Tout est légal en droit maritime.
Au début , l’équipage américain s’amusait a tirer en pleine mer sur des objets flottant comme des bidons. Cela faisait énormément de bruit mais cela les amusait beaucoup. J’avait complètement oublié l’existence de ces armes.
Et donc , a la question : avez vous des armes a bord , je réponds que oui et j’ouvre le caisson.
Les douaniers sont tombé a la renverse quand ils ont vu tout cela.
Mais ils ont gardé leur calme, sont resté souriant , ils connaissaient le droit maritime et pendant que l’un d’entre eux restait près des armes , ils sont allé en référer a leur hiérarchie a Marseille.
Résultat , les armes restent a bord sous scellés des douanes et a notre arrivée a Marseille , la douanes viendra les chercher et me les rendra que lors de mon départ de Marseille.
Tout est dans les cordes , on boit le café et ils quittent le bateau .
C’est là que le moulin a conneries se met a tourner.
Deux heures plus tard , je suis en haut de Bonifacio et je vois des voitures de gendarmerie gyrophares allumés sur le quai a coté d’Antares.
A bord le bateau a été envahi par les gendarmes et je pique une crise.
Un voilier est non seulement un domaine privé ( comme une maison) mais étant de pavillon étranger c’est une extraterritorialité et les gendarmes n’ont pas de mandat.
Ils veulent les armes.
On se calme quand même , la douane arrive leur interdisant de briser leur scellés , ils passent outre , saisissent les armes et tout ce petit monde , moi compris, se rend a leur caserne qui est
aussi un poste de la légion étrangère tout en haut de Bonifacio.
Je ne suis pas en garde a vue , pas en cellule ni accusé de quoique se soit mais c’est comme si.
Les gendarmes cherchent ,ils cherchent toute la nuit de quoi ils pourraient bien m’accuser.
Cela ne m’est jamais arrivé et je ne sais pas trop quoi faire et réponds toute la nuit a leurs questions qui reviennent en boucle.
Les gendarmes s’agitent autour de moi toute la nuit et tôt le matin juste avant de me ramener au bateau , ils m’expliquent.
Un juge , le juge Michel , c’est fait abattre au pistolet en pleine rue de Marseille quelques jours plus tôt.
Juste après la visite des douanes le matin , un jeune douanier très zélé avait contacté la gendarmerie pour leur signaler la présence d’armes de guerre sur Antares . Ces derniers , sans réfléchir ni demander plus de précisions aux douaniers , qui les auraient calmés, , sans mandat , se jettent sur les armes et moi.
Dans leur petite tête , c’était clair ; je suis l’assassin ou un
complice , l’arme est a bord et je cherche a m’enfuir sous le couvert du voilier mais a cause du mauvais temps , je suis obligé de me réfugier a Bonifacio. C’est limpide!
Résultats des courses , je suis laissé libre mais doit me signaler au autorités a Marseille.
Les armes , elles sont saisies.
Quelque semaines plus tard on me notifie que je suis accusé de détention et transport d’armes de guerre.
C’est pas une blague et c’est sérieux.
Le proprio prend l’affaire en main et je suis représenté par une avocate a Ajaccio . Celle-ci déballonne l’affaire et même si il en résulte que je n’ai rien fait de mal et que je suis dans mon
droit , je doit passer par la case tribunal pour tout clôturer officiellement ,ce qui met un ans a être organisé .
Notre plus gros soucis sont les armes saisies dont nous ne voulons plus mais nous voudrions avoir la certitude qu’elles soient détruite sous les yeux de notre avocate.
Je suis a Ajaccio le jour de l’audience publique un ans après les faits, devant un juge fort sympathique avec lequel nous discutons librement de bateaux , de voyages , de mon travail jusqu’a ce que notre avocate lui fasse remarquer que je risque de rater mon avion de retour. Ce juge alors me dit de filer prendre mon avion et qu’il gère le reste avec l’avocate.
Surréaliste !
Toutes les charges on étés annulé , les armes détruites , et , important, il n’y a aucune inscription sur mon casier judiciaire , cette affaire n’a donc jamais existé.
Faux!
Un ans et demi plus tard nous sommes tranquillement au mouillage a Taioahe sur l’ile de Nuku Hiva aux Marquises et les formalités d’entrée se sont passés sans problème quand quelque jours plus tard des gendarmes , tout sourire , viennent me rendre une visite de « courtoisie » disent ils.
On s’installe dans le cockpit autour d’un verre et la conversation est détendue mais doucement je me rends compte qu’ils semblent chercher quelque chose . Je leur demande carrément si leur visite n’aurait pas un rapport avec cette affaire d’armes en Corse.
Effectivement , ils ont fait leur travail de vérification et ont découvert cette affaire qui apparaissait dans leurs fichiers a mon sujet.
Je leur explique tout et jugement du tribunal a la main on tombe d’accord que l’affaire est close et ne devrait pas apparaitre nul part.
Nous sommes resté jusque’a fin juillet en Polynésie Française avant de partir vers l’ouest et les Tongas , les Fidji , les iles Vanuatu ,la Nouvelle Calédonie , pour arriver fin Octobre a Sydney.
Partout les formalités se sont bien passés sauf aux Fidji ou le ton est monté et nous avons du payer une « taxe « en liquide sur les alcools a bord.
Puis cap vers l’Australie.
Nous avons a bord de grosse réserve de nourriture dont une bonne partie congelés dans des congélateurs de plusieurs centaines de litres et le frais dans un gros réfrigérateur . Je savais que les Australien seront pointilleux sur tout ce qui est nourriture importée.
A Sydney l’immigration se fait sans problème et on obtient des visa temporaires équipage d’un ans pour tout le monde.
Pour les services sanitaire, c’est sacrément plus compliqué mais ils admettent que l’on ne peut décemment détruire tant de nourriture. Ils décident de nous isoler dans le port de Sydney,juste après le pont Harbour bridge le long d’un quai désaffecté , Walsh bay .
On est pas trop mal , tout près de centre ville mais par contre interdiction de débarquer quoique que se soit de mangeable et nos poubelles sont ramassés par un camion spécial , rien que pour
nous.
So far , so good !
On arrive a Sydney un peu plus d’un ans après notre départ de Floride et il avait été décidé de faire un arrêt de quelques mois pour un entretien approfondi du bateau et donner du repos a l’équipage . Ils pourront s’installer a terre et avoir une vie normale pendant quelques semaines.
Les travaux les plus importants sont le remplacement de la grand voile et de la misaine par la voilerie Hood de Sydney , le reconditionnement des deux générateurs et le remplacement des joints du pont en teck . Il y a aussi une multitude de chose a faire dans le gréement en plus de
travaux cosmétique sur les vernis.
C’est là que la douane intervient avec son représentant Mr Chris Wolf , officier des douanes de Sydney.
Finalement a cette époque il y a très peu de « yachts » qui passent par Sydney et bien que la baie de Sydney se remplisse chaque week end de voiliers en tout genre , Chris Wolf ne semble pas comprendre ou ne pas vouloir comprendre que nous sommes tout simplement l’équipage
professionnel d’un voilier privé que le propriétaire rejoint de temps en temps autour du monde.
Ce qui vraiment le rend nerveux , notre ami Chris, est la chose suivante: Antares est immatriculé aux iles Cayman et appartient a une société basée aux iles Cayman et je ne lui en dit pas plus, il
n’a pas besoin d’en savoir plus que ce qui est écrit sur mes documents d’immatriculation.
Alors Chris réfléchis , il cogite , comme les gendarmes de Bonifacio, il cherche ce qu’il veut trouver. Et , a force , il trouve.
La Justice australienne est la la recherche d’un individu , d’ont j’ai oublié le nom, qui aurait fraudé énormément de gens en Australie pour des sommes colossales et qui les auraient cachées aux iles Cayman ( le fric , pas les gens).
Chris a trouvé , ce bateau est la connexion et lui , Chris Wolf , en est certain et va tout faire en son pouvoir pour rendre notre vie très difficile et faire éclater la vérité. Et quand l’affaire éclatera au
grand jour Chris sera alors un héros .
Pour commencer , Chris a ressorti une loi de 1901 . Cette loi avait été faite spécifiquement pour les grands voiliers qui arrivaient d’Europe pour charger des céréales en Australie . Mais il arrivait
trop souvent que une fois arrivé le capitaine apprenait que son armateur avait fait faillite et se retrouvait sans le sous avec son bateau et surtout son équipage . La loi de 1901 imposait au
capitaine d’avoir a bord une somme suffisante pour pouvoir repartir vers son port de départ.
Pour nous ,notre ami Chris fait du zèle et nous impose de virer la somme de 500 000 dollar australien sur un compte bloqué d’une banque australienne en tant que caution jusque’a notre départ.
Il était fin limier le gars; avec ce virement , il aurait eut des informations sur d’ou venait l’argent et de là remonter la piste de son gibier fraudeur.
Il nous interdit de quitter Sydney , bateau et équipage quand je lui avait fait part de mon intention de quitter l’Australie pour la Nouvelle Zélande.
Et même une fois la caution versée et pour ce qui concernait les travaux il lui fallait une liste de tout les travaux a faire ,ce qui sortirait du bateau pour ne plus y revenir , ce qui reviendrait , bref
tout mouvements dans le moindres détails.
Les relations étaient tendus entre lui et moi mais j’avais réussi a lui arracher que l’on puisse sortir avec le bateau dans la baie de Sydney mais uniquement le dimanche.
Il faut dire que la baie de Sydney le dimanche , c’est quelque chose de spectaculaire.
Tout ce qui flotte y est , c’est simple c’est un immense terrain de jeu pour tout ce qui navigue et pas seulement a la voile. Il y des kayaks , windsurf , 18 pieds a fond , bateau a moteur remplie de
gens plein a la bière , voiliers de course , de croisière de toute taille , régate de dériveurs et il y a les ferry prioritaires qui traversent tout ça a pleine vitesse.
Le dimanche il y a aussi , survolant le tout un hélicoptère de la chaine 7 qui retransmet en direct des images de la baie pour la télé a la recherche de tout ce qui pourrait sortir de l’ordinaire et faire
du spectaculaire.
Nous , personne ne sait qu’on est là. On est dans un coin désaffecté du port le long d’un quai désert et des entrepôts vides.
Un dimanche , remontés a bloc , on se lance dans le chaudron. L’équipage est a bord depuis la Floride , un ans plus tôt, et on manoeuvre a merveille. Toute la journée , toutes voiles dehors on a
remonté la baie en tirant des bord et redescendu a coup d’empannages en calculant bien pour empanner juste devant l’opéra de Sydney et repartir au près vers l’entrée de la baie.
L’hélico de la chaine 7 ne nous a pas lâché de l’après midi. En gros ; c’est quoi ce voilier , il vient d’ou , ils font quoi ici?Il viennent quand même pas faire la Sydney Hobart?
Une goélette aurique de 30 mètres dans la baie de Sydney , même les vieux ne s’en souviennent pas d’en avoir vue une.
Tant et si bien que quelques jours plus tard , un homme se présente au bateau et souhaite me parler.
Il s’agit du rédacteur en chef d’un hebdomadaire politique , the Bulletin, qui nous a vu a la télé et souhaite en savoir plus. C’est un marin , qui a pas mal navigué et c’est ce qui l’intéresse en nous.
Il est sympathique et je me sens en confiance , j’ai surtout envie de déballer mon sac , lui qui était venu pour entendre parler d’histoires de mer , je lui raconte notre histoire d’amour avec Chris Wolf. Je lui parle aussi ouvertement de ce que nous faisons et de notre tour du monde avec un propriétaire et sa famille.
Il repart du bateau en me disant qu’il en fera son prochain éditorial . Il a un bon papier a faire , surtout que l’Australie vient , il y a quelques semaines, de décrocher la coupe América et va devoir accueillir dans quelques années les challenger et leur richissimes sponsors.
Et donc , notre éditeur fait son boulot. Il écrit son papier mais avant de le publier il prend soin de contacter notre ami Chris qui se trouve rapidement débordé par l’ampleur que cela prend.
L’éditeur sait qui est le véritable propriétaire d’Antares , je le lui ai dit ( mais a ne pas divulguer) et il sait que Chris Wolf fait fausse route.
L’appel de l’éditeur du bulletin remonte rapidement les échelons hiérarchique de la douane et il se retrouve a parler au grand patron de la douane de l’état de la Galles du sud ( état de New south
Wales).
C’est donc la secrétaire de Mr Archibald Huchtingson ( véridique) qui me contacte par téléphone ( on avait fait installé une lige téléphonique) pour me dire que son patron souhaiterait me rencontrer . On cale un rendez vous très rapidement.
A bord , a part les documents d’immatriculation et d’assurance, nous avons le traditionnel journal de bord strictement tenu a jour et heure par heure dès que nous sommes en mer. Ce journalrecense aussi les mouvements d’équipage et de passagers a bord avec les noms et numéro de
passeport de ceux-ci.
Nous avons aussi un journal de bord du bateau quand il n’est pas en mer , celui-ci relate la vie du bateau au port jours après jours , c’est pas un roman , c’est un résumée tout ce qui est fait a bord, en général c’est la stewardesse qui s’en charge. C’est très sérieux c’est un document officiel aux pages numérotées .
Avec ces deux livres de bord , imposés par l’assurance, on est capable de reconstituer et de juger exactement la vie du bateau jours après jours et heures après heures en mer. Ils sont essentiels en cas d’accident.
C’est donc avec tout ça que je suis reçu dans l’immense et superbe bureau de Mr Archibald Huchtingson au dernier étage des douanes de Sydney.
Tout de suite , je sens que cela va bien se passer.
D’abord Chris Wolf n’est pas là , donc on est pas là pour une confrontation , c’est bon signe.
Et puis Mr Huchtinson est un bel homme âgé chaleureux et courtois , on est plus dans du menu fretin a la Chris Wolf on est dans du « old England éduqué».
Pour commencer , on ne parle pas du tout de l’affaire en cours et ça , cela me rappelle mon passage mouvementé du canal de Suez quelques années plus tôt sur un autre voilier.
Il faut dire que j’avais cherché les ennuis en me pointant a Port Said a l’entrée nord du canal de suez avec un passeport périmé. L’immigration égyptienne n’avait pas apprécié et je m’étais retrouvé confiné a bord avec un garde armé jour et nuit sur le quai.
Le problème semblait insoluble puisque je ne pouvait pas quitter le bateau pour aller au Caire faire prolonger mon passeport au consulat Français. Je pouvais me déplacer , avec mon garde que
dans l’enceinte du canal.
Je m’y prenais mal et réclamais a cors et a cris le droit d’aller au Caire.
Avec les gardes , pauvres bougres pas méchants mais manquant cruellement de discernement on avait établis un rapport non pas de force mais d’autorité , ne sachant pas comment réagir face
a des étrangers ,ils nous suivaient sans discuter ou que l’on aille mais pour aller au Caire il me fallait un laisser passé car la zone du canal est un territoire particulier. Il m’a fallu du temps pour
savoir a qui demander ce document mais j’avais aussi compris comment il fallait s’y prendre.
Leçon de vie.
Les Egyptiens ne me doivent rien , c’est moi qui me suis mis dans ce pétrin , on exige pas , on demande poliment et on n’y met les formes et coutumes locales , et je ne parle pas d’argent sous la table.
J’arrive donc un jour dans le bureau du chef qui a les bons tampons pour un laisser passé . On se salue ,on s’assoit ,il m’offre le thé, je lui demande des nouvelles de sa famille , il en fait autant pour moi ,et la conversation continue ainsi en parlant du temps , du canal, de la nourriture et au bout de quelques temps , tout les sujets important ayant été épuisés , ce monsieur me pose tout naturellement la question;
- En quoi puis je vous être utile ?
Ah oui , c’est vrai , j’avais oublié , je souhaite aller au Caire faire prolonger mon passeport , Cela est il possible?
- Mais bien sur , cela est possible.
Le lendemain , laisser passé a la main et mon garde armé avec moi je suis allé au consulat et retour dans la journée avec un passeport valide.
J’ai acheté un cadeau pour la famille du chef , celui ci en me raccompagnant jusque’a la porte d’entrée du bâtiment m’a assuré qu’a mon prochain passage , il m’invitera chez lui rencontrer sa
famille. Il le pensait sincèrement.
Pour moi ,25 ans alors, leçon de vie en pleine tronche.
Mais revenons a Sydney.
Dans le bureau de Mr Huchtinson , comme en Egypte , la conversation tourne gentiment en cercles concentriques , toujours dans le domaine bateaux-voyages , mais on se rapproche doucement de notre sujet. C’est lui qui m’a fait venir donc j’attend qu’il dégaine en premier.
Quand finalement il pose le sujet sur la table , nous sommes en confiance et je lui dis ce qu’il veux savoir.Le nom du véritable propriétaire derrière la société aux iles Cayman , preuves a
l’appuis , l’activité de celui-ci , que Antares est un voilier a usage strictement privé et familial.
Mes explications lui conviennent et il m’explique qu’il est bien entendu entre nous que Mr Chris Wolf n’a fait qu’appliquer la loi Australienne et que je devrais rien lui reprocher.
Il me dit aussi , qu’a partir de maintenant , Antares au regard de la douane est absolument libre de tout en Australie, que toutes les demandes de Mr Wolf sont annulées , pas de dépôt de garantie ,
pas de liste de quoique se soit ,aucune restrictions.
En un mot, bienvenue en Australie .
Comme pour mon affaire de transport d’armes de guerre en Corse , cette affaire Australienne n’a officiellement jamais existé , le journaliste n’a jamais écrit son éditorial mais juste un gentil petit article
pour expliquer a ses lecteurs qu’elle était cette goélette le dimanche dans la baie de Sydney.
On est resté j’en Australie jusqu’au mois Juin avant de partir de nouveau vers Nouméa et on a plus jamais revu un officier des douanes Australiennes.
Près de Sydney , un peu au nord dans Pittwater on s’est installé au chantier de Newport. Tout se fera a l’eau . Les travaux ont coutés très cher , tout a pris du temps , a part le mécano Canadien les intervenants étaient peu concernés , peu compétents le chantier a pratiquement tout sous-traité sauf les joints du pont qu’ils ont complètement ratés. Les joints noirs ( sika) ont été fait en plein soleil par 40° , la nuit suivante avec le frais les joints se sont rétracté avant d’avoir complètement séchés. Résultats: décollage des joints et aussi grosse crise.
La voilerie Hood de Sydney accepte de nous faire des nouvelles voiles avec les cotes d’origine de la voilerie Hood de Boston (usa) pour s’apercevoir après que leur plancher est trop petit .C’est
donc Hood Boston qui va couper et assembler les voiles puis les expédier a Sydney pour les
finitions. Résultat : une grosse perte de temps et une grand voile complètement ratée qui va avoir besoin quelques mois plus tard d’être expédié par camion de Cairns vers Sydney pour recoupe.
En Australie que se soit au chantier a Sydney ou plus tard a Cairns ( au nord du Queensland) la relation avec les chantiers sera difficile pourtant les Australiens ( et iennes) sont des gens
accueillants , ouvert , détendus ( très détendus) toujours prêts a faire la fête et a passer un bon moment .
Un jour, en voiture pas trop loin du chantier de Sydney, j’entends la sirène d’une voiture de police derrière moi, je ralentis et me range donc pour la laissé passer mais elle reste derrière moi .
Je ne comprends pas et continue ma route puis tourne a droite , ma route habituelle. La voiture de police me suis et je m’arrête donc. Tout cela c’est passé a petite vitesse. L’officier est
relativement de mauvaise humeur parce que ici et aussi ailleurs quand une voiture de police vous suit avec la sirène cela veut dire : stop immediately .
Mis a part le feux stop qui ne marchait plus , il aurait pu aussi m’accuser de délit de fuite , ce qui est une autre affaire. Mais on reste calme , il se rend compte que non seulement je viens d’ailleurs
mais qu’en plus je suis le skipper de la goélette dans la marina d’a coté , tout s’arrange tout de suite et il est convenu qu’il passera visiter le bateau , ce qu’il fera , en civil et avec femme et
enfants.
A l’époque ( 1983) , la vie était belle et détendue en Australie.
De Sydney nous sommes repartis vers le nord , les iles Whitsunday et la grande barrière de corail.
En Avril nous sommes a Cairns au chantier NQEA pour la sous-marine , sortis de l’arbre , remplacement des paliers hydrolube , sorti et vérification du système de pas variable.
Ce chantier travaille surtout sur des bateaux de l’armée et de pêche mais c’est le seul qui puisse sortir nos 90 tonnes avec un slipway . De tout les chantiers navals que j’ai fréquentés je n’ai jamais vu autant de désinvolture , de fainéantise de manque de respect du travail.
En ce qui nous concerne , les travaux avancent très lentement et en plus il semble que chaque semaine il y ait un jour de congés particulier en plus des week end.
A gauche , les bâtiments administratifs , cantine, sanitaires et autre réserve. A droite les ateliers et au milieu le slipway et les bateaux en chantier. La journée est réglé par les coup de klaxon indiquant les pauses ( dit smocko ) et les fin de matinée et d’après-midi.
Un quart d’heure a 20 minutes avant le klaxon le chantier devient soudainement silencieux, tout s’arrête et au coup de klaxon , l’ensemble des ouvriers traverse en courant le chantier et s’engouffre dans la cantine et n’en ressort lentement 1/4 d’heure plus tard , la reprise du travail va se refaire très progressivement. La reprise du travail va durer jusqu’au prochain coup de klaxon.
Le midi , pour la pause déjeuner , une partie des employés se retrouve pour manger dans des restaurants appelé « PORN AND PRAWNS » littéralement « porno et gambas ». Ils mangent leurs gambas en regardant des films porno sur grand écran.
Même mon équipage masculin , pourtant curieux n’a pas osé y aller. Des gambas ok , mais des gambas et du porno ensemble a midi , non.
Tant et si bien , le travail n’avançant guère , on décide un week end de sortir nous même le lourd système de pas variable . C’est pas difficile , quelques grosses clefs , un palan pour sortir le tout
de la salle des machine et voila notre truc posé sur le sol sous le bateau.
Le lundi matin , ça n’a pas mis longtemps avant que je sois convoqué dans le bureau du chef qui m’explique , très en colère, que si nous touchons encore a une seule vis ou boulon sur ce bateau il sera « black sheep » ce qui veut dire mouton noir et plus personne du chantier n’y touchera et qu’il pourra rester encore des mois au sec. A moi. de choisir.
Longtemps plus tard , j’apprends que la France a vendu des sous-marins classiques a l’Australie qui seront construit sous licence au chantier NQEA de Cairns. Good luck!
L’Australie , c’est surtout la grande barrière de corail que nous avons complètement remonté et descendu par l’intérieur du récif. A l’époque pas de GPS mais un satellite navigator , l’ancêtre du
GPS qui nous donnait toutes les 3 ou 4 heures une position approximative parfaite pour la haute mer mais dont il ne fallait surtout pas se fier près des cotes.
En Juin nous quittons l’Australie pour Nouméa et y embarquer le proprio et un amis , de là nous allons aux iles Loyautés , les Vanuatu et puis redescendons vers la Papouasie ( cote sud) et finir a Port Moresby .
En route vers Port Moresby et sachant ce qui nous attendait la-bas on décide de faire une halte dans une grande baie profonde très protégée ou , d’après la carte il n’y a pas âmes qui vive.
Pourtant en nous approchant on découvre un petit village au bord de l’eau. On mouille et a la jumelle il semble n’y avoir personne pourtant il ne parait pas abandonné.
On débarque a quelques uns , personne , on part vers la gauche on découvre l’école , ses bancs et son tableau noir , les craies bien rangées .On repart vers la droite , retraversons le village et on
se demande en blaguant si on a pas fait une bêtise . Il est alors question de flèches venues de toute part qui nous transperceraient le corps , franchement c’était bizarre ce village en parfait état
sans personne.
On arrive finalement au bout ou commence les abatis et on voit qu’il y a quelqu’un qui disparait dans la verdure. Puis plus rien.
Nous restons perplexe un moment , tout est calme et paisible , tout est en place , manque seulement les villageois. Nous revenons sur nos pas et l’annexe pour rentrer au bateau quand devant nous , au milieu de l’unique « rue » deux personnes se dirigent vers nous , deux femmes.
On se rencontre , on se salue on se fait des sourires , avec des gestes on explique le bateau, nous.
Et là , on comprends et on prend une claque , tous , le proprio , son ami , ma copine et moi.
Cette mère et sa fille sont devant nous , toutes belles , propres et avec des fleurs blanches
plantées dans les cheveux , elles nous sourient.
Elles nous ont vu arriver et ont du attendre que nous nous écartions du village vers les abatis ou elles travaillaient ,pour revenir a leur case sans être vue , se changer , se faire belles pour accueillir des étrangers.
Le soir , dans le cockpit , on discutera longtemps sur la notion du mot « civilisé » .
Cette image de ces deux femmes papoues restera dans notre mémoire comme une référence, un amer , un phare.
Civilisé , civilisation : je regarde autour de moi et je pense a ces deus femmes Papoues.
Les villageois sont revenus le soir des abatis qu’ils travaillaient en communauté plus haut dans les collines.
On est resté quelques jours avant de partir a regrets vers la jungle urbaine de Port Moresby.
De là , nous sommes partis vers l’Afrique du sud.

Ci dessous les deux femmes Papoue et la goélette au mouillage devant le village.
Désolé , je n'ai pas de photos de Chris Wolf.

14 jan. 2022

Merci pour ce voyage extraordinaire !

14 jan. 2022

super reportage ......

14 jan. 2022

Ça vaudrait un bouquin
Qu est devenu Antares?

14 jan. 2022

Django,
merci,

J'ai déjà quelques chapitres .
Si tu tapes sur mon profil , tu verras que j'ai déjà écrit a ce sujet avec le titre
goélette Antares.

15 jan. 2022

Voila le fil en question (je ne l'ai pas encor lu, j'était passé à coté lors de sa publication, je me réserve la lecture pour un moment calme.

www.hisse-et-oh.com[...]antares

@ Harfang56, merci pour ce super récit bien écrit et passionnant!

15 jan. 2022

Très chouette texte. Merci !

15 jan. 202215 jan. 2022

Une petite histoire juste amusante et sympathique.

Depuis plusieurs jours, le fort Noroît bien établi et la prudence m'avait empêcher de quitter Royan et l'embouchure de la Gironde avec mon petit Donald.
L'arrivée de mon ami Ronan et le passage prévu pour quelques heures du vent au Nord-Est nous avait permis de larguer les amarres pour une petite étape jusqu'à St Denis d'Oléron.
Nous voilà donc parti pour un grand bord de près jusqu'au environs de Chassiron.
A peine passé le phare de la Coubre, le nordet sans être tempétueux souffle très correctement, un bon force 4, peut-être 5. Tout va bien. Il n'y a personne sur l'eau autour de nous et on regarde les goélands jouer dans le vent au ras des vagues qui moutonnent un peu. Soudain un drôle de bruit attire notre attention vers le haut du mât.
A notre grande surprise un pigeon tente de se poser sur la pointe de notre grand voile. Il n'y arrive pas, bien sur, mais refait le tour du bateau plusieurs fois, essayant régulièrement d'en accrocher la chute. Croyez le ou non, à force de vouloir se percher sur cette chute, c'est lui qui a chuté au beau milieu du cockpit.
Un peu affolé quand même il se précipite sur le roof et nous regarde l’œil un peu inquiet. Un ange passe, on sent qu'il hésite, mais il fini par prendre son envole et se dirige vers le nord-est. Pile poile le zéphire dans le nez, ou plutôt dans le bec. On sent qu'il est fatigué, il a du mal à s'élever, le battement d'ailes est lourd.
La tentative pour reprendre sa route est courte, très vite, il se ravise, fait le tour du bateau et se repose, plus ou moins élégamment, sur le roof courbe et glissant de Donald.
La chose est entendue, le vent est trop fort pour les forces qui lui restent.
Au bout d'un certain temps, un bol d'eau douce et quelques miettes de pains plus tard, nous avons fait ami-ami avec notre passager.
Il restera avec nous jusqu'à ce que nous faisions cap au sud pour rejoindre St Denis.
Je ne sais pas d'où était parti ce pigeon voyageur, mais ce qui est certain, c'est qu'il était à bout de force et que, finalement, nous l'avons trouvé très sympa et que nous fûmes content de le dépanner.
Il me reste un souvenir avec Ronan à la barre

19 jan. 2022

Peut être le pigeon du ponton 4 de La Rochelle qui avait été moitié apprivoisé par un équipage sur ce ponton. Il était vraiment très docile à l'humain !!

19 jan. 202219 jan. 2022

Intéressante ta réponse pour compléter l'histoire. cette rencontre s'est produite en 2007 et notre ami en quittant le bord a filé direct sur La Rochelle. Est-il possible que ce soit effectivement le même pigeon ?

19 jan. 2022

Une belle petite histoire racontée par Anasthasie sur un autre fil mais qui, je pense, a sa place ici

19 jan. 2022

les gens heureux n'ont pas d'histoire ...
alain

19 jan. 2022

Je te sens un peu déprimé Alain. Après l'hiver le printemps reviendra ... ;-)

19 jan. 2022

Bonjour Alain Celle-ci est pour toi

Il faut pourtant partir de cette ile ou le troc avec les pêcheurs et la cohabitation avait créent de bons liens .Ils étaient venus visité le bateau et moi je les avais dépanné de quelques bricoles d’électricité sur leur bateaux.
Nous devons retourner a Puerto La Cruz car ma Blonde travail encore et doit retourner bosser.
La aussi le trajet Perto-La-Cruz, Caracas en autobus de nuit sera des plus folklorique . Panne , barrage de police ,fouille des bagages ,arrestations de deux jeunes , les palabres interminables aux arrêts avec les autres chauffeurs finirent par réduire nos six heures d’avance a de simples cinq petites minutes .
Au terminal du bus on saute vite fait dans le premier taxi. C’est pas un taxi , pas même une voiture . D’abord le chauffeur met la valise dans le coffre dont le capot est percé d’un trou ou passe une chaine qu’il repasse dans un autre trou de la carrosserie le tout étant maintenu par un cadenas.
Quand on ouvre la portière ou plutôt de ce qu’il en reste nos regards tombent sur les banquettes entièrement défoncées. Le plancher est à ciel ouvert avec vu sur le bitume de la route. L’autre portière ne vau pas mieux ce qui permet de voir totalement a travers la voiture si vous vous penchez.
Pour bien nous rassurer le chauffeur nous dit de bien rester calé dans le fond et de ne pas se montrer a la portière. Ben ca c’est sur on n’a pas envie de si appuyer a sa portière.
On n’a d’yeux que pour le bitume qui défile sous nos pieds qui eux se trouvent sur le restant de banquette et sur la conduite du Fangio vénézuélien qui brule tous les feux vu que sont char est a fond et plafonne a un gros soixante-dix km/h .Nous arriverons juste a temps a l’aéroport.
Moi je retourne pas le même chemin plus ou moins dans ce même folklore.

21 jan. 202221 jan. 2022

ça me rappelle un transit entre l'aéroport commercial et l'international à la république dominicaine

les 40km les plus longs de ma vie dans le même style de taxi par des pistes pas possibles .
je suis monté dans l'avion ils ont enlevé l'échelle derrière moi .
c'était un retour de convoyage sur st martin chez le pirate ,j'avais rejoint la république dominicaine sur un petit avion biplaces .
4h pour faire 40km
alain

21 jan. 2022

Bonjour Alain
Puisque tu aime une autre aperçu

. A la jumelle je regarde si je vois d’autre flotteurs ou tout autre indice qui me donnerait une direction du danger.
Je me rapproche et rien qui ne laisse deviner un engin de pêche quelconque. Sans doute la perche d’un filet qui c’est détachée et qui dérive avec le courant
Plus je me rapproche plus je ralenti pour arriver a une trentaine de mètres de la perche.

Ce qui me permet de voir que ce n’ai pas un engin de pêche qui se trouve au bout de la ligne mais une énorme boule noire enveloppée d’un gros filet qui flotte presque a fleur d’eau.
Je sais tout de suite de quoi il s’agit. A St Martin j’ai déjà rencontré ce genre de pêcheur et entendu parler de leurs exploits.
S’il y a bien une chose à laquelle je fais de l’allergie c’est bien au bicarbonate. Et la sous mes yeux il y en a certainement plusieurs dizaines de kilos.
Chose certaine il finira par arriver sur une cote ou il aura de bonnes chances de se retrouvé sur le marché mais certainement pas dans une pharmacie.
Je pourrais relever la position, me rapprocher de la Guadeloupe et prévenir les personnes concernées. Mais donner mon nom et adresse ne me dit rien qui vaille .
Bon matin

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Souvenir d'été

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novembre 2021