En France, la plaisance ne connaît pas la crise

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Pour la première fois depuis la crise de 2008, les immatriculations de bateaux progressent en France. Sur les dix premiers mois de l'exercice 2015-2016, les ventes de voiliers ont bondi de 6,4 % et celles de bateaux à moteur de 0,8 %.

Un vent nouveau souffle sur le monde de la plaisance. Cette jolie brise de reprise regonfle enfin les ventes d'une filière engluée dans une interminable «pétole» commerciale. Pour la première fois depuis la crise de 2008, les immatriculations de bateaux progressent en France: + 1,8% lors des dix premiers mois de l'exercice 2015-2016, selon les données de la Fédération des industries nautiques (FIN). Les ventes de voiliers - quatre des cinq segments du marché en hausse - ont bondi de 6,4% (1 613 unités) et celles de bateaux à moteur plus nombreux de 0,8% (6 954 unités).

Plus lente à s'enfoncer dans la crise que les pays voisins, la France a aussi mis plus de temps à réagir. «Un voilier n'est pas un achat prioritaire, souligne Hervé Gastinel, PDG du Groupe Bénéteau, numéro un mondial des voiliers de plaisance. Sans doute les Français sont-ils plus pessimistes que leurs voisins? Ce phénomène de manque de confiance est perceptible dans l'économie générale.»

«Un voilier n'est pas un achat prioritaire. Sans doute les Français sont-ils plus pessimistes que leurs voisins? Ce phénomène de manque de confiance est perceptible dans l'économie générale.»

Hervé Gastinel, PDG du Groupe Bénéteau

Cet avis est partagé chez Fountaine Pajot, spécialiste des gros catamarans. «La Bourse ayant chuté, les acheteurs, souvent de jeunes retraités, ont peut-être préféré attendre pour vendre leurs actions au meilleur prix», renchérit Nicolas Gardies, PDG du chantier rochelais dont le prix d'entrée de gamme est de 500.000 euros. Autant dire que Nicolas Gardies se réjouit de l'embellie française, même si, comme ses confrères, au moins 80% de la production (140 bateaux en 2015-2016) est exportée. Le chiffre d'affaires des ventes de bateaux neufs s'élevait en France en 2015 à 550 millions. «La France reste un marché de proximité fort précieux, explique Nicolas Gardies. La clientèle française a un œil très critique sur tous les produits, on peut valider avec elle les choix techniques. Cette intransigeance est un atout à l'export.

«Tout devra être prêt au printemps, la conjoncture est porteuse en France, en Europe du Sud et en Amérique du Nord»

Nicolas Gardies, PDG de Fountaine Pajot

L'embellie commerciale est aussi à mettre à l'actif de la créativité des chantiers français. Fountaine Pajot a prévu un programme d'investissement de 10 millions pour un prochain catamaran plus petit, donc abordable, le Lucia 40. Si tout se passe comme prévu, l'entreprise de 500 salariés embauchera 60 personnes à terme. «Tout devra être prêt au printemps, la conjoncture est porteuse en France, en Europe du Sud et en Amérique du Nord.» Elle table sur une progression de 10% de son chiffre d'affaires (69,2 millions en 2014-2015) cette année. Désormais, les prochaines commandes ne seront livrées qu'à l'été 2017, au mieux.

L'innovation est au cœur du dynamisme de l'industrie nautique. Ainsi, à Dinard, un jeune chantier, Phantom International (4 personnes, 3 millions d'euros de chiffre d'affaires), dirigé par Alex Udin, a mis depuis deux ans au point un catamaran de vitesse révolutionnaire, le Flying Phantom. Tel l'hydroptère, il s'élève sur des foils, pour ne laisser qu'une infime traînée dans l'eau. «Comme le disait Tabarly, un jour tous les bateaux voleront!,explique Alex Udin. Nous en avons vendu une centaine, pour les sportifs et le Défi français pour la Coupe de l'America. Nous ne sommes encore que deux ou trois acteurs sur cette niche en progression.» Il investit déjà pour commercialiser une gamme plus abordable que ces premiers bateaux vendus environ 70.000 euros.

Le groupe Bénéteau et ses dix marques sont aussi à la manœuvre. «Lors du prochain salon nautique, nous présenterons 30 nouveaux bateaux, précise Hervé Gastinel. Au total, les marques du Groupe Bénéteau commercialisent 200 modèles.» Avec à la clé un chiffre d'affaires record tiré aussi par les activités à l'étranger. Avec un changement culturel de taille: depuis deux ans, les bateaux à moteur, avec 55% des ventes, ont supplanté les voiliers. Au demeurant, il faut se méfier des clichés. Le plaisancier moyen n'est pas un athlète rompu aux conditions extrêmes. Non, c'est un retraité propriétaire d'un canot à coque, le plus souvent rigide, à 20.000 euros. Les moins de 7 mètres motorisés ont progressé de près de 20% (à 754 unités) sur les dix derniers mois.

Mais les préoccupations existent aussi. Parmi elles, la nouvelle réglementation sur l'exposition des salariés au styrène, constituant du polyester, nécessitera d'importants investissements dans les chantiers, et le prix de la taxe de déconstruction des bateaux payée lors de l'acquisition va gêner le secteur. «Cette taxe de 5% du prix de vente par bateau risque de fragiliser la filière, explique Hervé Gastinel. Les marges opérationnelles de la profession sont faibles, entre 0,5% et 5%.» Malgré ces écueils, l'avenir s'annonce ensoleillé car les deux extrémités du marché tirent l'activité du secteur. Cela profitera à l'ensemble des chantiers navals et à son leader, le Groupe Bénéteau, qui, après 969 millions en 2014-2015, s'apprête à réaliser un chiffre d'affaires historique.

L'économie de partage monte à bord Comme pour les appartements ou les voitures, de nouveaux modes de location entre particuliers apparaissent. «Il n'y a pas de raison que la voile reste à l'écart des changements de mode de consommation, explique Loïc Madeline de Voile Magazine. Les sites de skippers se sont transformés en sites de partage de bateaux, avec les problèmes d'assurance et de concurrence avec les professionnels que cela suppose.» Hervé Gastinel, PDG du Groupe Bénéteau, se réjouit de cette évolution d'autant qu'il existe 9 millions de «voileux» occasionnels et 4 millions de réguliers. «Un bateau n'est utilisé que dix jours par an, précise-t-il. La plaisance peut bénéficier de l'économie de partage. Cela va apporter une augmentation de la pratique du nautisme qui est forcément une bonne chose.»

L'équipage
17 août 2016
17 août 2016

oui mais tu as d'autres experts qui te diront que les ports se vident et que la plaisance est sur la pente descendante et m^me que les listes d'attentes sont moins longue qu'il y a quelques années ..

qui croire???

Je pense qu'on peut croire les deux.

Annoncer une embellie du marché mondial du bateau n'est pas incompatible avec le tassement franco-français des listes d'attentes.

17 août 2016

Peut-être que les ports se vident des épaves pour laisser la place aux bateaux neuf?

17 août 2016

depuis le temps que l'on entends dire que les ports se vident il devrait etre tous desertique .

17 août 2016

j'ai remarqué beaucoup de voiliers neufs chez les loueurs.
La question intéressante : y a t'il une hausse substantielle des ventes aux particuliers ?
Je me méfie des effets d'annonces avant les salons de Cannes et La Rochelle, la F.I.N. a toujours niée la crise. A force de faire l'autruche....

17 août 201617 août 2016

Au delà du bla bla de la FIN, restons factuels.
Les nouvelles immatriculations de voiliers habitables (selon la définition et les chiffres du ministère de l'environnement et de la mer) étaient pour la métropole et sur une période de un an.
2203 unités pour 2007/2008
978 unités pour 2014/2015
La période 2015/2016 n'est pas encore connue.
La chute de 55% sur 8 ans s'est faite de manière régulière. Ce que l'on observe n'est donc pas un accident conjoncturel mais une tendance lourde.
Le chiffre donné par la FIN ne se rapporte ni à une année complète ni à une définition précise de la catégorie de bateaux analysée.
Ceux qui pensent que cette chute n'a pas d'incidences sur la demande de postes amarrage dans les ports se bercent d'illusions.
Si les nouvelles immatriculations étaient restées seulement constantes depuis 2008, il y aurait 6408 voiliers habitables de plus. Si l'on prend en compte les sorties de bateaux en fin de vie, on voit bien que la pression sur les ports diminue et que la décrue est amorcée.

18 août 2016

9 millions de «voileux» occasionnels et 4 millions de réguliers. Un bateau n'est utilisé que dix jours par an

Je doute quand même de ces chiffres !
1/7 ème de la population française est voileuse ???!!!
:mdr:
Quelle blague !!!

Et si notre petit voilier principal n'était utilisé que 10 jours par an, je le vendrais tout de suite pour louer ou co-naviguer !!!

18 août 2016

Sauf qu'il sert souvent de résidence secondaire Alain, enfin, à St Val, c'est le cas ! :heu:
pascal :alavotre: :alavotre: :alavotre:

18 août 2016

La FIN compte les voileux occasionnels exactement comme les syndicats comptent leurs manifestants. D'ailleurs c'est un syndicat ! :non:
On ne peut pas faire reproche à cette fédération qui vit des subsides de ses adhérents de leur raconter des contes de fées. Mais nous on est pas obligé de les croire. :-)

18 août 2016

Juillet 2015 action Bénéteau 17€
Juillet 2016 action Bénéteau 8€
En effet, ça va mieux que bien comme disait jean Marie Messier, PDG de Vivendi, juste avant l’effondrement des cours.
Faut croire que les financiers ont de la merde dans le ciboulot.

18 août 2016

Tous les chantiers ont considérablement réduit la voilure pendant la crise et un certain nombre est resté sur le tapis. Restent quelques très gros, type Bénéteau et FP et quelques chantiers de niches. Du coup, les gros font énormément appel à la sous-traitance et aux CDD.

Allez voir les Lagoon ou FP, les dêlais de livraison sont de 9 à 12 mois, du jamais vu. Il ne s'agit plus pour eux de travailler à la commande, le délai de fabrication dépasse rarement 3 mois, mais d'avoir le plus gros carnet de commande possible pour faire face en cas de problème.

CaptainRV

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