Déconstruction en Bretagne

Article du Télégramme du 27 avril 2014

" Dans l'ouest de la Cornouaille, au sud du Finistère, plusieurs vieilles coques qui pourrissent ici et là devraient disparaître en octobre, dans le cadre d'une opération pilote. Une expérience qui sera sans doute très suivie en Bretagne.
L'étude menée en 2013 par le réseau EcoNav et le syndicat intercommunautaire de l'Ouest Cornouaille aménagement (Sioca) a démontré qu'une centaine de bateaux, toutes marines confondues (mais avec toutefois une dominante plaisance), sont à l'abandon sur le territoire de l'ouest Cornouaille.

Pas de prime à la casse

Au-delà de l'impact visuel et touristique que ces bateaux en fin de vie peuvent avoir à la fois dans les ports, les chantiers mais aussi très souvent sur le domaine public maritime, c'est aussi un impact environnemental qu'il convient, aujourd'hui, d'anticiper. L'époque où on laissait le temps faire son oeuvre est désormais révolue. Mais ces bateaux ont souvent très peu de valeur marchande sur le marché de l'occasion et il n'existe pas de prime à la casse, ni de filière de valorisation de leurs matériaux. Du coup, les coûts de déconstruction, élevés, découragent souvent les plaisanciers propriétaires. L'association EcoNav a donc lancé une opération expérimentale soutenue notamment par l'Ademe Bretagne et le conseil régional, avec l'appui du conseil général du Finistère, le Sioca, la ville de Douarnenez et la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM). Une opération qui va se traduire, en octobre prochain, par une collecte mutualisée de ces voiliers et autres pêche-plaisance à l'abandon. Un site de regroupement de ces coques délabrées a été envisagé sur la commune de Douarnenez. L'idée est que chaque propriétaire, en possession de la carte d'immatriculation du navire, puisse venir y déposer son bateau auparavant dépollué ! Et des collectes à domicile pourraient aussi être organisées.

Des ambitions mesurées

Cette opération pilote permettra de proposer un coût réduit aux plaisanciers pour une déconstruction qui respecte l'environnement et la réglementation. Son succès auprès des plaisanciers mais, aussi, la valorisation des déchets obtenus, feront qu'elle sera ou non reconduite ! D'ores et déjà, il a été décidé que la taille des navires sera limitée aux moins de 12 mètres et que le nombre de bateaux récupéré pour démolition ne dépassera pas les 15 unités, pour ce coup d'essai. Les personnes qui souhaitent, dès à présent, se renseigner sur cette opération et inscrire leurs bateaux peuvent contacter le réseau EcoNav. Un réseau qui tient à indiquer qu'il reste à l'écoute des propriétaires qui n'auraient pas les cartes d'immatriculation ou qui posséderaient une embarcation ne pouvant être déplacée. Dans ces cas de figure, EcoNav travaillera avec le service des affaires maritimes. Les prix de déconstruction, détaillés en fonction du poids, du matériau et du type de bateau, seront annoncés d'ici à juin prochain."

À savoir
Réseau EcoNav, 29, bld du Général-de-Gaulle, 29100 Douarnenez ; tél : 02.98.75.31.86 ; contact@econav.org

L'équipage
27 avr. 2014
28 avr. 2014

il semble que les bateaux qui méritent de passer par la déconstruction sont en général incapables de naviguer .

28 avr. 2014

c'est une bonne initiative d'organiser un endroit ou deposer son épave mais je crains fort que dans la mesure ou la démolition est à la charge du propriétaire qu'il n'y ait pas bousculade pour emmener son vieux rafiot.

Et il est vrai que l'on voie de plus en plus d'épaves abondonnées .. et les propriétaires sont malin ils enlevent toute trace d'identité

28 avr. 2014

Il y a quelque chose qui me dérange, c'est bien sur un avis très personnel. Il y a un paquet de matériaux (inox, alu, etc...) et aussi quelques accessoires (winch et autres éléments comme cela) qui vont rapporter à un déconstructeur. Un peu comme le principe d'une déchèterie, dont les matériaux sont vendus par la commune à une entreprise genre Veolia ensuite.
Faire payer la déconstruction est peut etre necessaire, je n'en sais rien en réalité (je ne connais pas le modèle économique choisi ni les contraintes), mais je suis d'accord avec toi José, ce sera toujours rédhibitoire.
Bon, l'initiative a le mérite d'exister, c'est déjà ca.

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