Course au large idéale

Hello,

pour le fun, j'ai essayé d'imaginer la course à la voile habitable qui serait la plus intéressante pour nous, non pas en terme de participation, mais pour les voiliers mis en course.

L'idée serait d'avoir une course fondamentalement non monotypique, pour favoriser l'innovation, sanctionnant uniquement la capacité des voiliers à voyager loin, longtemps, en toute sécurité, et pour un prix raisonnable.

Du coup, le règlement serait de la sorte :
- une course autour du monde par les 3 caps (ça, c'est pour valider le "loin" et "longtemps"), en équipage de 4personnes max, avec escales (mais les escales font partie du temps de course)
- aucune restriction concernant la taille et le poids du navire, ou le nombre de coques
- le prix total du navire incluant tous ses éléments de navigation (voiles, électronique, antifouling, sécurité ...), en incluant une enveloppe proportionnelle aux frais du navire doit rester inférieure à 400k€. Si le prix total est inférieur, la différence sert à fournir un temps compensé.
- les éléments de confort (frigo, four, couchages, groupe électrogène, vêtements ...) et leur maintenance ou les frais d'avitaillement sont tous exclus des calculs, pour ne pas pénaliser le confort de vie. La part des générateurs d'electricité utilisés pour la propulsion sont considérés comme élément de navigation.
- pour garantir le prix, le voilier doit fournir la preuve (sous la forme d'un engagement de l'ensemble des fournisseurs) (le chantier, la voilerie, etc.) que n'importe quel particulier (dans la limite d'un volume raisonnable) puisse acheter le même équipement au même prix (indexé sur l'inflation) pendant au moins 5ans.
Le fournisseur ne doit pas nécessairement le constructeur initial si ce dernier ne produit plus cet équipement. Evidement, le fournisseur doit être une structure crédible (ie : le chantier naval doit effectivement avoir déjà produit des bateaux, et être toujours en activité)
- le voilier doit être un voilier : il peut utiliser le moteur, mais il ne doit pas se baser dessus. En pratique, le prix de l'ensemble de l'énergie consommée (sauf celle produite à bord) est multipliée par 40 et ajoutée à l'enveloppe des frais.
- le voilier doit être robuste : à l'arrivée (ou tout au long de la course), le voilier doit être remis dans son état initial, et l'ensemble des frais correspondants sont multipliés par 20 (pour correspondre aux avaries sur 20ans) et ajoutés à l'enveloppe des frais. L'usure partielle (antifooling, voiles) est intégrée au prorata de la durée de vie consommée/restante. (avoir des voiles et un antifooling durable est donc préférable).
A l'inverse, les pièces détachées embarquées initialements (y compris des voiles non utilisées) ne sont pas comptabilisées.
- qu'il y ait de petite ou grosses avaries (perte totale du navire, ou abandon), on ne peut pas le prévoir à l'avance, bien que cela fasse la différence entre un voilier robuste et un autre en carton pate.
Heureusement, le monde moderne offre un excellent moyen de s'en assurer à priori, cela s'appelle l'assurance. L'assureur doit assurer que le voilier atteigne l'arrivée, par quel que moyen que ce soit, et couvrir la totalité des dépassements au delà de 400k€. L'abandon de la course est considérée comme une perte totale (mais libre à l'assureur de récupérer le navire pour atteindre l'arrivée par d'autres moyens)
Bref, l'assureur se débrouille comme il veut, mais le coût de l'assurance (multipliée par 20) est ajoutée à l'enveloppe des frais. De plus, comme les autres fournisseurs, pour éviter le sponsoring déguisé, l'assurance doit garantir de pouvoir offrir le même prix pour assurer un navire similaire sur un parcours similaire pendant une durée d'un an, pendant 5ans, indexé sur l'inflation.

Le calcul est un peu compliqué, mais il permettrait d'obtenir des voiliers d'un coût raisonnable (achat et fonctionnement), permettant de voyager loin, tout en étant motivée par l'innovation résultante des courses !

L'équipage
19 juil. 2017
19 juil. 201719 juil. 2017

Voilà une idée qu'elle est intéressante, et un fil qui va l'être aussi!
:pouce:
Même si je ne suis pas partant...

19 juil. 201719 juil. 2017

Tu peux concevoir une variante "light" :

Un panel d'experts IARD épluche les devis de chacun.

Des essais en carène et des validations des divers éléments techniques sont effectués pour vérifier qu'ils répondent à un CdC prédéfini correspondant à 20 ans d'utilisation intensive.

Le prix est remis à celui qui présente les meilleurs devis tout en répondant au CdC, les organisateurs de la course n'ont plus qu'à vendre leur agrément au chantier gagnant qui pourra commercialiser les bateaux labellisés comme il convient : consonance anglo-saxonne, rythme du terme, valorisation virile induite.

Avantage : bon retour sur investissement des organisateurs, sécurité absolue puisque pas de course, peu d'engagement financier des chantiers concurrents, disparition des coûteux sportifs bronzés improductifs.

Inconvénient : aucun, d'autant moins que cette épreuve ne va pas encombrer inutilement les ports utilisés par les plaisanciers.

19 juil. 2017

Ben dis donc, en voilà une superbe usine à gaz!
Allez encore un petit effort, je suis sûr qu'il y a moyen de faire encore un peu plus compliqué!... :-D

19 juil. 201719 juil. 2017

en dehors des monotypies, aucune compétition de sport "mécanique" n'a jamais fonctionné en cadenassant les budgets. La course au "pas cher" empêchera quasi toute innovation (par essence couteuse à développer) et poussera à faire fabriquer le bateau et son équipement 'là où c'est pas cher'.
En plus, ça ne risque pas de passionner les foules > pas d'argent investi.
Tu écris que l'assureur "se débrouille comme il veut". Un assureur ne "se débrouille" pas, il estime le risque, propose un niveau de prime ou refuse le contrat. L'assurance (qui n'est qu'une collectivisation des risques) n'a pas pour objet de faciliter l'aventure ou l'expérience humaine.

Et une assurance couvre un risque, pas des choix de gestion d'un tel projet ou les dépassements de budgets.
Par contre on pourrait prévoir une monotypie ou une jauge contraignante qui aura un effet sur le budget (ex : pas de voiles laminées, limitations du nombre de voiles, pas de fibres exotiques, pas d'espars carbone et de quilles mobiles). ça existe dans beaucoup de sport mécanique (A une époque, les F1 étaient limitées en carburant ou en pneus).

.
Mais ce type de compétitions cornaquées ne passionne ni les foules ni les sponsors. Pour attirer les regards (et donc l'argent), il faut vendre du rêve, de l'exceptionnel, de la vitesse, de l'exploit, ... Tu organises une course de multicoque mais quasi personne ne regardera les tris de moins de 20 m qui se "trainent" à moins de 20 noeuds et on regardera les vagues fumer sur les étraves des X-tremes
Ainsi les F1 électrique existent, mais leur championnat ne passionne pas grand monde.

20 juil. 2017

"une jauge contraignante qui aura un effet sur le budget (ex : pas de voiles laminées, limitations du nombre de voiles, pas de fibres exotiques, pas d'espars carbone et de quilles mobiles"

ça existe, c'est la jauge série en mini.

19 juil. 2017

Ben, en fait, la contrainte budgétaire est l'assurance de pouvoir vendre des voiliers similaires à un prix contraint.
En pratique, rien ne contraint la R&D, voir même le prix de la première unité (donc, les moules associés par exemples).
 
De plus, l'exposition des fournisseurs (qui s'engagent à pouvoir vendre la même unité à n'importe qui pour un prix raisonnable) va nécessairement les impliquer ...
On pourrait, s'ils voulaient jouer le jeu, rapidement se retrouver dans un match Beneteau vs Alubat vs Hanse ... Idem pour les voiles, les pilotes, etc.
Généralement, ce type d'essai en condition réelle, les gens apprécient ... Ce ne serait pas "tout le monde" comme peut l'être le VdG, mais ce serait globalement les mêmes que les abonnés des revues nautiques.
Du coup, les sponsors ne seraient pas les écoles de commerce ou les banques, mais plutôt les constructeurs.
Par contre, effectivement, il n'est pas impossible qu'aucune assurance n'ait envie de participer, quel que soit le revenu potentiel, sur le simple principe que ce n'est pas leur métier.

19 juil. 2017

La classe 40 est un début de réponse au cdc. En particulier les versions "croisière ".

NB un début.

20 juil. 2017

Ton idéal est un idéal de passionné... mais il se confronte à la réalité économique et industrielle.
Pour qu'un chantier s'investisse là-dedans, il faudrait qu'il y ait un intérêt économique. En clair, que grâce à cela, il puisse dégager plus de marges grâce à sa participation. Je rappelle ici que la majorité des chantiers sont à peine à l'équilibre et que beaucoup (et des très grands) perdent déjà des fortunes.
Le premier obstacle est que tu cadenasses les prix ... donc aussi les marges.
Un bateau qui serait conçu pour un tel CdC n'intéresse qu'un nombre infime de plaisanciers et cette demande est déjà rencontrée par une poignée de constructeurs très spécialisés qui sortent tout au plus une dizaine ou une vingtaine d'unités/an.

Le CdC que tu proposes correspond à une construction de l'ordre de 40 pieds minimum, très solidement construit à tout niveau, conçu avec l'équipement nécessaire pour affronter à peu près n'importe quoi. Un bateau de "série" de ce type pourrait correspondre à un Hallberg Rassy de 40 pieds ou un Boréal 44 mais ils reviennent, complètement équipés, prêts à affronter ce genre de périples, à plus de 600-700.000 EUR...
Pour rappel Jean SOCRATE arrive tout juste à boucler ses tours du monde (en solo) sur un NAJAD 390. Et un NAJAD 390 de base, ourte le fait qu'il était déjà bien chargé en solo, explose déjà le budget.
La masse des plaisanciers (que ça plaise ou non) est candidate à l'achat ou la location d'une unité qui lui permet d'y passer son temps de loisirs et de farniente.

Seuls quelques rares font de la course ou de la (très) grande croisière ... et cela, ça ne fait pas un marché rentable pour un constructeur de masse lowcost ; seul susceptible de tenir un tel budget mais s'il tient le budget, il peut difficilement rencontrer les critères techniques.

20 juil. 2017

Je comprends, et il serait tout à fait possible de réaliser la même chose avec un budget supérieur, mais ce ne serait pas nécessairement la bonne démarche ...
Je ne pense pas qu'Alubat imagine produire des voiliers incapables de passer le Cap Horn, et ils ne les vendent pas si cher.
Et je pense que des chantiers plus grand public n'hésiteraient pas à s'aligner sur ce type de programme (sans que l'on ait à débattre de la légitimité)
 
Pour les clients, ils veulent effectivement se contenter d'avoir la plus belle cuisine, le plus beau salon, et le plus beau flush deck pour bronzer à la marina de [***], tout cela pour le prix le plus raisonnable possible.
Mais pas que.
Les clients sont aussi sensibles aux démonstrations marketing qui ont été faites. Les voiliers de courses sont ré-utilisés par des particuliers, servent aussi de modèles pour réaliser des one-off haut de gamme, bien que l'intérêt premier de ces clients ne soit pas nécessairement de sacrifier entièrement le confort pour la vitesse.
En cela, un chantier aurait tout intérêt à pouvoir raconter à son client que son voilier est peut-être 10% plus cher que la concurrence, mais que le sien a fini la course... Pour le client, cela pourrait se transformer en argument massue bien davantage que la couleur des coussins du salon, et là, la marge autant que les volumes de vente du constructeur en bénéficient.

20 juil. 2017

"Pour les clients, ils veulent effectivement se contenter d'avoir la plus belle cuisine, le plus beau salon, et le plus beau flush deck pour bronzer à la marina de [***], tout cela pour le prix le plus raisonnable possible.
Mais pas que. "
...
Certes, 'il y a aussi des poissons volants, mais ce n'est pas la majorité du genre' (Gabin - Auidard, Monsieur le Président).
Quant à ceux qui achètent des anciens voiliers de courses, on est en général très loin du plaisancier lambda, coeur de cible des chantiers.
Pour les chantiers industriels, le vrai développement de la plaisance a été lorsqu'ils ont pu convaincre Madame (et les enfants) d'embarquer avec Monsieur au lieu de laisser Monsieur aller tirer des bords avec ses copains (à 6 dans un 8 m avec la soute à voile humide en guise de cabine avant et la boîte de ravioli comme tout repas... nostalgie des années '70 ?).
Les bateaux sont devenus de plus en plus faciles à manier (tant que la météo reste raisonnable), les copains costauds et aventuriers ne se croisent plus qu'au bistrot ou lors d'une régate "entre hommes" et les marinas sont encombrées de bateaux-caravanes-résidence secondaires qui ne sortent que 3 ou 4 jours/an en moyenne. Les bateaux sont aussi devenus de plus en plus grands car non seulement, ils sont plus "faciles" mais aussi, l'arrivée de madame et des enfants à bord a permis de justifier l'affectation d'un plus grand budget au loisir bateau.
C'est ça le coeur de cible d'un chantier grand public. En dehors, il y a un petit, très petit public mais qui ne pourrait intéresser qu'un chantier de masse.
Il y a d'excellent chantier et de merveilleux artisans parfaitement capables de faire des bateaux répondant à ton cahier des charges à un poste près... le prix. car ce sont des petits volumes artisanaux donc forcément plus cher qu'un standard industriel.
Sur H&O, nous sommes tous passionnés (certains sont même qualifiables d'acharnés); Il faut admettre que nous ne sommes pas représentatifs du plaisancier moyen, celui qui fait tourner l'industrie, achète ou loue, ... Nous ne sommes donc pas très bien placés pour faire admettre nos goûts ou désirs aux professionnels qui eux, doivent d'abord se préoccuper de vendre et de faire des marges pour payer leurs charges, salaires et fournisseurs et espérer, si tout va bien, gagner de l'argent à la fin de l'année.

Il suffit de voir la levée de bouclier sur ce magnifique forum lorsqu'on évoque tel ou tel produit qui se vend... "Quoi, vendre, contre mon argent, ... mais quelle horreur ! Quel escroc, comment ose-t-il gagner sa vie sur mon dos !"

20 juil. 2017

Le développement des chantiers français ne s'est pas fait sur la réponse à de nouveaux besoins par de nouveaux bateaux. Au cours des derniers 25 ans le voilier de croisière standard a trés peu évolué. Les chantiers se sont développés grâce à l'export et à la défiscalisation des investissements outre-mer. Par ailleurs la part du bateau à moteur s'est accrue pour soutenir une activité industrielle qui décroissait sur le marché français.

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