Traversee de l'atlantique sur un petit challenger horizon

Paul a reussi son reve de traversée malgré une avarie de safran qu'il a pu reparer en mer ,j'ai le reçit de sa traversée pour ceux que ça interesse

L'équipage
08 mar. 2019
08 mar. 201908 mar. 2019
2

Bonjour.
Oui ; bien sûr que ça nous intéresse ! Merci d'avance :pouce:

08 mar. 2019
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Bonjour,

super Pierre, mais là tu nous fais saliver!
On attend le récit avec impatience.

Gorlann

08 mar. 2019
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Bonjour. Comme Gorlann, nous aimerions en savoir un peu plus, le Challenger horizon n'est pas si petit que çà et au moins à taille humaine.

08 mar. 2019
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Intéressé aussi bien entendu ...

08 mar. 2019
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Bonjour Pierre 2, si le dossier est important tu le charges sur "We Transfer" (c'est gratuit) et tu nous communiques le lien.
ALAIN

08 mar. 2019
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bonjour,
bien sur que cela nous intéresse.
comment récupéré ce récit
merci

08 mar. 2019
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Ah oui carrément ça m’intéresse aussi ...

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C'est un message mail que j'ai reçu je vais essayer de le copier ,mais bon je suis pas doué :-)

13

’AMÉRIQUE !...

TRANSAT INSOLITE, ATYPIQUE ET SURTOUT INOUBLIABLE

Tu pars vers l’ouest et un jour t’es sûr de la voir. Sauf que moi j’ai bien cru ne jamais la voir !...

Au beau milieu de l’atlantique le safran s’est cassé. Une ferrure cassée en trois. Je ne peux plus diriger le bateau. Balotté comme un bouchon à 2000 km de toute côte. Et comme pour réparer il faut un poste à soudure sérieux et une grosse source d’électricité….

Dans la marine on appelle ça “fortune de mer”

Tout ça je le raconte ci dessous…

LA CROISIÈRE DES DAMES, comme disent certains…!...

ATYPIQUE parce que départ de Gambie, destination Cayenne. Très peu font ce trajet…

C'est pas ma faute, j’avais envie de voir l’Afrique, la forêt, les animaux, remonter un grand fleuve, la Gambie. Et la Guyane c'est un département français qui se trouve dans la forêt Amazoniene, une chance !... Et puis c'est la transat la plus courte. Pour moi qui considérais encore il y a dix ans la traversée Nice /Corse comme un exploit !...

Et puis j’avais le TEMPS !... Denrée très rare. Le temps c'est de l’argent, tout ce qui est rare est cher donc je suis très riche !...

Jeudi 7 février 2019

DÉPART de la transat.

3h du matin, je ne dors plus depuis un moment… et puis c'est l’heure de la marée. Je plie le dinghy, le range bien dans son sac, il ne servira plus avant longtemps. Les mises en place prennent plus d’une heure, top départ à 4h30. Au moteur pendant une heure pour faire la grande courbe sortie de Banjul qui mène à la première bouée. Le courant aidant je suis à 6 nœuds. Puis je peux hisser les voiles. Il fait encore noir.

Désolé, je ne peux envoyer le message du départ à mes amis, j’ai épuisé le forfait hier soir en chargeant les cartes marines de ma destination, la Guyane… Cela s’est décidé il y a peu, considérant que une fois là bas il est facile de remonter sur les caraïbes et non l’inverse. Plus cette envie de voir et ressentir la forêt Amazonienne avant sa destruction programmée…

Ravitaillement en nourriture et eau calculé très large au cas où…

Sorti du fleuve il y a peu de fond. 8m seulement. Il faut parcourir 40 milles (70 km) avant de franchir la ligne des cent mètres et une soixantaine avant les 1000m. Beaucoup de pirogues de pêche, attention !… peu de vent, il faut mettre le spi pour s’écarter de cette zone très fréquentée.

Hier l’harmattan à commencé à souffler. C'est ce vent qui transporte le sable du désert et rend l’air jaune, la visibilité réduite et la température monte. Je l’aurais vu avant de quitter la Gambie !... Très bon pour s’éloigner de la côte… Un oiseau marin s’est posé deux fois sur le bateau, comme pour faire un clin d'œil. Photo !...  Les dieux sont avec moi…

Matossage : c'est l’art de répartir les poids dans un bateau afin d’obtenir le maximum d’efficacité dans sa marche. C'est ce que je viens de faire en sortant l’ancre et la chaîne de la baille avant pour la mettre au fond du bateau et d’y mettre également le moteur qui ne serviront plus pendant des semaines… La glisse est meilleure et le son du clapot beaucoup plus fluide. Quelques heures plus tard la pétole s’installe. Ressortir le moteur pour se dégager. En fin d’après midi le vent s’installe…

19h30, à 50 milles de la côte, encore une pirogue, sans cabine, ils vont y passer la nuit ces pauvres pêcheurs, pour gagner leur maigre subsistance… Pendant qu’un vieux chalutier chinois tout rouillé un peu plus loin ratisse la mer et la vide sans discrimination de tout ce qui vit… Pas de vérification, pas de cotas ici !...

La nuit tombée le vent est régulier, la vitesse avoisine les 5 nœuds.

Vendredi 8 février.

105 milles parcourus en 24 h.

Jusqu'à présent le voyage est très confortable. Peu de houle, ça roule… Comme sur un tapis…

8h30, hissé le spi, vitesse autour de 6 nds. Reste 2060 milles nautique pour Cayenne, 3800km…

9h30, le vent ramolli très nettement. Je croise un cargo. Ma radio est en panne !...?... La dernière fois elle fonctionnait… De toute façon je m’en sers très peu. Je n’ai pas l’habitude de parler aux bateaux de passage.

13h. Finalement la radio marche. En examinant attentivement la prise du chargeur, elle était oxydée. Un bon nettoyage et c'est reparti.

Le vent est trop faible pour le régulateur d’allure. Dans ce cas le pilote électrique est plus précis. Mais il faut rester près de la barre car assez souvent le vent oscille et il faut régler manuellement le changement. Grâce au spi je parviens à maintenir une vitesse correcte.

Samedi 9 février

Nuit sans histoire,très confortable, bon sommeil. Aucun bateau à l’horizon, seul en mer !... Quelle sensation… Lune montante en début de nuit à l’étrave. C'est grisant. Je chante et danse à poil sur le pont, waouh !...

Ça y est, je suis dans l’alizée. Trade winds disent les anglais, le vent des marchands, avec lequel se faisait le commerce avec le nouveau monde.

J’ai remis le spi ce matin, le bateau avoisine les 6 nœuds. Le vent n’est pas très fort, on voit cette longue houle venant du nord, ample, majestueuse mais pas très haute, un mètre peut être… Le soleil se lève vers 7h30, il se lèvera de plus en plus tard à mesure que j’avance vers l’ouest.

Le vent a encore molli et il a fallu attendre 3 bonnes heures qu’il souffle bien.

Je suis très satisfait de mon bimini qui protège bien du soleil et rend la vie à bord agréable. Il a fallu le tailler et le retailer, l’ajuster patiemment pour qu’il soit efficace et il tient bien au vent pour le moment. Quand je l’ai acheté en Grèce il y a deux ans, fabrication standard, il était trop haut et ne protégeait que quelques petites heures et il a peu j’ai décidé de tailler dedans de manière drastique, quitte à le perdre pour enfin arriver au résultat désiré. Globalement, je suis amplement satisfait de ce petit bateau acheté 5000 €, aménagé peu à peu avec réflexion et ingéniosité et qui me permet tant de belles aventures à moindre coût…

Dimanche 10 février

Position à 8h: 12°35’N, 21°54’W.

À 4312m du fond de l’océan… A

À 1850 milles nautiques de la destination, Cayenne. Au quatrième jour de navigation la moyenne journalière est de 110 milles.

Je viens de calculer le décalage horaire : tous les 900 milles vers l’ouest on recule d’une heure.

Aucun bateau croisé depuis trois jours… Les nuits sont paisibles. Je me lève de moins en moins pour faire le tour d’horizon. J'ai confiance en mon ange, mais également au calcul de probabilité. Au milieu de ce désert aquatique, un risque de collision doit être de l’ordre du millionnième ?... Après avoir traversé la manche plusieurs fois, navigué en mer du Nord, frolé les monstres du canal de Kiel, croisé ceux de Gibraltar et autres zones très fréquentées par les cargos de tout gabarit, je me sens parfaitement serein ici où ne passe aucune route maritime. Radar, AIS ou autres systèmes de sécurité ne m’auraient été d’aucun secours au milieu des pirogues africaines où seul l’œil doit exercer sa vigilance…

15h. Jusqu'à présent la navigation est beaucoup plus confortable que je ne l’aurais cru. Vent trois quarts arrière, grand largue, peu de roulis. Je m’attendais à ce que ça bouge beaucoup plus. Question température, c'est l’idéal. On supporte aisément de n’être vêtu que d’air et d’espace pour laisser le vent caresser la peau dans son intégralité. Pourquoi priver certaines zones de cette respiration épidermique si saine ?... À peine une petite couverture en fin de nuit.

La pêche ne donne rien pour l'instant. Hier des petits morceaux de plastique étaient accrochés à l’hameçon… Aujourd'hui ce sont des algues jaunes venant de je ne sais où…. On verra plus tard.

Lundi 11 février

J'ai croisé un cargo cette nuit !... Ça fait plaisir, on se sent moins seul…. Puis le vent a tellement faibli que j'ai du sortir remettre toute la toile. Je suis au sud de l’archipel du cap Vert, à plus de cent milles, sous le vent. C'est peut-être cela, des venturies qui perturbent l’écoulement des alizés…. Ce matin après avoir établi le spi, le bateau était difficile à diriger. Après différents essais, je regarde par dessus le tableau arrière, un gros paquet d’algues jaunes est pris dans le safran. Grâce à la gaffe je le dégage, non sans mal et ça va mieux. Comment fait on pour les bateaux où le safran est complètement sous la coque ?...

Comme chaque matin, ce matin je fais toute une série d’exercices physiques pour maintenir les muscles en forme. Pendant trois semaines je ne ferai pas de marche, il faut donc compenser. C'est d’ailleurs agréable et sain pour le mental. C'est une sorte de yoga adapté au bateau… Yoga dans son sens ultime signifiant :” union de l’âme individuelle avec l’âme du monde, la conscience cosmique, l’esprit universel.”... Une longue navigation au milieu de ce désert liquide avec le ciel et les étoiles au dessus, loin du brouhaha du monde est un lieu privilégié pour être au cœur de Cela !... Et la navigation solitaire évite la dispersion de l’esprit pour peu que l’on fasse l’effort nécessaire… Mon ermitage flottant !...

Le spinnaker se déchire !...

Cet après-midi j’ai établi le spi de manière orthodoxe, avec tangon. D’habitude je frappe un côté au balcon avant et une simple écoute de l’autre côté, c'est parfait pour les vents ¾ arrière et très facile à établir en solo. Mais aujourd'hui, vu l’angle et la force du vent l’utilisation du tangon est la bonne méthode. Pendant des heures ça marche impeccable. Soudain j’entends un petit bruit alarmant… La couture du bas s’est accrochée quelque part et commence à se déchirer. Je fonce à l’avant, diagnostic, j’ai besoin de la gaffe. Le temps de la prendre, d’enclencher le pilote automatique de choquer les écoutes, tout le bas se déchire… Je remballe tout dans le sac, cela fera de la couture pour demain…

Ce soir, seul au milieu de l’océan, poussé agréablement par l’alizé, je sirote un petit apéro en écoutant du jazz. Insolite, non ?...

Mardi 12 février

Nuit excellente une fois de plus !... Le cap Vert dépassé il semble que l’alizé soit plus fourni. En fin d’après midi la vitesse moyenne est de 5,7 nœuds ce qui est très bien pour bateau ZEN.

Je lis en ce moment un livre relatant un siècle de traversée de l’atlantique sur des petits bateaux. Il y a vraiment des fous !... Je suis très raisonnable voire bourgeois confortable avec mon deux pièces cuisine équipé de deux pilotes automatiques, d’électricité et de cartes électroniques GPS. Pas vraiment un exploit !... Mais pour moi, un peu quand même.

Mercredi 13 février

1515…!... Marignan?... Et non, c'est la distance en milles qu’il reste à parcourir pour Cayenne en ligne orthodromique c'est à dire en ligne droite. Mais on ne va jamais en ligne droite. Ça dépend du vent, du réglage des voiles… j'ai donc fais 666 milles en 6 jours… À peu près… (c'est curieux ces chiffres qui se marquent au moment même où je les prends… Je ne le fais pas exprès, promis.)

Toujours pas un poisson. Je mets quand même la ligne à l’eau, qui ne tente rien n'a rien !... Quand le cliquetis d’alerte du moulinet se déclenche. Y a t’il quelqu'un au bout du fil ?... Il semble bien, la canne se plie. Prudence, calme, je laisse filer des mètres, ralenti le bateau, patiente pour fatiguer le poisson. Pendant vingt minutes puis tout doucement le ramène le laisse repartir un peu, le reprends. Finalement il apparaît : une belle dorade d’au moins un mètre. Je prépare la réception, l’accroche pour la rentrer dans le cockpit et là, l’hameçon se casse elle glisse hors du crochet et s’enfuit dans un beau plongeon vigoureux… Tant mieux pour elle, tant pis pour moi, c’est la vie, elle a gagné la bataille. Cela montre au moins qu’il y a du poisson sous les algues….

Un passager clandestin s’est introduit à bord !... Depuis plusieurs soirs je l’entend, discret mais présent. Un grillon, dont le petit chant me rappelle ma cabane de paille dans les montagnes de haute Provence. Bienvenue à bord, je ne te chasserai pas.

Juste avant, une touche !... Le moulinet s’est déroulé, mais avant que j’aie le temps de quitter mon assiette, de sécuriser le verre de vin contre un coup de gîte intempestif et de sortir le matériel pour l’accueil, il s’est décroché. Tant mieux, je n’avais pas le cœur à batailler.

Jeudi 14 février

Cette nuit le vent a un peu forci. Il a fallu sortir affaler la grand voile, enrouler un peu de génois et traîner un peu plus de chaîne pour stabiliser la marche. Je n’aimerais pas être en compétition, toujours devoir être au taquet, foncer pour être le premier, ne rien lâcher, pousser le bateau à ses limites, au risque de casser. Je ménage ma barque. Elle est vieille, je n'ai pas envie de casser ici, en plein milieu de l’océan. Et puis, arriver un jour ou deux plus tôt !... Pour quoi faire ?... Je voulais cette transat, j’y suis, alors que cela dure.

Ce matin j'ai remis la grand voile au troisième ris mais la direction du bateau est un peu erratique… La mer est pleine de ces algues jaunes, je crois que c'est cela qu’on appelle les sargasses. Il y en a des nappes énormes, taches jaunes sur l’océan. Elles se prennent dans le safran et même dans la palette immergée du régulateur d’allure et perturbent la direction. Il faut les dégager avec la gaffe.

Inutile d’essayer la pêche, elles s’accrochent au leurre. Au moins les poissons auront la paix !...

Le ciel est uniformément gris, première fois depuis le départ. Des myriades de poissons volants fuient devant l’étrave depuis des jours. Malheureusement aucun n’atterrit sur le bateau, il paraît qu’ils sont

délicieux à la poêle.

15 h.

Le vent s’est mis à bien souffler. 20 à 25 nœuds, ce qui est considérable pour mon petit bateau. Je ne marche plus qu’au génois que j’enroule ou déroule selon les variations du vent. Je suis dans la mer des sargasses , ou plutôt les sargasses sont descendues jusqu'ici. En principe elles sont bien plus au nord. C'est bien embêtant car elles se prennent dans le safran et le régulateur… Il faut souvent les dégager. Comment vais je faire cette nuit ?...

Le vent repart de plus belle… Je me sens à moitié rassuré de passer la nuit ainsi. Le régulateur corrige trop souvent et passe d’un extrême à l'autre. Cela ne me plaît pas… Je rajoute un peu de chaîne à tribord et, inspiré par le bouquin que je lis, j’expérimente une longue amarre à la traîne côté bâbord tout en réduisant le génois. L’effet est immédiat :stabilité de route. Ouf, ça va mieux. Sécurité, tranquillité d’abord.

Pas question ici de dire “vivement que je sois au port pour me reposer…” j’en ai encore pour quinze jours…

Vendredi 15 février

Finalement je n’a dû sortir qu'une seule fois cette nuit pour dégager les algues. Il y en a beaucoup moins dans cette zone.

Un poisson volant dans le cockpit !... Je goûterai ça à midi. Des dauphins gris tachetés autour du bateau. Cela faisait longtemps. Un peu de compagnie ça fait du bien.

La mer est plus formée maintenant. Parfois des creux qui avoisinent les quatre mètres, sans déferlement. C'est beau et impressionnant…

Si petit au milieu de tout ça !...

Ce matin j'ai essayé un nouveau truc pour stabiliser le bateau vent arrière : laisser traîner une longue amarre avec une extrémité frappée à bâbord et l’autre à tribord. Il se forme alors une grande boucle à l’arrière qui traîne dans l’eau et qui équilibre beaucoup mieux que la chaîne frappée d’un seul côté. On peut régler le degré de ralentissement selon la longueur que l’on envoie. C'est pas nouveau mais je n’avais jamais essayé et ça marche très bien dans mon cas. Le bon réglage une fois trouvé il n'y a plus qu'à se laisser glisser vers la destination tout en vacant à ses occupations.

Une bonne partie du temps est dévolue à la position allongée. Lorsque le corps est bien calé il n'y a plus d’efforts à faire pour compenser les mouvements du bateau et il n'y a plus qu'à faire “néant”. Ou autre chose…

Samedi 16 février

10ème jour de mer

La première semaine c’était le début des alizés. La mer était calme, le vent modéré, il fallait la grand voile et même le spinnaker pour atteindre une vitesse convenable. Maintenant la grand voile est rangée depuis trois jours, le spi toujours en attente de réparation, ce n'est pas urgent… Et je module entre l’enrouleur de génois et les trainards à l’arrière pour réguler la course.

La houle également a changé d’aspect. Elle n’est plus arrêtée par les îles du cap Vert et vient en direct de l’Arctique et de ce qui se passe en Atlantique nord. C’est dire que les creux sont plus grands et comme le vent n’est pas trop fort elle ne déferle pas où peu. Mais on sent qu’il n’en faudrait pas trop pour que change le paysage. Vu d’un petit bateau, c'est impressionnant !... Mais il est trop tard pour faire demi tour. Demain je serai à la moitié de la route…

Le livre que je viens de terminer, “les aventuriers de l’atlantique” raconte les traversées d’une centaine de petits bateaux pendant un siècle. Le plus souvent en Atlantique nord où les conditions sont plus difficiles. Certains l’ont fait dans des barques ouvertes !... Les durées étaient souvent de 3 à 4 semaines. Souvent les bateaux prenaient l’eau et il devaient pomper pour l’évacuation. Heureusement je suis beaucoup mieux loti. C'est bon pour moi de connaître ces récits, ça relativise… et globalement les problèmes sont arrivés lorsque ce n’était pas la bonne saison ou que le bateau n'était vraiment pas fait pour ça !... Et au final très peu de morts.

123 milles en 24h. C'est la distance parcourue aujourd'hui. Moyenne de 5,1 nœuds horaires .c'est bien pour un petit bateau de 6,80 vieux de 35 ans !... Et sans chercher la performance mais plutôt à le préserver…

Il n’est pas idéal pour ce genre de navigation mais une fois sur place, facile à manœuvrer, a entretenir, il se faufile partout et n’attire pas les convoitises. Il est modeste…

Dimanche 17 février

Ça y est, je suis à mi-parcours entre la Gambie et Cayenne. Le compte à rebours est commencé. 1045 milles nautiques, environ 2000 km pour la Guyane. La vitesse journalière à un peu augmenté mais je me méfie des spéculations. La carte papier mentionne un contre courant équatorial assez fort que j’aurais déjà dû rencontrer. Je ne m’en suis pas rendu compte… Mais les courants peuvent se décaler selon les saisons et les années ?... Et j’approche de la latitude du “pot au noir”, zone instable perturbée de calmes et d’orages… Faut il rester à la même latitude ou continuer à descendre ?... Les informations météo de cette année et celles de l’année dernière confirment que le vent continue jusqu'à Cayenne et même plus bas jusqu'à avril et au delà. Mais moi je vois les nuages qui augmentent dans le ciel !... Alors que faire ?...

Ce qui est sûr et clair c'est que le fuseau horaire est décalé de plus d’une heure. Le soleil se lève et se couche une heure plus tard que au départ.

LE SAFRAN CASSE

12h00

Alors que je mange, un bruit bizarre, la voile fasseye. Je sors, merde, le safran balotte. Examen rapide, une ferrure est cassée. J’ai déjà eu ça en mer thyrénéenne, de nuit en arrivant sur la sicile. Mais là il y avait une île, Ustica, où j’ai pu faire réparer. Ici, pas d’île !... Je le retire avec difficulté avant que tout s’arrache… La situation est préoccupante. Au beau milieu de l’atlantique sans gouvernail !... C'est un peu comme être seul, au milieu du désert en 4x4 et ta direction lâche…

Impossible à réparer ici sans poste à soudure… Pas de panique, j’essaie sans trop y croire la solution bout de ficelle qui marche mais tellement mal que j’arrête immédiatement avant de faire des dégâts supplémentaires.

Je passe quelques heures à fabriquer une sorte de godille avec le tangon, espérant l’utiliser comme gouvernail de fortune comme j’ai lu dans un livre de Kersauson… J’essaie à maintes reprises, ça ne marche pas !...

Bon, là je suis dans la mer… à 2000 km des côtes et je n’ai pas vu un bateau depuis une semaine. Je suis vivant, j’ai a manger et à boire pour un bon moment, on trouvera un moyen. Vent et courant me poussent dans la bonne direction, on cherche une solution. Il y a bien un français de 72 ans qui traverse en ce moment l’atlantique dans un tonneau !... Sans blague.

Je mets une longue chaîne qui traîne à l’arrière bâbord ou tribord pour retenir le bateau et déroule plus ou moins de génois afin de chercher un cap pas trop mauvais… L’équilibre est très instable et je peux aller jusqu'à 90 degrés du cap. C'est pas gagné !.. Il faut sans cesse ajuster. La nuit venant je réduis au maximum pour trouver un équilibre, lent, 2 à 3 nœuds pour pouvoir dormir. Lorsque je me réveille, je sors pour améliorer la vitesse. Comme c'est pratique quand il y a une barre !...

En fin de nuit je vois un cargo à côté, pas très loin !... Tout le monde sait que lorsqu’un navire porte assistance il récupère les hommes mais il faut abandonner le bateau… Ça fait réfléchir. Après hésitations j’ appelle sur canal 16, réservé aux urgences… Pas de réponse… Pendant vingt minutes j’essaie, négatif. Débrouille toi tout seul, gamin !... Pensées pour Alain Bombard, naufragé volontaire. Me voilà à la dérive au milieu de l'atlantique !... Pensées également à tous les autres bateaux minuscules dont la vitesse moyenne ne dépasse pas deux ou trois nœuds… Il me faudra être patient et ZEN.

Lundi 18 février.

Reste 970 milles pour Cayenne. J'ai réessayé la godille-gouvernail, nul. Par contre j'ai trouvé un réglage de voile qui me laisse les mains libres pendant plus d’une heure à bonne vitesse… J'ai même pu dormir un peu !...

Mais le système est précaire et peu fiable. A un moment plus rien ne va plus. J'ai flippé un moment, je n’avançait plus. J'ai pensé que j’étais dans ce fameux anti-courant équatorial de 2 à 3 nœuds indiqué sur la carte… Peut être ?...  Alors si je fais du surplace ça risque d’être un peu long…. Voyant la distance qui reste à faire je manquerai d’eau, je dessécherai et vais mourir bêtement là, en mer. Je lance un message de détresse sur la radio, il y a parfois des bateaux que l'on ne voit pas… Rien, pas de réponse. Alors je fait une dernière tentative avec la godille tangon et ça marche !... Quelques ajustements et je peux diriger le bateau à des vitesses correctes. C'est un peu fatiguant et demande beaucoup de concentration mais entrecoupé de pauses j’y arriverai, pas loin de cent milles par jour. Mais ça sera dur.

Je ne suis pas prêt à déclencher la balise de détresse et abandonner le bateau sans livrer bataille jusqu'au bout. Je suis là pour vivre une expérience face à moi-même et je ne ferai pas volte-face au premier obstacle. D’ailleurs je n’ai pas de balise. C'est un choix. Si on ne se met pas en danger, comment peut-on savoir ?... Et que faisaient les Kersauson, Tabarly, Moitessier et autres avant l’invention des balises ?... Pas de téléphone satellite pour connaître la météo ou téléphoner à la famille…

Mardi 19 février

Cent milles est un souhait, un rêve.. . Le réel c'est autre chose !... Le système godille est l’ ancêtre du gouvernail. Je dois réinventer des systèmes anciens. Établir des cordages ici et là pour soulager l’effort du barreur qui est trop intense, établir un té afin d’orienter la pale dans l’eau etc…

Mais après une heure à la “barre” à rattraper sans cesse les caps qui se perdent, on est crevé, on mélange tout et il faut se reposer après avoir trouvé un réglage permettant d’avancer tout doucement dans la bonne direction.

Cela veut dire qu’on fait des séquences “navigation” et des séquences repas, repos, relax… J’ai calculé avoir environ vingt jours d’eau à boire. À manger ça va…

Tout en “barrant” il me vient une idée de réparation du safran qui me semble solide avec différents éléments que j’ai à bord !... Je le cogite pendant un moment puis vérifie que tout est à bord. OK, je me lance dans ce chantier, j’y crois…

Le réglage voile me permet d’avancer à 2 ou 3 nœuds dans la bonne direction sans intervention. Même la nuit j’avance bien… ce réglage je l’ai trouvé par hasard en déroulant un bout de génois afin d’éviter le roulis et comme je laisse une chaîne de traîne qui sert d’ancre flottante je suis parti faire autre chose. Quand plus tard j’ai regardé la trace GPS, elle montrait une ligne droite dans la bonne direction de plusieurs milles. Aubaine… C'est lent mais ça avance.

Mercredi 20 février.

8h… 70 milles dans la nuit !... En dormant comme un bébé. Plus que 830 pour l’arrivée.

17 h. Les travaux sur le safran avancent, le bateau aussi. 25 milles depuis ce matin. Ça ira plus vite si le safran est réparé…

Ça y est, c'est réparé (de fortune). Le safran a retrouvé sa place, le pilote et le régulateur d’allure aussi. Le trainard est ramené à bord, le bateau danse guilleret sur les flots. La vitesse évidemment à doublé mais il ne faudrait pas forcer. La répartition est provisoire, grâce à un morceau de tole inox que j’avais trouvé à moitié enfoui sur une plage des Canaries. Un vieux marin ne laisse jamais traîner ça, la preuve, ça peut servir !... J’espère que ça va tenir jusqu'à Cayenne…

Ouverte la dernière bouteille de vin rouge, petit apero dînatoire, coucher de soleil à poil dans le cockpit, c’est la fête !...

Jeudi 21 février.

9h, lever de soleil à l’arrière. 740 milles de Cayenne. Avec toutes les réserves que l'on peut faire concernant l’avenir, il est raisonnable de penser que l’on y sera dans une semaine…

Le safran et le pilote ont tenu toute la nuit, pourvu que ça dure !... De ce fait, la vitesse a doublé. Le vent est très mollasson, espérons que l’on ne soit pas encalminé dans la pétole contre laquelle on ne peut rien faire d’autre que attendre !...

Les SARGASSES.

Ces algues jaunes qui prolifèrent à la surface de l'océan par individus, par groupe et parfois forment de véritables prairies. On se demande parfois si, aglutinant d’autres substances sous elles, elles ne pourraient former de véritables îles flottantes. Depuis des semaines je ne vois que ça. Impossible de pêcher évidemment, elles s’accrochent à l’hameçon. Je viens encore d’essayer ce matin !... Alors c’est peut-être mère nature qui dans son intelligence infinie veut protéger ses petits contre la voracité insatiable de l’homme et la surpêche qui irait jusqu'à la disparition totale des poissons ?... Et si on arrêtait de manger du poisson ?...

19 h. 699 milles, je viens de passer dans la centaine commençant par 6… et le safran tient le coup !... Content de voir que la distance diminue… Toujours aucun bateau en vue, rien d’humain dans cette immensité océanne.

Vendredi 22 février

16ème jour… Parcouru 1500 milles orthodromiques mais en réalité 1800 environ… plus de 3000 km. Et deux cargos croisés… Pour sûr ma plus longue étape avec bateau ZEN…

Que d’eau, que d’eau, que d’eau !

… Et pour la première fois ce matin, virement de bord, bâbord amures ( c’est à dire que le vent vient de la gauche du bateau, pour ceux qui sont pas marins… Et de l’arrière, grand largue dit on dans la marine). Maintenant ça penche de l’autre côté (ça gîte disent les marins…). C’est la révolution à bord, toutes les habitudes changent : pour faire la cuisine il faut se caler différemment, pour s’allonger, décaler la couchette etc… Ça rompt la monotonie qui pourrait s’installer…

La réparation du safran tient toujours. Je ne tente pas de pousser le bateau plus fort, quien va piano va sano !... (lentement mais sûrement disent les italiens).

Travaux manuels : reprise de la couture du spi. Il y en a pour plusieurs mètres avec un point bien spécial qui nécessite un avant trou et pour corser le tout il ne reste qu’une seule aiguille courbe de bourlier, les deux autres droites étant cassées !... Je vais tâcher de le terminer en vue d'une éventuelle pétole !...

Depuis des heures, des nuées de mouettes à l’avant du bateau. Elles ont compris que les poissons volants s’envolaient devant l’étrave et elles se gavent littérallement. Sous l’eau c'est également une tuerie !... Les poissons sautent hors de l'eau à droite, à gauche, juste la taille de ma poêle à frire, mais pour moi, nada. Que faire ?... Zen attitude…

Samedi 23 février

Le croirez vous ?... À 550 milles des côtes, 1000 km, je passe à côté d'un filet de pêche, pas perdu à la dérive, mais équipé d'un émetteur GPS !... Je ne savais pas que l’on pêchait aussi loin en plein Atlantique… Puis un deuxième un peu plus loin…

Il y a une course transatlantique Dakar-Cayenne à la rame. J’ai vu l’arrivée il y a dix ans…. Et j'ai rencontré au Maroc le seul participant du continent africain qui l’a fait.. Je suis sur le même parcours. J'ai vu des vidéos sur YouTube, c'est pas de la rigolade !... Le premier fait cela en 70 jours environ mais tous sont secoués en tout sens alors qu'en voilier on est stabilisé par la voile. Mon ami Benamar a même fait un 360 degrés d’arrière en avant, le tour complet !... Une vague plus grosse que les autres te prend par derrière, le bateau descend en accélérant, l’avant pique au fond de la vague, freine brusquement et tout le reste passe par dessus. 180 degrés… Et c'est pas fini, la pointe arrière repique dans l’eau et tu te retrouve dans la position initiale, un peu sonné certainement… Mais la mer elle ne s’arrête pas pour que tu puisses reprendre ton souffle… Je vous laisse imaginer la suite !... Le grand soleil disait il !... En voilier on appelle ça “sancir ”, mais là ça s’accompagne généralement du dématage… J’y pense quand je trouve le temps un peu long… je suis vraimente comfortable, qui en ce moment fait cuire le pain pendant que le vent fait avancer le bateau… Je me demande si cette année la compétition a lieu ?... Le vent s’est bien renforcé le bateau marche très bien et à 20 heures je passe dans les 498 milles de l’arrivée. La réparation tient toujours…

Hier en faisant une manœuvre je suis tombé violemment sur le derrière… AiAie aie aie… Aujourd'hui chaque mouvement me le rappelle… Et la position assise est un peu problématique !... Personne pour me décrire la couleur de mon séant… AiAie aie aie…

Ciel bleu toute la journée comme hier avec quelques nuages discrets comme ornements. 7 degrés 27 de latitude, toujours pas de pot au noir…

DEUXIÈME FOIS LE SAFRAN

22 heures.

Claq, la réparation vient de sauter. Dans la précipitation pour retirer le safran avant qu'il n’occasionne d’autres dégâts, une pièce maîtresse est tombée à l'eau !.... Il fait noir, on verra demain. Pour l’instant je dérive à 2 ou 3 nœuds dans la bonne direction. Encore 490 milles avant cayenne.

Dimanche 24 février

12h00

Après de longues heures de travail, j’ai usé de toute mon ingéniosité et des bouts de tuyau, fil de fer et autre pour remettre le safran en place. C'est chose faite, pour combien de temps, nul ne peut le dire…

J’y ai laissé un peu de peau de la main droite qui est maintenant ornée d’un joli bandage blanc. Il est temps d’arriver.

Avec la dérive de la nuit je suis maintenant à 455 milles du but….

19 h.  22 milles seulement parcourus. Le bricolage n’a pas tenu longtemps… J’ai essayé de barrer à la godille-tangon mais c'est dur pour peu de résultat… J’ai passé l’après midi à préparer un autre système avec de la résine, je continue demain. Sinon c’est une semaine de plus en me laissant dériver !...

Lundi 25 février

404 milles au compteur à 9 heures. Ça se rapproche… Dans ces conditions de navigation, je serai content d’être arrivé.

Dernier essai de réparation du safran, une grosse ceinture de polyester armé pour renforcer la ferrure. J’avais des doutes sur la qualité de la résine qui l’autre jour n’avait pas pris, mais ça va. J'ai commencé cette nuit car il faut y aller méthodiquement, couche après couche… Pourvu que ça tienne, 5 jours seulement !...

Ce matin les creux sont impressionnants. Quand je pense à ceux qui ont fait la transat en petit catamaran de plage (Yvan Bourgnon entre autres, visible sur YouTube…) ça me rassure sur mon sort….

19 h. Cela fait six heures que le safran est en place et qu'il fonctionne normalement avec le pilote. Ouf !... Mais reste un fond d’appréhension que quelque chose vienne à clocher…

Mardi 26 février

10 h. Jusqu'à là tout va bien. 100 milles depuis hier matin. Deux fois plus qu’à la dérive !... C'est quand même mieux avec un safran !... Pourvu que ça dure… Reste 300 avant la fin.

Toilette du matin en économie stricte d’eau ménagère. Je ne vais quand même pas me doucher à l’eau minérale !... Quand même… j'ai commencé à me laver les dents à l’eau de mer. Sincèrement, c'est pas si mal que ça, en plus elle est iodée !...

Et puis il y a un besoin de LESSIVE !... Depuis le 7 février…

L’air marin, la chaleur tropicale…

Mercredi 27 février

21ème jour, 3 semaines que j’ai quitté la Gambie… Cayenne approche, 208 milles au compteur. Il est temps !... Je ne me sens pas de faire le tour du monde sans escale. Chapeau bas à tous les marins du Vendée globe et autres globes flotteurs, dans d’autres conditions encore plus dures.

Le safran tient bon heureusement et le pilote fait son travail !...

Hier j'ai viré de bord afin de descendre en latitude. Je suis resté ainsi toute la nuit. Ce matin revirement, il semble que je vais maintenant droit sur Cayenne !... Mais il y a encore deux bonnes journées de navigation, si tout tient sur le bateau… C'est un peu une hantise maintenant, que quelque chose casse, un fond d’inquiétude tapis dans l’esprit que l’on s’efforce d’ignorer mais qui est réel … pas très agréable tout ça !...

Une plaque inox à la base de la barre prend du jeu… Vingt minutes de contorsions, la tête à l’envers par dessus le tableau arrière pour voir ce qu'il y a, chercher le numéro de clé correspondant pendant que les vagues déferlent et te trempent… Finalement, mission accomplie, pas droit à la moindre négligence en ce moment… Beaucoup réduit le génois, le vent est fort ce matin !... Réduire la vitesse, assurer la sécurité…

La transat des dames qu’ils disaient… La plaisance !...

Jeudi 28 février

130 milles en 24 heures !... C'est le record. Le cheval sent l’écurie… reste 78 milles pour la bouée d’entrée de Cayenne. C'est pour aujourd'hui, mais plutôt de nuit semble-t-il.

Les fonds remontent rapidement, passant de 4000 mètres à 100 mètres et à l’arrivée les fonds sont dragués constamment pour permettre l’entrée  des cargos dans le fleuve Mahury par un chenal marqué par des bouées et tout au fond il y a quelques pontons pour les plaisanciers. C’était ainsi il y a 10 ans et c'est ce qu’indique la carte… j’aurais préféré arriver de jour pour profiter de la vue mais on ne choisit pas… IcI la longueur des jours égale celle des nuits, on a donc une chance sur deux !...

15

heures.

C’est l’heure de Gambie que j'ai gardé tout le temps du voyage. Ici, 3h de décalage, il est 17h. Le soleil se couche à 18h40, il reste 26 milles de distance, 6h environ si tout continue comme ça. Car le vent a beaucoup baissé, normal en approche d’une côte qui est ici un immense continent, l’Amérique du Sud.

Ça y est, je l'ai fait !...

Le bateau est prêt pour l’atterrissage, ancre à son poste, moteur prêt à être démarré.

Après 10 km de chenal bien balisé, on est en France…, j

j'ai jeté l’ancre à minuit, me suis fait une grosse omelette et dodo.

JE SUIS EN AMÉRIQUE ET VIVANT !...

MERCI LA MER, TU M’A LAISSÉ PASSER… 

1

Paul est un navigateur original dont on a deja parlé sur heo ,il a deja raconté ses aventures en mediterranee puis en ecosse ,je n'avais plus de nouvelles depuis !

08 mar. 2019
0

Merci Pierre 2 pour le coup pas minimaliste! :pouce:

08 mar. 2019
0

:pouce:

08 mar. 2019
7

Pour ceux que çà intéresse, je viens de tout copier et transformer en pdf,
pas de photos car je n'en ai pas. Choisi une taille de police assez grosse pour ceux qui ont du mal à voir.
Merci Pierre.

08 mar. 2019
0

top merci

08 mar. 201908 mar. 2019
0

Bravo à Paul pour son comportement marin, malgré son peu d'expérience.

Cette année, la prolifération des sargasses est terrible, même à cette latitude. J'ai fait une route similaire (Casamance-îles du Salut) il y a 30 ans, pas vu un seul banc d'algues !

08 mar. 2019
3

@Flora Paul n'est pas né de la dernière pluie ,il a déjà traversé l'atlantique en équipage et bravé bien des dangers voir son blog ,épisode aux iles Kerkenna où les autochtones le poursuivaient et voulaient brûler son voilier.
icinaissentlesnuages.heoblog.com[...]/ ;-)

08 mar. 2019
1

C'est lui même qui le dit dans son récit...

08 mar. 2019
1

:pouce:

08 mar. 2019
0

bravo a lui , mais ça me laisse pas réveur .

08 mar. 2019
0

Chapeau.

08 mar. 201916 juin 2020
1

Voir sa page facebook,photo réparation du safran en navigation. Paul est un fervent adepte des trainards,chaine avec ancre...là corde pour diriger...pendant la réparation. :pouce:

08 mar. 2019
0

Merci Pierre2 :pouce:

2

Il faut remercier paul , il partage ses aventures et il ecrit pas mal ! :-)

08 mar. 2019
8

Bonsoir,

çà fait vraiment plaisir de voire qu' il y a encore des gens qui se lancent dans une telle aventure avec de modestes moyens, et qui se démerdent seul quand il y a des problèmes!
:pouce: :pouce: :pouce:

Bravo MARIN :pouce: :pouce:

08 mar. 2019
0

Un vrai aventurier ce gars là. Bravo !!!

08 mar. 2019
2

On se souvient de ses navigations musclés avec le voilier précédent le Microchallenger :

Paul De Meerschman
il y a 3 ans
Salut.
Pour reprendre le fil de l'histoire. ...
En 2009 je repars seul sur mon micro challenger pour visiter l’Espagne, faire le tour d’Ibiza et continuer jusqu’à Carthagène où je décide de faire demi-tour car la saison avance et je ne me sens pas de passer l’hiver sur un aussi petit bateau mal équipé : pas d’électricité, pas de pilote automatique, la bonne vieille méthode du bout et du sandow… Pas de soucis non plus !... J’ai également écris un petit journal de bord qui s’est volatilisé sur internet !... avec quelques incidents marquants dont un quasi naufrage par vent de force 9, forte tempête, aux environs de Valencia. ......
Donc ce matin là, je sors du port de Valencia après avoir pris la météo à la capitainerie : un bon vent dans le dos pour remonter la côte qui se renforce dans les heures qui suivent. Cela fait mon affaire. Grande voile et génois en ciseaux, plein soleil, je croise un magnifique monocoque de course rollex cup avec tout l'équipage à bord à l'entraînement.
Puis peu à peu, le vent se renforce, encore et encore. .....
Je prends un ris, puis finalement le deuxième. .... et le vent continue à monter. ... je décide de passer à l'avant pour affaler le génois et mettre le foc. Au dernier moment je décide de mettre le tourmentin.... Bien m'en a pris car le vent continue à monter. .... Passé un moment, je ne peux plus tenir la barre et suis contraint à affaler le reste de grand voile. Je suis en fuite sous tourmentin seul et le vent continue à monter. !.... Il vient de terre heureusement et ne peut pas soulever la mer. Mais en me retournant je vois celle ci blanche, vaporisée par la violence du vent. Là c'est du sérieux. Je n'ai jamais vu ça de ma vie. C'est magnifique, mais je n'en mène pas large. Impressionnant !.... Que faire ? Fuir la côte disent les marins, mais plus loin il y a un cap et derrière ce sera la haute mer. Et elle risque de s'enfler. Devant, un port de commerce où peut être je peux m'abriter. ?...
Le vent continue. ... Je choisi cette option. En virant bâbord pour entrer dans le port, le tourmentin s'arrache de sa drisse. Entre les deux jetées, la tempête se reforme. ... je lance le moteur et cherche a me mettre à l'abri. Il y a quelques corps morts que je tente de saisir. Mais seul, la barre d'une main, l'autre tenant la gaffe pour accrocher le petit anneau de la bouée avec ce vent de folie. .... impossible.
Le port est immense et fait pour recevoir les cargos. Il ne figure pas sur le bloc marine. Je ne sais où aller.
Puis tout à coup, le moteur ne donne plus sa puissance habituelle ? Et me voilà dérivant vers la jetée au vent, là où la mer se brise !.... Rien à faire. Le moteur est à fond mais ne propulse plus. ....
Inexorablement je vais droit sur la jetee où quelques hommes s'agitent. Il y a une nasse de pisciculture que je parvient à éviter, une dernière bouée où je tente en vain de m'accrocher. Mais le vent est trop fort, je lâche prise. Le quai est à dix mètres, je suis droit dessus. .... Un des hommes s'allonge sur le quai, me tend la main. ... et je lui passe le boute d'amarrage. Puis je lui prend la main et avec l'aide d'un autre ils m attrapent et me jettent sur le quai.
Une voiture de police déboule sirène hurlante. ... je suis transi de froid, et ils me demandent mes papiers ! Ces cons. .... Bon, ils comprennent vite, je me mets à l'abri dans leur voiture pendant que je vois le haut du mat frapper et frapper encore, pour finalement s'écrouler. Adieu mon petit bateau cheri..... Je sors pour l'oraison funèbre et oh surprise ! Grâce au boute, un des hommes a réussi à éloigner le bateau du bord et il arrête de cogner. Il n'y a plus qu'à attendre.
On m'emmène à l'infirmerie, je fais ma déposition. ... et quelques heures plus tard, le vent s'est calmé. Je remonte à bord, beaucoup de désordre. Le mât s'est décroché par le pied, mais pas de casse.
Un de mes sauveteurs m'invite chez lui pour la nuit. Le lendemain j'enmène le bateau un peu plus loin. Le moteur est tombé à l'eau, donc à la godille.
Je constate des coups sous la flottaison. Un de mes sauveteurs, un voileux, me sort le bateau de l'eau. Bilan : quatre trous sous la ligne de flottaison. Vive les insubmersibles, vive challenger. ...
On répare, je remonte le mât, je retrouve le moteur sous l'eau. Rendez vous avec un mécano, intervention rapide, ouverture et rinçage du piston immédiate, spray de degrippant, séchage. ... pour 80€ le moteur est sauvé.
Solidarité des gens de mer, le lendemain je reprends la mer.
Je l'ai échappé belle.
Un de mes sauveteurs m'offre une petite vidéo qu'il a prise avec son appareil photo. Jamais je ne vous oublierai, mes amis. Et quand je le pourrai, j'en aiderai d'autres.

08 mar. 2019
0

:pouce:

08 mar. 2019
2

c'est bien sympa de voir des gens naviguer avec de petits moyens et pas forcement sur le dernier cata a étage sorti de chez FP...Bravo les gars !

08 mar. 2019
0

bonsoir
un reproche , il faut du temps pour lire ce journal de bord , mais je vais le lire d'un coup , surement avec grand plaisir .
avec un petit bateau de 7m il peu etre considerer par certain comme
" aventurier "

bravo a lui ,
la taille du bateau et le budget ;
ne font pas la taille du marin .

salut

08 mar. 2019
1

Rebonsoir. Tout lu copié et relu. Son récit donne l'impression que c'est un "gamin" mais au vu des photos, que nenni .

08 mar. 2019
0

Respect,merci Pierre pour nous avoir fait profiter de cette aventure cela nous donne envie :pouce:

0

Peut etre que si il avait fait naufrage on aurait eu plus de posts ;-)

11 mar. 2019
0

peut être que ça fait pas réver ce genre de nav d ou le peit de post , il est courrageux et c est pas donné a tout le monde de faire la même chose , moi non c est sur , encore bravo a lui

10 mar. 201910 mar. 2019
0

Le Challenger Horizon est insubmersible et peut naviguer plein d'eau à la voile...mais bon ça irait pas vite ! et bien sûr il faut que le gréement soit intact.
A vérifier mais je pense...Paul a dû naviguer sans bib ! ;-)

11 mar. 2019
0

merci pour le pdf

14 avr. 2019
0

"un siècle de traversée de l’atlantique sur des petits bateaux"
Quelqu'un connait ce bouquin? Bravo à Paul

14 avr. 2019
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Oui il s'agit d'un bouquin intitulé:
"Les aventuriers de l'Atlantique" de Humphrey Barton aux éditions Arthaud.
Ce bouquin m'avait rêvé à mes débuts.

14 avr. 2019
0

:pouce:
Ça change ...

14 avr. 2019
0

Oh Pierre tu ne m en avais pas parlé pendant qu' on coupait les pins...
Merci Nossi pour le PDF....
Très beau texte...belle nav en 6.80...excellent bravo bonne continuation
Salutations marines

14 avr. 2019
0

:bravo:
j'ai aimé son récit et sa capacité bricolistique

14 avr. 2019
0

bonjour, merci pour ce récit très instructif, cela donne des idées et bravo pour la performance :pouce: :pouce: :pouce: :bravo:

14 avr. 2019
0

Bonjour.
Je me pose la question de la faisabilité d'un tel périple au niveau de la réglementation avec un départ de France (arrivée là bas & retour en France?)... :reflechi: Quel sera l'acceuil? :policier:

14 avr. 2019
3

A l'accueil tu fais comme moi jadis: rentrant à La Rochelle, mon port d'attache d'alors, en revenant des Îles Féroës avec mon voilier de 5ême catégorie j'ai d'abord fait escale à Saint Martin de Ré et à Boyardville où personne ne connaissait le bateau. J'ai bien fait parce que de retour à La Rochelle à 6h du mat les gabelous étaient là en me demandant d'où j'arrivais... J'ai naïvement répondu Boyardville et Saint Martin dont j'avais s'il le fallait les tickets et ils ne m'ont rien demandé de plus... Ouf

16 avr. 2019
0

Merci Pierre. Ca fait du bien ce genre de récit. :pouce:

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