Souvenir d'une tempête

Bonjour à tous.

J'ai consulté cette vidéo aujourd'hui:

Je n'ai vécu qu'un seul "gros temps", ie au dessus de 8 Beauforts, en Méditerrannée, lorsque j'ai eu quelques instants de libre j'ai regardé l'anémomètre : 45kt, et je commençais à respirer un peu.

J'ai plus ou moins retrouvé ce que j'ai vécu dans cette vidéo, sauf une chose. J'ai été beaucoup plus marqué par le son du vent hurlant dans les diamants de mon mât que par la mer elle même. C'était un sifflement vraiment stridant qui m'a pénétré les tripes, et dans cette vidéo, je n'ai pas retrouvé ce son.

Est-ce que c'est mon mât avec des diamants (et pas de haubant), ayant une seule expérience, je ne sais pas trop. Ce que je sais c'est que mon vit de mulet a cédé et que la bôme ne tenait que par les deux bosses de ris.

PS contrairement à la vidéo, la météo n'avait pas prévu le coup de vent qui m'est tombé dessus.

S'il y a une chose qui vous a marqué par gros temps, que serait-elle?

L'équipage
13 avr. 2020
14 avr. 2020
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salut
les vidéos du viking sont géniales, ce n'est toutefois pas un tuto pour affronter des tempêtes, c'est son délire et on s'en réjouit tant c'est bien mené et bien filmé.
on ne va pas raconter "nos tempêtes" tant elles peuvent être différentes d'une personne à l'autre.
par contre le bruit, question intéressante: à mon avis dans les coups de vent le bruit est souvent plus stressant que la mer elle-même et les mouvements du bateau .
technique très simple pour atténuer ce stress, disons pour descendre le ressenti de 10 noeuds de vent, c'est de mettre des boules quies, je le pratique depuis des dizaines d'années, ça parait toujours une blague tant que l'on n'a pas essayé mais je peux vous assurer que, après quelques années de pratique, même avec des boules quies, on est parfaitement à l'écoute du bateau et moins stressé.
avec un casque Bose à réduction de bruit, wind of change ou still loving you de Scorpions plein volume, nuit de pleine lune à la barre en surfant sur de la grosse vague c'est encore mieux.

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Bonjour,
J’ai commencé à regarder cette vidéo. Arrêter au bout de 5 mn...
Je ne parle pas l’anglais mais le ronron de la voix est désagréable.
Et le type se balade sur son pont par ce temps sans gilet...
J’appelle ça un inconscient.
Ayant subi des coups de vent (et non des tempêtes) déjà conséquents, je ne faisais pas le clown sur le pont. Chaque manœuvre était décortiquée dans ma tête avant de l’entreprendre. Sachant bien que le moindre faux pas éventuel pouvait avoir des conséquences importantes.
Pas étonnant que la SNSM ai autant d’interventions à déplorer avec des comportements aussi stupides.
Bon confinement,
Patrice

14 avr. 2020
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Salut, merci pour vos retours.

En fait, je ne soutiens pas du tout la démarche du "Vicking". C'est juste que j'ai été surpris de ne pas avoir le même "ressenti". Je souhaitais savoir si d'autre ayant vécu un gros temps avez eu la même expérience sonore que moi.

La réponse de Quisas est en plein dans mon sujet. Je suis déjà sorti par force 7 en équipage expérimenté, je n'ai pas été marqué par le son. Lors de ma sortie sur mon bateau, j'ai vraiment été pris au tripes. Dans cette vidéo, je ne perçois pas ce sifflement. Je ne pense pas que ce soit le micro qui filtre.

Et puis, à la 16ième minute 17s, la GV ne semble pas beaucoup bouger sur sa bôme, le pavillon non plus. Le marin tient tout seul debout en tenant sa caméra à deux mains...

En fait, j'ai des doutes sur le force 10... mais je me trompe peut-être.

14 avr. 2020
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hello
ca pousse fort
vent arriere, petit bout de genoa borde a plat du bon baston
en cotier la mer n est pas encore trop formee, ca permets du vent arriere

ca ressemble a un bon 35 knt pas de raffales comme on les aime en med
le plus gros que j ai mange c etait au cap malea et on a pas trop joue a faire une video
on avait fini par se planquer derriere la petite jetee a makronisos, pas de fond et le popola avait 15 de gite ( j ai encore les photos )
apres qu il se ballade sans gilet, c est un choix
loulou

14 avr. 2020
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Merci ,j'ai beaucoup aimé !
Il est fou , en cette période de confinement c'est un vrai bol d'air !
Bon pour moi c'est maxi force 3 a 4 dans le Perthuis d'Antioche !

14 avr. 2020
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Bonjour,

quand on fait des photos ou vidéos de gros temps et qu' on les regarde après, on est toujours déçu car on arrive jamais à retransmettre les sensations du moment.
Je me garderai donc de faire des commentaires sur cette vidéo, sachant que les conditions réelles étaient forcément très différentes que le rendu.

Pour ce qui est du viking qui se ballade sur son pont sans gilet, certains solitaires préfèrent cette solution, considérant que si ils franchissent les filières, il n' y aura personne pour les aider à remonter ou les repêcher et ils préfèrent dans ce cas que l' agonie soit plus courte.

Je ne défends absolument pas cette solution, navigant essentiellement en solo, j' ai quasiment tout le temps un gilet auto et m' attache très très souvent, et très court de telle sorte qu' il soit quasi impossible de franchir les filières(lignes de vie sur le rouf en plus de celles sur les passavants).

Gorlann

14 avr. 2020
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Quand je suis seul je m attache quasi tout le temps avec un harnais, jamais de gilet, de toute manière insupportable en med sur un T Shirt

14 avr. 202014 avr. 2020
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Belles image de gros temps.
2 choses m'interpellent :
Voir notre "viking" en train de filmer la caméra à la main sans être attaché court.
Voir la descente grande ouverte en étant plein vent arrière avec des déferlantes
Pour mon cas, la force du vent ne m'impressionne pas, il suffit d'adapter la voilure.
Mais je fais toujours attention à l'état de la mer.
35 à 40 nds au portant c'est super tant qu'il n'y a pas de mer.

14 avr. 2020
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Je ne sais comment on peut juger une vidéo en en regardant 5 minutes ou ou juger qu'il n'y a pas plus que 35 noeuds. A moins de ne pas regarder le film ou de ne rien connaître de la mer. En plus le type est factuel et précis, et n'exagère pas.

Pour aller à Roevaer attendre la tempête il a du 35 noeuds, il le dit et le montre. Pour la première moitié du retour il a 45 noeuds plus rafales (et gilet et longe), soit un bon force 9. Ce n'est que sur la seconde partie du retour que le vent monte à force 10, 50 noeuds plus rafales.

Ce qui est fort impressionnant dans ces eaux, dans la partie ou il est exposé au large, c'est l'état de la mer.

Maintenant pour répondre à le_promeneur, sur la majorité des images ce n'est donc pas tempête, et il est normal de ne pas retrouver ton souvenir. Qui plus est, chaque bateau de part son gréement produit un son différent. Son qui dépend aussi de l'allure.

14 avr. 2020
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C'est un beau film, mais ça ressemble plus à de la fuite au portant qu'à de la navigation. En outre, il est dans un plan d'eau abrité, entre les îles et la côte, l'état de la mer correspond plutôt à 7 ou 8, et je ne suis pas sûr qu'il ait beaucoup plus que 40 nds de vent. Mais ça reste, si on fait abstraction du côté "Eric Billod" indéniable, un joli moment très bien filmé.

14 avr. 2020
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les forts coups de vent en med on est habitués 100km/h ce n'est pas rare ,tous les ans j'en ramasse au moins un ,mais la plupart du temps je suis à l'abri ou je ne vais pas tarder à y arriver ,par contre si j'y suis j'y reste ,sauf l'année dernière ou je me suis fait choper du coté du cap d'antibes en septembre et j'ai atterri à san rémo ou là j'ai eu droit à une tornade qui a nettoyé toutes les terrasses du port .
mais en septembre 2019 c était un par semaine .
ma voile est restée pratiquement au 2emme ris tout le temps .
comme j'ai eu droit à delta en 2005/06 je connais ma barre haute ,et je me méfie ,quand je vois un horizon tout noir qui m'arrive dessus j'affale et après je vois .
alain

14 avr. 2020
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Ça ne donne pas du tout l’impression qu’il navigue par force 10. Je sais bien que c’est probablement l’effet aplatissant des photos et des vidéos de mer (effet que je n’ai jamais vraiment compris), mais c’est comme ça. Les seules fois où je me dis que ça bastonne peut-être fort, c’est quand on voit les déferlantes sur les haut-fonds.

14 avr. 202014 avr. 2020
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Juste pour information

Le "Viking" de son vrai nom Erik Aanderra est instructeur auprès des personnels de plates-formes pétrolières et supply-boats dans le groupe RES Q

Le groupe ResQ est le fournisseur le plus complet de formations et de services de sécurité et de préparation aux situations d'urgence en Norvège. Le groupe ResQ a un large éventail de clients, notamment des compagnies pétrolières, des entrepreneurs de forage, des sociétés de services pétroliers, des compagnies maritimes, des agences militaires et gouvernementales.

ResQ opère le long de la côte norvégienne, d'Oslo à Trondheim, où plus de 400 instructeurs de sécurité et consultants d'urgence hautement qualifiés sont engagés.

Juste pour dire qu'il n'a rien d'un inconscient
Fañch

14 avr. 202014 avr. 2020
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Bonjour, pour répondre à la question à l’origine du fil.
J’ai plusieurs fois navigué par gros temps. Et sur un Greement classique.
A partir de 50 nds, le bruit est tellement important qu’il faut fortement élever la voix pour communiquer dans le cockpit et qu’on ne s’entend plus du cockpit a l’avant du bateau. ( à moins de 10 m de distance). C’est d’ailleurs réellement problématique si on n’a pas convenu de communication par signes.

14 avr. 2020
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Salut, l'objet de ce file n'était pas de dire du mal de la personne qui nous a fait une belle vidéo.

C'était juste de savoir si vous aviez retrouvé un peu du ressenti que vous aviez pu vivre en vrai.

Oui, les caméras ne rendent pas bien, maintenant je commence à croire que le micro coupe les aigus...

Peut-être aussi que Erik Aanderra était trop occupé quand ça cognait le plus et qu'il n'a filmé que le plus doux. Comme moi je n'ai regardé mon anémomètre qu'au moment de souffler...

Peut-être enfin que vous mieux "voir" le coup de vent depuis son PC, c'est de lire les récits des gens, comme celui de notre "Viking35" (pas fait exprès :-))
www.hisse-et-oh.com[...]lexomil

Je retiens l'idée des bouchons d'oreilles, en tout cas en nav solo, et bien sûr la veille permanente, la ligne de vie...

14 avr. 202014 avr. 2020
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Naviguant aussi essentiellement en Med en ce moment (depuis 25 ans en fait, c'était la Bretagne avant), je rejoins parfaitement Fritz sur la fréquence des bastons qu'on peut se recevoir dans la figure en naviguant sur cette mer.
Mon dernier, en juillet 2019, groupe de dépressions orageuses très creuses entre Baléares et continent, une mer croisée abominable de 4m déferlante avec des vents de 0 à 45 noeuds faisant un 360 toutes les 4h. une vraie galère à gérer...

Oui, le bruit est important psychologiquement, mais ce qui m'a le plus marqué un jour (ou plutôt une nuit...), c'était l'impossibilité de respirer.
C'était début aout 99, je pensais rallier Leucate à Marseille sur mon Karaté de l'époque et la météo annonçait "conditions orageuses", comme depuis 15 jours...
Je me suis ramassé le pire orage de ma vie en face de Sète/Palavas.
Le bateau était couché les winches dans l'eau à sec de toile et il y avait un éclair toutes les secondes. Heureusement, phénomène local, donc peu de mer (1,50 m maxi), et heureusement aussi que j'étais seul, sans équipage à gérer...
Dehors, il était impossible de respirer normalement car l'air était tellement saturé d'eau pulvérisée que je devais respirer à l'intérieur du ciré pour ne pas me remplir les poumons d'eau.
J'ai réussi tant bien que mal à aller me réfugier au mouillage dans l'avant port de Agde (interdit) et j'ai su, le lendemain, que le port et les campings de Palavas avaient été dévastés et la grande roue et des grues s'étaient cassées la figure. 230 Km/h de vent enregistré à Palavas, tornade de classe F2...

Concernant la vidéo, on ne peut pas se faire une idée des conditions réelles, mais ce qui semble certain, c'est que cette situation était préparée, de courte durée et voulue (qui plus est avec un but à atteindre au portant) et que cela fait toute la différence entre ça et une situation subie, qui dure et non préparée.

14 avr. 202016 juin 2020
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En 2012, sommes passé dans la même zone en venant de Lervik, nous avons longé la côte pour aller à Hauguesund, le vent s'est brusquement renforcé en sortant du fjord. Au portant sous Gv au 2e ris et trinquette la mer est devenue très creuse, le vent est monté entre 28 et 30 nds au portant. C'est avec un grand soulagement que nous sommes arrivés à Hauguesund. C'est un coin bien pourri par forte brise.
Voici le commentaire mis à l'époque sur H&O :
""la zone pourrie où nous sommes passés hier s’appelle SLETTA, juste au nord de Haugesund
à éviter par fort vent
Les prévisions de Coastal waters annonçaient pour hier "near gale 7"
je n'avais pas pu récupérer l'info car pas de connexion internet à Leirvik!
Un autre voilier est passé en même temps que nous
un suédois, Onvi d'environ 45 pieds sous génois seul.
Nous s'était GV 2 ris et trinquette
il aurait été souhaitable de ne garder que la trinquette, mais affaler la GV dans un endroit pareil avec une mer très creuse et des vagues limite du déferlement, un peu rock'nroll.
Donc on a fait avec mais il fallait absolument barrer pour stabiliser le bateau sur sa route.
On déboulait entre 7,8 et 8,5 nds sur le fond, donc ce fut assez court, moins d'une heure pour les 7 milles à parcourir.
Bonne semaine, ici il fait beau aujourd'hui et l'on a fait un extra : resto sur le quai, voir photo sur post précédent.""
lundi 27 août 2012 15:31

14 avr. 2020
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Superbes images !

J'aime bien ce temps ... quand je suis bien à l'abris au mouillage ou au ponton bien au chaud dans le carré, en attendant que ça passe 😁

Du coup, je me suis abonné à sa chaîne. Merci pour le lien.

14 avr. 202014 avr. 2020
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pour ceux qui jugent les vidéos du viking, sa façon de naviguer, de filmer, sa sécurité, etc ... en fonction de votre expérience, il faudrait juste que vous naviguiez quelques fois en hiver en mer de Norvège sur un contessa 32 et vous seriez sans doute plus humbles.
il n'est pas là pour vous apprendre à naviguer ni pour vous donner de leçons, regardez ses vidéos avec humilité sans commenter la façon dont il navigue, c'est mieux!
perso, alors que j'ai certainement des dizaines de milliers de milles de plus sur toutes sortes de trucs qui flottent qu'une bonne part des héossiens, je ne me permettrai pas de critiquer sa façon de naviguer, ça ne m'est même pas venu à l'esprit, je profite juste de la beauté et de la qualité de ses vidéos.
quand à raconter "ses tempêtes" c'est un peu comme faire une projection de ses dernières vacances en famille, ça n'intéresse que ceux qui les racontent, essayez en initiant un fil "ma tempête" et vous verrez que tout le monde s'en désintéressera en vous racontant "la sienne", à moins d'être connu et reconnu dans le monde de la navigation mais vous remarquerez qu'il est rare que ces gens là racontent "leur tempête"

17 avr. 2020
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35 le conmtessa je crois.

14 avr. 2020
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++ Quizas ;)

14 avr. 2020
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Quizas.

Oui ce marin est expérimenté et ces vidéos magnifiques ne sont pas des tutos.

Seulement, la chose la plus importante que Erik Anderra ait dite, c'est que la peur provient souvent de l'ignorance, et l'objectif du file est de discuter du ressenti des gens. Moi j'ai été surpris, et j'ai eu la trouille,si on ne maîtrise pas sa peur, c'est aussi dangereux que la mer ou le vent. Je m'en suis sorti avec un vit de mulet cassé mais sans blessure, juste des bonnes courbatures. Je ne suis pas un grand marin (2000 milles nautiques et une formation en école de 8 semaines, soit pas grand chose devant ceux dont c'est la vie et la passion), je suis un novice motivé comme on en trouve plein sur les pontons.

Ma surprise, ça a été la puissance et la tonalité du son. Ça m'a littérallement écrasé-fasciné pendant un moment.

"ça n'intéresse que ceux qui les racontent" Je ne suis pas tout à fait d'accord , lorsque je lis un vicking35, un swanee, un pepeere, "un quizas", je me dis qu'il y a plein de retours intéressants, que les gens soient des célébrités ou non, les bouchons d'oreilles, j'en vois parfaitement l'utilité. Un couteau dans une équipée est peut-être importante (qui a déjà eu besoin de faire un affalage à l'irlandaise?).

Maintenant, le titre est probablement mal choisi. En partant de l'idée que le danger vient de la peur et la peur de l'ignorance, le titre aurait pu être : "Quelles sont les situations qui vous ont le plus effrayés"

15 avr. 2020
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Bon, là, tu reviens dans le subjectif, et la discussion peut prendre un tour différent. Pour en finir avec l'objectif, je suis admiratif devant la qualité du film, de la maîtrise d'Erik avec sa camera dans des conditions très difficiles, et j'y ai pris un grand plaisir. Mais je reste convaincu qu'il y avait un vent de 40 nds à peu près et la mer qui va avec en zone abritée. Cela ne veut pas dire qu'un sémaphore sur une île à proximité n'ait pas enregistré des vents de plus de 50 nds.
Quand au ressenti, je suis d'accord avec toi que ça reste une expérience personnelle, et très dépendante de l'état d'esprit du moment. Si tu veux du témoignage, je peux te parler d'une remontée avec force 8/9 (même pas 10 comme dit dans la video) depuis Hourtin jusqu'aux Sables, sur un chalutier de 20m, un autre matelot de H&O était présent aussi, il pourrait en parler s'il voulait. Il y avait des creux de 7/8 m., le haut des vagues était arraché à l'horizontale par le vent, impossible de se parler ou de respirer face au vent. C'étaient des bœufs des Sables, le chalutier sur lequel j'étais a failli couler, submergé par une vague de l'arrière il s'est couché, et l'autre a eu sa timonerie éclatée par une vague. C'était plus stressant que ce qu'on voit dans la video, il faisait presque nuit en mai à 15 h., je crois que le sémaphore du Ferret a enregistré plus de 120 Km. de vent. Mais pour ce qui est du ressenti, je dois avouer que j'étais malade comme un chien, que je m'en remettais totalement à la compétence de l'équipage du chalutier, et que je n'ai pas eu peur un seul instant, je restais dans la cuisine, endroit aéré au niveau du pont, où le cuisinier imperturbable faisait de la soupe poisson qui malgré le mal de mer sentait très bon !
Autre expérience plus proche de ce que tu nous a mis comme exemple, l'an dernier, je suis parti en août d'Arcachon, avec un vent de 10/15 nds établi depuis plusieurs jours de plein est et des conditions caniculaires, vers San Vicente de la Barquera, navigation sous spi jusqu'à la tombée de nuit en maillot de bain ! Au coucher du soleil, je rentre le spi et renvoie le génois, je prends un ris par précaution, puis prends mon rythme de nuit, siestes de 20 minutes alternées avec des tours d'horizon. Tout se passe bien, mais vers minuit, à peu près à mi-parcours, je suis réveillé par un violent empannage. Le temps que je reprenne mes esprits et comprenne la situation, le vent est monté très fort, a complètement tourné, me laissant à peine le temps de prendre le troisième ris, de rouler le génois et d'envoyer un peu de trinquette. Le vent qui était plein est est passé plein ouest, générant une mer chaotique en conflit avec la houle d'est établie. Le frigo, pourtant verrouillé, se fait éclater par une vague et se répand dans le bateau, le pilote est incapable de maintenir le cap. Comme je navigue en solitaire, je ne peux envisager de barrer dans ces conditions toute la nuit, je mets donc le moteur au ralenti pour rester manœuvrant sous pilote et j'abats pour me diriger vers San Sebastian, la situation devient (un peu) plus confortable. Le matin, comme la mer s'est assez peu calmée, je mets le cap sur Hendaye pour avoir un mouillage abrité et me reposer. Mes conditions de fuite ressemblaient beaucoup à ce que montre la vidéo, mon anémo (étalonné sur le sémaphore du Ferret) a enregistré 38 nds. Pour moi, c'était bien assez ! Pour en revenir au ressenti, puisque c'est ce qui te préoccupe, j'étais plus embêté du retard occasionné sur mon programme qu'effrayé. C'est vrai que mon bateau, bien sous-toilé, ne m'a jamais donné l'impression de vouloir se retourner, il faisait plutôt "ventouse" sur l'eau, et ne faisait que suivre, parfois très brutalement, les mouvements de la mer, avec bien quelques chocs un peu violents de déferlantes sur les coques, mais je ne me suis jamais senti vraiment en danger.
Voila pour du ressenti subjectif, mais il faut tenir compte que j'arrive à 70 balais, et qu'à cet âge, on est peut être un peu moins "accro" à la vie, et donc un peu moins effrayé(able)…

15 avr. 2020
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Ebrahall, tout à fait...
Avec l'âge, on relativise : Il y a 30 ans, avec mon dernier baston de l'été dernier, je serais resté à batailler et flipper dehors des heures accroché à mon harnais à me prendre des seaux de flotte.
Là, j'ai mis le camion à la cape sèche et je suis allé n’emmitoufler dans ma couchette, bien calé par ma toile anti-rouli, l'alarme AIS en veille, et j'ai rattrapé mes heures de sommeil en retard...

15 avr. 2020
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Pour une fois, ce sont des vidéos qui reflètent bien la force du vent annonçé.

Et pourtant, chauve, il navigue sans sa capuche !

Ce qui n'apparait pas, c'est que le Contessa 35 est voilier "compliqué" au portant. Avec le Silver Shamrock ( Half) , le Contessa 35 est, parmi les voiliers sur lesquels j'ai navigué, ceux qui avaient** la plus grande instabilité au vent arrière** ( plus qu'un First 30 pour ceux qui connaissent.)

15 avr. 202015 avr. 2020
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Bonsoir,
Puisqu’on en est au ressenti. Il y a le ressenti pour soi et celui pour ses équipiers.
Il y a quelques années je remontais de la Corogne à Lorient sur un petit bateau très marin. Nous étions deux. Et avions un mauvais pilote auto.

Je savais que nous allions prendre deux grands frais. Ceux qui connaissent le golfe de Gascogne savent que la mer n’est pas celle du vent dans ce coin.

La premiere nuit je prend le premier quart. Le grand frais arrive comme prévu. On est plein cul. Il pleut.
J’avais choisi mais ce n’est pas toujours le cas de laisser la Gv à 3 ris et le tourmentin bordé plat.
Ça monte derrière. Ça nous rattrape. Ça rentre un peu dans le cockpit de temps en temps.
En tournant la tête vers l’arrière la frontale éclaire la mousse qui domine en hauteur.
Mais objectivement rien de grave.
Pourtant je sens bien que grosso modo j’ai droit à 10 ° degrés d’écart de cap de chaque côté sinon c’est se faire embarquer et avoir du mal à contrer. Heureusement le tourmentin bordé plat ramène le bateau dans l’axe.
Au bout de 3 heures, c’est l’heure de réveiller mon coéquipier... et évidemment ça a encore monté.

Ce qui m’est arrivé à ce moment c’était la première fois que ça m’arrivait.
J’ai pris sur moi pour le réveiller. Il s’habille, s’apprête à sortir pour prendre la barre.
Je lui dis : « regarde plutôt devant mon grand. Derrière c’est pas génial ».
J’avais peur.
C’était mon fils il avait quinze ans.

16 avr. 2020
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merci très touchant .

16 avr. 2020
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Merci pour ces retours. Pepere, j'espère que votre fils a bien appris de cette nuit là. Le ressenti des autres est très important. Même s'il n'y a pas de grand danger.

Les passagers font confiance au chef de bord, en plus des règles de sécurités élémentaires, il faut aussi maîtriser "sa communication".

Par une sortie par force 7 en école, nous étions deux voilier de 10m. Ce n'était pas un coup de vent, les équipages étaient "initiés" mais non "confimés" (niveau 3) et les deux jeunes moniteurs étaient un peu stressés. Le nôtre était visiblement stressé et l'équipage a commencé à hésiter, voir à discuter de ce qu'il fallait faire, l'autre moniteur l'était aussi mais il ne le montrait pas. À niveau comparable, il y un bateau où tout s'est super bien passé et un autre où il y a eu de la tension et un zeste de rebélion.

16 avr. 2020
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96 h par FORCE 10 en COGNAC

"Le foc ferlé serré, la barre amarrée légèrement sous le vent, le bateau tient une route correcte vers le nord-est en cape courante entre 90 et 120° du vent. C’est presque confortable, j’en suis surpris. A une vitesse de 3 à 4 noeuds, Rondine embarde en gardant une gîte de 30 à 60°, somme toute, acceptable.

Avec régularité, après un choc de la vague sur son flanc tribord, plus ou moins violent, il glisse sur son bouchain sur la crête en gîtant et abattant légèrement avant de subir la vague suivante. Après quelques minutes d’inquiétude, je me suis habitué à ses mouvements. Il faut préciser que ce bateau possède un aileron important devant le safran.

Les embruns volent à l’horizontal, les haubans sifflent. Je commence à penser que le vent est plus prés de 50 noeuds que de 40, peut-être même plus. Ce qui me soucie, c’est que le suet peut durer plusieurs jours.

Je me félicite de ne pas être équipé de l’enrouleur qui équipe la majorité des croiseurs modernes car j’imagine le fardage et les coups de gîte qu’il entraînerait!"

La suite ici, seulement pour ceux qui apprécient les récits de mer .

karibario.blogspot.com[...]ac.html

16 avr. 2020
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Belle vidéo faite par un gars qui connait bien et la mer et la région où il navigue en filmant.
Le portant avec une mer semble t-il moins forte que le 8 ou 10 Beaufort annoncé.
Bref pour moi le véritable exploit est de sortir sur le ponton en T shirt avec ce vent et probablement la température en dessous de 10°.

16 avr. 202017 avr. 2020
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En 2012, nous sommes partis de Quiberon pour les Lofoten en passant par la côte est de l'Angleterre, les Shetland, traversée pour Alesund et sommes montés jusqu'au Trolfjord.
Le retour s'est avéré très délicat, notamment la traversée de la Mer du Nord de Stavanger à Borkum.

Voici un extrait du fil sur notre retour de Stavanger dans la mauvais temps :

Aliguen 23 sept. 2012 23:1323 sept. 2012 23:27

Salut les copains
je viens juste de pouvoir lire tous vos messages, et suis désolé de n'avoir pu vous répondre avant ce soir car pas de connexion internet depuis notre arrivée à Borkum.
Sommes à Lauwersoog en Hollande.
Partis de Stavanger dimanche 16 à 16 h, sommes arrivés un peu épuisés à Borkum (Allemagne) le 20 vers midi après une traversée très ventée et humide.
(pointes à plus de 40 nds sous grains orageux avec éclairs - nombreux) et le mer qui va avec.
Avons pris 2 fois la cape pour pouvoir nous reposer un peu (entre 4 et 5 h maxi de sommeil par 24 h)
On s'en souviendra, avons attendu 2 semaines à Stavanger une fenêtre MTO pas trop pourrie.
Nous avons été servis!!
Entre les prévisions MTO des Gribs et la réalité vécue, il y a juste quelques différences.
Nous avons fait env. les 3/4 de la route sous trinquette seule et régulateur avec du vent supérieur à 25 nds et +.
De nombreux grains ont fait monter l'anémomètre à 42 et 45 nds. Nous avons aussi assister à un beau festival d'éclairs entre les masses sombres des nuages.
Le vent qui devait mollir, on ne l'a pas beaucoup vu.
Ne voulant pas arriver de nuit à Borkum, j'ai volontairement presque mis en panne avant la traversée des 2 rails. On continuait à avancer à 1,5 nds dans la bonne direction.
Vers 6 h 30 le vent s'est très brusquement renforcé de SW avec grains, encore quelques rafales à 35 voire 38 nds.
Heureusement que dès notre sortie du fjord de Stavanger, nous avions bien progressé vers l'ouest pour nous éloigner de la côte norvégienne et ainsi ne pas avoir à faire trop de SW pour prendre le chenal d'accès à Borkum.
Côté direction de vent, nous n'avons presque jamais été au portant, toujours entre près et travers.
Côté petits emmerdes :
- l'ancre est tombée du davier (elle était pourtant fixée par un bout qui s'est sectionné) sur l'étrave et est restée accrochée par la main de fer au ras de l'eau.
Un vrai poème pour la récupérer et la refixer.
• les écoutes de trinquettes qui se font la malle et s’emmêlent, bilan 1/2 h pour défaire les nœuds sur la plage avant, de nuit avec lampe frontale avec juste un peu moins de 30 nds de vent et la cure de thalasso associée.
Pour l'état de la mer, c'était très rock'nroll, sympa la mer forte et croisée à certains endroits.
Heureusement, il nous n'avons pas souffert du froid, malgré le vent et "douches très fréquentes" nous étions bien équipés.
Une mention toute particulière pour Jocelyne,ma femme, qui a très bien "assuré" dans ces conditions difficiles et n'a jamais baissé le bras même dans les pires moments.
Je remercie infiniment tous les participants de ce forum qui nous ont envoyés des messages de soutien ou d'information sur l'Iridium ou qui nous ont téléphoné pour prendre de nos nouvelles.
Bel élan de solidarité que nous ne sommes pas prêt d'oublier.
Voilà un petit résumé de notre 1re partie de retour vers Quiberon. Nous espérons fortement que la suite sera plus cool.


Maintenant nous allons essayer de passer par l'intérieur de la Hollande jusqu'à la frontière belge à Vlissingen pour éviter les mauvaises conditions de nav.

C'est apporté leur soutient et réconfort.

Voici le lien si l'histoire intéresse quelques uns d'entre vous
www.hisse-et-oh.com[...]norvege

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février 2020