Remorquage

Bonjour

L'année dernière, un matin de juillet, nous avons quitté Nantes avec notre canot' en bois de 10,50 mètres pour descendre la Loire et rejoindre la grande mare.
A peu près 5 heures de navigation fluviale avant de passer le pont de Saint Nazaire et déboucher dans l'estuaire.

Quelques kilomètres après notre départ, en passant devant le chantier AluMarine à Bouguenais, nous avons rattrapé un voilier d'une dizaine de mètres, à l'arrêt au milieu du fleuve.

En passant près de lui au ralentit, nous avons demandé à l'équipage s'ils avaient besoin d'un coup de main.
Effectivement, le bateau venait d'être remis à l'eau et leur moteur les avait lâché 5 minutes après avoir largué les amarres.

Je leur ai proposé une remorque, pensant les ramener au chantier pour résoudre leur problème, mais ils nous ont demandé de les tracter en descendant la Loire le temps qu'ils réparent leur panne, apparemment un problème d'alimentation du diesel.

C'était OK pour nous et nous avons donc repris notre chemin avec ce cotre en acier au bout de notre amarre.

La vitesse sur l'eau s'en ressentait, mais avec l'aide du courant de Loire en marée descendante, la vitesse fond restait correcte.

Au bout d'une heure, le problème n'était visiblement pas résolu et ils nous ont gentiment demandé si on pouvait les remorquer comme ça jusqu'à Pornic, au sud de l'estuaire.

Ouhlààà !

Nous leur avons fait remarquer, tout aussi gentiment, que nous avions prévu d'aller à Pornichet, au nord et que surtout on ne se voyait pas remorquer un bateau aussi lourd qu'eux (je dirais 8 à 9 tonnes) dans la houle de l'estuaire avec du vent d'ouest.

Négociation entre les deux bords.
Les gars du bateau en acier ne voyaient pas de soucis à ce genre de manœuvre.

Négociation à notre bord.
Mon équipière préférée, qui avait déjà connu avec moi une sortie de Loire mouvementée, trouvait l'opération carrément scabreuse.
Si l'amarre (ou le taquet) pétait en plein estuaire, est-ce qu'on pourrait les récupérer avant qu'ils ne se mettent sur le sable, ou pire sur un cargo remontant la Loire ?

La seule solution était de les laisser avant l'estuaire.

Nous nous sommes mis d'accord pour les aider à prendre un corps mort à Painbœuf, une dizaine de km avant le pont de St Nazaire.
Ils ont appelé un mécano à Pornic qui viendrait les dépanner dans la journée.

En s'approchant de l'estuaire, la Loire s'élargissant, nous avons rencontré un peu de clapot, levé par le vent d'ouest contre le courant. Rien de méchant mais assez pour nous ralentir car les deux bateaux ne bougeant pas en même temps, la remorque faisait le yoyo, avec des à-coups à chaque fois qu'elle se tendait. L'amarre faisait des bruits de corde de guitare sur sont taquet.

Malgré notre vitesse réduite, le courant nous a emmené devant Paimbœuf où nous avons fait demi-tour pour nous mettre face à lui.
En accélérant, nous faisions presque 6 nœuds sur l'eau mais seulement 1 demi nœud sur le fond.
Après une approche délicate car le bateau avait tendance à partir d'un bord sur l'autre au moindre coup de barre, ils ont pu attraper leur coffre et nous en rendu notre amarre.

Salut les gars, bonne chance !

Passé le pont de Saint Nazaire, nous avons rencontré une houle serrée qui nous a conforté dans notre choix de les laisser à Paimbœuf et de ne pas jouer à la roulette russe dans ce bouillon.

Leur assurance à vouloir tenter la remorque jusqu'au bout m'avait fait douter.
Est-ce qu'ils étaient inconscient ou nous trop frileux.

Si on avait pas eu le choix, quelle était la meilleure technique à employer pour limiter les dégâts ?
Doubler les amarres, rallonger au maximum la remorque avec un bout de chaine au milieu pour absorber les à-coups, se mettre à couple...

Si vous avez des avis ou des expérience vécues ...

L'équipage
03 mar. 2009
03 mar. 2009
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remorquage .....
sage décision, amha !
vous avez bien fait
y'avait pas péril à les laisser là
effectivement, ça aurait été probablement un peu galère avec les conditions de mer et de courant.

celà dit, la meilleure façon de remorquer "au long cours", pour moi, c'est au moins 50m de grosse ammarre (les 30m mini réglementaires par bateau), éventuellement lestée au milieu
sur le remorqueur une patte d'oie sur 2 gros taquets arrpour répartir les efforts et axer la remorque
sur le remorqué, l'amarre passée au davier ou chaumard avec fourrage pour éviter l'usure, puis sur un autre taquet ou bitte et jusque vers j'arr du bateau
bien entendu veille VHF, et/ou accord avant de partir sur un signe commun pour larguer ou ralentir

05 mar. 2009
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remorque dans l'eau
y a un un excellent bouquin sur le remorquage et pour cause, l'auteur est ancien commandant de l' Abeille Flandre.
Ce que j'en ai retenu est que lorsque la remorque traine dans l'eau, elle se comporte comme un excellent amortisseur.
Il leur arrive (pour des très gros convois)d'avoir une amarre de UN kilomètre; Bien sûr nos bateaux sont plus petits et plus bas sur l'eau, mais le principe reste le même.

autre chose, concernant le "pêcheur d'épave espagnol" en début du fil : la récup est réglementée, selon les vieilles lois d'usage maritime par le fait de qui tend l'amarre à l'autre: si c'est le remorqueur, il récupère, si c'est le remorqué, il garde son bateau ( à moins que ce ne soit le contraire) &gt à vérifier++++++

03 mar. 2009
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pas d'expérience vécu de ce genre
mais selon les lecture ue j'ai pu faire, effectivement allonger l'ammare le plus possible aves un poid au milieu,

et personnellement il sont en avarie, je les dépose à l'endroit le proche possible, et en tout sécurité,

je suis peut être frileux aussi, visiblement il ne voulait pas perdre de temps que de vouloir dépanner en étant remorqué,

mais il aurait pu beaucoup mieux réparer depuis son port le plus proche même sur les quai des cargo, en cas de panne je n'aurais pas hésiter, mieux vaut se faire engueuler que de risquer de casser du matériel voir pire

c'est mon point de vue

03 mar. 2009
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Remorquage
Allonger la remorque et la rendre élastique aurait très certainement été bénéfique.

Préparer les mouillages une précaution salutaire.
Dans ce genre de manœuvre se souvenir des lois de Murphy ou lois des emm...ents maximums.

Personne n'est à l'abri d'un bout dans l'hélice, d'une remorque qui casse et autres réjouissances.

je trouve cet équipage bien léger lorsqu'il vous demande de le tirer jusqu'à Pornic ou Pornichet.

Votre décision de les laisser à Paimbeuf était bien le maximum raisonnable pour vous.

Bien cordialement

JP L

03 mar. 2009
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Vrai bon sujet
Comment remorquer ? Comment se faire remorquer ?
Je suis persuadé que c'est beaucoup plus difficile qu'on ne le croit, surtout en pleine mer.
Voilà un bon sujet. Merci de l'avoir lancé.

Je n'ai pas personnellement d'expérience particulière, mais c'est un sujet auquel je suis attentif. Au cous de lectures crédibles, j'ai retenu 3 points :
- remorque longue et élastique (100 m semble un minimum, 2 à 3 fois plus souhaitable selon l'état de la mer) ;
- vitesse très lente (1 à 2 nds) ;
- points d'amarrage très solides (pied de mât ou ceinturage de la coque) et chaîne aux points de raguage plutôt que cordage.

Enfin, pour les manoeuvres en zone abrité (prise ponton ou de bouée), il est préférable de se mettre à couple plutôt que remorquer.

03 mar. 2009
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5 heures en remorque
En panne moteur entre Noirmoutier et L'île d'Yeu, j'ai tiré des bords carrés pendant 3 heures et contre le courant, avant d'essayer de contacter les voiliers qui naviguaient dans le secteur."Désolé, mon moteur est en rodage", "désolé, je n'ai pas le temps", "appelez des secours sur le 16" etc etc. jusqu'à ce qu'un équipage rochelais me réponde et accepte d'essayer de nous ramener vers Port Joinville, ou lui même se rendait à bord de son Dufour.Une patte d'oie sur les taquets à l'avant et une remorque d'une cinquantaine de metres qu'il nous a proposée, nous ont permis de rentrer à Port Joinville ou les zodiacs de la capitainerie nous ont pris à leur tour en remorque.Souhaitant les dedommager à l'arrivée, l'équipage a carrément refusé. Le lendemain, je leur ai apporté une caisse de champagne, c'était le moins que je puisse faire.
A noter que le cross Etel nous a contacté en entendant nos appels sur la VHF et nous a suivis jusqu'à notre arrivée tout en sachant qu'un voilier nous remorquait.
Depuis, j'ai acheté une remorque de 50 metres de long assez souple pour absorber les à-coups et des cables pour me connecter sur les deux autres batteries.En fait de panne, c'est la batterie moteur qui nous avait lâchés: elle ne chargeait plus à cause d'une courroie détendue sur l'alternateur du moteur qui venait d'être révisé par Yanmar!!!Une nouvelle batterie achetée sur les conseils d'un autre skipper féru de mécanique(l'autre était HS après une profonde décharge) nous a permis de régler notre problème.Un grand merci à cet équipage qui nous a pris en charge pendant 5 heures. Peut être se reconnaitra -t-il s'il est inscrit sur Hisse et oh.
C'est à cette occasion également que je me suis aperçu que peu d'équipages effectuaient une veille sur le 16.

03 mar. 2009
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beau geste
j'ai été aussi remorqué par un bateau à moteur pour remonter la vilaine jusque l'écluse

depuis je fais en sorte de pouvoir mettre mon moteur d'annexe sur l'échelle de bain et sa fonctionne parfaitement, enfin pour des manœuvres de port ou en eaux calme , sinon c'est les voiles,

pareils il n'a pas voulu que je le dédommage et il est reparti et jamais revu, pas pu faire un geste

03 mar. 2009
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Pas à couple
Sauf par mer plate ou très petites vagues (qui ne font pas tanguer)

L'année dernière, Pierre (Perelandra sur Héo)(et je l'en remercie encore) m'a "remorqué" 3 NM à couple pour aller de mon port au chantier. 4 Bft de face et un clapot de 20-30 cm. C'était à la limite de l'arrachement des chaumards lorsque les bateaux ne tanguaient pas synchrone...

La remorque classique a aussi l'inconvénient de rendre le remorqueur non manoeuvrant si l'aussière de remorque est frappée en arrière du safran...

03 mar. 2009
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Long remorquage.
En 2005 mon fils hélitreuillé dut abandonner son mini entre Sardaigne et Baléares; le bateau fut retrouvé après un mois d'errance par un pecheur sarde ; plutôt que de toucher la perte totale du bateau nous décidâmes d'aller je rechercher et de le retaper car il était qualifié pour la minitransat.
Résultat: plus de 300 miles de remorque entre Cagliari et Palma de majorque avec un Bavaria 34 loué. Nous n'avions aucune idée de comment allait se comporter le bateau remorqué; fort heureusement tout s'est très bien passé.
Je décris un peu le truc:une patte d'oie de 2x50m depuis le Bavaria prolongée par une haussière de 60m, sans rien au milieu, attachée á la ferrure de pied de mat en passant sur le balcon avant; la bateau avait bien parfois quelques velléités de surf mais la grande séparation nous mettait á l'abri d'un choc; un sandow á la barre permettait d'aller à peu près droit .
(Il n'y avait personne á bord).
Même si le bateau avait ses réserves d'insubmersibilité pleines d'eau (éponge plutôt que mousse) il restait malgré tout relativement léger, disons dans les 1300kgs ce qui nous a permis d'aller á la voile la plupart du temps avec une nuit á 30N au portant.
Dès que je mets la main sur les images je les envoie.

03 mar. 2009
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longueur, longueur...
Comme déjà dit: si problème, rallonger le bout de remorquage !!!!

Il m'arrive souvent de remorquer des bateaux avec mon pcbn en plastoc, et même pour des manoeuvres de port il est essentiel d'avoir une remorque assez longue, sinon les 2 bateaux ne sont pas manoeuvrables, même avec mon HB de 130cv. (il faut amha au moins 15-20m pour écarter un bateau d'un quai avec du courant, comme on le voit à bénodet, si pas de place il vaut mieux être à couple)
Le problème est que pas mal de remorqués ne le savent pas, et vous passent un bout' ridicule !

Pour rallonger, un seul noeud: le noeud de carrick, qui ne lache pas, et se défait facilement même après forte tension. A connaitre absolument !

03 mar. 2009
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Autre histoire
Merci pour vos témoignages et vos avis.

Ça me rappelle une autre histoire de remorquage que j'avais entendu sur un ponton il y a pas mal d'année.

Un voilier se trouvait en panne de moteur et en panne de vent à 1 mille ou 2 de l'entrée d'un port espagnol sur la méditerranée.

Un bateau de pêche leur a proposé une remorque et les a emmenés jusqu'au ponton.
Sympa le pêchou.

Sauf que le lendemain il a déposé aux affaires maritimes du coin une déclaration de prise de mer.

La législation espagnole lui permettait (à l'époque du moins) de réclamer le tiers de la valeur du bateau "récupéré".
Le bateau s'est retrouvé bloqué par la douane.

Est-ce vous avez déjà entendu ce genre d'histoire ?
J'imagine que ce genre de pratique a du dispaître en Europe, mais c'est peut-être valable dans d'autres pays.

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