mon periple de Cherbourg à Nantes

Le retour « d’épicetou « de Cherbourg

Je viens donc de changer de bateau, le mien un mascaret 6.5 m de chez Jeanneau s’est vendu très vite et après de longues recherches, je l’ai trouvé, un 9.10 par 2.85, poids 4T2, un moteur Volvo de 10 CV diesel d’origine c’est à dire de 1974.
Une première visite sur le port de Dielette début septembre nous séduit Martine et moi ( c’est ma moitié) et nous le réservons aussitôt, restait plus qu’à le rapatrier sur Nantes.
300 MN séparent Dielette de Nantes ( environ 500 kilomètres).
N’ayant fait jusqu'à présent que des sorties du dimanche pour marin d’eau douce il me fallait trouver un loup de mer, c’est Guillaume 33 ans ( l’age du christ ) qui va m’accompagner, il connaît bien la mer ( sauf la Manche ) et il arrive d’une traversée de notre cher Atlantique.
Je vous passe les préparatifs, le bateau « épicétou « ce sera son nouveau nom et mis à l’eau et maté par le proprio, très sympa et très cool il me le prépare nickel.

Samedi 1 octobre, nous arrivons à midi Martine, Guillaume, Carole ( son casse croûte) et moi sur le port de Dielette, nous avons décidé de lever l’ancre lundi matin avec la marée, ça nous laisse 24 heures pour prendre possession du bateau.
Il fait beau, mais il y a un vent à décorner une vache nantaise et la mer est de très mauvaise humeur, ça promet…..
Bertrand ( un vieux copain avec qui j’ai bourlingué partout en Europe) et sa petite famille arrive, il vienne de Rennes et voulait être présent pour le grand départ. Je suis content qu’ils soient tous là, (vu l’état de la mer suis pas sûr de les revoir !!!!!)
Bon, lundi 10h30, le vent s’est calmé, on lève le camp, en moins de 5 minutes le port est derrière nous, le pilote automatique tient bien le cap, les voiles se gonflent et nous partons comme une fusée au 270° à la vitesse de 9 nœuds ( 16.6 km/h) nous tiendrons cette cadence environ 6 heures ensuite une vitesse de 6 nœuds ( 11 km/h) sera maintenue jusqu’à la fin de l’après midi.
Les courants nous ralentissent sacrément et le vent chute c’est donc le moteur qui prend le relais, vitesse 4 à 5 nœuds, il est environ 18h00 et nous ouvrons une bonne boite de cassoulet qui est avalé non sans quelques nausées, la mer s ‘est durcie un peu.
Tout marchait bien au port, et là, plus de feu de route, on a beau tripoter le bouton, rien ne s’allume en haut du mat.
Guillaume descend vérifier les fusibles et revient au bout de 5 minutes blanc comme une momie, je prends le relais et descends aussi, bidouillage des connections du mat dans les toilettes et au bout de 5 minutes je remonte et offre un cassoulet tout chaud aux poissons.
Rien n’y fait, et après avoir pété tous les fusibles, on se résigne, la nuit se fera sans feux de route. Par précaution toutes les lumières intérieures sont allumées, des dauphins viennent nous saluer dans la nuit et nous accompagnent un bon moment, c’est féerique…..
et finalement le jour se lève, le vent nous a fait défaut et le vieux Volvo nous a poussé toute la nuit, nous décidons de faire une escale technique à L’aber-Wrac’h , c’est au Nord de Brest pour réparer les feux de route et pour vérifier le refroidissement du moteur car il ne pisse presque plus, 15h00 nous entrons dans le port, c’est très joli par ici.
Cette première étape, nous ravis car nous avons parcouru une sacré distance en 25h30, faite le calcul !!!!
Nous descendons à terre acheter des fusibles, une ampoule de mat et du gas-oil, en moins d’une heure tout fonctionne à nouveau, super.
Un bon repas est pris après avoir décidé de partir à 8h00 pour profiter des courants, plusieurs voiliers sont arrivés et nous partirons sûrement tous ensemble demain matin.
Ah !! Une bonne nuit bien à l’abri, 7h30, je suis debout et je prépare le café, Guillaume émerge doucement, ce garçon aime bien dormir, les autres bateaux sont eux aussi en train de se réveiller.
7h55, Guillaume tourne la clé de contact, rien !!! Plus de batterie, pas grave je descends, prends la manivelle, il démarre au quart de poil avec la manivelle….. Normalement, car ce matin il ne veut rien savoir, après plusieurs essais et n’ayant pas d’oxygène à bord, j’arrête avant la crise cardiaque, il nous faut une autre batterie.
C’est à 9h30 que finalement nous partons avec une batterie neuve, le retard pris nous ennui car le passage du four avec le courant favorable est compromis ,nous avions estimé une vitesse de 5 nœuds pour être bien avec les courants mais grâce à ce petit Volvo

et un peu de vent nous rattrapons tranquillement le temps perdu, la journée se passe tranquille et à la nuit également, une nouvelle visite des dauphins viendra me tenir éveillé pendant une vingtaine de minutes cette nuit encore, c’est vraiment super de les voir jouer avec l’étrave du bateau, j’en profite pour faire une photo de l’un d’entre eux, pas facile car ils évoluent vraiment très vite.
Le jour se lève et nous décidons de faire escale sur Belle-Île en mer, toute la matinée nous naviguons dans la brume et vers 14h30 nous entrons dans le port du Palais avec un soleil radieux digne d’un mois de juillet.
Nous allons enfin prendre une douche, il était temps, même les dauphins ne nous approchaient plus, ce soir repas de fête, une salade niçoise et un steak avec des pommes frites cuitent avec difficulté car le réchaud du bord à besoin d’être rénové, mais c’est bon quand même….
Vendredi, dernière étape, Belle-Île – Paimboeuf dans l’estuaire de la Loire, c’est là qu’habitera épicetou, cap au 110° , là c’est une journée moteur qui nous attends, pas un poil de vent, départ de Belle-Île à 7h00 arrivée à Paimboeuf 17h00 rien de particulier à signaler, une pétole d’enfer on se serait cru sur une mare.

Voilà une sacrée promenade, j’ai hâte de retourner me balader la nuit, c’est vraiment génial, ceux qui ont des craintes, lancez-vous, la nuit c’est autre chose..
Un grand merci à Guillaume

Christophe

L'équipage
08 oct. 2005
08 oct. 2005
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Alors tu vois !
la Manche, c'est pas si terrible...
Merci pour ce beau récit.

08 oct. 2005
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Non merci
merci à tous ceux qui m'ont donné plein de conseils pour cette navigation, pour tous ceux qui viendrons du coté de St Nazaire faites moi signe merci encore , la manche c'est vrai c'est pas si terrible , je l'ai fait

08 oct. 2005
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super

A la pointe Bretagne tu es passé par ou? Chenal du four , Raz de Sein ou bien as tu passé par le large?

josé

08 oct. 2005
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j'ai pas pris le risque
d'affronter les violents courants du secteur j'ai donc passé tout ça très au large, et sans regrets,aucun , de plus je préfère être loin c'est plus cool

08 oct. 2005
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Bravo et Merci ...
Kristo, pour ton récit ... :-) :-) :-) :-)

08 oct. 2005
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Bravo !!!
Bonsoir à tous et à toutes
Devant faire ce périple , bientôt mais dans l'autre sens, je part de Camaret direction Paris,via Rouen, et Cherbourg, je suis à la recherche de toutes infos possibles
Merci
Et super, j'ai fait qqe Nav de nuits, cest un autre monde magique
:-) :-)

11 oct. 2005
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Pour Papyjeff
Juste pour le cas ou tu ne connaitrais pas déjà, le + mauvais coin du Four ne se situe pas comme on pourrait le penser à la Vinotière (4 noeuds) mais à la Grande Basse de Portsall et plus généralemnt entre celle ci et l'Aber Vrach : moins de courant mais mer croisée très inconfortable liée probablement à la rencontre entre Atlantique et Manche + remontée rapide des fonds de + de 80 m à une trentaine de mètres.

Il y a moyen de passer à terre par le chenal du relec mais c'est assez chaud et le mieux consiste à attendre d'avoir de bonnes conditions.

09 oct. 2005
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ouf !! le mal de terre
il est passé , bon alors maintenant je vais me mettre à la recherche de différents appareils du genre éolienne, panneau solaire , et pilote pour barre franche, celui dont je me suis servi pour revenir de Cherbourg c'était un vieil AT 50 , et il a joué son rôle parfaitement , si vous avez dans vos grenier ou en fond de cale un truc qui peut m'intéresser je vous attends.

Au fait ceux que ça intéresse j'ai toutes mes photos du retour de Cherbourg sur l'adresse suivante : spaces.msn.com[...]icetou/

Merci
Christophe

09 oct. 2005
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Bravo, belle nav!
Félicitations car ce n'était pas évident à cette saison. Tu ne nous avais pas dit que tu partais en fait de Diélette, ce qui rendait inutiles tous conseils au départ de Cherbourg.
J'avoue que j'étais un peu inquiet lorsque j'ai pris la météo pour le samedi et le dimanche avant ton départ.
En plus, tu as eu la chance de rencontrer les dauphins, une de ces rencontres magiques que ne connaissent pas les terriens.
En ce qui concerne notre petit camarade qui envisage de rejoindre la Seine et de la remonter, il y aura des escales incontournables entre la Bretagne et Honfleur, meilleur point de départ pour remonter (je suis basé à Deauvllle).
Je pense qu'il faut d'abord rejoindre St Peter Port à Guernesey, soit directement à partir de la pointe de la Bretagne, soit en logeant la côte jusqu'à Perros ou Tréguier, mais je choisirais plutôt Perros (attention, en dessous de coeff. 40, la porte n'ouvre pas!).
De là, 55 milles pour Guernesey. Il vaut mieux partir dès l'ouverture avec le courant de flot.
On encaisse une renverse en cours de route (kaisser les Roches Douvres à bâbord), mais on retrouve le courant favorable pour entrer ans le Petit Russel.
Quitter St Peter 1 heure avant la renverse. On refoule une fin de courant au départ, mais on a ensuite tout le jus jusqu'à Cherbourg.
Remontée du Raz Blanchard sur laquelle je ne reviendrais pas. A la sortie, ne pas faire route directement vers Cherbourg au risque de se faire renvoyer par le contre courant à proximité de la côte, mais arrondir au nord (voir cartes de courants du SHOM).
Départ de Cherbourg, sortir par la passe de l'est à la renverse de basse mer. Passgae du raz de Barfleur, généralement fort agité mais court pour rejoindre St Vaast la Hougue ou faire route directement vers Le Havre (75 M de Cherbourg).
Il faut démâter soit au Havre, Deauville (port municipal réserver la grue) ou chantier à Honfleur. C'est impossible à Rouen, sinon à des tarifs portuaires prohibitifs).
Le meilleur point de départ est ensuite Honfleur (entrée au heures rondes, sortie à H+30mn, hors du sas 20 à 25mn plus tard.
Pour rejoindre Honfleur au départ de Deauville, sortir à l'ouverture de la porte. Du Havre, 2h avant PM.
Point intéressant, phénomène de tenue du plein (double tide des anglais), de 1 à 3h à Honfleur.
Pour remonter jusqu'à Honfleur, laisser les bouées rouges de chenal à tribord, le chenal nous étant interdit. Il y a de l'eau partout.
Traverser perpendiculairement au chenal devant le sas de Honfleur où l'on s'amarre à des bollard flottants sans difficulté.
Pour accéder au chantier, il faut passer dans les bassins de l'est et Carnot, demander les heures d'ouverture des ponts au sas (VHF 17).
Sortir de Honfleur, démâté, de préférence un peu avant la renverse de basse mer pour prendre le courant dès sa naissance.
En marchant à 5N sur l'eau, on rejoint Rouen en une marée.
Jusqu'à environ le pont de Tancarville, naviguer au nord du chenal, en laissant les bouées rouges à tribord. Ensuite, on roule à droite, en laissant les bouées vertes à tribord. Dans la boucle de Quillebeuf, résister à la tentatation de couper le virage et parer la bouée verte à tribord, haut fond juste derrière.
Jusqu'à Rouen les cargos ont une priorité absolue.
Il est interdit de naviguer de nuit (de 1h avant le coucher du soleil à 1h après son lever).
Surtout ne pas s'amarrer en route aux pontons de Caudebec ou Duclair : au passage d'un cargo, sa vague d'étrave peut envoyer le bateau amarré sur le ponton avec de gros dégâts. En cas de nécessité absolue, s'amarrer à un des gros coffres cylindriques qui jalonnent l'itinéraire.
A Rouen, remonter sous les 4 ponts en prendre à gauche de l'île Lacroix, pontons de plaisance (sanitaires etc...) sur la droite.
Attention au courant qui peut être très vif à cet endroit.
Plus en amont, port de plaisance à Elbeuf, à gauche après les 2 ponts.
Bonne nav!!!

11 oct. 2005
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Meilleurs horaires Guernsey &lt--&gtBretagne nord ?
Chaque année, je fais Honfleur &lt-&gt Bretagne.
Chaque fois, je me demande quels sont les meilleurs horaires pour traverser de Guernsey vers Paimpol ou Perros, ou l'inverse. Pour Paimpol, chaque fois je me demande s'il faut passer à l'est ou à l'ouest des roches Douvres. Naturellement, je me base sur les ouvertures des portes et sur le courant dans le Russel. Mais il y a aussi le vent, le coefficient, etc...
Qqn connait-t-il une règle simple pour optimiser ces traversées sans devoir réinventer tout à chaque fois ? (par exemple : dans le sens sud -&gt nord, être aux roches Douvres à la basse mer, ou qqc comme çà)...

Merci d'avance aux habitués de ce trajet.

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AAaaahhhhh!!!
Ca ne va pas!!!!

je veux des noms!
c'est vrai quoi, tu nous dit "il fait autant par autant, plein de tonnes " (t'es sur des 4,5 pask il les fait pas?)
et tu nous dis pas ce que c'est.
et donc, ça ne va pas!

merci pour ce récit et félicitations, et moi qui hésitte à faire la bretagne nord en trois semaines :oups:

10 oct. 2005
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ben je vais le dire kiwi !
Ce fameux bato que je viens d'acheter c'est un Sirocco Mistral , oui je sais c'est pas très courant dans nos contrées , c'est une construction espagnole de 1974, j'aime bien sa forme et il est très marin ( c'est mieux pour un canot ), l'intérieur est en bois ( du vrai ) et tout est d'origine et en super état, et pour mémo les cotes : 9.20/2.85, tirant 1.74, et enfin 4T200, voilà ça réponds à ta question ??? :-D :-D

10 oct. 2005
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retour
salut

ton histoire m'a bien interessé car elle a pas mal de similarité avec la mienne
en mai 2003 j'ai acheté un bateau de voyage à
lorient et jel'ai convoyé à cherbourg
il fait aussi 4 t500 et est équipé du volvo 2001
avant ,j'avais un jouet 24 basé dans ma jeunesse en finistere sud et amené à cherbourg par la route

le convoyage avait mal débuté et nous avons du
le laisser à bénodet , un 7/8 d'ouest rendait
dangereux le passage des cap et au niveau des glénans ça commençait à devenir sérieux

un mois plus tard ' j'ai tout fait au moteur avec un

soleil de plomb sans oublier mon escale préférée
à sarq

le moteur a bien tenu le coup mais j'ai eu de la chance car a la révision suivante j'ai découvert
que le tuyau entrée eau de mer , n'était pas fixé avec la patte prévue mais emboité ace un peu de pate à durcir(il y a des mécanos sans scrupule )

salut à toi et bonne nav dans mon pays de bretagne

12 oct. 2005
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La Seine... et Guernesey Perros...
La navigation est inyterdite en Seine de 0h30 avant le coucher du soleil à 0h30 après son lever.
Pour Lulu 2.
Guernesey Perros : environ 50 M. Paimpol un peu plus.
On part de Guernesey à la renverse de PM, lorsque le courant s'établit dans le Petit Russel.
Si tu reporte tes vecteurs de courant heure par heure, tu verras que, en une marée, ils font le tour de l'horloge.
Donc si tu as besoin de 10/12 heures, tu pourrais faire une route directe.
En fait, pendant la première moitié du voyage, ta route sera déporté vers l'est, ce qui t'amène en plein dans le plateau des Roches Douvres que, de tout manière, il faut laisser à bâbord.
Si ma mémoire est bonne, et selon le coéf. et le vent, il faut, à la sortie du Petit Russel, faire une route qui t'amènerait théoriquement à 7/8M à l'est des Roches Douvres.
Le courant te rapprochera du plateau, mais ensuite, il te dépalera dans l'ouest et tu arrive courant portant à destination.
Pour Paimpol, encore plus à l'ouest, il n'est peut être même pas nécessaire de faire cette correction, indispensable pour Tréguier.
Passer à l'est des Roches Douvres allonge considérablement la route.

13 oct. 2005
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Gurensey - Paimpol
Oui, c'est à peu près ce que je fais en général (quand je ne trompe pas).

Dans le sens nord-sud, les contraintes sont : 1)partir avec le courant favorable dans le Pt Russel, 2)éviter les R Douvres, 3)arriver en vue de la côte avec le courant portant à l'ouest, 4)finir avec de l'eau dans le chenal et un sas qui fonctionne. Cela me paraît être la quadrature du cercle. Je crois que je n'ai jamais trouvé la solution idéale (tout au moins avec une vitesse de 4 ou 5 nds)
Il m'est souvent arrivé, soit de finir avec le courant dans le nez (mais faut dire que j'étais passé à l'est des R Douvres), soit de devoir mouiller devant Paimpol en attendant la PM.

Dans le sens sud-nord, c'est plus facile, parce qu'il n'y a pas la contrainte de chenal et de sas à l'arrivée : en partant au dernier sas de Paimpol, si on ne traine pas trop en route, on a encore le courant favorable dans le Pt Russel. On peut même se payer le luxe de faire une route un peu plus ouest que nécessaire, le courant ramène là où il faut.

Tout ça en minimisant le vent contre courant ...

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