Figueira da Foz - accident

Je souhaite ici partager un grave accident qui nous est arrivé le 08 octobre à Figueira da Foz au Portugal. D'entrée de jeu, je précise que nous étions deux à bord, ma compagne et moi-même, et sommes tous les deux sains et saufs.
Nous sommes paris début juillet de Zélande, aux Pays-Bas pour faire la (petite) boucle Atlantique. Au programme, traversée du Golfe de Gascogne, Galice, Portugal, Madère Canaries et retour via les Açores.
Pour ce-faire, nous avons revendu notre Etap 28i et avons acheté un Sadler 34. Totalement équipé et préparé pour un tel voyage. Bateau fiable, lourd, stable et robuste.
Le vendredi 08 octobre, nous avons quitté la marina de Figueira da Foz pour mettre le cap sur Nazaré. Sortie à 09h30, de manière à entrer de jour dans le port de Nazaré.
La météo a été prise la veille et avons demandé confirmation de la fenêtre à la capitainerie qui a confirmé que c'était bon. Le vendredi matin, idem, la météo n'a pas changé. Peu ou pas de vent le matin, 3-4 Bft N l'après-midi. Houle de 3 mètre sur une fréquence de 15 secondes. Dernier arrêt au ponton devant la capitainerie pour faire le plein de diésel, confirmation à nouveau que c'est la bonne fenêtre pour sortir...et le feu est bien entendu vert.
Nous quittons donc la marina et dans le chenal, nous rencontrons une légère houle. Au loin, on voit que les vagues s'écrasent assez forts sur les rochers de l'entrée du chenal. Je tiens à préciser que cette image est tout à fait habituelle le long de cette côte portugaise.
Arrivés à la sortie du chenal, nous nous retrouvons dans des vagues qui sont de plus en plus fortes et de plus en plus violentes. Nous nous prenons des paquets d'eau et mettons directement le cap au 270 de manière à nous éloigner au plus vite de la côte. Pas de vent, donc pas de voiles. Nous sommes juste au moteur.
Les vagues se transforment en déferlantes et en rouleaux dont la puissance nous empêchent en réalité d'avancer. Nous tentons de les passer perpendiculairement, mais on constate qu'on ne parvient pas à sortir de cette zone. Nous sommes vraiment malmenés et le bateau encaisse des chocs d'une violence inouie. Seule option possible, nous tentons de faire demi tour et rentrer dans le chenal; sans jamais se retrouver perpendiculaire aux vagues.
Mais à ce moment-là, le moteur cale net. J'essaye de voir s'il n'y a pas une amarre ou quelque chose qui se serait pris dans l'hélice, mais avec tous les paquets d'eau que nous prenons dans la figure, impossible. Et de toue façon, rien à faire dans de telles conditions de mer.
Je descends directement à la table à carte pour faire un appel VHF. A ce moment-là, et en théorie, c'est un pan pan. Mais je sais très bien que dans cinq minutes, ce sera un mayday! Je fais donc un appel mayday directement. Précise à la station de secours la position exacte du bateau, mmsi, nombre de personnes à bord et la nature du problème.
Le bateau, sans moteur, devient totalement incontrôlable et se met parallèle aux vagues. Deux minutes plus tard, la station de secours me rappelle pour me demander de quel type d'assistance j'ai besoin. La question me surprend franchement après un mayday! Soit.
A ce moment-là, ma compagne qui est dans le cockpit crie. Je sors et la vois dans l'eau. Une vague l'a emportée hors du cockpit. Evidemment elle a son gilet qui s'est gonflé et est attachée au bateau via sa longe. Hélas, sa longe la coince contre la coque et elle ne parvient pas à s'en détacher ni à remonter.
Je tente de la récupérer par la force des bras. C'est évidemment impossible.
A ce moment-là, notre bateau chavire et je me retrouve moi aussi à l'eau. Avec ma longe également, mais qui est plus courte que la sienne. Par je ne sais quel miracle, je parviens à remonter dans le cockpit, prends mon couteau qui était toujours à poste, et coupe sa longe pour la libérer.
Les vagues l'emmènent vers la plage qui se rapproche petit à petit. A mon tour, je saute à l'eau. Juste avant que le mat du bateau ne tombe en trois morceaux.
Nous arrivons sur la plage, sonnés, hagards, en état de choc. Les secours sont évidemment présents. Pompiers, sauveteurs, ambulances,...
J'ai lancé l'appel VHF à 10h34 et à 11h16 nous sommes admis aux urgences de l'hôpital. Nous en ressortirons en fin de journée, juste en pyjamas, mais contents d'être en vie!
En parlant avec les locaux dans les jours qui ont suivi, nous avons appris qu'il y avait déjà eu de nombreux accidents et plusieurs décès dans cette même zone et dans les mêmes circonstances. Que notre accident était passé aux informations, à la télé, dans les journaux, ...
S'en sont suivies de nombreuses questions quant à la prévention autour de cet accident.
- pourquoi le feu était vert?
- pourquoi il n'y a aucune information à la capitainerie?
- pourquoi cette barre ne figure pas sur les carte?
- un sauveteur de l'INS, nous a expliqué nous avoir vu sortir très inquiet ce matin-là, mais n'a pas jugé opportun de nous appeler sur la vhf
- pourquoi il n'y a aucune bouée cardinale ou de danger
Bref, nous n'avons pas cherché à rejeter la faute sur l'une ou l'autre autorité, mais juste éviter que ça arrive à d'autres plus tard.
A ce titre, nous avons rencontré la police maritime, le commandant du port ainsi que la direction de la marina pour tenter de faire bouger les choses.
Malheureusement, la bureaucratie et la hiérarchie ont parfois pris le dessus sur le sens marin!
Voilà, j'ai partagé cette expérience car plusieurs personnes ici sur le forum me l'ont suggéré. Et car nous avons eu beaucoup de chance ce jour-là. D'autres ne peuvent pas en dire autant...
Thomas et Sophie

L'équipage
20 nov. 2021
20 nov. 2021
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Un grand merci pour ce riche partage d'expérience ! Heureux que vous soyiez sains et saufs!
Pim


20 nov. 2021
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Ouahou …..imparable , savez vous pourquoi le moteur a calé
Content que tout soit bien finit, car dans le récit on a l’impressiôn que la suite pour votre femme va être dramatique


Tomdob:Bonjour,Bonne question, le moteur a calé car une des amarres avant qui était lovée sur les filières s'est retrouvée à l'eau. Probablement suite aux chocs et aux mouvements du bateau. Et elle n'a évidemment rien trouvé de mieux que d'aller se prendre dans l'hélice. C'est le lendemain qu'on a pu le constater...Morale de l'histoire, plus jamais d'amarres sur les filières du bateau. Même si c'est ce qu'on apprend dans les écoles de navigation!·le 20 nov. 15:53
ric56:Désolé aucune amarré dans le balcon ou autre, tout est rangé , surtout en gros temps, à la sortie du port ou dans le port.; Rien sur le pont·le 20 nov. 16:03
BlackNav:Ils ne s’attendaient pas à avoir du gros temps, la météo était ok. ·le 20 nov. 16:16
Marco9:Pas de vent, et houle résiduelle de 3 mètres, c'est du gros temps ? Faudrait que les autorités interdisent de sortir par ce "gros temps" ?
Le problème ici, c'est la panne moteur. Dont l'origine est facile à éviter. Proche des côtes, la seule action possible est de mouiller l'ancre. Sans garantie.·le 20 nov. 16:30
Tomdob:Aucune ancre ne tiendrait dans des déferlantes !·le 20 nov. 16:34
Marco9:Cela n'a pas été essayé, on ne peut pas l'affirmer. Peut-être le bateau aurait conservé le nez face à la houle ? il ne s'agit pas de tenir un mouillage le temps de réparer, mais de tenir les quelques minutes permettant aux secours d'arriver. Avec une excellente ancre, 50 mètres de chaine et autant de câblot qui équipe un bateau de voyage, on peut tenter l'essai. Sans rien faire, en tout cas, c'était plié de façon certaine. Comme le dit Ric, au départ, le pont est dégagé, tout est rangé. On l'apprend en formation. Pourtant on voit des tas de voiliers arborer leurs amarres sur les filières. Je rajoute que l'ancre est à poste, prête à être larguée, tant que je suis proche des côtes et encore plus en entrée sortie de port : en cas de panne moteur, c'est le seul secours possible. Cela aussi s'apprend en formation.·le 20 nov. 17:04
Tomdob:Rejoindre la baille à mouillage était de toute façon impossible. Très vite le bateau se transforme en une centrifugeuse. ·le 20 nov. 17:12
Marco9:OK. Cet incident -panne moteur en entrée ou sortie de port- reste ma hantise... Remonterez vous sur un voilier ? ·le 20 nov. 17:15
Tomdob:Oui, le voilier, et la voile en général, nous manque énormément. Et surtout nous a donné tant de bons moments…·le 20 nov. 17:29
Marco9:Super. Merci pour ce courageux témoignage. ·le 20 nov. 17:34
entre-cotes:Merci pour avoir raconté cette histoire. C'est toujours le cumul de choses qui provoque l'accident.Quelque soit le temps, jamais d'amarres sur le pont ou dans les filières. Même la drisse d'enrouleur de trinquette par exemple doit être lovée et fixée fermement car elle risque de passer dans l'hélice si elle glisse par dessus bord.Bon courage à vous deux!!·le 20 nov. 18:18
Bebekiki:C’est vrai, en bateau comme ailleurs on fait des choses qu’on sait ne pas devoir faire. On paye ca comptant·le 20 nov. 20:04
20 nov. 202120 nov. 2021
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Merci pour ce retour d'expérience malheureuse... je navigue depuis 30 années sur la côte Basque et avec 3 mètres de houle quelques soit la météo du vent, je réfléchi beaucoup avant de prendre la mer...mais cela n'engage que moi.


Tomdob:3 mètres de houle avec une onde de 15 secondes ne donne pas une mauvaise mer. Sauf quand elle rencontre une barre à marrée basse. Et à la nouvelle lune. ·le 20 nov. 16:22
yvesbtz:Si tu navigue avec 3 mètres de houle sur une ligne de sonde de 50 mètres...tu ne risques vraiment pas grand chose ! Mais là on parle de passe avec déferlante... donc au minimum on va voir l'état des passes à pied sec vu de la digue et dans le doute on s'abstient.·le 20 nov. 18:45
yvesbtz:Avec 3 mètres de houle des "nouveaux" bancs de sable peuvent se former bien au delà des passes...ça peut déferler à 1 mille nautique des passes et surtout uniquement à "la série" comme on dit en surf... la série decale très fortement la déferlante sur plusieurs dizaines de mètres. Tout les surfeur de grosses vagues ( ça commence à 3 mètres) connaise bien le phénomène. Ça se passe indifféremment sur du beach break ou du reef break !·le 20 nov. 18:57
yvesbtz:La série un "set" en langage surfeur ça peut être tout les 30 minutes... pendant 30 minutes uniquement des ondulation sans danger et d'un seul coup...le set rentre ! Ça déferle là où ii n'y avait rien pendant les 30 minutes précédentes !·le 20 nov. 19:01
20 nov. 2021
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Il y a un site portugais qui donne l’état des barres en temps réel, mais je n’arrive pas à le retrouver.
Si quelqu’un a le lien, ce serait bien de le partager.
Merci d’avoir raconté ton expérience.
Avec le recul, qu’aurait-il fallu faire pour éviter l’accident ?


ric56:Un bout de gv ,et bateau rangé ?·le 20 nov. 16:28
Tomdob:Gv, sans vent. Inutile. Bateau rangé ?·le 20 nov. 16:32
20 nov. 2021
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Vigie33:Un conseil, vérifier en cliquant sur l'onglet "capitanias" puis sur la zone qui vous intéresse que l'information donnée en page d'acceuil est la même. J'ai pu constaté cet été que le drapeau était d'une couleur sur la page d'accueil et d'une autre couleur sur l'onglet "capitanias". Sans doute un problème de mise à jour. Donc maintenant je visite les deux pages pour être bien sûr.·le 20 nov. 23:15
20 nov. 2021
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Merci de partager cette expérience inoubliable. Apparemment, dans de telles circonstances, tu a agis au mieux. Bravo!


20 nov. 2021
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Content de te lire.
Au plaisir de te revoir un de ces jours...


20 nov. 2021
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Content que vous ayez retrouvé un voilier ! Sommes passés devant cet été en remontant de Portimao vers la Bretagne. Nous avions fait l’impasse sur Figuera à cause de sa barre qui est dangereuse et continué sur Lexoes où il y a soit mouillage soit marina.


20 nov. 202120 nov. 2021
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La relation de cette fortune de mer est vraiment intéressante et très instructive quant aux décisions qu’il convient de prendre dans ce genre de situation.
Alors effectivement ,on pourra toujours dire qu’il ne fallait pas laisser trainer une aussière et qu’elle aurait due être rangée, mais de toute façon un moteur peut toujours s’arrêter pour pleins d’autres raisons puisque le seul état stable d’un moteur c’est quand il est arrêté.
Donc il me semble que Tomdob a fait tout ce qu’il fallait faire, sauf…de prendre trop tard la décision de faire demi-tour…c’est ce que je retiens et dont je tâcherai de me souvenir si cette situation devait se présenter.
Un grand merci à Tomdob.


CapRac:C’est vrai, mais la Mto était annoncée bonne, le feu était vert…. Tout le poussait à poursuivre. J’aurais probablement fait la même erreur à sa place, sans être sûr de m’être aussi bien demerdé après. Le résultat final aurait pu être beaucoup plus grave.·le 20 nov. 17:42
BWV988:J'aurais peut-être moi aussi fait la même erreur, ou pas...en fait je n'en sais rien, et c'est pour ça que cet exemple est très instructif.·le 20 nov. 17:46
CapRac:Oui, définitivement. Merci Tomdob.·le 20 nov. 17:48
20 nov. 2021
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Pas mal de casses , chavirages et matelots à l'hopital etc... dans ces parages en novembre . Aveiro , figueira da foz ok en été .
Les houles d'automne , hiver déplacent les bancs de sable et provoquent des déferlantes , activées par les courant des marées.
Ce n'est pas nouveau et ça continuera...


yvesbtz:Tout juste...·le 20 nov. 18:49
BlackNav:Ce qui devrait cesser par contre c’est le feu vert et la capitainerie qui dit ok quand il y a une barre de 3 mètres. ·le 20 nov. 18:58
ric56:C'est fonction de la taille du bateau et de la tête ou des co...es du capitaineLe fanion vert n'indique pas qu'il ne faut pas avoir de pb de propulsion, changer la réglementation !!!·le 20 nov. 19:09
Solent:L’arrêt moteur a précipité l’accident, mais ça avait l’air mal engagé avec le moteur.·le 20 nov. 19:23
yvesbtz:Malheureusement le feu vert n'est pas une garantie suffisante... on parle de 3 metres de houle. Chacun doit "peser" sa prise de risque ·le 20 nov. 20:01
ric56:Peser sa prise de risque n'est pas acceptable. Mais peser ses connaissances , expériences.Le plus grand courage est dire non, si le bateau et l'équipage n'est pas préparé.·le 20 nov. 20:16
20 nov. 2021
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Merci pour ce témoignage et bonne continuation pour vos figures navigations.
C’est étonnant que ce feu soit au vert dans ces circonstances.
Cette côte est réputée pour ses entrées et sorties dangereuses.
Même avec le moteur ça aurait pu mal finir.


20 nov. 2021
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Je ne veux pas donner des leçons mais je suis quand même étonné que vous ayiez pu ignorer l'existence de la barre. Elle est mentionnée dans tous les documents nautiques, et l'entrée et la sortie de Figuera da Foz est très réglementée. Il y a un site officiel :
www.marinha.pt[...]as.aspx
qui régit toutes les entrées de port de la côte portugaise.
il y a également un système de signaux sur la tourelle au début de la jetée.
Il y a 4 possibilités : ouvert à toute embarcation, ouvert aux navires de plus de 35 m, ouvert aux navires de plus de 11 m, fermé.
Toute infraction est punie maintenant de 3000 € d'amende, le sauvetage ayant coûté la vie à plusieurs sauveteurs.
Vous êtes sûrs que ce jour-là la sortie était autorisée à tous les navires ? Un tour sur la jetée vous aurait sans doute dissuadés.
En avril 2016 je suis resté coincé 15 jours à Figuera da Foz, et je suis sorti le jour où les navires de plus de 11 m étaient autorisés (le mien faisant 11,5 m !) et c'était encore bien flippant de prendre la barre de face !
Voici deux photos de naufrages à cet endroit. Le naufrage du chalutier en 2015 avait entraîné la mort de 4 marins et d'un sauveteur.


Bebekiki:Je ne veux pas mais je le fais quand même🤣·le 20 nov. 20:02
CapCool:Merci pour le lien !·le 21 nov. 10:05
20 nov. 2021
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Merci beaucoup pour ce récit


20 nov. 202120 nov. 2021
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Je suis un peu parano des amarres dans l’helice , elles sont rangées dès le départ en même temps que les pare battages mais même à l’arrivee je m’inquiete toujours, du coup les amarres de pointe font juste une longueur qui même si elles tombaient à l’eau ne leur permettraient pas d’atteindre l’helice. Les gardes sont plus longues


lolapo:👍👍·le 21 nov. 00:00
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Merci pour ce témoignage, votre expérience me restera en mémoire pour un prochain voyage. Bonne continuations nautiques à vous. Pierre


21 nov. 2021
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Merci pour ton partage, les côtés portugaises ne sont pas les plus hospitalières et passe Lisbonne ça va souvent bien mieux.

Ton projet de boucle est il du coup annulé ou ce n' est que partie remise (avec route directe Madère 😁) ?


21 nov. 202121 nov. 2021
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Merci beaucoup pour avoir rapporté cette histoire et désolé pour votre perte même si éffectivement ça aurait pu être pire. Deux éléments me viennent à l'esprit. 1) lutter contre des vagues fortes en voilier sous voiles est beaucoup plus éfficace plus sure et infiniment plus confortable (oui je sais que dans ce cas il n'y avait pas de vent). L'idée du moteur élément de sécurité est à mon avis largement exagérée dans beaucoup de cas. Parfait pour transformer un voilier bien marin en un bouchon de m...e qui va auto-détruire son gréement en un quart d'heure. 2) la longe du harnais peut devenir trés facilement un piège mortel. Prévoir un système de "lachage" rapide au niveau de l'attache de la longe au harnais.


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Bonjour
Terrible aventure.
Quelle était la puissance du moteur ?


Calliope:C'est également la question que je me pose depuis le début·le 21 nov. 11:08
Sailortoun:J'imagine plutôt faible, le Sadler 34 est très bon à la voile, il était en général équipé avec des motorisations de l'ordre de 20 à 30 chevaux.·le 21 nov. 11:08
Tomdob:Bonjour,Moteur Volvo 2003. En bonne santé. ·le 21 nov. 11:33
Calliope:Donc 29ch ? largement suffisant normalement pour ce bateau.·le 21 nov. 12:17
Tomdob:29ch effectivement. Selon l’expert qui a géré le sinistre, ancien officier de marine marchande, une fois dans cette zone, c’était cuit. Du moins avec un bateau de plaisance. ·le 21 nov. 12:29
21 nov. 2021
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Je suis étonné que les autorités autorisent les passes au moment où le courant est le plus fort. Le 8 oct, il y avait une grande marée et l heure de votre sortie correspond au moment où le courant du jusant est le plus fort et s additionne avec le courant de la rivière. Face à 3m de houle sur des petits fonds, il y a de fortes chances que ce soit dangereux. Content de vous savoir en bonne santé


21 nov. 2021
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Bonjour,
Nous sommes sortis de Figuera da Foz en juillet 2019 en route vers le Nord. Vent calme (cf échelle Beaufort). Je n’ai plus le souvenir des caractéristiques de la houle. Toujours est-il que malgré des chiffres raisonnables, il y a eu un moment où nous avons eu “très hâte“ de sortir de là !
Lorsque nous sommes repassés devant cette cote tout début mars 2020, nous avons attendu à Baiona une météo satisfaisante pour rejoindre directement Nazaré et, météo favorable, avons finalement sauté cette escale pour gagner Sinès .
Comme je le dis dans l’autre fil de Tomdob, j’ai passé plusieurs hivers à Nazaré et cela m’a beaucoup sensibilisé aux risques de cette cote bien que le port de Nazaré n’ait jamais été fermé pendant cette période. J’y étais en 2015 et le naufrage du chalutier, à Figuera, a été très présent dans l’actualité même nationale. J’étais donc très attentif aux conditions qui prévalaient lors de notre sortie du port. Le site officiel portugais ne disait rien de contraire à notre sortie. Le port était ouvert. Ce n’est pas immédiatement à la sortie du port que cela s’est corsé.
Alors phénomène de set tel qu’avancé par yvesbtz ?
Pour répondre à BWV 988. J’ai le souvenir d’être très soudainement rentré dans que la zone que j’ai estimé risquée. Appréciation portée depuis la barre d’un voilier de 17m. Comment aurais-je perçu cette situation à la barre d’un 11m ? Jusqu’à ce moment-là, la mer était maniable.
Et il devient très très vite sans doute plus dangereux de s’exposer à une vague de travers en virant que de continuer vers le large.
Quant au moteur élément de sécurité discutable. Dans combien de zones de navigation, même parmi celles réputées les moins faciles, celui-ci est le moyen principal de propulsion des voiliers (absence de vent, étroitesse des chenaux, courants…) ? Même si certains, contraints, les ont parcourues à la voile.
Et par exemple, sans aller bien loin, par vent de secteur Nord, comment sortir de Carentan sans compter sur son moteur pour gagner au vent à la sortie du chenal avec un bateau de croisière doté d’un certain tirant d’eau et moins maniable qu’un 470 ?
Lusiades étant plutôt faiblement motorisé par rapportà la tendance actuelle, 73cv pour 25T, (réduction 2.91 heureusement et tripale, bien sur), je sais ne pas devoir compter aveuglément sur le moteur.
Philippe


yvesbtz:Le "set" de vague qui rentre beaucoup plus gros et décalé est une réalité bien connu des surfeur, un peu moins des marins... dans la marine on parle de vagues scélérates "rogue wave". En 2003 j'étais en formation BPPV sur l'eau avec un sun legend 41 devant le sémaphore de socoa quand pour une des toutes premières fois la vague de Belhara a été surfé. Vent offshore de 10 nœuds et 5 mètres de houle à la météo... Belhara a été "homologué" par les instances du surf à une hauteur de 12 mètres de mémoire malgré quelques polémiques stériles... quelques semaines plus tard je visitais le semaphore de socoa et je questionnais les militaires sur cette journée. Ils sont aux premières loges avec des jumelles surpuissantes ! ils étaient encore traumatisé de la journée pour avoir "hurlé" à la VHF au pêcheur luzien de bien respecter les alignements d'entrée ou de sortie de la passe de socoa...aucun pêcheur n'a respecter ce jour là les alignements...( alignements complexe et pas de balisage). Du semaphore il pouvait que constater les dégâts. Sur le sillage laissé par les bateaux de pêche de temps en temps une "énorme vague" se brisait... pour information Belhara c'est une sonde à 17 mètres...·le 21 nov. 12:40
Hubert, de Cherbourg:Belhara c'est donc une vague "au large " ?·le 21 nov. 13:55
yvesbtz:La vague de Belhara c'est à 1 milles nautique de la falaise et à 2 milles nautique de la passe de socoa. Quand on respecte l'alignement on passe tout prés... mais le "placier" de Saint Jean devant socoa c'est un plateau avec des remonter de sonde de 15 à 20 mètres jusqu'à 4 milles nautique de la passe qui peut déferler comme Belhara par houle de 5 mètres et plus...·le 21 nov. 14:15
21 nov. 2021
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Belhara en images et sur la carte


lolapo:Chaud bouillant, vaut mieux nepas s'y frotter...Figueira ou pas loin, j'y ai eu un knock down. Le mat en 2 parties. ..Il y avait un voilier de 12 m sur une remorque. Pareil que moi sauf que certains des équipiers étaient encore à l'hosto suite à leur chavirage. Dans le port le courant peut y être redoutable ainsi que le pont très accueillant !!! si le moteur est en vrac.Un ami , au quai ,dans l'ancien port a percé sa coque CP sur une épave à marée basse.·le 21 nov. 23:51
21 nov. 2021
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A Rabat-Salé (Maroc), situation analogue à Figueira da Foz : une rivière, la houle de l'Atlantique et les marées.
Lorsque j'en suis sorti en janvier 2015 à l'étal de pleine mer, j'étais accompagné par un marinero qui m'a montré le chemin jusqu'au-delà des digues, d'abord pour m'éviter de me prendre l'un des bancs de sable qui se déplacent dans la rivière, ensuite pour être bien certain que la barre était praticable.
Moteur contrôlé la veille et le matin même, pas d'aussière sur le pont
Il m'a fait signe de mettre plein gaz et nous avons pu passer sans encombre les 5 premières vagues.
En fait, si les prévisions météo annoncent une houle supérieure à 1,80 m, il y a risque de déferlement et la capitainerie bloque toute sortie... et toute entrée.
Sont-ils trop prudents ?


roberto:J'espère qu'ils ont un peu mieux formé le marinero, quand j'y suis arrivé près de la BM j'ai posé la question classique "2m de tirant d'eau, je passe - je ne passe pas - j'attends ?" reponse ok aucun problème, on s'engage, juste derrière la digue le bateau part un peu en avant sur une vague 6-7 noeuds, sondeur 3.5m, 2.8, 2.5, 2.10, 2.0... passé par un souffle. À la sortie -mer plate- il ne me l'a pas faite rater, tout en restant exactement derrière son tableau arrière et bien; bien planté dans le petit chenal de sortie, juste attendu que la marée monte un peu. Il savait peut-être où se trouvait le chenal plus profond, mais pas tellement d'idée de la hauteur d'eau disponible à un moment donné.Du moins à cette période.·le 21 nov. 19:30
mindelo:Il est certain qu'il doit y en avoir des moins expérimentés et qu'une entrée par BM est toujours délicate du fait du déplacement des bancs ; mais, au moins, ils ne laissent pas un voilier s'aventurer sur la barre sans autorisation de sortie, sans assistance, sans même un contact radio avec le skipper. C'est bien que Thomas ait repris contact avec les Portugais pour approfondir la question, et je lui souhaite bon courage pour ses navigations à venir.·le 22 nov. 13:35
21 nov. 202121 nov. 2021
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Tres impressionnant ce témoignage. Je suis a Vila Real de Santo Antonio et il y a une barre qui parfois a une sale houle très courte. Nous sommes sorti et comme tous les autres bateaux... nous sommes rentrés directement car de face ou en diagonale, les rouleaux étaient trop courts et trop hauts... on roulait de manière dangereuse. Tout le monde est rentré, impossible de naviguer.


Little Wing:Passė 3 fois dans ce coin, collectivement personne n a souhaité s y arrêter, trop risquėA chaque fois Lisbonne Tanger ou Gibraltar ·le 21 nov. 20:37
21 nov. 2021
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Merci de ce témoignage instructif.
Qui ferait une liste des port les moins dangereux sur cette côte ?
Bien à vous
GUY


yvesbtz:Leixões, Péniche, Cascais, je connais c'est 3 ports pour les avoir pratiqué plusieurs fois. Un fois Péniche par grosse houle et vent fort (25 nœuds). C'était sympathique avec un RM1200 et un equipage de 3 personnes qualifiés. Cascais, c'était le même bateau et équipage, passage de front de nuit 35 nœuds la pluie ! La totale...un peut tendu mais ça fait des souvenirs ! le lendemain 5 mètres de houle à la météo. La vague de Nazaré a été surfé ce jour là...devant la digue de la marina de cascais ça deferlait gentiment...l'école de sport d'optimiste était sur l'eau à jouer dans les vagues ! J'ai trouvé ça gonflé ? Lexoies c'était avec mon selection 37...j'ai privilégié comme d'habitude une bonne météo ! Donc pas de souvenirs marquant.·le 22 nov. 10:52
22 nov. 2021
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Olala, quelle aventure ! Heureusement, vous êtes en vie ! Prenez soin de vous.

J’ai fréquenté des ports avec une barre (arcachon, cap breton, socoa, zumaia, povoa …). Quand j’étais jeune, j’adorais le surf en toutes saisons. Faire du surf apprend la peur des grosses vagues.

Je crois qu’il y a deux mesures de sécurité à appliquer quand on sort d’un port avec une barre :

  • attendre l’étal de pleine mer (et éviter impérativement le jusant surtout si gros coef) ;
  • aller voir l’état de la mer et vérifier l’état des vagues dans la passe avant de prendre la décision de partir (quitte à le faire en taxi si le port est loin de la jetée, de la barre, des passes …). En cas de doute, renoncer.

Quand on rentre au port, c’est pire parce qu’il faut s’engager sans vraiment voir. A Arcachon, à l’époque on appelait le sémaphore pour avis et il m’est arrivé deux fois de renoncer à prendre les passes. Les sites de surf avec webcam peuvent donner une idée de la houle réelle, de sa puissance.

Toute houle de plus de 1,5m en automne-hiver doit inviter à la prudence (les vagues sont puissantes en hiver). Toute houle de plus de 2m doit alerter et faire peur. 2m de houle + jusant + bancs de sable + pas de vent = belle session effrayante de gros surf avec peut-être de jolis tubes 😅


yvesbtz:Salut je constate que mon background est assez proche du tien. Le surf de grosse houle d'hiver te ramène très rapidement à ta condition de terrien...mauvais nagueur s'abstenir ! Dans ces conditions, en navigation, j'évite les zones d'impacts ! Avec 3 mètres de houle au mois de novembre sur la côte portugaise on se doit de réfléchir là ou on va mettre sa quille...·le 22 nov. 10:11
Tomdob:Octobre... Oui, nous essayerons de "réfléchir" la prochaine fois!·le 22 nov. 10:40
yvesbtz:Bravo pour votre courage et pour l'intérêt de ce fil. J'ai toujours pensé que les plaisanciers dont je fais partie, ont une approche insuffisante des risques liés à la houle. C'est pourquoi je participe à ce fils et mes propos n'engagent que moi...·le 22 nov. 12:10
Tomdob:Je pense surtout, et avec un peu de recul maintenant, qu'il y a tellement de paramètres qui influencent l'état de cette mer, le long du Portugal spécifiquement, qu'il apparait très compliqué d'avoir un avis tranché quant à la possibilité ou non, de sortir d'un port. Dans notre cas, nous nous sommes trop "reposés" sur la couleur du feu et sur les affirmations de la capitainerie. ·le 22 nov. 12:27
yvesbtz:La houle d'automne ne pose pas que des soucis sur les cotes portugaise. Des "vagues géantes" existent à partir de 3 mètres de houle dans des endroits ou il n'y a pas de documentions officiel. J'en prends pour preuve l'archipel des îles canaries et plus précisément a l'ouest de Morro Jable. Il y a une remontée brutal de fonds à 20 mètres qui peut former des vagues géantes qui engloutissent n'importe quel voilier de 40 pieds...·le 22 nov. 12:49
yvesbtz:Heureusement 3 mètres de houle à la météo marine c'est pas tout les jours.·le 22 nov. 12:51
dlalu:@Thomas merci pour ce temoignage. @candice: j aurai pensé que c etait avec le flot que les conditions etaient les pires dans cette zone avec sortie de riviere...D apres ce que tu dis, c est donc le jusant qui est le pire ?·le 22 nov. 13:26
22 nov. 2021
8

Bonjour,
Voici quelques précisions sur la "suite" de cet accident.

Dans les jours qui ont suivi, j'ai été surpris de na pas être convoqué auprès de la police maritime pour y faire une déposition. Alors, j'ai écrit le déroulement des faits, cinq pages, et l'ai fait traduire en portugais, ne voulant pas que la barrière de la langue soit prétexte à ne pas comprendre. A la fin de texte, je me questionnais quand-même sur la couleur verte du feu ce jour-là et sur le sauveteur de l'ISN qui nous voit sortir et ne nous appelle pas à la vhf. Précisant bien, que nous ne cherchions vraiment pas à rejeter la faute sur d'autres mais qu'on aimerait tant que ça n'arrive pas aux suivants.

Je me suis alors présenté auprès de la police maritime, qui soit dit en passant a été hyper humaine avec nous et qui a tout fait pour nous aider.
A la lecture de mon texte, nous avons ressenti un réel malaise de leur part. Ils nous ont alors expliqué qu'un de leur collègue était décédé deux ans auparavant, en portant secours au même endroit, et dans les mêmes circonstances. Ils étaient vraiment chamboulés et pour eux, chaque accident représente un échec.
Ils nous ont alors expliqué que ce ne sont pas eux qui gèrent le feu, mais le commandant du port. Notre démarche les intéressait, ils ont donc téléphoné au commandant pour qu'il nous reçoive. Ce fût chose faite.
De manière très protocolaire, et en parfait uniforme de grand apparat, nous avons été reçus par le commandant.
A la question du feu vert, l'explication fut assez troublante. Expliquant que lorsque le feu passe en orange, les embarcations de moins de 11 mètres ne peuvent plus entrer ou sortir. Parfait, nous faisions 10m50. Oui mais alors, ça veut dire que les pêcheurs ne peuvent plus sortir. Et? Et...vous comprendrez que pour des raisons économiques, c'est délicat d'empêcher les pêcheurs de travailler. On espère que ce jour-là, la pêche était bonne.
Quant aux sauveteurs de l'ISN, dont la station se trouve à l'entrée du chenal, avec vue sur mer, ils n'ont pas à appeler eux-même les bateaux mais doivent prévenir le commandant, dont le bureau n'a aucun visuel sur la mer, et c'est le commandant qui peut appeler les bateaux. Ce jour-là, personne ne nous appelé sur la vhf. Selon le commandant, les plaisanciers écoutent très rarement leur radio. Nous en avions quand-même trois à bord. Une à la table à carte, une dans le cockpit et une portative dans le grab bag.
Dommage...
En fin de journée, nous avons rencontré le directeur de la marina, qui d'entrée de jeu nous a expliqué qu'il n'avait aucune responsabilité dans l'accident. Tout à fait d'accord. Mais on s'est juste demandé pourquoi au bureau de la marina il n' y avait aucun avis sur cette barre et pourquoi ne pas mettre une copie de la carte avec la zone qui pose problème? Nous avons demandé pour regarder ensemble la carte marine, mais...la marina n'en dispose pas. Je le dis et je le répète, nous sommes responsables de cet accident, mais dans une zone aussi complexe et dangereuse, nous pensons que les marinas ont un rôle à jouer en matière de prévention. Car s'il est compliqué d'avoir la position à jour dans les cartes et les guides côtiers, il serait très facile pour les marinas de communiquer ces informations à jour.

Voilà donc la suite de cet accident. Ce n'est évidemment pas pour nous dédouaner que nous avons entrepris ces démarches, mais vraiment en pensant aux suivants. Car contrairement à six autres personnes, nous nous en sommes sortis en vie...


Little Wing:Le conseil était totalement irresponsable, 3 metres de houle dans une passe, c est énorme, pas besoin d’autres paramètres ·le 22 nov. 14:12
22 nov. 2021
3

Le comportement des vagues/houle qui s'approche de la côte est assez bien étudié, en particulier il y a une rélation assez forte entre caractéristiques de la vague et pente du fond qui peut aider à determiner le risque de déferlantes. Outre aux houles hautes, il y a le cas beaucoup plus sournois mais tout aussi potentiellement dangereux des houles très basses mais très longues.
Une houle de 0.5/1m période 10-12secondes (donc longueur de l'ordre de 150-200m) est pratiquement imperceptible en mer, mais c'est une vague qui a enormement d'energie. A l'approche de la côte, une vague si peu pentue réagit d'une façon beaucoup plus importante à la pente du fond par rapport à des vagues plus pentues (donc plus visibles): selon l'inclinaison du fond, la hauteur est rapidement multipliée par 1.5-2 voir plus, avec transition rapide en "plunging breaker", rouleau le terme. Bref, avec une houle pratiquement invisible au large, en approche on se retrouve tout à coup avec des rouleaux de 1-1.5-2m; phénomène qu'on remarque souvent dans les récits des gens qui s'approchent des barres "un rouleau qui s'est manifesté à l'improviste, comme sorti de rien". Bien évidemment ceci est un phénomène très bien connu/modelisé, et n'a rien à voir avec les vagues scélérates de haute mer.


Tomdob:C'est exactement ce que l'expert nous a expliqué plus tard. Une longue "période" en mer donnera des vagues ou de la houle plutôt "confortable". Lorsque celles-ci rencontrent une barre, c'est la catastrophe...·le 22 nov. 10:43
rati:hmf.enseeiht.fr[...]ml/4014 Voir les animations en fin de page 🌊·le 22 nov. 10:56
Tomdob:Merci Rati pour ce dossier. A partager je pense.·le 22 nov. 10:56
yvesbtz:Très intéressant...j'en étais resté à mon intuition lié à ma pratique de la houle sur les plages où sur la roche...j'ai trouvé ce lienhmf.enseeiht.fr[...]ml/3287 Qui reprend tes propos. Effectivement sur la roche les déferlantes sont toujours au même endroit sauf à la série ! Comment expliquer ce phénomène ? Sur le sable c'est plus compliqué les fonds varient suivant les déplacements des bancs de sable...·le 22 nov. 11:46
22 nov. 2021
1

Merci,
Très enrichissants ces commentaires sur l’association houle/vagues à la cote.
Je n’ai pas le souvenir d’avoir lu quoi que ce soit de technique sur ce sujet en matière de navigation côtière.
Philippe


22 nov. 202122 nov. 2021
5

Pour continuer, sur le bateau il y a aussi l'influence du courant orbital de la vague, qui détermine (entre autre) l'efficacité du safran.
J'avais fait des simulations pour le cas du bateau qui s'était fait rouler à Zumaia (on se souvient peut-être de la séquence de photos, bateau traversé devant l'entrée, hommes à l'eau, etc).
Dans un train de vagues donné, en particulier la houle, on peut avoir une bonne idée de la vitesse du courant orbital, celui qui va dans le même sens de la vague sur la crête, et dans le sens opposé dans le creux.
Quand le bateau est dans le creux le courant est opposé, donc le bateau ralentit vs le fond mais le safran est efficace; viceversa le bateau sur la crête est soumis à un courant qui le pousse donc rend (beaucoup) moins efficace l'action du safran, pour pouvoir gouverner il faudrait rajouter une composante de flux vs l'eau donc en rajoutant le courant orbital partir en avant à toute vitesse vs le fond, ce qui peut ne pas apparaître/être une bonne idée :(
Pour avoir un ordre de grandeur une vague de 2m sur un fond de 15m donne environ 2 noeuds de courant orbital maxi, ils deviennent 3 sur un fond de 5m; une vague de 4m sur un fond de 10-15m donne entre 4 et 5 noeuds, ce qui peut rendre absolument totalement inefficace le safran d'un bateau sur la crête, et le rendre sur-réactif dans le creux, où il suffit de peu de safran pour le mettre en biais, et dans les pires conditions quand le reste de la vague avance et le courant orbital s'inverse.
Si après la vague déferle, même juste "spilling", il y a en plus la baisse de densité de l'eau avec toute la mousse qui rend le safran encore moins efficace.
Cela s'ajoute aux éventuels effets du flot/jusant bien sûr.


Café noir:Commentaire super intéressant ! ·le 22 nov. 14:48
22 nov. 2021
0

Merci pour ce témoignage! Je pensais justement ouvrir un fil concernant "vos pires navigations de la saison", car partager les mauvaises expériences peuvent enrichir les autres quant aux réflexes en cas de soucis et "erreurs" à ne pas commettre.
Une autre question sous-tendue dans ce récit est la longueur de la longe et la possibilité de la larguer. Double brin, court et long, sans dépasser la ligne de flottaison? Ou comme la laisse des petits chiens, déroulable à l'envie?
En tous les cas avec une compagne coincée dehors, un bateau qui chavire, toussa, vous avez dû sacrément faire preuve de sang froid.
Et donc oui, un couteau/démanilleur en poche peut souvent s'avérer utile.


Tomdob:C'est une excellente question, celle de la longueur de la longe. Soit trop longue puisqu'elle s'est retrouvée hors du cockpit. Soit trop courte puisque ça la bloquait contre la coque. A adapter évidemment en fonction de l'endroit où on la fixe. Quant au couteau, le nôtre était à poste dans le cockpit. Mais force est de constater qu'à part dans la poche, c'est vite peine perdue. Mais attention, qu'il faudrait le fixer avec une garcette pour ne pas le perdre au moment de finir à l'eau...·le 22 nov. 13:14
22 nov. 2021
4

Comme couteau portatif pour la longe, il y a des trucs comme ça qui sont pas mal, assez discrets ils font une dizaine de cm, plats on ne les sent pas sur le corps, utilisables avec une seule main, la lame est protegée et on risque moins de percer un eventuel gilet gonflé. On en trouve à 10-15e dans les magasins de plongée, je crois que la SNSM en a fait une version orange donc si on veut contribuer...
Eventuelle double utilisation pour couper des trucs finis dans l'hélice.


rati:Ça doit faire décapsuleur 🍺·le 22 nov. 13:56
Hubert, de Cherbourg:Il y en a un dans les canots de sauvetage, à récupérer quand le bib est périmé.·le 22 nov. 14:13
LoupBlanc:On s'en sert beaucoup en plongee sous la marque "easycut", ca marche super bien sur sangles diverses, filets.Beaucoup plus sécuritaire qu'un couteau.·le 23 nov. 10:40
22 nov. 202122 nov. 2021
0

A propos de la longe et de la nécessité éventuelle de la couper, lire la relation d'un concurrent de la minitransat 2013 qui s'est trouvé confronté à cette situation. Ou l'on voit également l'utilité d'une télécommande de pilote...
voilesetvoiliers.ouest-france.fr[...]7565809


23 nov. 2021
0

Voilà j'ai repris un petit graphique avec les effets de la pente du fond sur une vague en approche.
Axe horizontal, rapport hauteur/longueur de la vague en haute mer. Vers la gauche les vagues peu pentues, vers la droite les plus raides. Noter que ce sont toutes des valeurs de pente de vagues qui en eau profonde ne déferlent pas (limite généralement indiquée à 1/7 donc environ .14-.15)
Axe vertical: rapport entre hauteur de la vague qui déferle/roule et hauteur de la vague originale
"m" différentes pentes du fond
On voit que une vague très peu pentue donc pas très visible au large (exemple plus bas, houle de 1m sur 100-150m de longueur) va produire des rouleaux qui font 1.5-2m, si en approche on ne regarde vers l'arrière du bateau on risque d'avoir des mauvaises surprises, le rouleau "sorti de nulle part"; la même vague de 1m sur 20m de longueur, déjà est beaucoup plus visible au large, en plus selon la pente du fond elle a une plus grande propension à déferler simplement plutot que produire des rouleaux, ça peut ne pas être joli mais au moins on aura été prevenus.


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