Cartes 500hPa et 850hPa : comment les interpréter ?

Bonjour,
Je cherche à aller un peu plus loin que la simple analyse de la carte de pression de surface et m'intéresse donc aux cartes 500hPa (géopotentiel) et 850hPa (température) qui semblent être des éléments utiles pour la météo.
Si je comprends ce que représentent ces deux cartes, je n'ai pas les clefs pour les interpréter.
Avez-vous vous des sites ou des livres à me conseiller ?

Par ailleurs, il y a énormément de sites où trouver ces cartes, pour le moment les plus ergonomiques que j'ai trouvé sont www.wxcharts.com[...] et www.wetterzentrale.de[...] mais il y en a plein d'autres. Windy le fait très bien aussi.
Quels sont les sites que vous utilisez ?

Merci d'avance !
Julien

L'équipage
11 avr. 2020
11 avr. 2020
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Pour info j'avais trouvé ça : www.meteo60.fr[...]ion.htm qui donne de très bonnes explications sur ces cartes (et sur beaucoup d'autres) mais peu de clefs d'interprétation...


11 avr. 2020
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JY.Bernot aborde le sujet parle dans son bouquin "météo et stratégie".


11 avr. 2020
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Je ne sais pas si c'est accessible aux non licenciés de planeurs.
drive.google.com[...]Q2/view


Julien29:C'est bien accessible, il suffit de s'inscrire... merci !·le 12 avr. 10:26
11 avr. 2020
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Bernot bien sûr ! une référence et très pédago.


12 avr. 2020
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Oui le Bernot est commandé mais il tarde un peu... :)


12 avr. 2020
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Cela dépend beaucoup de ce dont on a besoin.
À terre, ces deux champs contribuent à l' "analyse par entonnoir vertical" (vertical funnel analysis du NWS): analyse tridimensionnelle de l'atmosphere, en partant du haut vers 200-300hPa, vers la moyenne 500hPa, puis basse à 850hPa, puis surface. En gros les cartes d'altitude permettent de se former une appréciation tridimensionnelle de l'atmosphère, ce qui a des multiples intérêts: mettre en rélation ce qui est signalé (ou pas signalé) en surface avec la situation en altitude permet -entre autre- d'évaluer la possible évolution des structures, soit comme direction que comme intensité, soit d'évaluer le risque de développement de structures dangereuses pas indiquées en surface.
Comme textes, sur le 500hPa le bouquin de Bernot est vraiment succint, pour avoir des éléments un peu plus étoffés il y a en français dans la bibliothèque numérique de MF, téléchargeables librement:
"Concepts et méthodes pour le météorologiste", C.Calas, pages 278++
ou
Santurette, "Elements pratiques de météorologie et prévisions synoptiques" plus vieux mais utile aussi.

Si on n'est pas à terre mais en haute mer, la disponibilité de moyens d'analyse sera beaucoup plus réduite donc il faut faire avec ce que l'on a: personnellement je considère la carte à 500hPa comme l'outil le plus performant du point de vue strategique, à 3-5-7 jours. En Atlantique nord j'utilise les cartes fax envoyées par Boston, ils envoyent situation et prévisions des 500hPa jusqu'à +96h, la carte +96 c'est le soir, de loin la plus attendue de la journée :) et la plus utile pour des bateaux ayant des vitesses "normales", cela donne des indications de risque extrèmement efficaces, à un horizon temporel suffisamment lointain pour permettre de prendre souvent des décisions importantes.


lebarbichu:Bonjour roberto, Qu'appelles-tu la "bibliothèque numérique de MF" ? Merci d'avance,·le 13 avr. 00:58
lebarbichu:Oups pardon, j'ai trouvé ;)·le 13 avr. 00:59
Julien29:Roberto je m'aperçois que je vous ai remercié pour le livre mais pas pour le reste de votre réponse qui est tout à fait intéressant et utile, donc : merci !·le 14 avr. 20:12
roberto:Merci Julien29, bonne exploration de ce domaine :)·le 15 avr. 00:01
12 avr. 2020
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oahhhhh merci beaucoup Roberto, je viens de télécharger et commencer à survoler le bouquin de Colas, c'est exactement ce qu'il me faut. Bon j'ai déjà le cerveau qui fume en quelques page, il va falloir que je m'accroche. Merci encore !


14 avr. 2020
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Bonjour, à Julien 29, je ne trouve pas le lien pour télécharger le bouquin de calas, peux tu me le communiquer.
Merci
Christophe


14 avr. 2020
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Va voir sur meteociel.fr , il y a un dossier à télécharger sur les modèles météo,


14 avr. 2020
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Merci Confetti, j'avais pas vu ce dossier sur meteociel.fr et je viens de le télécharger, merci !


27 avr. 202027 avr. 2020
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Bonjour à tous,
J'ai un peu avancé sur le bouquin de Calas et celui de Bernot est arrivé il y a quelques jours, youpi !
Savez-vous où trouver les cartes d'analyse 500hPa de la NOAA (altitude et vent) pour l'Atlantique Nord sans passer par une requête mail ?
Il y a une mine d'infos ici ocean.weather.gov[...]tab.php mais pour les cartes 500hPa il n'y pas de carte d'analyse, juste des prévisions. J'ai beau chercher ailleurs, je ne trouve pas.
Par ailleurs, si vous avez un super site (ou plusieurs) à me conseiller pour observer et comparer ce genre de données, je suis preneur :)
Je vais sur www1.wetter3.de[...] et sur www.wetterzentrale.de[...] mais la projection ne me convient pas trop...
www.wxcharts.com[...] est top mais ne permet pas superposer altitude à 500hPa et température à 850hPa par exemple... et pas de carte d'analyse de surface dans ces 3 sites.
Bon je cherche surement le mouton à 5 pattes mais au cas où :)
Merci !
Julien


roberto:Ici il y a aussi les analyses 500hPa à 0000 et 1200h, plus pas mal d'autres info. C'est ce qui est envoyé par fax, donc si on veut pratiquer en situation "haute mer" c'est pas mal

www.weather.gov[...]hlatest ·le 27 avr. 22:34


27 avr. 2020
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En tant qu'utilisateur averti de ces cartes météo(300, 500 et 850 hpa) depuis près de 30 ans, je vous livre mon point de vue: l'analyse à terme plus ou moins court (1h à 12h) de ces cartes peut s'avérer utile et efficace, moyennant un investissement et une pratique conséquente. Au delà, on rentre dans la divination, en tout cas, pour l'utilisation "plaisance": si on veut deviner l'évolution sérieuse d'une dépression bien creusée (sa vitesse de déplacement et donc les chances que j'ai de la rencontrer, la force des vents qu'elle véhicule), ça n'est d'aucun secours: si c'est pour dire "je vais peut-être la rencontrer mais peut-être l'éviter, et peut-être que j'aurai des 30 kts en rafale, mais peut-être que j'aurai du 45 kts constants, franchement, ça n'apporte rien... Et je mets quiconque au défi d'exploiter mieux que ça à 3 jours l'évolution d'un système dépressionnaire.
Alors, on peut, par curiosité intellectuelle, par gout du défi, ou par ennui, décider de s'intéresser à l'étude des grands principes fondamentaux de la climatologie, c'est fort intéressant, mais pour une approche plaisance, je doute de l'intérêt réel d'une telle approche.

Quand je vois, de plus, comme des routeurs professionnels, aguerris, rompus à ce genre d'analyse, sont capables de se planter dans les grandes largeurs, quand je mets en parallèle l'incapacité flagrante des plus grand calculateurs à modéliser efficacement l'évolution des systèmes météo, ça m'impose une grande humilité sur ma capacité propre à augurer de la météo du lendemain dans les 50 nautiques autour de ma position...
C'est pour cela, que lorsque j'anticipe (et oui, deux fois plus humble, toujours pas de bateau) sur ce futur qui m'attend, je préfère adopter une stratégie visant à préparer au mieux le vecteur et son équipage à affronter les dangers météorologiques potentiels plutôt que sur mon aptitude à les éviter.


27 avr. 202027 avr. 2020
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Merci Shari pour votre réponse, c'est un point de vue très intéressant. Effectivement il ne s'agit pas de jouer à l'apprenti-sorcier et encore moins prétendre faire le travail d'un météorologiste professionnel, mais dans un premier temps de mieux connaitre et comprendre mon environnement météo et c'est tout à fait passionnant.
Pour d'autres navigateurs, ces cartes sont bien utiles. Personnellement je n'ai pas encore fait de grandes nav hauturières donc pas d'avis tranché sur la question et in fine on peut certes très bien faire sans. Chacun mettra le curseur où il voudra. Pour ma part, j'aime comprendre et cherche à être le plus autonome possible dans mes prises de décision, c'est cela qui m'intéresse dans cette démarche.
Ceci-dit, j'imagine que même très bien préparé, vous ne vous contentez pas de foncer tête baissée dans la brafougne et cherchez à éviter le gros temps. En ce cas, quelles sources préconiseriez-vous ?


28 avr. 2020
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@Julien: je ne peux rien préconiser du tout, n'ayant qu'une expérience de la mer bien trop légère . Il y a un fil récent justement dans lequel un gars demandait sur ce forum quelles sources d'informations parmi le panel ultra vaste à disposition, les gens privilégiaient.

Encore une fois, comme vous le dites, il faut bien savoir vers quel but on tend: s'il s'agit comme vous le faites de s'intéresser par curiosité intellectuelle, à la climatologie et à la météorologie, parfait, rien à dire.
Mais quand on voit par exemple avec Windy, comme différents modèles sont capables de donner des situations assez divergentes sur 12h, quand on s'amuse aussi à prendre des copies d'écran de leur modélisation à 2-3 jours puis à les comparer 2-3 jours plus tard avec les conditions réelles, je trouve que ça rend très humble sur sa propre capacité à anticiper sur quelques jours les conditions qu'on rencontrera tirées de l'analyse de deux ou trois cartes papiers.


28 avr. 2020
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hmmm, ce n'est pas du tout la même approche (du moins la mienne), il ne s'agit pas du tout de faire une prévision "plus précise" en regardant quelques cartes d'altitude, mais de mieux qualifier une prévision donnée: lui associer un niveau de risque. Le but ce n'est pas d'avoir la meilleure prévision, mais de savoir quelle composante d'erreur de prévision existe: c'est (presque) plus important de pouvoir dire "la donnée prévue sera dans cette intervalle x-y", que de croire de pouvoir affiner la donnée ponctuelle d'une prévision donnée par un modèle.
Quand on regarde plusieurs modèles, qu'est-ce qu'on fait? Justement on compare différents "points de vue", pour se faire une idée de la variabilité de la prévision: si tous concordent c'est une chose, s'ils sont tous différents ce n'est une autre, on sait qu'il y a beaucoup plus de risque que les choses ne se passent pas du tout comme l'un de ces modèles nous indique individuellement. Les Américains l'appellent "poor man's ensemble", mais bon il y a beaucoup plus sophistiqué, un de plus gros progrès de la prévision météo que ce sont les modèles ensembles: sortir de la vision déterministe ("LA meilleure prévision") pour aller dans le probabilistique "quel est le risque que cela se passe différemment, et de combien".
En pleine mer, sauf liaisons internet très puissantes, on n'a pas accès à ces données d'ensemble, alors on fait avec ce qu'on a: les cartes dont on parle offrent souvent des très belle "signatures" de ce qui peut se passer, pas le fait météo en lui même mais quel éventail de possibilités peut se présenter. L'avantage est que la dynamique est plus lente, donc on "voit" plus en avant dans le temps (google "long and short atmospheric waves" pour ceux qui sont intéressés).
Exemple, un passage de courant à jet on le voit avec des jours d'avance, il va être pris en compte dans les modèles qui donneront une sortie "deterministe" (prévision d'un modèle) à tot jours avec supposons 20 noeuds de vent, on va se dire "ah c'est plutôt bon"; dans ce cas, la carte nous permet de se dire qu'il y a un gros risque que au lieu des vingt noeuds il y en aura peut-être 10, mais peut-être 40+. Si au contraire il y a una situation d'altitude plus stable, face à la sortie du modèle "20 noeuds" on peut se dire "ok grosse probabilité que ce sera entre 15 et 25", c'est toute autre chose, du point de vue de la conduite du bateau à chacun de voir ce qu'il fait de cette info.
Autre exemple, si on voit un gros "H" à 500hPa dans le milieu de l'Atlantique avec 3-4 contours au moment du départ pour transater en retour, soit on embarque une tonne de gasoil, soit on part vers Nantucket, soit on prévoit d'attendre une deux semaines de plus avant de partir.
Puis bon, on voit pas mal de monde dire "on s'en fout on prend ce qui vient", tant mieux à chacun son approche personnelle.


28 avr. 2020
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En première approche je dirais qu'à 500 on voit la circulation générale avec des schémas généraux qui donnent le type de temps (sud-ouest perturbé, dorsale...), on voit les descentes froides, la position et la force des jets que vont suivre les dépressions.
A 850 on peut voir les perturbations avec la T ou mieux la theta'W (qui prend en compte l'humidité) voir les fronts dans le gradient de theta'W et estimer l'activité de la perturbation dans les contrastes de température. Lecture du livre de C Calas vivement conseillée pour qui s'intéresse à la chose.
Sinon je partage l'analyse de Roberto. La prévision d'ensemble n'en est qu'à ses débuts mais est la voie de progression en météorologie. on peut déjà consulter ce genre de cartes : www.meteociel.com[...]ege.php
J'ai rarement l'occasion de naviguer à plus de 24 heures d'une connection internet, je ne sais pas ce qu'on peut faire sur une transat, mais vu les coûts de connection, le mieux est peut-être d'avoir quelqu'un à terre qui peut suivre la météo et faire un routage.


Shari:La prévision d'ensemble n'en est qu'à ses débuts mais est la voie de progression en météorologie. on peut déjà consulter ce genre de cartes : J'ai du mal à comprendre cette assertion: comment croyez vous que les modèles mathématiques de prévision fonctionnent? Comment croyez vous que les ingénieurs météo travaillent? La "prévision d'ensemble" comme vous l'appelez n'en est pas du tout à ses débuts. Ou alors, je n'ai vraiment pas compris votre propos. ·le 28 avr. 20:45
Confetti:Les modèles mathématiques fonctionnent de manière déterministe en partant d'un état initial et en appliquant un certain nombre de lois physiques mais avec des approximations inévitables. On voit bien en comparant plusieurs modèles qui pourtant partent du même état initial et appliquent les mêmes lois physiques et proposent des états futurs différents. Dans la prévision d'ensemble on fait tourner plusieurs fois le même modèle mathémathique en apportant quelques différences minimes et on fait des stats sur les résultats. Très gourmand en capacité de calcul donc se développe en même temps que les capacités des ordinateurs.·le 29 avr. 09:22
Shari:Ok, merci pour ces précisions Confetti·le 29 avr. 11:26
28 avr. 2020
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mais vu les coûts de connection

Les meteofax sont gratuits...
Pas forcément besoin d'un iridium pour faire des traversées.


roberto:Je parlais des sorties d'ensemble: il n'y en a aucune transmise via fax. cdlt·le 28 avr. 22:43
05 mai 2020
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Je commence à m'interesser un peu plus serieusement à la météo et aux prévisions possibles à bord de nos bateaux, mais là, je me pose des questions, si l'étude pendant 30 ans des différentes cartes météo dispo ne permet pas de faire une prévision à plus de 12h, je me demande si j'aurais le courage de continuer. Si c est pour regarder des jolis dessins pendant 30 ans j abandonne tout de suite


05 mai 2020
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persévère phil! je ne partage du tout l'avis de shari. c'est meme un peu surprenant de discuter de l'utilité ou non de se perfectionner en météo.


johann78:Du peut d'expérience que j'ai (15 ans), tout comme Shari je ne vois vraiment pas l'intérêt pour la plaisance de regarder les cartes météos 500hPa (j'ai regardé par curiosité), il est bien plus intéressant et utile de tenter de se perfectionner à 'lire' ce qu'il y à autour de nous, de le confronter avec ce que les gribs nous annoncent et dieu sait que ce n'est pas une science exacte, plutôt que d'avoir le nez dans les données stratosphériques... Enfin ce n'est que mon humble avis.·le 05 mai 19:45
05 mai 2020
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Senetosa, je n'ai aucun souci avec le fait que tu ne partages pas mon avis, mais si tu pouvais étayer (pas d'accord sur quoi? Pourquoi? etc ), cela permettrait de confronter nos points de vue et qui sait, de peut-être réussir à faire émerger quelque chose de positif.


05 mai 2020
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shari j'avais lu rapidement ce post et sur mon tèl. je n'avais pas compris que tu ne parlais que de l'analyse des cartes d'altitude. désolé...


05 mai 202016 juin 2020
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Exemple, mi-chemin environ entre martinique et Azores, dates mai 2012
Image 1, carte 500hPa reçue le 23, valable le 27 mai: zone de vent fort en altitude qui va emporter le thalweg vers les deux zones de basse altitude fermées.
A ce jour, il commence à y avoir un sérieux point d'interrogation sur le temps qu'il fera sur les Azores le 29-30-31 mai; on est une semaine à l'avance, c'est bien sûr une indication de risque : on ne peut pas dire à quel jour et à quelle heure, mais il y a tous les ingrédients pour qu'il fasse très mauvais à un ou plusieurs moments pendant cette période de 3-4 jours.
Je suis au sud, je continue cap NW en attendant d'y voir mieux, mais bon c'est la puce à l'oreille.
Image 2, carte 500hpa reçue le 26, valable 28. La zone dangereuse se confirme.
Image 3, analyse au sol du 26, ma position croix grise (joliment poussé au grand largue par un front stationnaire), je suis sur 33N environ, je décide de me dérouter vers le SE.
Image 4, carte 500hPa reçue le 26 au soir, valable le 30: ça va souffler ...beaucoup, en approche des Azores, pendant un certain nombre de jours. Encore une fois, on ne sait pas exactement quand, mais cela ne paraît pas beau du tout. Les grib donnent pour le 29-30-31 deux passages dépressionnaires avec 30 noeuds de vent entre 35N et 40N, ce sont donc prévisions à 4-7 jours.
(trop d'images, je continue dans un autre message, si cela intéresse)


06 mai 202006 mai 2020
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Bonjour,
Je suis la discussion avec intérêt, et la suite de l'exemple m'intéresse beaucoup roberto.
Je veux bien que tu continues dans un autre message !


06 mai 202016 juin 2020
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Merci lebarbichu.
Pour comparaison, ce qu'on voit dans les grib interrogés le 26, run du modèle de 1200, écheances 48 60 72 84 et 96 heures.
Je ne sais pas s'ils sont dans le bon ordre, mais bon j'ai laissé l'encadré en haut avec les horizons de prévision.
On dirait des conditions idéales pour tirer droit vers les Azores: je suis en contact radio avec d'autres bateaux plus avant par rapport à moi qui disent poursuivre l'approche directe. Je continue à descendre en latitude, ce n'est pas terrible pour le moral de voir que j'avance vers la destination de 0.5-0.6 milles par mille navigué.
J'ajoute la carte +120h (cela fait loin, +6 jours...), en cercle rouge une dépression qu'on suivra dans les cartes: c'est le deuxième cyclone nommé de l'année, "Beryl", qui remonte la côte US après être né autour de la Floride.

(dans un moment suite avec les cartes suivantes, il me faut les découper redimensionner, etc)


06 mai 202016 juin 2020
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Bon, sans tirer tout excessivement en longueur, (ha ha, j'ai cliqué publier, que c'est long)
quelques cartes de jours suivants
1.Carte SLP+96 du 26 valable 30, "gale/coup de vent" en approche vers les Açores
2.Carte SLP+48 du 27 valable 29, le "gale" est augmenté à "storm", tempête
3.Carte SLP+48 du 28 pour le 30, confirme Storm
4.Carte SLP+96 du 27 pour le 31: cercle rouge la tempête tropicale Beryl qui est en train d'être propulsée mi-atlantique, cercle bleu un autre dépression en formation rapide qui va la préceder.
5.Carte pour le 2, les deux dépressions ont traversé moitié atlantique en se creusant profondement, puis recourbé vers le NE, on lit "DVLPG HURCN FORCE", pas rigolo du tout quand on est dans les parages.

Bref, pourquoi ces disparités? Est-de que le grib était mauvais?
1.Le GRIB represente une unique sortie du modèle, il ne nous donne aucune idée de combien l'atmosphère pourra se comporter différemment (si on avait les ensemble, là ils seraient très utiles, on verrait par exemple une carte mean/spread avec des spread très hauts, mais bon en haute mer on n'en a pas). C'est une sortie "bonne comme les autres", mais pas de bol cela n'a pas été la meilleure.
La situation en altitude par contre indique un éventail potentiels de possibilités très large.
2.Deux choses se sont passées:
a.Creusement très rapide d'une dépression des mi-latitudes: ces cas sont souvent mal saisis par les modèles, qui ne voit pas ou voit peu ou voit en retard le phénomène. À noter que les cartes (donc expertisées) ont rapidement pris en compte la possibilité (d'abord gale, puis storm), quand le grib ne montrait pratiquement rien de grave
b.Transition extra-tropicale de Beryl: une tempête tropicale fonctionne comme une pompe de chaleur alimentée par la temperature de la mer, quand cette source n'est plus présente soit elle disparaît (ex quand elle atterrit sur le continent) ou bien elle peut se transformer en depression extratropicale, qui "fonctionne" comme celle des mi-latitudes. La transition entre un modèle de fonctionnement et l'autre est souvent mal pris en compte par les modèles.
Est-ce que avec les petites cartes et le crayon on aurait pu faire une prévision "meilleure" du grib? Absolument pas, mais on a pu voir bien en avance que l'écart entre réalité en prévision pouvait être grand.
On aurait pu se dérouter vers le sud et perdre du temps car il pouvait n'y avoir eu aucune déterioration, et la réalité être comme dans les grib? Oui, on aurait perdu du temps.
Est-ce que avec une autre situation d'altitude (plus stable) et le même grib j'aurais fait la même déviation? Absolument pas, j'aurais tiré tout droit.
Voilà, c'est là je crois la contribution de ces cartes: mieux qualifier une prévision donnée au sol, en cas d'incertitude on la "voit" avec une belle marge d'avance et on peut décider d'agir en conséquence si on veut.
Comme on parle de grib, on remarque qu'il ne s'agit pas du tout de situations ou les règles "rajouter par ici et par là des noeuds au grib" auraient changé quoi que ce soit.
.
Fin de l'histoire: avec mon déroutement vers SE j'ai rajouté 2-3 jours environ, vent établi mésuré maxi environ 40noeuds, je mets le scotch sur l'anémo mais je ne crois pas avoir eu beacoup plus.
Plus au nord parmi ceux qui ont tiré en direct sur les Azores), des amis sur un HR42 faisaient 8 noeuds à sec de toile, 60 noeuds et anémo arraché; il y a eu aussi "fleurdelys" qui passait par là, il pourra raconter s'il a envie sinon on trouve ses récits dans des vieux messages. Un Pogo abandonné, démâtages, etc etc.
Transat retour 2015 faits similaires, 2017 itou, etc etc.


06 mai 2020
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roberto, Très sincèrement, l'histoire est belle, quand on la lit, on a tous envie d'apprendre à décrypter des 500 Hpa, des temsi et être capable nous aussi de défoncer les modèles météo.
Mais, sinon, il faut aussi raconter toutes les fois, ou en lisant ces cartes, en passant de longues heures penché sur ces fichiers, on tente de deviner l'évolution du front, sa direction, sa vitesse, sa résilience, on finit par prendre une option différente de ce que les gribs nous encouragent à faire (bah oui, faut bien se flatter son ego de temps en temps), pour se rendre compte qu'en fait, bah non... on a mal interprété, on a mal intuité, la dépression s'est défonflée, elle a pas évolué comme on l'imaginait, le gradient de vent n'a pas du tout été aussi fort que prévu, bref, la grosse plantade...
Nous avons des points de vue divergents, ça ne veut pas dire que l'un a tort quand l'autre a raison, je trouve simplement que l'investissement en temps pour apprendre la météorologie est très largement disproportionné par rapport à l'intérêt qu'il présente en termes de navigation de plaisance: attention, je parle pour la situation de 2020, quand le plaisancier qui peut avoir accès à ces cartes aura donc évidemment accès aux fichiers gribs, a minima!


06 mai 2020
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Bonsoir Shari,
merci d'avoir tout lu (et supporté la verbosité); loin de moi vouloir convaincre qui que ce soit, le fil demandait des approches/points de vue, j'ai donné le mien et c'est tout.
Un peu comme avec les ancres, au bout d'un moment chacun trouve sa préferée et s'y tient, les comparaisons (voire batailles) sur quelle soit la "meilleure"... bof l'important est que chacun soit content avec la sienne :)
cordialement
r


07 mai 2020
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Bonjour à tous,
Je suis d'accord avec vos différents points de vue. Je vais tenter d'expliquer le mien :)

  • Je navigue (depuis toujours) en Méditerranée. Donc les sorties de modèles globaux, ne sont pas suffisamment précis. Les meso-scale (je connais pas le terme Français) sont souvent mieux, mais ne donnent que quelques jours de prévisions.
  • Je prends la météo quand je peux (en 3G/4G ou Wi-Fi en escale). Je n'ai donc pas accès à l'info tout le temps et encore moins au mouillage, puisque l'idée est d'être loin de tout à ce moment.

Donc une compréhension des phénomènes, lus sur les cartes 500hPa, me permet de me laisser aller à ne pas m'inquiéter de la météo pendant plusieurs jours (situation stable, confirmée) ou à ne pas m'éloigner trop de manière à suivre la situation (situation instable et/ou non-comprise par moi). C'est donc une sécurité supplémentaire qui permet d'être moins surpris...

En tout cas c'est plaisant d'avoir des férus de météo, avec du vrai niveau ;)
Belle journée,


08 mai 2020
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Merci Roberto pour cette étude de cas très précise, un régal à lire. Pour simplifier et si je comprends bien, il s'agit plus de déterminer la fiabilité d'une sortie brute de modèle que de faire ses propres prévisions et de pouvoir ainsi anticiper. C'est une approche tout à fait intéressante. Allez je retourne à mon bouquin de Bernot en attendant de reprendre celui de Colas ! Merci encore


10 mai 2020
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Curieux, une discussion intéressante, entre gens civilisés, qui ne part pas en vrille.... et où on apprend des choses. Trêve de mauvais esprit, merci à Roberto qui me convainc de reprendre ce que j'avais commencé à étudier il y a quelques années (honnêtement les 500hpa j'avais renoncé... le Bernot et le Calas sont dans mon étagère mais il faut quand même être motivé... et très confiné).


roberto:ChristopheB, Julien29, en français sur ces cartes il n'y a pas beaucoup de matériel à part ces deux textes, l'un plutôt théorique l'autre plutôt centré sur le mouvements des systèmes et pas tellement leur évolution, en anglais par contre il y en a plein, du très théorique au très pratique, voir appliqué à la navigation, cela pourrait aller? Tout en en ayant quelques dizaines (soit manuels soit cours des universités US), je n' ai pas trouvé un texte qui soit complet, il faut aller regarder un peu par ici et par là pour compléter. À disposition si cela peut intéresser :) cordialement r·le 11 mai 18:03
Julien29:Bonjour Roberto, oui ça m'intéresse ! Merci et bon dimanche !·le 17 mai 09:54
10 mai 2020
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Chercher dans les différents gribs disponible celui qui colle le plus à la réalité.
Consulter les cartes de frontologie, les infos tels vents en rafales, courants, couvertures nuageuses, orages, brouillard, pluie état de la mer etc...
quelques outils à bord, baro girouette anémo... et qqs connaissances sur les nuages.
s'imprégner de tout ça pour préparer sa nav ne nécessite pas de compétences poussées en météorolgie mais fera de vous un navigateur averti. bon nombre de routeurs connus et reconnus ne sont pas des météorologues.
alors que télécharger un fichier grib (au hasard) et faire tourner un routage risque fort de vous décevoir et peut etre vous mettre dans une situation très innatendue et vous faire douter..


Shari:Je partage totalement ce point de vue. Une connaissance non approximative de la météo est quand meme nécessaire pour décrypter une carte brute, mais permet d'avoir une idée générale de la situation en cours et à venir. Cependant, il ne faut pas espérer être capable d'en déduire précisément ce qui nous attend dnas les 2 jours. ·le 10 mai 12:07
SENETOSA:tu entends quoi par précisément Shari?·le 10 mai 14:59
Shari:J'entends par là, qu'à deux jours près, en pleine mer, tu ne sauras pas dire à 50 nautique près si ta route va éviter un front ou si elle va le percuter , j'entends par là que tu ne sauras pas dire si tu vas rencontrer du 30 kts ou du 45 kts. C'est en ça que je vois les limites de la lecture de ces cartes, et qu'à la fin, ce qu'il reste, c'est un bateau (matériel et équipage) qui est préparé ou non. Car, finalement, que tu aies su l'anticiper un peu ou non, tu seras rarement capable d'éviter avec certitude un système dépressionnaire (sauf à rester au port, mais c'est une autre stratégie...). J'insiste, pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris: si je "maîtrise" un peu la météorologie, je suis encore au grade de "capitaine de clavier", donc, je parle de projection, pas de retour d'expérience.. Et donc, j'en parle avec toute l'humilité qui s'impose... ·le 10 mai 15:55
SENETOSA:Au large tu dois de toutes les façons etre prêt à prendre du lourd … autrement faut pas y aller ! Concernant les fronts, on parle de zones étendues. L'hiver en Bretagne il n'est pas rare que les fronts froids associés aux dépressions qui nous rendent souvent visite s'étalent de l'Irlande au sud portugal. si tu fais route vers l'ouest ou vers les canaries, difficile d'y échapper. les images satelittes sont nécessaires pour déterminer au mieux ce qu'on va y trouver et le meilleur endroit pour le passer, mais là ça se complique... le système dépressionnaire sur de grands parcours ça se négocie, tu peux choisir ton positionnement lors de son passage pour qu'il te soit le plus profitable. évidement il faut télécharger les fichiers quotidiennement et avoir un peu de vitesse pour pouvoir se déplacer...·le 10 mai 17:28
10 mai 2020
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@senetosa, c'est un avis que je partage pleinement, et d'ailleurs, ce n'est pas la première fois qu'on parle de ça...


SENETOSA:oui "la vagabonde" et son routage... on avait eu bien du mal à faire comprendre l'intéret du routage , fait par un pro , un tout bon!·le 10 mai 15:00
10 mai 2020
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Je te rejoins Senetosa, et je comprends très bien l'étude préalable "grossière" des systèmes en cours, de ce qui risque de nous tomber sur la tronche dans les prochains jours.
Après, comme tu en conviens, se frayer un passage au bon endroit, si tant qu'il existe, va nécessiter une réactualisation quotidienne de l'évolution. C'est en ça que j'identifie les limites de l'étude de ces cartes à long termes pour la plaisance: parfait pour avoir une idée générale de ce qui va arriver, mais largement insuffisant pour déterminer précisément (et même à 60 Nm près) sa route afin d'éviter un gros truc.


11 mai 2020
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Shari, cet échange de mp me permet de mieux comprendre ton point de vue.
J'imagine qu'a l'instant T tu dois en observant finement la météo définir un plan de vol. départ telle heure, arrivée et points de passage telle heure... et t'y tenir. Mission teaming météo probablement impossible dans certains cas et vous passez en force.
Nous on ne passe pas en force, le vent est notre carburant, on en a besoin et notre tache première est de ne pas en etre privé, d'avoir le bon mélange entre sa force et son orientation. Pour se faire on peut naviguer pendant des jours à 90° de la route et se rattraper sur le reste du parcours.
Nous devons contourner l'anticyclone, s'il bouge de sa trajectoire prévue, on le suit au baro et aux nuages autrement c'est la panne sèche. Nos limites sont notre propre vitesse et la vitesse de déplacement des systèmes et la capacité qu'on a à anticiper tout ça.
Avec les bateaux rapide en course au large passer par un trou de souris n'est pas rare et la connaissance météo le permet de plus en plus.
Les multicoques de course au large peuvent se déplacer plus vite que les dépressions. Lors des tours du monde, dans le sud, pour battre des records ils se calent en avant d'un front froid ( mer rangée vent soutenu et avec un bon angle) et avance avec cette dépression pour traverser dès fois tout un océan.
Autre exemple ; lors de la dernère course océanique des multicoques Ultimes (les plus grands), Gitana en tete passe le pot au noir pour remonter vers Brest. Difficulté une fois passé les alyzées de NE contourner l'anticyclone des Acores puis négocier le train de dépression de l'atlantique nord.
Une dépression se présente qui pourrait les propulser jusqu'à Brest. Ils l'ont dans le collimateur depuis trois jours, la cellule météo à terre bosse 24/24 (toutes les infos possibles sont exploitées). L'objectif faire route de collision avec la dépression qui se ballade d'ouest en est et le bateau qui fait sud/ nord pour venir se placer juste en avant du front froid qui précède la dépression et rester en avant jusqu'à Brest. Le bateau avec une forte possibilité d'accélération fait ce quil faut pour suivre les consignes des routeurs. Peu importe le cap à suivre faute etre devant au bon moment. Ou ?? on s'en fout un peu il faut etre devant c'est la station d'essence qu'il ne faut pas louper, une station qui change de place tout les temps, ils la suivent, la traquent et la chopent. La course est gagnée...
pour les grandes courses, quand c'est autorisé, les routeurs qu'ils soient à bord ou à terre bossent 24/24 et téléchargent tout ce qui est possible. Il arrive qu'avec des images sat et un gros boulot de calage le routeur puisse dire dans 15mns gros nuages 40 nds ! L'équipage se prépare et lance la manœuvre 14 mns après... c'est à peine exagéré !


Shari:Encore une fois tout à fait d'accord avec toi, j'avais déjà lu avec grand intérêt la chasse aux dépressions à laquelle jouent les grands navigateurs lors de leurs courses effrénées. C'est bien pour ça que je parle des limites qui s'appliquent aux "plaisanciers", terme peut-être impropre mais qui exclue les grands coureurs pour ne garder que l'ensemble des gens qui s'adonnent aux plaisirs de la voile plaisir/détente/voyage. ·le 11 mai 08:48

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