Remplacement de hublots de roof


Après avoir glané différentes infos, je vous livre ma petite expérience de remplacement de hublot de roof.

Considérations générales

Le plexi :
Le polyméthyl méthacrylate ou PMMA est cassant avec un coefficient de dilatation différent du polyester. Une variété plus chère est commercialisée sous les noms de Makrolon ou Lexan. Si on a les moyens, cela fait des hublots beaucoup plus solides (boucliers des CRS). Il ne faut pas nettoyer le plexi à l’acétone, cela le dégrade et il se fendille. De plus, cela n’apparaît pas immédiatement.
Le plexi se ponce, se polit et se lustre comme le gel coat. Avant de changer un hublot rayé et dépoli, il faut se demander si ce ne serait pas plus simple et moins coûteux de le rénover : ponçage au 200, 400, 400, 800, 1000 etc. + polish + lustrage = hublot neuf.

Joint de montage ou sika :
Fonctions : étanchéité, élasticité, assemblage mécanique
Le joint doit être monté sur des surfaces propres et dégraissées avec primaire suivant la marque. Il ne faut pas faire de « congés » qui ne tiennent pas dans le temps et sont impossibles à réaliser proprement. Le congé à la fâcheuse habitude d’emporter lorsqu’il s’en va la partie située entre le plexi et la coque qui assure, elle, l’étanchéité. Il est réputé résister aux UV.
Le joint est un “élastomère”. Ils sont incompressibles (comme l’eau ou l’huile). Si l’on considère un joint, il travaille en gardant le même volume. Un joint d’épaisseur faible ou nulle ne peut que casser s'il est sollicité, car étant incompressible et sans possibilité de se déformer, il ne peut que se déchirer ou se décoller de son support. Il faut donc une épaisseur proportionnelle à la longueur pour que ce dernier soit efficace. Pour réaliser cette épaisseur on peut utiliser des petites cales ou des rondelles plastiques.
Pour qu’un hublot posé tienne, il n’y a pas besoin à priori de vis. Par contre celles-ci renforcent la résistance mécanique si la sollicitation de déformation est trop forte sur le joint.

Vis de montage :
Si l’on resserre les vis d’un hublot par l’extérieur, on casse l’étanchéité. Le plus souvent les vis de hublots comportent un fût creux qui traverse le plexi et une partie de la coque avec à une vis mâle intérieure vissant dans la vis femelle. La vis extérieure a ainsi une bonne surface de contact avec le joint. Lorsque l’on serre la vis intérieure, la vis extérieure a peu de chance de tourner.
Ces vis en inox « vis canon » (tête ronde large poêlier fendue A4) sont relativement chères. Les vis aluminium finissent par se bloquer l’une dans l’autre si elles ne sont pas montées à la graisse.
Si une vis fuit, il faut la démonter, nettoyer le trou et la vis et la remonter au joint élastomère.

Montage (expérience perso) :
Démontage des anciens hublots, rebouchage des trous de vis sur la coque au mastic polyester.
Confection par un professionnel des nouveaux hublots avec chanfreins et percements à l’aide des anciens comme gabarit augmentés d’un cm pour obtenir une largeur de joint de 3 cm. Conservation des trous de vis précédents avec jeu pour s’assurer du cintre du plexi et puisque déjà existants sur le bateau. Dans mon cas j’ai demandé une réservation dans le panneau pour insérer un petit hublot ouvrant.
Reperçage dans la coque des trous de vis au diamètre de la vis intérieure à l’aide des nouveaux hublots positionnés.
Chanfreinage coté intérieur pour les vis à tête fraisée.
Augmentation du perçage coté extérieur au diamètre de la vis externe en limitant la profondeur pour obtenir une épaisseur minimum de joint par butée de la vis creuse externe. Dans mon cas environ 2mm puisque les vis restaient relativement peu espacées (moins de 20cm).
Pose à blanc. Pose de ruban de masquage sur la périphérie extérieure du hublot et sur les chants.
Dépolissage des surfaces de collage du hublot. Nettoyage rigoureux des surfaces à coller à l’alcool. Ne plus poser les doigts. Personnellement j’ai aussi dépoli et peint un liseré extérieur couleur alu.
Préparer un plan de travail stable à proximité du hublot pour poser le matériel.
Mettre le joint en une coulée en faisant toutefois le tour des vis. En faisant 2 rubans parallèles, on enferme une bulle d’air. Il doit y en avoir suffisamment pour que celui-ci dégueule partout. Si ce n’est pas le cas, comme le ruban est continu, il y aura quand même étanchéité.
En l’absence de données comparatives à l’arrachement et au vieillissement, j’ai opté pour le joint MPA « B »de Mattchem, blanc et sans primaire, qui m’a paru plus facile de mise en œuvre par rapport à la protection, au nettoyage et à l’esthétique. Un test de résistance sur un petit morceau m’a convaincu que celle-ci était tout à fait satisfaisante.
Positionner le hublot avec des tiges en correspondance avec des trous repérés. Serrer légèrement les vis en quinconce et peu à peu jusqu’à la butée.
Après durcissement découpe de l’excédent au cutter en décollant en même temps des rubans de masquages.
Le serrage final est obtenu à 1/4 à 1/2 tour en plus par l’intérieur en s’assurant que l’extérieur ne tourne pas. En fait, il faut donc à peine serrer.

Ce petit retour d’expérience personnelle est sûrement amendable mais j’espère quelle pourra vous rendre service. Bon travail.

Avec mes remerciements au regretté René, responsable maintenance aux Glénans,
Denis

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