|
|
|
|
| Instant maritime.
- 22-10-2007 13:56 - |
...L'hiver approche. Alors remonte un souvenir, une ambiance, que je vous livre, amicalement.
La Vague
A nouveau plus de quarante nœuds. On s’y attendait, le bulletin météo de Conquet radio ne laissait guère de doutes quant à la suite des événements.
Il est treize heures, Christian a terminé son quart, il va monter à la sieste.
Pour l’instant il s’est campé devant la fenêtre du suroît.
« Six mètres à peu près, ça commence à déferler ! » Il essuie la buée qui s’est déposée sur les deux grands hublots et voile sa vision du Fromveur en colère.
Depuis les premiers jours de janvier les dépressions se succèdent avec une constance désespérante ; nous entrons dans notre septième semaine de mauvais temps.
Même l’image des vagues folles qui nous faisaient regretter de ne pas avoir de caméra à bord ne nous fait plus nous exclamer et nous lever de nos chaises pour les regarder filer dans le nordet après avoir brisé sur le phare.
L’humidité est partout ; notre pauvre chaudière archaïque n’y peut plus grand’ chose...
...Christian est monté se coucher, c’est encore là que l’on est le mieux dès que la chaleur animale a réussi à remonter en température l’habitacle étroit du lit clos. J’ai tenté, sans grand succès, de m’intéresser à une émission de radio racontant les diverses étapes permettant de transformer un paisible canard en animal malade dont le foie cirrhosé deviendra l’objet de rites religieux agaçants qui me font penser aux simagrées entourant l’usage du pinard, puis j’ai recalé le poste sur la gamme marine, feuilleté quelques vieilles revues… et suis retourné vers les hublots.
Cette fois c’est parti ! Cinquante nœuds, peu être même soixante, et surtout, des vagues dont l’attitude a changé.
Fini les bataillons bien rangés qui défilaient comme à la parade sous les confettis blancs de leurs panaches d’écume, maintenant la guerre est déclarée et ce sont les solitaires qui passent à l’attaque, les forces spéciales de la mer, les commandos !
Chacune d’elle en veut au phare et tentera de démontrer qu’elle est la meilleure !
Celle qui vient de se lever à l’instant, au-delà de Bannec, retient toute mon attention. Elle s’est lancée en soufflant vers notre tour, et je la regarde avancer, fasciné par tant d’inquiétante beauté.
Oeuvre unique, façonnée par le souffle de la tempête, je me dis que je suis le seul à la contempler et que personne ne la reverra jamais. Inestimable privilège…
Une… deux… trois fois, je pense qu’elle va s’écrouler, qu’elle n’arrivera pas jusqu’à nous, qu’elle est trop haute pour tenir encore debout !
Sa crête n’est qu’un rictus de bave haineuse, son ventre de plus en plus creux semble se durcir encore pour soutenir, au-delà des lois de la physique, la masse monstrueuse qui veut nous frapper.
Même Christian, que rien ne semble pourtant pouvoir effrayer, est incapable de regarder en face un tel monstre, de rester jusqu’au bout devant les hublots pourtant épais de plusieurs centimètres.
Il parie, jure que cette fois ci il ne bougera pas ! Mais rien n’y fait. L’instinct de survie est plus fort et au dernier moment, il s’écarte en jurant.
Justement il est redescendu, sa sieste gâchée par le vacarme et les infiltrations d’eau sous pression qui inondent le beau parquet de chêne de sa chambre.
« Tiens ! Regarde celle là », je lui dis.
Il se colle dans l’encoignure de fenêtre, prêt au duel…
-...
« La salope ! »
Il a encore perdu, il s’est jeté derrière le frigo !
Aussitôt passé le choc, alors que le bruit de vaisselle s’entrechoquant et le grincement des meubles s’atténuent, tout devient vert dans la cuisine et le grand silence de l’apnée s’installe pour une petite seconde. Les yeux écarquillés et la bouche ouverte pour évacuer la surpression, nous nous regardons comme deux poissons perdus.
Puis le niveau d’eau redescend et le fracas de la vague remplit l’espace qui nous sépare de Korn a Men, la roche voisine.
Tel un plongeur a bout de souffle, le phare émerge du bouillon, bien droit sur le Men Tensel, symbole de la forfanterie des hommes.
Là bas, derrière l’horizon, une autre vague s’est levée…
Kéréon. Février 74.
|
|
| |
|
| Liste des contributions : (Résultats 1...20 sur un total de 49) | | |
Simplement merci et tous mes encouragements à continuer! - Geckocha, le 15-07-2009 16:43
|
| 1 |  |
Il mérite un petit UP ce fil - Jorginho, le 05-04-2010 15:28
|
| |
j'ai paumé son mail aussi :-( - pepette, le 05-04-2010 23:06
|
| |
raté, c'était du png et pas du jpg - pepette, le 05-04-2010 23:17
|
| |
toujours aussi beau.. - ATLAS., le 25-12-2008 20:28
|
| |
Que dire - Jorginho, le 25-12-2008 20:34
|
| |
Oui, Jorge a raison - pepette, le 25-12-2008 21:03
|
| |
Merci à vous tous - Guerveur, le 25-12-2008 21:00
|
| |
c'est encore Noel - batelier de la vodka, le 25-12-2008 19:35
|
| |
merci, - claude, le 25-12-2008 19:01
|
| |
merci beaucoup - Geo, le 25-12-2008 19:03
|
| |
Merci de ce morceau de quotidien - menhir, le 25-12-2008 19:00
|
| |
instant maritime ! - bleo, le 24-12-2008 22:28
|
| |
Atmosphère... - Guerveur, le 25-12-2008 18:47
|
| |
Atmosphère... ? - tilikum, le 26-12-2008 02:27
|
| |
Salut Louis - Recidive, le 24-12-2008 15:46
|
| |
Oh oui ! - pepette, le 24-12-2008 17:17
|
| |
C'est sympa mais... - Guerveur, le 24-12-2008 17:39
|
| |
Profite bien de ta marmaille, - hi, le 24-12-2008 18:14
|
| |
moi, je ne le lis pas, - STP, le 24-12-2008 21:02
|
| |
oui, - claude, le 24-12-2008 15:34
|
| |
Guerveur, - claude, le 24-12-2008 14:13
|
| |
Salut Claude - Guerveur, le 24-12-2008 14:46
|
| |
très belle initiative - batelier de la vodka, le 24-12-2008 13:05
|
| |
A Petrelle, Géo et Batelier - Guerveur, le 24-12-2008 14:51
|
| 6 |  |
je le remonte - petrelle, le 24-12-2008 12:56
|
| |
Super fil - yaum, le 24-12-2008 14:38
|
| |
tout a fait petrelle - Geo, le 24-12-2008 12:59
|
| |
juste - ile de fustel, le 21-10-2008 23:48
|
| |
Je viens de lire ce fil , - phil33, le 21-10-2008 14:44
|
| |
Louis... - Lobass, le 21-10-2008 16:53
|
| |
... - Numawan, le 21-10-2008 00:46
|
| |
Ouaip... - hi, le 21-10-2008 09:44
|
| |
Avance - Recidive, le 21-10-2008 10:15
|
| |
Excellente suggestion Daniel ! - Guerveur, le 21-10-2008 12:19
|
| |
pas mieux - batelier de la vodka, le 21-10-2008 00:21
|
| |
Louis, tu as commis une erreur ! - Recidive, le 20-10-2008 21:47
|
| |
Hello a tous ;-) - Jorginho, le 20-10-2008 22:10
|
| |
Peut etre - Lobass, le 20-10-2008 22:05
|
| |
Merci Guerveur ! - ATLAS., le 20-10-2008 18:12
|
| |
Il pleut - Guerveur, le 20-10-2008 18:33
|
| |
Merci - Vieil-Ours, le 20-10-2008 19:02
|
| |
Wahou ! - Lobass, le 20-10-2008 19:35
|
| |
Salut Laurent - Guerveur, le 20-10-2008 20:49
|
| |
Ouai... - Lobass, le 20-10-2008 21:50
|
| |
Merci Guerveur pour ces récits - sezjean, le 20-10-2008 17:48
|
| |
que l'hiver soit rude - goudspide, le 20-10-2008 17:50
|
| |
Que dire de plus? - Tinou, le 20-10-2008 18:09
|
| |
époustouflé, sidéré,ébahi, transporté, choqué, téléporté, - petrelle, le 19-10-2008 16:41
|
| |
Ann et Patrick - Guerveur, le 19-10-2008 18:55
|
| |
Pour me faire pardonner... - Guerveur, le 20-10-2008 15:00
|
| |
O! combien est vraie ton affirmation, Guerveur ! - hi, le 20-10-2008 17:26
|
| |
Merci ! - tilikum, le 20-10-2008 15:39
|
| |
Merci à Claude - menhir, le 18-10-2008 23:40
|
| | |
|
|
|
| Simplement merci et tous mes encouragements à continuer!
- 15-07-2009 16:43 - |
Ce fil semble avoir l'habitude de s'échouer avec la nouvelle année et de ne se déhaler que vers octobre, mais le parcours des lignes de tes quelques récits Garveur m'a tellement plût que je ne saurais me retenir de faire remonter tout ça.
Merci très sincèrement de nous faire partager ces bribes de vie.
Tes histoires me plongent profondément dans cet univers des phares.
D'une certaine manière, tu prolonges dans mon imaginaire ce que "le phare du bout du monde" du fameux Jules y avait déposé, en s'y engloutissant à la manière d' "une descente dans le Maëlstrom" d'Edgar Alan Poe.
Très sincèrement, c'est particulièrement bien écris et on en redemande!!!
Je me suis permis de diffuser le lien vers ce fil dans un autre forum maritime, car ces moments de vie méritent bien de voyager dans l'imaginaire du plus grand nombre.
En attendant la publication avec un vif intérêt...
mes sincères salutations.  |
|
| |
 |
| |
|
|
Il mérite un petit UP ce fil
- 05-04-2010 15:28 - 1 |
Juste pour avoir de tes nouvelles Guerveur, et te souhaiter, en ce Lundi Pasqual, plein de bonnes choses  |
|
| |
 |
| |
|
|
| j'ai paumé son mail aussi :-(
- 05-04-2010 23:06 - |
M'sieur si tu nous lis...
Pour mémoire, un "vieux" job --->
|
|
| |
 |
| |
|
|
| raté, c'était du png et pas du jpg
- 05-04-2010 23:17 - |
re |
|
| |
 |
| |
|
|
| toujours aussi beau..
- 25-12-2008 20:28 - |
Surtout n'hésite pas Louis: Si tu en as encore d'autres..
Bonnes fêtes à toi et ta famille ! |
|
| |
 |
| |
|
|
| Que dire
- 25-12-2008 20:34 - |
de plus ?
Tes "aventures" méritent largement un article, ou un blog sur HEO avec quelques photos, qu'on puisse les lire et relire sans devoir chercher partout...
Merci encore pour ces instants
Joyeux Noël
@dmirativement
Jorge. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Oui, Jorge a raison
- 25-12-2008 21:03 - |
une "compilation" de tes textes pour qu'on puisse se faire plaisir à te lire. Tes instants maritimes.
Les images (sous forme de photos rabâchées) on se les fabrique dans nos têtes, tes mots sont assez évoquant pour susciter une autre forme d'illustration. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Merci à vous tous
- 25-12-2008 21:00 - |
J'ai posté cette petite histoire à toute vitesse, tout à l'heure, avant de partir faire le taxi durant une petite heure, (les invités de noël commencent à quitter la maison) et là, je repars...
...Juste un commentaire sur ce petit bout de vie au phare: c'est ma première "histoire" écrite, je l'avais faite dans l'esprit d'un gag (en jouant à l'écrivain )dans un mail à un copain qui me demandait de lui rappeler cette anecdote amusante qu'il m'avait entendu raconter un soir...
Ensuite il m'en a demandé d'autres...et je me suis pris au jeu de raconter mes souvenirs comme ça...
Excellente soirée à tous.
|
|
| |
 |
| |
|
|
| c'est encore Noel
- 25-12-2008 19:35 - |
et un joli bijou qui brille de tous ses feux sous le sapin
 |
|
| |
 |
| |
|
|
| merci,
- 25-12-2008 19:01 - |
de tout coeur.....quel beau cadeau.Chaleureusement Claude. |
|
| |
 |
| |
|
|
| merci beaucoup
- 25-12-2008 19:03 - |
ont s'y croiraient  |
|
| |
 |
| |
|
|
| Merci de ce morceau de quotidien
- 25-12-2008 19:00 - |
qui embellit le nôtre...  |
|
| |
 |
| |
|
|
| instant maritime !
- 24-12-2008 22:28 - |
Que ces instants sont beaux. j'ai publié un manuscrit cette année, je peux peut être t'informer des démarches à suivre pour la publication d'un ouvrage et aussi son coût.
Je t'envoie mon mail.
Amitiés Lionel. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Atmosphère...
- 25-12-2008 18:47 - |
Je quitte la lanterne après un dernier coup d’œil sur l’appareil et sur l’horizon: tout est clair. Mes charentaises ne font aucun bruit sur les marches de granit de l’escalier en colimaçon; à hauteur de la deuxième chambre je frappe et ouvre la porte : « Trois heures moins le quart ! »
Un grognement me répond tandis que s’allume la petite loupiote à l’intérieur du lit clos. Je laisse la porte ouverte et continue ma descente jusque la cuisine.
J’allume le gaz sous une casserole d’eau tandis que se réchauffe à côté le café dont je rêvais depuis un moment ; j’ai allumé la radio mais je sais que je devrai l’éteindre lorsque Paul arrivera, il ne supporte aucun bruit à son réveil.
...La porte s’écarte doucement devant mon collègue emmitouflé dans une tenue polaire... c’est vrai qu’il ne fait pas chaud!
Il sort de son placard la boîte de cacao en poudre, le lait concentré et son bol, qui ne se range pas avec les autres bols de notre étrange maison verticale perdue au milieu de la mer.
Le pain est sur la table, avec le beurre ; j’ai éteint la radio.
Il empoigne la casserole et remplit, presque à ras bord, le bol bleu ébréché dont les parois portent les coulures anciennes de chocolat qui résistent depuis longtemps aux rinçages discrets de l’après déjeuner, puis il verse rapidement dans le récipient deux larges cuillerées de poudre brune
Le débordement a commencé dès la première cuillerée, il s’accentue, et la flaque dans laquelle repose à présent le bol se transforme en mare qui vire au marron, menaçant de déborder de la table.
Maintenant il touille consciencieusement en versant le lait. Les premières gouttes atteignant le sol rompent le silence…
Il beurre une tartine qu’il plonge jusqu’au plus profond du récipient, en grognant doucement lorsque le liquide brûlant goutte sur ses genoux.
Dehors la mer murmure, le vent siffle dans la fenêtre du nord, il faudra songer un jour à remplacer le joint d’étanchéité.
Après trois tartines l’inondation a atteint l’emplacement où reposent mes pieds, je les recule discrètement, mes chaussons sont presque neufs.
Les minutes s’écoulent dans le silence de la mer, j’ai fini mon café, j’allume une cigarette, je trouve que la vie est belle.
Paul se lève et va rincer le bol au robinet de l’évier, une brève ouverture, l’eau ne se gaspille pas dans un phare en mer.
Puis il entreprend d’essuyer immédiatement l’objet du rite ; il n’a pas remarqué que j’ai encore planqué le torchon propre.
Il revient avec l’éponge et s’attelle à effacer les traces du petit déjeuner, avec les mêmes gestes, dans le même ordre que l’autre nuit, que toutes les autres nuits.
Maintenant il lève la tête en s’asseyant en face de moi et prononce dans un grand sourire : « Alors ! »
Je sais qu’il ne dira rien d’autre, je commence à raconter mon quart…
|
|
| |
 |
| |
|
|
| Atmosphère... ?
- 26-12-2008 02:27 - |
Voilà bien un récit qu'on ne peut pas inventer... tellement ça ressemble à ce que doit être la vraie vie : impossible à imaginer sans l'avoir vécu et pas reproductible ailleurs !
C'est tellement bien raconté que j'ai l'impression de voir la scène... comme si c'était un film.
Merci Louis, et bonne année !
_/) |
|
| |
 |
| |
|
|
| Salut Louis
- 24-12-2008 15:46 - |
Et merci à Petrelle de remonter ce fil.
Ma maman m'as appris que ce n'est pas beau de réclamer, mais c'est parfois de se retenir.
Alors, Louis, tu nous a déjà gentiment proposé "Noël en Iroise", mais, pourrais-tu nous raconter un nouvel an en haut de te tour ?  |
|
| |
 |
| |
|
|
| Oh oui !
- 24-12-2008 17:17 - |
ça, ça serait un vrai cadeau...
|
|
| |
 |
| |
|
|
| C'est sympa mais...
- 24-12-2008 17:39 - |
...je suis de cuisine, ce soir (ma femme est un peu malade ) alors je ne suis pas sûr de trouver le temps de vous raconter une histoire.
En attendant j'ai une pensée fraternelle pour chacun d'entre vous et je vous souhaite un beau Noël !
(J'essaierai de repasser en douce sur le forum mais c'est pas garanti, avec les petits enfants à la maison mon clavier n'est pas souvent libre ) |
|
| |
 |
| |
|
|
| Profite bien de ta marmaille,
- 24-12-2008 18:14 - |
et quand tu auras besoin de souffler un peu, n'hésite pas : il y a toujours des yeux attentifs qui se délectent de te lire... |
|
| |
 |
| |
|
|
| moi, je ne le lis pas,
- 24-12-2008 21:02 - |
je l'entends.
(comme on entend la mer ,l'oreille dans un coquillage) |
|
| |
 |
| |
|
|
| oui,
- 24-12-2008 15:34 - |
Vu tes écrits, je ne suis pas étonné de savoir que vous vous connaissez avec Pierre Yves. Je connais ce bateau pour avoir navigué Belle ile groix golfe et en plus avec mes enfants qui ont appris tellement.C est un bateau magnifique unique et mérite surement le qualificatif de bateau de l année. Un petit texte pour notre Noél a tous!!!Merci encore et amitiés a vous tous. Claude |
|
| |
 |
| |
|
|
| Guerveur,
- 24-12-2008 14:13 - |
Je viens encore me ressourcer a relire tes lignes et t en remercie encore vivement. Je connais un peu l iris 33 pour lesquel tu as mis une annonce. Quel beau canot, quel nostalgie, mais des révolutions surviennent... Amitiés Claude |
|
| |
 |
| |
|
|
| Salut Claude
- 24-12-2008 14:46 - |
Je comprends que tu connais Pierre Yves, alors tu n'as pu que t'enrichir à le côtoyer, c'est sûr.
J'ai beaucoup d'amitié pour cet homme (qui ne l'aimerait pas ?) et je trouve que son bateau est superbe.
J'ai failli ajouter à la l'annonce que c'était l'affaire de l'année mais je n'ai pas osé.
C'est pourtant ce que pense et si nous n'avions pas tant investi dans le notre je n'aurais pas mis l'annonce, j'aurais acheté son bateau!.
Amitiés et plein de bonnes choses à toi en cette fin d'année. |
|
| |
 |
| |
|
|
| très belle initiative
- 24-12-2008 13:05 - |
en ces temps de bisbilles toilesques  |
|
| |
 |
| |
|
|
| A Petrelle, Géo et Batelier
- 24-12-2008 14:51 - |
Merci, que les vents vous soient favorables (à toi petrelle en particulier, qui sort d'un coup dur) et que l'infinie tendresse baigne votre fin d'année. |
|
| |
 |
| |
|
|
je le remonte
- 24-12-2008 12:56 - 6 |
bonjour Louis
avec tous mes voeux je fais remonter ce fil tellement plein de qualité humaine.que en ce jour il ne doit pas être au fond du forum |
|
| |
 |
| |
|
|
| Super fil
- 24-12-2008 14:38 - |
et super initiative...
ça méritait une étoile !!
amic
yaum |
|
| |
 |
| |
|
|
| tout a fait petrelle
- 24-12-2008 12:59 - |
 |
|
| |
 |
| |
|
|
| juste
- 21-10-2008 23:48 - |
merci Guerveur
 |
|
| |
 |
| |
|
|
| Je viens de lire ce fil ,
- 21-10-2008 14:44 - |
c'est magnifique !
J'avais vu comme beaucoup , les photos de gros temps et quelques reportages sur les phares en mer et j'imaginais bien un peu les conditions de vie ds ces conditions , mais tes récits sont d'un réalisme qui recadre et force le respect .
Un grand Merci pour ces témoignages . Comme beaucoup ici je ne saurais que t'encourager à les publier , ils le méritent vraiment .
Phil. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Louis...
- 21-10-2008 16:53 - |
J'ai fait lire tes textes a des copains et copines, de preference pas concernes du tout par la mer...
Ils sont unanimes !!! Tous fan....
Aller.... Au boulot !! :o)))))
A+, Laurent. |
|
| |
 |
| |
|
|
|
| |
 |
| |
|
|
| Ouaip...
- 21-10-2008 09:44 - |
Belles images, qui font peur... Mais elle ne nous parlent pas de la peur quotidienne des gardiens, et ça, y a que Guerveur qui peut le raconter. Pourvu qu'il accepte le devis de sablage, ça lui laissera plus de temps pour remplir des pages... |
|
| |
 |
| |
|
|
| Avance
- 21-10-2008 10:15 - |
En demandant une avance à un éditeur, il aurait de quoi payez le sablage, et le temps pour écrire.  |
|
| |
 |
| |
|
|
| Excellente suggestion Daniel !
- 21-10-2008 12:19 - |
Je reviens à l'instant du terre-plein où j'ai eu un bon contact avec l'entreprise...
Je vais avoir le devis sur mon mail, ce soir.
A suivre...mais je crois que ça va aller.
Merci à vous tous (et si certains d'entre vous ont des entrées auprès de divinités météorologiques, ce serait sympa de déposer une requête en vue d'un petit coup d'été indien supplémentaire !)
Bonne journée |
|
| |
 |
| |
|
|
| pas mieux
- 21-10-2008 00:21 - |
les mots...(les miens) sont inutiles.... |
|
| |
 |
| |
|
|
| Louis, tu as commis une erreur !
- 20-10-2008 21:47 - |
En nous présentant ce nouveau texte, tu fais encore grossir les rangs des lecteurs impatients.
Etant le seul gardien de phare écrivain, tu avais déjà le devoir de témoigner sur ce métier disparu ; avec la pression de tes fans d'H&O, cela va devenir une obligation...
Je ne suis pas critique littéraire, je ne suis pas très cultivé, ni très bon en français, et il y a quelque chose dans ton écriture que je ne suis pas capable d'analyser :
"évidemment", comme dans tout bon récit, les images viennent toutes seules ; à chaque phrase, on attend la suivante.
Tu décris très bien l'ambiance, les couleurs, les personnalités des personnages.
Mais ce qui me touche et m'étonne le plus, c'est ta capacité à transmettre et même susciter les émotions.
A l'âge ou les enfants rêvent de devenir pompier, je rêvais de faire ton métier ; ça ne s'est pas fait, mais j'en suis resté fasciné.
Pourtant, aucun texte sur ce sujet ne m'a ému comme les tiens.
Alors, s'il te plaît Louis, au boulot !
et...
merci.
|
|
| |
 |
| |
|
|
| Hello a tous ;-)
- 20-10-2008 22:10 - |
Je lis régulièrement ces passages, mais jusqu"'à présent, je ne m'étais manifesté.
Je me joins aux camarades pour te dire aussi a quel point tes mots savent toucher là ou il faut, nous plongeant ainsi au coeur de tes aventures.
Sérieux, publie tes récits s'il te plait, j'y vois un super bouquin pour livre de chevet, de voyage, sans compter sur un très possible succès litteraire
Surtout qu'il ne s'agit là de fiction, mais bien de vrais moments de la vie d'un des derniers gardien de phares...
@mitiés
Jorge. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Peut etre
- 20-10-2008 22:05 - |
Le fait de remettre le cote "humain" dans les images (tres nombreuses et bien connues) de ces phares dans des mers dechainees ?
Comment ne pas etre sensible a la beaute de ces "bateaux en pierre" apres ca !!! :o)))
A+, Lolo |
|
| |
 |
| |
|
|
| Merci Guerveur !
- 20-10-2008 18:12 - |
C'est superbe, c'est fort...
Merci de nous faire partager tout ça.
Jean Luc |
|
| |
 |
| |
|
|
| Il pleut
- 20-10-2008 18:33 - |
le ciel est bas, c'est un temps à se plonger dans les souvenirs et à écrire.
Mais je suis de popote ce soir !
Merci à vous, Fred, Goud et tous les autres que j'oublie parce que lorsque je tape mon texte je n'ai pas de visu sur les messages.
Content de vous retrouver.
Demain j'ai RV pour un devis de sablage, on verra si mon palpitant résistera à l'énoncé de la somme
Salut fraternel. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Merci
- 20-10-2008 19:02 - |
C'est trop beau à lire...
Alain |
|
| |
 |
| |
|
|
| Wahou !
- 20-10-2008 19:35 - |
C'est qu'on y prendrait vite gout !!! :o))
Merci....
Quelle tristesse de voir les reportages sur l'etat actuel de ces ouvrages dements !!!
Tes recits reforcent l'envie de les voir perdurer !! Bravo !
A+, Laurent. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Salut Laurent
- 20-10-2008 20:49 - |
Oui, il y du boulot en perspective !
Ou plutôt, il y aurait, du boulot, car il n'y a pas la volonté de le faire, je crois.
L'abandon de nos phares se justifierait, paraît il, parce que les grands navigateurs n'en ont plus l'usage.
Je suppose que par "grand navigateurs" ils entendent "grands bateaux marchands", je ne sais pas...
Je suis allé voir tes basses... là au moins il y a de l'espoir !
|
|
| |
 |
| |
|
|
| Ouai...
- 20-10-2008 21:50 - |
Je dors peu, donc je tombe sur des emissions tardives interessantes (des fois !).
Et c'est ce que j'ai compris
GPS donc plus besoin de phare.... Leur degradation semble tres rapide, et sans reelle solution tant que les phares et balises en restent proprietaire. (Meme le mecenat semble voue a l'echec)
Dans le meme genre, avec les satelites, ils peuvent laisser rouiller la tour Eiffel, economie de peinture ! :o))
Si tu publies, j'achete !!!
Merci pour mes "bouts d'bois"....
A+, Laurent. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Merci Guerveur pour ces récits
- 20-10-2008 17:48 - |
Et tes mots me touchent plus que les photos de Plisson,qui sont déjà balaises. |
|
| |
 |
| |
|
|
| que l'hiver soit rude
- 20-10-2008 17:50 - |
et que tu sois coincé et que tu ne puisses qu'écrire pendant trois mois
je ne te souhaite que d'avancer ton bateau, mais il est vrai que te lire est un plaisir  |
|
| |
 |
| |
|
|
| Que dire de plus?
- 20-10-2008 18:09 - |
magnifiquement écrit. |
|
| |
 |
| |
|
|
| époustouflé, sidéré,ébahi, transporté, choqué, téléporté,
- 19-10-2008 16:41 - |
bonjour Guerveur
que de plaisir à lire ta prose, ici dans mon carré qui, au fur et à mesure de l'avencement des mots jaillissant de l'écran se transformait, se mutait en grande tour.
En ce dimanche de grand soleil sur la baie de quiberon, il fait froid la mer avance en mur roide par le hublot du carré je guète ton prochain écris pour m'évadé encore. je ne suis plus sur Phoénix je ne suis pas non plus dans un phare, je suis en compagnie d'une âme de gardien.
Gardien d'étincelles lumineuses, gardiens d'étincelles d'espoir pour le marin, gardien de chaleur humaine,gardien d'un aperçu de vie transmise par un petit pinceau lumineux ,qui partant de la grande tour allait frappé de toute ça force les êtres et leur vaillant compagnon le bateau pour dire inlasablement avec ferveur vous n'êtes pas seul, nous soufrons avec vous, nous nous démenons avec vous,nous metons tout notre coeur toute nos forces à vous soutenir moralement.
je n'ai pas réfléchi, j'ai laissé parlé mon coeur encore dans tes écrits je ne relis pas je post
merci à toi
ps puis je faire des copiés et diffusé tes écris ? en citant la source de HO |
|
| |
 |
| |
|
|
| Ann et Patrick
- 19-10-2008 18:55 - |
...je reviens à l'instant de mon chantier,(mise à nu de la carène, c'est épuisant !) et je découvre vos messages vraiment très agréables. De quoi oublier un instant mes bras raidis de tendinite par ce satané grattoir !
Ce que tu dis, Patrick, me touche bien plus qu'il ne serait convenable d'avouer ici.
Tu peux copier, bien sûr, et diffuser à ton gré, en citant la source, comme il se doit.
Pensées maritimes à vous deux. |
|
| |
 |
| |
|
|
| Pour me faire pardonner...
- 20-10-2008 15:00 - |
mon manque d'assiduité, une petite histoire qui m'avait marquée non pas parce qu'il faisait particulièrement mauvais (dans ce cas on serait resté à terre) mais parce que nous étions tous d'humeur heureuse ce jour là. Il y avait des matins comme ça où nous chahutions comme des gosses dissipés dans leur terrain de jeux favori.
NOEL en IROISE
Cette année la semaine de Noël correspond à une période de grandes marées et le baromètre est à fond de cale, aïe ! C’est aussi le moment où montent pour la première fois les nouveaux embauchés, ce matin nous en avons un à bord. Pourquoi ces embauches justement en début d’hiver, période où statistiquement les premières grosses tempêtes balaient la Bretagne ? Tout simplement parce que chaque année, au premier janvier, débute à Brest - ou à Saint Nazaire, si c’est une année impaire - un stage de formation initiale à l’attention des auxiliaires embauchés un an ou deux auparavant et qui ont réussi le concours d’entrée à l’école. Il faut donc les remplacer.
La sortie de la rade est laborieuse, le patron coupe les gaz avant le sommet de chaque vague pour descendre sans trop de puissance dans le fossé qui se cache derrière, puis accélère aussitôt pour relancer la coque à l’assaut de la seconde bosse. Tout l’art consiste à doser convenablement la puissance et la trajectoire de la vedette, afin que l’étrave n’enfourne pas totalement dans la colline d’en face mais ce n’est pas une science exacte et de temps en temps un choc brutal nous stoppe presque tandis que la dite colline déferle joyeusement sur le pont avant d’éclater sur la passerelle en une gerbe d’embruns qui terminent leur course dans la baignoire où nous nous affairons, en pestant et jurant, à fourrer dans des sacs de toile étroits, des caisses en bois qui semblent bien trop grandes pour y pénétrer.
Nous sommes trempés lorsque nous rejoignons l’abri de la passerelle.
La progression est lente, chaque vague est unique dans sa forme et sa pente et c’est toujours une surprise de découvrir ce qui se cache derrière : une rampe facile que l’on déboule allègrement ou un creux vicieux, un trou, dans lequel nous chutons sans élégance, les pieds décollés du plancher, le cœur au bord des lèvres et la sueur au front. Cependant, de surprises désagréables en d’autres qui le sont un peu moins, nous progressons et bientôt le plus dur de la barre est derrière nous; c’est, en tout cas, ce que je dis à mon jeune compagnon qui vient de m’interroger, un peu angoissé par cette peu ludique partie de saute - moutons. Il n’a pas osé me demander « quand est-ce qu’on arrive ? », mais je crois qu’il y a pensé…
Nous montons ensemble à Kéréon et je n’ai pas envie de lui dire que la danse est loin d’être finie car nous allons d’abord essayer de ravitailler la Jument, ce qui n’est jamais une partie de plaisir, surtout par ce temps ! Je vois sur bâbord la roche de la fourche qui marque l’entrée de la passe du même nom. Régulièrement elle est submergée par la houle qui s’éclate en lourdes gerbes blanches et brillantes. On m’a souvent dit qu’il ne fallait pas emprunter ce passage si la mer brisait par-dessus la roche. Mais ces recommandations pleines de sagesse sont nées au temps de la voile et aujourd’hui c’est par là qu’Auguste a décidé de passer, parce qu’il juge que la mer y est moins dure qu’à quelques centaines de mètres plus à l’Ouest.
Dire que la mer y est moins dure ne laisse aucunement entendre qu’elle est facile; d’ailleurs, rien n’est facile par ici. J’habite cette île depuis toujours, mais c’est seulement depuis que j’ai commencé ce métier que je mesure combien ses abords sont inhospitaliers: la Fourche, par exemple, dans laquelle nous allons nous faufiler… si l’on regarde la carte marine on a immédiatement les poils du dos qui se hérissent à la seule pensée d’y aventurer un bateau et pourtant les courants et les vagues n’y sont pas matérialisés ! On n’y voit que les roches… et ça suffit pour avoir envie de passer ailleurs ! Sauf qu’aujourd’hui, l’ailleurs est interdit à notre embarcation!
Au fil des semaines, des mois, des années, en raison d’une relève par semaine – mais d’autres voyages ont lieu entre ces deux sorties obligatoires, pour amener le fioul, le pétrole etc.- les marins de la vedette ont reculé, petit à petit, les limites de ce que l’on appelle le « mauvais temps ». A fréquenter sans cesse ces endroits, à rouler, jour après jour, dans les vagues, ils ont développé un sens de la mer qui fait d’eux des êtres que l’on ne peut comprendre que si l’on partage un peu de leur monde ; que si l’on emprunte avec eux ces chemins non balisés dans le dédale des roches tapie dans les creux de mer. Depuis quelques années maintenant, je me suis accoutumé à leur univers et il m’arrive de sourire au souvenir des images d’apocalypse que ma mémoire avait enregistrée lors de mon premier hiver dans ce monde si proche de la terre et cependant à des années lumière de celle-ci parce qu’entre deux vagues, à seulement un demi mille de l’île, nous sommes aussi isolés que si nous étions dans l’espace. Et je considère aujourd’hui que la relève hebdomadaire est le minimum que nous devons tenter; elle sera facile ou pas, c’est tout ! Ce matin, par exemple, je sais bien qu’il n’y a pratiquement aucune chance que nous fassions la relève de la Jument, mais je sais aussi que l’on essaiera et que c’est normal.Ces hommes sur ce bateau sont l’unique lien qui relie les phares à la terre et, à ce titre, ils mettent un point d’honneur à être présents chaque mardi au pied de la tour, là où les gardiens les attendent. Si la relève est impossible ils essaieront au moins de passer les vivres.
La mer brise un peu par notre travers maintenant et nous prenons de temps en temps de forts coups de gîte sur bâbord. Nous approchons du phare, il est 11 heures, la mer est presque basse. Dans les creux de houle nous apercevons sur plusieurs mètres la roche sur laquelle est érigée la Jument, elle paraît bien étroite pour supporter un tel édifice. Torturée et sinistre, sa chevelure de laminaires dégoulinant d’eau verte et d'écume, elle me fait songer à un monstre marin qui surgirait de l’océan affublé d’un ridicule chapeau de catherinette en soufflant comme un dément pour s’en débarrasser. Il n’y a plus de ciel, seulement la voûte basse d’un grain noir qui déverse un déluge glacé crépitant, lourd comme de la grêle, sur nos cirés. Seul le blanc des brisants apporte un peu de lumière à la scène. Malgré la marée basse, les vagues « ordinaires »arrivent à grimper jusque sur le plateau, douze mètres au-dessus de la roche. Les plus grosses déversent des dizaines de tonnes d’eau jusqu’à hauteur de la cuisine. Nous mettons à la cape dans le sud est de la tour, l’étrave dans la fin de jusant du Fromveur. Et nous attendons…
Auguste a trouvé une place de parking presque confortable, où les vagues roulent régulièrement sans déferler.
Il est trop tôt pour aller vers Kéréon, c’est surtout pour ça que nous attendons ici car il est clair que nous ne pourrons pas nous approcher de la Jument aujourd’hui. La houle, vue de la baignoire, est telle que le phare disparaît presque entièrement lorsque la vedette se vautre dans un creux, puis la vague suivante nous hisse en altitude et nous avons alors une vue imprenable sur ar gazeg koz et ses alentours, des fois je m’attends à voir jusqu’au fond de la mer… Un gardien est sorti alors que la base du phare déverse encore les torrents de la dernière vague. Il crie quelque chose, mais ses mots se perdent dans la tourmente. Nous répondons en agitant les bras ; il fait de même puis repars s’abriter dans le vestibule, la prochaine vague n’est pas loin. Quelques instants plus tard ils ressortent tous les deux en gesticulant,criant et riant; nous comprenons qu’ils nous demandent si nous avons l’intention de passer la nuit dans le coin ? En une danse incertaine due à l’instabilité de notre support, mélange de mime et de langage sémaphorique,nous leur répondons que nous sommes seulement venu pique-niquer ! Ils n’ont pas gréé le treuil ; visiblement ils ne croient pas une seconde que l’on puisse tenter quoi que ce soit, ne serait-ce que passer les vivres…pourtant, demain c’est Noël, leur réveillon sera frugal mais c’est la règle du jeu, tout le monde l’accepte.
La voix de Martin couvre brusquement nos joyeux échanges, il tend le bras vers le suroît ! Inutile de leur faire un dessin, les deux joyeux drilles, en haut, déguerpissent en courant tandis que la vague monte lourdement, presque tranquillement, à l’assaut du phare. C’est une grosse, une très grosse, même, inquiétante de puissance aveugle, son souffle est d’autant plus impressionnant que nous sommes dans un creux qui nous abrite du vent, nous n’entendons qu’elle ! Le sentiment de sécurité dans lequel nous baignions une seconde auparavant, disparaît instantanément; Auguste embraye vivement et met un grand coup de gaz. Nous sommes à plus de cent mètres de la bête, mais on ne sait jamais…on est bien petit et si fragile, face à ça !
Elle est montée jusqu’à mi-hauteur de la tour, dans un fracas qu’on peut difficilement décrire parce que rien de tel n’existe ailleurs; les pires contrefaçons en ce domaine étant sans doute celles que le cinéma ou la télé nous infligent, lorsqu’ils se risquent à présenter des histoires de mer.
Auguste n’a pas ralenti l’allure, la vedette franchit les premières vagues du Fromveur, cap sur Kéréon.
Je regarde mon jeune collègue qui, bouche bée, fixe toujours la Jument :« En route pour ton premier Noël en mer !»
Je crois d’abord qu’il ne m’a pas entendu, puis il tourne lentement les yeux vers moi: La vague est restée là, coincée au fond de son regard...
|
|
| |
 |
| |
|
|
| O! combien est vraie ton affirmation, Guerveur !
- 20-10-2008 17:26 - |
"les pires contrefaçons en ce domaine étant sans doute celles que le cinéma ou la télé nous infligent, lorsqu’ils se risquent à présenter des histoires de mer."
Effectivement, seuls les mots, et les blancs qu'il laissent entre eux, parviennent à nous dévoiler un peu de cette réalité...
Alors, merci de nous en redonner, et en échange, on en redemande ! |
|
| |
 |
| |
|
|
| Merci !
- 20-10-2008 15:39 - |
_/) |
|
| |
 |
| |
|
|
| Merci à Claude
- 18-10-2008 23:40 - |
d'avoir ressorti ce fil de Guerveur et de nous redonner l'occasion de relire de si belles lignes...
Merci à Guerveur de les avoir écrites et merci aussi de nous les livrer, si natures... |
|
| |
 |
| |
| | |
|